Aphobis
Total. .
Les noms, comme; ou voit, se Irouvcul les iiicmus de part et d'autre, bien que déformés plus ou moins et permutés dans la seconde moitié de la liste. Quant aux chiffres, le désaccord enti-e les deux listes résulte d'une sorte de déchirure suhie par le document manéthonien avant le moment où il parvint à Africain; le troisième chiffre de Manéthon vint à se perdre, et les quatrième, cinquième et sixième furent remontés d'un degré, en bloc, pour remplir la lacune; le dernier roi de la dniastie restait alors sans chiffre, et on lui attribua arbitrairement la première des trois durées remontées, celle de 61 ans. La liste d'Africain n'est donc autre chose que celle de Manéthon bouleversée et réparée maladroitement, et il convient, pour restituer la tradition dans sa forme la plus ancienne et la meilleure, de s'attacher aux chiffres de Manéthon uniquement''^ Or, si dans le tableau récapitulatif des chiffres d'Africain pour les dynasties XIII-WII, on remplace le chiffre erroné de la XV'^ dvnastie, 28/i ans, par le chiffre manéthonien authentique de -^By, on fera cette remarque extraordinairement curieuse que 209 est la moitié de 5 18, chiffre attribué à la dynastie XVI qui vient immédiatement après. L'explication de cette situation bizarre est suggérée par le fait qu'ensuite, /i3 Pasteurs et 63 Thébains, qui régnent ensemble et forment la dynastie XVII, remplissent simultanément un même espace de i5i ans; car on arrive alors à comprendre que très probablement, dans la forme primitive du tableau des dynasties, les deux groupes simultanés de la dynastie XVII étaient précédés de deux groupes contemporains entre eux de la même manière, G Pasteurs et .'3a rois d'une autre catégorie, — Thébmm, sans doute, qui devinrent Pasteurs ultérieurement et par confusion, — régnant ensemble pendant aBf) ans.
('' -Même conclusion dans Ed. Meïeb, Aig. Chron. (190/1), p. 87.
Précisons lu muniùre dont le tableau se présentait à cette
époque
forme.
60 Diospolites /i53 ans.
76 Xoïtes i84
6 Pasteurs. . ) • 1, ' , r
rr. M • (simultanément.. aSq
Où Ihebams. . ) "^
43 Pasteurs.. ) . „ ,
r o rr1.11 • simultanément.. 101
Uà Ihébains .
Il arriva, ensuite, qu'un copiste écrivit :
9' forme ( prémanéthonieune^
6 Pasteurs 269 ans.
32 Thébains 269 ans.
ce qui n'était pas encore faux rigoureusement, mais conduisait à l'erreur. Celle-ci se produisit en deux fois, et d'abord, par l'effet d'une totalisation des deux chiffres de 2 5(j ans, supposés se rapporter tous deux à des séries de rois Pasteurs :
3* forme (manéthonienne).
6 Pastem's ,
on. { 010 ans.
09 Pasteurs
Ce stade paraît être celui auquel le tableau des dynasties fut recueilli par Manéthon ; on en a l'indication dans la citation indirecte de Manéthon que nous transmet Josèphe et où il est dit que «les six rois Pasteurs dont il a été question, et leurs successeurs, régnèrent en Egypte 5ii ans w, jusqu'au jour où les Thébains se soulevèrent contre eux. Le texte manéthonien authentique devait porter à cette place 5 18 au lieu de 5i 1, et attribuer ce chiffre à l'ensemble des deux familles de 6 et 82 rois qui précédèrent le règne simultané des àS Pasteurs et de leurs /i3 rivaux thébains. C'est également à cette époque que les ce dynasties îi de la série reçurent leurs numéros d'ordre. Ensuite, seulement, se produisit l'erreur au deuxième degré, qui consista à spécialiser le chiffre de 5 1 8 ans sur la famille des 3 a rois, en restituant aux 6 Pasteurs du groupe précédent
les 969 ans qu'ils possédaient dans la forme primitive de cette chronologie; c'est-à-dire qu'on écrivit :
II' forme (antérieure à Africain).
6 Pasteurs 269 ans.
3 2 Pasteurs 5 1 8 ans.
et ainsi fut constitué le tableau qui devait passer chez Africain, altéré seulement dans le détail de la XV* dynastie, portée de a5f) à 28Û ans par les déplacements de chiffres et les remaniements maladroits que nous expliquions tout à l'heure.
La forme primitive de cette tradition historique et chronologique remonte donc bien plus haut que Manéthon lui-même, dont l'époque est représentée par le troisième des quatre petits tableaux qu'on vient de voir; et chez Manéthon, la tradition, déjà altérée et considérablement alourdie de chiffres injustifiés, n'était pas encore aussi mauvaise que celle qui se constitua plus tard et passa, plus chargée de malentendus arithmétiques grossissants et d'erreurs de détail, chez Africain. Si nous rapprochons, maintenant, du tableau d'Africain celui de la i"^' forme reconstituée ci-dessus, nous constaterons, dans cette forme primitive, un total de 1,0/17 ^"^ ^^ ^^^^ ^^ 1,690 : 5/1 3 ans de réduction, obtenus simplement en dégageant la tradition prémanéthonienne de quelques confusions faciles à apercevoir''^ Que penser, dès lors, des chiffres d'Africain sur lesquels nous n'avons aucune prise, les /i53 ans de la XIIP dynastie, les 18/1 de la XIV^ et les i5i de la XVIP? Toute méfiance est évidemment légitime, et l'on peut croire que les plus longues de ces durées sont nées de la même manière que les 5 1 8 années imaginaires de la XVP dynastie.
Il est très malheureux que la réduction certaine et immédiate à opérer dans la chronologie d'Africain n'ait pas été remarquée depuis longtemps; on eût été encouragé, par là,
''j Les corrections résultantes ont été vues assez nettement par W. M. Miller, Die Hyktôtin yËgyplen und Aiien {d&ns Mitt. d. Vorderat. Get. , 1898, 111), p. ao.
à rapprocher de la WIIT dynastie les groupes inonuiiienluux classés sous la rubrique des Xlir et XIV", et à suivre les indications concordantes fournies à diverses reprises par l'examen des monuments du groupe des Sebekhotep, où l'on apercevait des analogies remarquables avec ceux de la WIIT dynastie'''. Isolées, ces dernières observations lurent stériles, et reslèrcnt longtemps sans prévaloir contre l'illusion de la cbronologic dite manéllionieime. Une réaction ne se fit sentir de manière décisive que dans les dernières années du \nC siècle, avec le mémoire dans lequel SteindorfT'-', en 1890, arriva en même temps au résultat d'enrichir la série des rois connus entre Moyen et Nouvel Empire, en montrant qu'un groupe de rois Antef, auparavant placés dans la XI* dynastie, étaient en réalité postérieurs et apparentés avec les rois du nom de Sebekmsaf et avec le groupe connu depuis longtemps des Sebekiiotep, et au résultat de supprimer définitivement, par l'observation des relations de parenté qui unissent certains monuments des Antef ainsi mis en place avec ceux des prédécesseurs immédiats de la XVIH'' dynastie à Thèbes, l'abhne clu'onologique (pi'on croyait séparer cette aXIIP dynastie 75 du début du Nouvel Empire'^'. Corroborés par des remarques
''' BnoGSCii, Gesc/i- .^g'. (1877 ), p. 24'i-3i6, sur lo tombeau do Bol)i à EIkal>. Un tombeau d'époque voisine, à flllcal», celui de Sebekncklit, dont le propri.'laire lut contemporain de Sekiiemre-Souaztaoui , est déjà classé par Lepsius, L. D., III, i3, dans la XVII l' dynastie. Cf., sur ces oljservations anciennes, la note brève et un peu trop allirmative de W. M. Mlller , Die Uyksils (1898), p. 19, où ^[liller se laisse peut-être aller à transposer dans le passé les certitudes bistoriques seulement acquises depuis 189?.
'•' G. Steindorff, Die Kôaige Menluhnlep uiid Antef, dans A.Z., WXUI (189.5), p. 77-96-
^^) C'est à dessein rpie nous évitons de parler ici de la théorie clironologi<[iic dite de Berlin, ou de la chronologie conrle, dont les chiffres concordent si bien avec ce rapprochement de la XII' dynastie et de la XVIIl'. Comme il y a en présence deux théories et deuv systèmes chronologiques, sans parler de certains systèmes intermédiaires, le seule méthode de recherche légitime consistera à choisir entre les différents systèmes d'après les faits historiques préaiablemfut
M. II. WEILI.. a
iiUérieiires de Newberrv '', les faits mis en lumière par SleimlorfT nous donnent le droit de parler, avec lui. do la dtjna»tip AHI-AVII, tm seul vaste groupe dans le([uel on passe do manière continue des Antef de Thèbes, des Seiiekmsaf et des Sebekhotep do la llaute-Eijvpte, à Skenenre et aux autres personnages de la famille d'Ahhotep et du roi Ahmes, le fondateur de la XVIII" dvnastie théhaine : en tout, d'après ce qu'on a dit plus haut, une vingtaine de rois certains entre la fin de la \I1' dynastie et le dîbut do la WllP. D'autre part, si le iil est ainsi renoué entre les dynasties du Moyen et du Nouvel Empire, et si l'on considère que dans l'ensemble il n'y eut pas d'interruption, avant la WIII' dynastie, dans ce qu'on peut appeler 1j royauté tliébaine, on est bien forcé d'admettre que les Apopi et les Khian qui précèdent l'avènement de la XVIII' dynastie et semblent avoir Tanis pour capitale, furent les contemporains des uns ou des autres des rois du Sud, et par suite, que l'Egypte était divisée au moins en deux royaumes.
Il ne faut cependant voir là, hâtons-nous de le dire, qu'une induction de premier jet, et dont les résultats pourront se montrer singulièrement inexacts dans le détail lorsque nous examinerons de près les monuments d'Ahmes et de ses prédécesseurs dans la Haute-Egypte, et ceux des Khian et des Apopi de Tanis avec qui les Thébains eurent probablement à lutter dans leur œuvre de reconstitution de la monarchie égyptienne. Cette fa.'iiille tanite nous osl connue par des monuments analogues à ceux des autres familles pharaoniques de la même époque, et son histoire ne présenterait rien de très particulier si son souvenir n'était lié, par la liste rovale grecque et surtout par la narration des fragments dits maïK'lhotnens, à celui des
acquis, et comme concliisinn à uno iHudo dans laf|(ielle on sf sera gardé d'anahscr les faits à la luniirr» duno théorie rlironolo{Tique non encore démontrée. '•' P. E. Newbeiiby, The Pave ttnge of Queen Aah-Hotpp. dans P.S.B.A., XXiV (1909), p. 9 S 5-2 89.
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conquri'ants étrang<'rs avec lesquels MarK^lhon identifie les Apophis et les laiinas que les monuinenis nous ont rendus. Il faut se demander, ici, si celle manière d'exposer les faits est justifiée, et si la tradilioti manéllionienne ne fond pas ensemble deux choses eu réalité différentes, les Hyksôs envahisseurs et une dynastie lanite qui aurait été simplement en lutte avec les souverains do Thèhes. La question parait n'avoir jamais été j)osée, et l'on constate nolaminonl ([ue W. M. Mid- 1er, dans son mémoire précité de 1898, considère l'identité des Flyksôs avec les Apopi et les Khian des monuments comme tout à fait évidente et naturelle"^. Ed. Meyer, en 1907 et Mjoq, ne pense pas autrement'-. Les lïyksôs de Manéthon, (ju'on le remarque bien, ne sont pas inconnus de la tradition é^jyptienne d'époque classique, et leur souvenir paraît dans plusieurs textes du Nouvel Empire; ce qui est propre à Manéthon, c'est leur assimdalion à la famille royale des Apopi- Khian, et que cette assimilation — justifiée ou erronée — soil acceptée sans discussion encore à l'heure actuelle, cela montre admirablement que l'inconscient respect de la tradition manéllioiiienne est dur à diUruire dans l'esprit des égvptologues, et (|ue Sleindorff et ses successeurs, lorsqu'ils s'affranchirent des vues anciennes pour analyser quelques-uns des monuments de la monarchie sud-égyptienne entre le Moyen et le Nouvel Empire, n'ont accompli qu'une partie de la besogne de clarification nécessaire.
De manière analogue, et d'après les monuments, il faut faire l'histoire des Apopi-Khian et de leur époque, pour voir si l'invasion des Hyksôs a réellement eu lieu et dans (juelle relation les envahisseurs, s'ils ont existé, ont pu être avec les
t"' W. >,I. Miller, Dir lhjh$iU etc. (1898), ■pmsim.
'" Erl. Meïeu, Nacklrtïge zitr à'^t/ptischen Clironolagie (dans Abli. Kôn. Prêtai. Ak. d. Wits , 1907), 1908, p. 3'i; Gcxch. d. Alt., I, 11 (1909), |). 38«-aS3, 391-997.
Pliaraons contempoiMiiis de la liasse-Kgypte. Cette relation une fois déterminée, si elle n'est pas identique à celle que iManéthon allirme. il faudra encore voir comment Hyksôs et Pharaons taniles sont arrivés à se confondre, dans l'évolution de la tradition é{jyj)tienne. Lorsque cette étude sera terminée, d'ailleurs, et qu'on aura éclairci la période qui précède immédiatement le début du IVouvel Empire, il sera nécessaire (\o remonter plus haut et de reprendre l'étude des monuments des Sebekholep, des Anlef et des Sebekmsaf de ïhèbes. ainsi que des monuments de certaines autres familles d'époque voisine, de manière à réunir les renseignements qu'on pout V trouver sur la situation politique et l'histoire du pays depuis la fin de la XIP dynastie. La matière documentaire est moins riche, malheureusement, qu'elle ne semble aux partisans de la chronologie longue ^\ mais moins pauvre aussi que ne l'ont dit parfois, à l'appui de leur thèse, les théoriciens de la chronologie courte^'-'. Un premier essai d'enquête dans ce domaine a été récemment tenté par Ed. Meyer'^^ qui serait arrivé à des résultats extrêmement intéressants si sa grande perspicacité ne s'était heurtée à l'aveugle et traditionnel respect du papyrus de Turin et de la relation manéthonienne"'l Ayant constaté, par exemple, les analogies qui résultent de la mention du culte de Set sur les monuments du roi Aehsi et sur ceux du groupe Apopi-
"> Voir, à la fin de 1908, WiEDEMAy> dans O.L.Z., XI, col. 507.
^*' Voir notamment Kd. Meyeh, .^^. Chron. (igoi), p. 61, 63. Mcyer, cependant, est venu en'^uile à traiter avec moins de mépris les monuments de cette période; voir Nachlrdge zur àg. Chron. (1908), p. Si-Sg, et surtout Gesch. d. Alt., I, 11 (1909), p. 37G-3o3.
(^' Voir noie précédenle.
■*' De même qu'Ed. Meyer et quelque temps avant lui , Pieper base encore tonte sa rlassifiration des rois entre Moyen et Nouvel Kmpirc sur Tanahse du papyru*; de Turin : Max Pieper, Die Konige ji'^gyplens zwischen dem mitlleven und »euen Reich, 190/4.
Kliian. Il indiiif (juc Nehsi, roi iruligène. n'était déjà plus ([u'iiii vassal des Hyksôs conquérants, et, considérant que iNelisi. d'après son rang au papyrus, est de la fin de la \I1I'' dynastie, il conclut que l'invasion se produisit quelque temps auparavant, c'est-à-dire dans le cours de la MU' dvnastief'l Mais s'il n'y avait jamais eu d'invasion étrangère, ou si les Apopi étaient de simples Pharaons indigènes, les faits relatifs au culte de Set indiqueraient-ils autre chose qu'une parenté de Nehsi avec les Apopi? Meyer ne se le demande pas. Ailleurs, cependant, il analyse le décret connu de Nouhkhopirre Antef, d'où il parait ressortir qu'à son époque la Haute- Egypte était partagée entre plusieurs royautés régulièrement existanles^^^. Un fait de cet ordre montrerait qu'il ne faut pas chercher à faire entrer tous les rois actuellement connus dans une succession chronologique unique, mais qu'ils sont à répartir entre plusieurs familles ayant régné simultanément. L'idée de ces dynasties simultanées n'est d'ailleurs pas nouvelle, et elle a fréquemment séduit même les partisans de la chronologie longue'^'-, il n'en est que plus nécessaire de nous
"' Meïer, Gesch. d. Alt., I, ii (1909), p. 282-988.
-' Meïer, tbid., p. 3oo-3oi. Le même fait, aperçu par Breasted, Ancient Records, I (igoO), p. oSg-S/ii, est déjà signalé d'un mot par Pieper, loc. cit., voir n° 1 4 de sa classification.
■^' Maspero parle des princes des nomes wdont beaucoup s'étaient arrogé le litre de roin, à l'époque où Amosis rétablit l'unité égyptienne {Hist. anc. , Hjo'i, p. 9o5), et de certains Snekhtnre et autres qu'on pourrait, peut-être, ^considérer comme des rois secondaires ayant vécu à côté des Saqnounrî ou d'Alimosis-n (Hist.. II, 1897, P- 7^' "• '' )• '^fu*^ ** f^it 'le la même manière, Rrugscb {Hist. dlîjjyptp, 9' éd., I, p. 170) admettait l'existence de plusieurs (Tvicerois?) d'Amosis, et Ed. Mever, tout dernièrement [Gesch. d. Alt., 1, 11, 1909, p. .3o3), parle des d\nastes du Sud, probablement alliés des Tliébains libérateurs, et (|ui conservèrent leurs titres royaux jusqu'au début de la XVlll* dynastie. Maspero dit ailleurs, des derniers rois du papyrus de Turin : (rPeut-étre s'en trouve-t-il dans le nombre qu'on doit considérer comme contemporains des W et XVI' dynasties '? (Hist., 1, 189.5, p. 790); et enfin : tfLes Pasteurs possédaient le Délia. . . mais leur autorité directe ne parait [las
—!-».( 18 )ks— [202 1
dél'eiulro coiilrf l'altrail d'iiiK' théorie qui résout l'iiisloire d'une manière peut-èlre un peu simple, et d'attendre de voir si nous trouverons d'autres Iruces, dans les monuments, d'un fractionnement du territoire.
Il y a peu de chances, d'ailleurs, pour (ju'à i'iieure actuelle on puisse complètement définir et séparer les diverses familles (pii régnèrent à l'éporpie qui nous intéresse; mais si on veut le tenter, il est bien évident qu'on n'a pas le choix de la méthode, et que rien autre chose n'est à faire que de mettre résolument de côté le papyrus de Turin, ses fragments fussent-ils remis en place avec une parfaite certitude, et de chercher à reconnaître les groupes naturels, les familles véritables, dans les monuments contemporains : après cela, s'il y a lieu, on s'occupera de voir de quelle manière le scribe de Turin a traité les éléments historiques dont il avait une plus ou moins bonne connaissance. C'est cette classilication naturelle qu'on devra essayer d'établir, par une niéthodo coiii^istant sim|)lement à rassembler les faits d'analogie et de voisinage dont l'obser-
s'clre propagée plus loin que le FayoumTi (Hist, II, ji. 72, et Hisl. anc, iÇjolt, p. 902). Tout cela, comme on voit, implique l'idée de djnasties vassales ou de dsnustics sinuiltanéos, idée (|iii a été exprimée de manière particulièrement explicite par Hrugscli, qui admet {Gesch. .Egyptens, 1877, p. 173-173) Irois séries ro\alos sinuiltanées, celle des dynasties Xlll et XVII, ou des rois niégitimesn , celle des Xoiles rr seconda ires 5» de la dynastie XIV, onlin relie des conquérants étrangers des dynasties XV et XVI. Cette tliéorie des souverains indifjènes suLordonnés aux conquérants, qui suppose l'arrivée de ces étrangers dès la fin de la Xll' dynastie, était déjà celle de Lepsius (Komgihuch, i858, p. aS-a.^) et s'est manifestée à diverses reprises après lui : voir Maspkho, Hist., I, p. 628, n. 3, Ed. Meïer, (iesch. d. AU., 1, 11, (1909), p. 283-288, 397, et encore en 1909, dans Sphinx, Xll, p. 960, LiEBLEiN, dont le système clironologi(|ue, intermédiaire entre la chronologie longue et la chronologie courte, admet 618 ans entre les XIP et XVIII' dynasties. En ce qui concerne particulièrement les Hyksôs et leur arrivée, nous devons, comme il est dil plus haut, considérer la question comme mal posée, et si nous voulons y répondre, nous occuper d'altord de voir s'il y eut réellement une invasion des HylLSÔs.
valion peut suppléer, dans une certaine mesure, à la raroté des indications liistoi'i(|ii('s positives.