‹ La fin du Moyen Empire egyptien; étude sur les monuments et l'histoire de la période comprise entre la 12e et la 18e dynastie (volume 2)Chapitre 50 sur 51 · DH · texte numérisé non relu

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comme celles du j^roiipc Mer-[X]-re, di^diée, comme elles, à Amon-Ro, et présenUint avec elles, j)ar ses léjjondes, la plus surprenanle analogie (voir plus haut, cliap. vu, S iv), Celle analojjie est tout à fait frappante lorsqu'on rapproche la statue dont nous piu-luns d'une des deux statues de Mersekiiemre JNolIrhotep examinées tout à l'heure, celle du Caire, n" /lyoao : sur l'une et l'aulre des deux statues comparées, les inscriptions perlent, à gauche, le nom solaire du roi, à droite, le nom personnel; à gauche, la mention de ^'*'*®'„^^^ «Amon-Re Seigneur du Ciel», à droite, la mention de I '•*»"■© ,^ '"J" —"

wAmon-Re Seigneur des Sièges des Deux-Terres», L'identité de rédaction, comme on voit, est complète, et elle fournit la preuve, dont les autres statues nous laissaient manquer, de la situation d'étroite parenté où tous ces monuments sont ensemble.

Si l'on joint à cela les analogies caractéristiques relevées, un peu |)lus haut, entre certains scarabées de Mernofirre Ai et de Khanolirre Sebekhotep, on aura des raisons sullisantes pour conclure que les familles Kha-[X]-re et Mer-[X]-re sont aussi voisines qu'il est possible, et comme ces familles, ihébaines toutes deux, ne peuvent être exactement contemporaines, et qu'd y a impossibilité, nous l'avons déjà indiqué, de trouver place pour les Mer-[X]-re immédiatement avant les Kha-[X]re, il ne reste d'autre solution que d'admettre que les Mer- [X]-re ont été, à Thèbes, les successeurs immédiats des autres. Ainsi la position historique du groupe qui nous occupe se IrouvO't-elle déterminée.

Il faut remarquer, cependant, que le cinquième roi examiné du groupe, Morankhre Mentoubotep, se place un peu à part, liuit par sou nom personnel que par la rédaction dos légendes de sa statue. L'indice de parenté fourni par la construction du nom solaire serait-il ici trompeur? On peut se le demander, et

-^.o.( 508 Vc-.^— I*)0]

noter, à l'appui, qu'à la lamillo nominale jl/er-[X]-n' semblerait appartenir un «liyksôsw in(ln])itable, très étranger certainement aux dynasties tliébaines, la Mrr-oiisiv-re inhchhcr (pi'on connaît par un de ses scarabées'". Mais nous avons eu l'occasion de constater, aussi, que même lorsqu'il s'agit de rois de familles très différentes, la similitude de conslruction du nom solaire semble continuer à indiquer une contemporanéité plus ou moins précise; nous avons observé le fait de manière assez remarquable, à propos des rhyksôsj? S-ousii--n-rc Kbian et S-hha-n-rc, dont le nom solaire en 6'-|/l]-«-re est formé comme ceux des Tbébains S-ken-n-re Tioua, S-nchhl-n-re , S-ouah-n-re et S-ounz-n-rc , ainsi qu'à propos de la similitude des noms solaires de S-ken-n-rc rioua et (\\\-hen-n-re Apopi'^'. On voit, d'après cela, que l'analogie nominale de Mer-ousir-re Iakebher avec les ^/^/'-[.Ij-re deTbèbes, loin de nous induire en bésitation toucbant l'exactitude bislorique des indices nominaux, serait de nature au contraire à montrer que le r^ hyksôs » Merousirre est contemporain des Tbébains que nous venons de mettre en place. Ne savons -nous pas depuis longtemps, d'ailleurs, que l'époque des lakebiier de Basse-Egypte, qu'on peut appeler aussi Vépoque d'Anra, est celle même de Kbanofirre Sebekbotep '^' '/Puisque les Mer-[X]-re de ïhèbes touchent à l'épocpie de Kbanofirre, il n'est plus inattendu de penser qu'ils sont également contemporains, ou peu s'en faut, des Aura et Iakebher.

Ces successeurs tbébains de Kbanofirre et de Kbaankbre sont débiles à l'extrême. Il est naturel de supposer que Mernolirre Ai a été, en date, le premier d'entre eux, car ses monuments se rencontrent encore dans la Basse-Egypte en même

(') Ci-avant, Hyksôs, section II, chap. ii. ''' Ci-avanI, Uiil.sôs, sorlion H, cliaii. i cl m.

'•' Ci-a\aiil, llifl.sôs, loinplf-mciils, S m, 1), ot, plus près de l'endroit où nous sommes, rhap. vu, S iii et suivants. ,

temps (jn'à Tlièbcs; McrlKjfopre Aiii (Sohckliotoj)) n'est plus rencontré au delà tl'Ahydos, et (piaiit à iMcrscUicmre ^o^n■liotep, Merkaourc Sebekiiolep d Meranklirc MenlouliolrM), ils nous seraient inconnus sans une ino(lest(î statue, quehpiefois deux, que le roi plaçait dans le temple d'Amon à Tlièbcs. Leur puissance devait être du même onin» que celle de quelques autres Sebekiiolep, un kbaliotepre Sebekhotep, un Matre Sebekbotep, connus par quelques scarabées, et dont nous avons signalé l'existence (ci-avant, cbap. vu, S v) aux abords du règne de kbanofirre. C'est très peu de temps après Klianolirrc, nous l'avons aperçu déjà, que la puissance tJiébaine en voie de restauration s'est effondrée à nouveau , et l'on doit se demander si les derniers Sebekhotep, Klialiotepre, iMatre, puis Merliotepre, Merkaoure et leurs parents du groupe Mer-[X]re, n'étaient pas déjà les vassaux des Khian et des Apopi tanites, (pii suivirent à distance certainement courte l'époque des lakebher et des Aura.

LA FAMILLE TET-[x]-lW>:,

(^Rois Tetoumes et Monioumsaf.)

Auparavant encore, cependant, il nous reste à examiner ce qui concerne les rois d'un dernier groupe, peu nombreux et connus par des monuments en très petit nombre, mais dont on sait qu'ils régnaient en Haute-Egypte et qu'ils appartiennent à cette fin de période tliébaine dont klianoiirre et les rois de sa famille définissent la date centrale. Deux d'entre eux, Tclnojinc Tdoumcs et Telholcpre Tetoumes, sont évidemment inséparables, à cause de l'identité du nom personnel et de la similitude ostensible des noms solaires; le troisième, Tetanklirc Mentownmf, dont le nom solaire est de la même forme, semble devoir être placé à côté des autres.

Telmjtrrr Trtoumes est connu par une slôle de Gebcleiri (", moitlrant le roi entre klionsou et Anubis; les légendes, au-dessus des personnages, sont disposées en six petites colonnes :

à {raiicho

au-dessus do Klionsou

(face à droilo)

au centre au-dessus du roi (face à droite)

à droite

au-dessus d'Anubis

(fiice à (jauchc)

flîtl

if

La place de Khonsou qu'on rencontre ici est le l-ma-ntouron (Rizagât) que l'on connaît par une foule de monuments semblables (voir ci-avant, cbap. I, § h). Quant auroi, il n'y aurait riiMi à ajouter en ce qui le concerne, si l'on n'avait quelques scarabées, d'un type abyksôs» indiscutable, où paraît un nom solaire qui est probablement le sien. Voici, par exemple, les trois signes o|| disposés en une colonne verticale, encadrée de cbaque côté par des uraeus du Nord, ^, séparés par des signes '•', et reposant sur un -^ de dimension plus grande ^■-^; voici le même groupe o|| en composition verticale, avec encadrements latéraux formés de pseudo-biéroglyplies ^ et '^^'•^'. Voici trois scarabées encore du même type^*', et parmi eux un remarquable spécimen dont l'inscription est la suivante :

O *kO

<■' Caire, n" yo533 : Daiiessï, Rec. de travaux, XIV (1892), |). 2G; FnA- SKH, P.S.B.A., XV, p. liçjli et planches, n" 18: Lange-Scuafkr, Grab- und Denlc ■ «/eine (dans Cal. frilnéral Caire), I, p. i3G-i38.

''' (Collection Petiiie, Uistory, I (1899), p. 245.

W NF.wiiKRuy, Scarahs, X, 39 et p. la'i.

'*' FiiASKR, Cataln^ie, n" Oa-G'i.

11 sem!)lo fjiron ait lA, ninriés selon un procéch^ dont de nomhrciix scarabées de lYpoquo de kliaiiolirrn nous onl donné l'Iiabiludc, doux noms solaires, ©4fc| et ©||, d'où il ressort l'existence d'un roi ÏHnoJirrc, — peut-être Nojt'rtrlre d'nprrs les scarabées précédemment cités — contemporain de kbanofirre Sebekhotep. Le fait n'a rien de surprenant, et ce Telnofirre est simpii-ment à inscrire ù côté des pelils princes, r hyksôs» ou de Haute-Egypte, (b'jà rencontrés en foide autour de khanolirre et des rois de sa famille, et qui aiment à associer leurs nom^ par deux, sur de petits monuments, comme font d'ailleurs les princes de la famille doniinanlo eux-mêmes. H faudrait savoir, maintenant, si ce Tetnofiri'e des scarabées, contemporain de khanofirre, est le môme personnage que le Tetnolirre Tetouraes de la stèle de Gebelein : cela est bien probable, et ce serait bien désirable au point de vue de la simplicité des rangements historiques, car, du coup, le groupe des rois 7e^[.l]-re apparaîtrait comme une famille princière subordonnée, de l'époque des Kba-[X]-re de Thèbes, et il cesserait dès lors de tenir une place, ici ou là, dans la série chronologique. Mais celte situation n'est pas aussi certaine qu'il serait souhaitable.

TetliotPj>rc Tetoumex nous est révélé p^ir une stMe d'Rdfou, entrée en i^o-j au musée du Caire^"; elle appnrlienl à un l'ils royal Khonsoumouisit, et fournit, du roi, In litulature suivante :

(') Baiisanti, Slèle inédilH au nom du roi Iladaduuliulvp Douduumes, dans Annales du Service, IX (1908), p. 1-2.

Le nom d'Horus. Ouhi-LIkiou . o\ le nom de nihti, Sheihnoni, sont extrêmement retniir(jn;il)l('s, paire ([ii'ils sontclioisis selon im procédé que l'analyse des lilulalurcs de l'époque des Klxi- [.l]-rp nous a fait connaître, et qui consiste à prendre, pour constituer ces noms, l'élément personnel de quelqu'un des noms solaires complexes de l'ancienne famille Sc];h(>inro-\X \. kliasekhemré Nofirliotep, par exemple, a pris son nom d'Horus Gerglaoui dans le nom solaire de Sehhemre-Gcrgtaoui Sebekliotep, et son nom de nihti, qui est/lyjma/, dans le nom solaire de Sehliemro-Apmal Anlef-à; le frère de Kliasekliemre, Khano- {irre Sebekholep, dont le nom de 7iib(i est Ouazkhaon, l'a pris dans le nom solaire de Schhenire-Ounzhliaou Sebekemsaf ; leur contemporain Aouabre Hor, nibti Nofirkhaou , a pris ce nom dans le nom solaire de SeLItemre-NofirL'kaou Oupouailemsaf, et peu de temps auparavant le premier des Sebekholep, le roi Sekbemre-Souaztaoui , prenait son nom d'Horus Klioutaoui dans le nom solaire de Sekiiemre-Klioutaoui. Or, d'où viennent les noms d'Horus et de yiibti de notre Tethotepre Tetoumes? Son nom d'Horus, Ounzhiuiou, et son nom de nibli, Shedlaoui, sont pris respectivement dans les noms solaires des deux rois Sebekemsaf, Sekhemre-Ouazkhaou et Sekhemre-Seshedtaoui , exactement à la manière des rois Khasekhemre, Khanofirre et de leur époque, et l'analogie qui ressort de là pour notre Tethotepre est encore accentuée par ce détail, que le nom d'Horus ainsi choisi, Ouazkhnou, se trouve être identique au nom de mbli de Khanofirre Sebekhotep. Il semble v avoir là une indication assez sérieuse en faveur de la contemporanéité de Tethotepre avec les grands Sebekhotep, et comme Tethotepre Tetoumes est inséparable de Tetnofirre Tetoumes vu tout à l'heure, cela vient à l'appui de ce que les scarabées de Tetnofirre nous avaient laissé apercevoir déjà, concernant la situalion du groupe des Tetoimies comme famille princière secondaire du temps des rois Kha-[X]-re.

[lO^l] -~f>.( 513 )^^^

A l'un dos (leii\ rois Tetoumcs, sans qu'on puisse dire s'il s';i}T[it de TiInofMTe on do Telholcpn;, ;ij)|)arlirnl une inscription rencontrée sur un rocher d'Klkal), portant''' :

Un autre monument au nom d'un Teloumoa a (''lé trouvé par Naville à Deir El-Bahri, sous forme d'un fra^niont d'inscription où le cartouche est i-econnaissahle ■'-l

Quant au troisième et dernier personnage du groupe», Tel-

nMre Mentoumsnf, + ^^ (Tg^ ^ (^^Y^^. il

est connu par une pierre de Gebelein '^', qui donne les deux carlouclies, et par quelques scarabées qui portent :

iîRhI

Les monuments des trois 7(?/-[yt ]-re se sont rencontrés, en sommo, à (Jc])elein, à Edfou, à Elkab, aussi à Tli<''l)es; ce sont des princes de Thèbes peut-être, en tout cas de cette partie de la Thébaïdc qui s'étend, en amont de Thèbes, vers les abords de la cataracte. Leur date et la nature de leur souveraineté sont un peu incertaines; les chances les plus sérieuses, nous l'avons vu, sont pour qu'ils soient contemporains de Khanolirre et de sa famille, auquel cas il faudrait reconnaître en eux, non des souverains indépendants de la Haute-Egypte,

<•) Fraseb, P.S.B.A., XV, p. tiçtli, n" a; Savck, P.S.B.A., XXI, p. nh cl pi. 2, n" i6. (^f. Gauthier, Rois, II, p. 5o.

("-) Naville, The Mlh. Dynasiy Temple elc, II (i9Jo), pi. X, D, ut p. 12, 91. Cf. Andersson, clans Sphinx, XII (1908), p. 7/1; Galtiiier, /fois, H, p. lioo; Meïeu, Gesch., I, 11 (1909), p. 2.38.

(') Daressï, Bec. de travaux, XX (1898). p. 72.

(*' Newbebry, Srnmhs, X, «5 (cdII. Felrlc), 2O (coll. Miircli)elp. 13.3; ce dernier parait, d'aprùs les leproduclions, être le iiièine que celui de Hrilisli Muséum, n° /10687 : Hall, Calalnjtiie etc., 1 (1918), n' 280, p. «5; «f. Bii)i;k, Kingi, I, p. 83.

in.'iis (les rois sul)altcrnes, du genre (Je ceux que les principaux Iles Sehekiiolep lohîraient en diverses parties de l'Kgyple. Si l'on pri^féruil admettre, rependant, (jue ces Tetoumes et Mentoinnsal" régnèrent vt-ritablement èi Tlièbes, on ne pourrait éviter de les placer, clironologi(]uement, à rexlrème fin de toute lu série royale étudiée au cours des précédents chapitres, l'ordre des groupes royaux, depuis l'épocpie des Antef et Sebekemsaf jusqu'à la lin de l'époque des rois kiia-[\]-re, à qui ic8 Mer-[X]-re succèdent immédiatement, étant déterminé sans nulle possibilité d'intercalalion chronologique. Des doux hypothèses, pour les Tet-[\]-re, celle d'ime royauté subordonnée, contemporaine de la domination des klia-[\j-re, est en somme lu plus probable.

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