SOUS LE NOUVEL EMIMRE
DU SOUVEMR D'U>E ROYAUTÉ ABOMLNABLE.
La reine Hatshopsitou, célébrant ses mérites en termes généraux à la fin de son inscription connue de Speos Arlemidos, nous fait une déclaration extrêmement étrange : «Entendez, race entière des humains en la totalité de son noml)re,
ce que j'ai fait... :p^>T'^!^l ^ ^ ! ^ ^ 1 !ll!
'fr^S--wXî>T'ÎMS'='I7fc ^J'^i restauré ce qui était en ruine, en menant à bien ce qui était inachevé (?) depuis le séjour des Asiatiques qui étaient dans le Pays du Nord et dans Ha-Ouarit, avec les Shcmaou parmi eux, occupés à détruire; ils s'étaient donné un roi, dans l'ignorance de Re, et il n'agissait pas selon les ordres du dieu, jusqu'à ce que vint Ma Majesté'". î5 Qu'est-ce à dire? Hatshopsitou a vaincu les
O Speos Artemidos, 1. S.'i-SS; Golenisciieff, Bec. trav., III, p. 3 et pi. III; SeTiiK , Urk. d. 18. Dyn., p. 3()o.
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Asiatiques destructeurs. Amou et SlirmaouM>, installés dans le Delta et dans Ha-Ouarity Mais ce sont les fondateurs de la WIII' dynastie qui ont fait cela, et sans parler de la relation manéthonienne dont YAvaris est Ha-Ouarit des textes liiérofjlvplii(|ues comme il est reconnu depuis longtemps, sans invoquer même le roman de Sallier i dont la nature composite sera analysée plus loin, nous nous rappellerons que dans une inscription proprement historique, celle du tombeau d'Alimès à Klkab. il est dit que le roi Ahmès prit Ila-ouarit. Halsliopsitou, qui hérita du royaume paisible et fortement constitué de Thoulmès P% ne peut pas avoir eu à recommencer ces opérations anciennes pour la soumission du Nord. Donc lïatshopsitou ment. Elle se vante, elle usurpe sans aucun droit le mérite d'avoir expulsé les Asiatiques. Mais dans quelle intention cette bizarre imposture? Il serait peut-être difficile de le comprendre si l'on n'avait le bonheur de posséder un autre texte royal dont les analofries avec celui d'Hatshopsitou résolvent complètement le problème.
Un discours célèbre, placé dans la bouche de Ramsès III au grand papyrus Harris, nous dépeint l'état d'anarchie où le pays était tombé avant l'avènement de son prédécesseur Sitnekht; bien que ce texte soit très connu, il est nécessaire de le mettre sous nos yeux ici une fois de plus^^l
"Discours prononcé par le roi Omirmare-Miamon , le dieu grand, par devant les princes et les chefs du pays, les archers, les cavaliers, les Shardanou ,VAvméQ nombreuse et tous les vivants
''^ Autre désignation des Asiatiques, comme on sait, au tomps du Nouvel
Empire; te nom se rencontre dans celui de la forteresse (© HUiMit '^ 1 % "^ '
Ç i^" . S "T/ âAJ, construite par Thoutmès 111 au plus lointain des contrées
asiatiques connues de ses armées (L.D., 111, 3o b; Setiie, Urh. d. i8. Dyu. p. 735-760).
'*i (irand Pap. Harris, p. 76, 1. 1-7. Bibliogr. du document dans Maspero. Hint.. II. p. 'l'iii, n. .'). .'). p. ^')'i, n. 2.
[283] — «.( ;VJ }t^^ -
du pays d'Egypte : Entendez! Je fais que vous ayez connaissance des choses iilustres que j'ai accomplies iorsque je fus roi des
l»»mains. ^>^ ^TT^XÔÎK'^y T^î ^ î^ ^
A A ^S, I I '^. — /»«~-\ <2 III i <=> ■ > I 1 1 III /~»~-\ Ç I 1 I <=. A I
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terre d'Egypte s'en allait à la dérive''^ et chaque homme de
"' Pour cette première partie de la phrase, je suis la traduction de Maspeuo, Hxs\., II, p. 4/io, qui attribue Inen au mot routi le sens de trmouvementn sur lequel Spie{i[elberg, plus tard, devait insister (voir^.Z., XLIII, 1907, p. iSg). L'interprélation, cependant, n'est pas entièrement certaine, et l'on peut se demander si l'expression /./i« m rouù ne procéderait pas d'une expression ancienne de forme analogue mais de sens différent. Nous avons rencontré, dans les développements du thème du désordre au Mo\en Empire, la phrase (Adm., 111, 1) : hespitou kheba; smeritou rouli iili n Qemit ffles terres sont ruinées, les nomades de l'extérieur viennent en Egypte», et dans ce passage, le voisinage des mots kheba et rout rappelle singulièrement celui des mots hlia et roi((! dans la phrase du papyrus Harris. La filiation des deux phrases, si on voulait l'admettre, supposerait un procédé beaucoup moins étrange que certaines reproductions de phrases, analysées plus haut, qui sont correctes dans le Lebensmûde et méconnaissables aux Admonitions , ou dont le texte normal, connu par les Admonitions , est détourné de son sens mot par mot dans Amenemhat. Plus simplement encore, la phrase qui nous occupe au papyrus Harris ne pourrait-elle être restituée en T jk -, % IStM, ffla terre d'Egypte
était abamlonnée aux gens df l' extérieur •n'i Cela rendrait exactement, avec les mots mémo du texte, la vieille idée exprimée plus clairement dans Adm.. 111,1.
mdme '\ cyr il n'y eut pas de chef pour eux pendant de longues années, avant que vinssent d'autres temps; ia terre d'Egypte était aux mains des grands et des princes des villes, et chacun tuait son prochain, parmi les grands et les petits. D'autres temps vinrent ensuite, en des années de détresse où se fit roi'-^ un Syrien, parmi eux, comme prince; et la Terre-Entière payait le trihut devant lui. Chacun joignait son voisin et pillait ses biens. Comme ils agissaient avec les dieux ainsi qu'avec les hommes, il n'y avait plus d'offrandes dans les temples. iMais lorsque les dieux tournèrent leur esprit vers la paix, pour remettre le pays en sa situation, conformément à ses justes nécessités, ils établirent leur fils, sorti de leurs chairs, comme Prince de la Terre- Entière, sur leur grand trône, le roi »S//nehlit V, etc.
11 suffit de juxtaposer à ce texte le passage de Speos Artemidos cité tout à l'heure, pour voir paraître des analogies caractéristiques. D'abord, il s'agit dans l'un et l'autre cas d'une allocution solennelle à l'humanité, à la nation entière; puis on remarque que le discours commence, de la même manière dans les deux documents, par la description du désordre qui
''' En ce qui concerne i'inlerprétalicn de m al.a-f, je ne crois pas pouvoir suivre Maspero et Spiegeltirrg (/. c.) qui traduisent wen elle»; il semble bien qu'il n'y a rien d'autre, ici, que l'expression connue r ala, m aka, qui exprime la simullani'ité, le voisinago, la correspondance.
''' Je lis [ '^^i et non | Vf^ comme on fait d'babitude; comparer le signe avec le f cerlain du début, et le | n-^n moins certain de la fin do la même ligne (1. !i de la page). Le groupe lu 4^^1 U^ cstjComnie on ?ait,
généralement interprété comme un nom propre, et Ion traduit : roù Arsou, un Syrien, fut roi parmi eux^ ( bibliogr. dans Maspero, Hist., II, p. 44o, n. h)\ Spiegelberg, seul {O.L.Z., II, 1899, col. 263-265), a proposé de comprendre : (r?e fit un certain 1 VJ^ , un Syrien, paiwi eux comme chef», en admettant que l'élément principal du nom du per^onnage a disparu par fuite d'un simple oubli. Ma lecture, comme on \oit, va plus loin et suppose que i;ous n'avons même pas la trace d'un nom propre oublié: on y reviendra im peu plus bas.
existait avant l'avènement du roi et auquel il a remédié; on relève entln, dans le détail de cette description, la surprenante coïncidence de YAsIatùiiw devenu roi — <:tun Syrien s'était fait roi 55, dit le papyrus Harris; 'x\es Asiatiques s'étaient donm'' un roi», disait Hatshopsitou — et de l'impiété qui caractérisait son gouvernement. On ne peut douter que c'est la même histoire qui parait sous la main des deux scribes, insérée à la même place dans deux compositions d'esprit et de forme analogues, et cela nous apporte, remarquons-le immédiatement, la confirmation de la lecture ^"^ au lieu de ] ^ dans la phrase du .Syrten au papvrus (voir la dernière des notes qui précèdent) , ainsi que de l'interprétation que nous avons donnée du passage; car
^ + ^î^^îkTl^-^m ''- papyrus Harris correspond exactement h] W'^, -^^^.T.î^prr. du
texte d'Hatshopsitou. Mais voici qui est plus important. Nous avons constaté que chez Hatshopsitou et en ce qui la concerne personnellement, le récit ne correspond à aucune réalité historique : comment, dès lors, en serait-il autrement dans un document où l'histoire reparaît après plusieurs siècles? On est ainsi amené à découvrir que l'anarchie en Egypte avant la XX' dynastie et le rétablissement de l'oi'dre par Sitnekht ne sont pas des faits historiques : la narration du papyrus Harris est mensongère comme était celle de l'inscription d'Hatshopsitou, et la répétition même de l'imposture nous fait maintenant comprendre qu'elle se réduisait, en réalité, à une simple fiction verbale, à l'application d'une formule générale qui ne devait même pas tromper le lecteur contemporain. Il était simplement entendu, par une sorte de convention laudative, que parmi les qualités dont l'exposé remplissait le panégyrique de tout souverain, figurait celle d'avoir été le vainqueur des Asiatiques et de leur roi sacrilège, le restaurateur de la royauté, de la religion et de l'ordre.
.Un procédé de ce genre paraissait tout naturel aux Egyptiens antiques, et l'état d'esprit qui conduisait les rédacteurs à enrichir l'éloge du roi d'une gloire imaginaire et banale, se manifestait encore aux derniers temps de la monarchie égyptienne, à l'époque ptolémaique; on observe seulement, alors, que depuis l'époque thébaine le «cliché» a changé, et que dans celui qui a pris naissance en dernier lieu le mérite visé est celui d'avoir fait revenir d'Asie les images des dieux, que les envahisseurs victorieux avaient emmenées prisonnières '*l C'est ainsi qu'on lit sur la stèle du satrape Ptolémée : «Il avait rapporté les images des divinités qui avaient été trouvées en Asie, ainsi que tout l'attirail et tous les hvrcs qui étaient la propriété des temples de l'Egypte, et il les remit à leur ancienne place 75; après (juoi , l'éloge reparaît en termes semblables sur la stèle de Pitliom, qui appartient à Philadelphe, puis sur la stèle de Caiiope et dans l'inscription d'Adulis, qui sont d'Evergète, puis encore dans un texte démotique au compte de Philopator'-*. On remarque la parfaite similitude que présente, avec ce procédé , celui du r cliché v du roi restaurateur à l'époque thébaine.
Ainsi avertis du caractère artificiel et conventionnel de l'éloge, nous arriverons sans peine à séparer les éléments d'espèce différente dont la juxtaposition a formé le texte du papvrus Harris. Des sutures sont visibles. Le lecteur apprend d'abord que le pays était en désordre w avant que vinssent d'autres temps 5:; puis la formule, inutilement et de manière très gauche, se répète : w d'autres temps vinrent ensuite», et
<■' L'emploi banal de ce thème, à Tépoque grecque, est signalé par Boiché- Leclercq, Hist. des Lagides, I, p. io5, n. 3; IV, p. 3o3.
(*) Spiegklberg, Demotische Insch. (190/1), p. 17- — t*lus tard encore, au début de l'époque romaine, le thi-mc des images divines enlevées et reconquises reparait dans l'iiistoire démotique de lajjneau et du roi Bokclioris, composition projilit'lique de nature toute (liUVrenlc des autres textes qu'on vient de citer, et dont nous aurons à parler par la suite de cette étude.
au iicu des événements heureux qu'on attend alors, on voit arriver de nouveaux malheurs, le roi asiatique. Il y a là, de toute évidence , quelque chose de mal composé. Cette première observation une fois faite, si l'on lixe son attention sur le texte que commande la seconde formule it d'autres temps vinrent ensuite)?, on y reconnaîtra la tradition, déjà recueillie par Hatshopsitou, du roi asiatique impie ; « . . .années de détresse où un Syrien se fit roi parmi eux, et oii la Terre-Entière lui payait tribut; . , .et ils traitaient les dieux fort mal. . . », deux phrases qui proviennent d'une version primitive unique et cohérente, et entre lesquelles on ht que (^chaque homme pillait les biens de son prochain 5), interpolation ancienne assurément, puisque dans l'état actuel du texte c'est elle qui permet de continuer : «ils traitaient les dieux aussi mal que les hommes», mais qui ne fait pas pour cela un moins violent contraste avec l'image qui précède : «la Terre-Entière payait tribut au roi v , et qui ne va pas bien non plus avec la phrase qui suit, dans laquelle il est entendu que les hommes se trouvaient mal du roi impie, et non d'eux-mêmes. Malgré l'interpolation, cependant, toute cette partie de la narration forme un tout nettement séparé de la partie qui précède, où apparaît un thème tout différent, celui de l'autorité royale absente : «Ils n'eurent pas de chefs de longues années durant. . . la terre d'Egypte était aux mains des grands et des princes, et l'on s'entre-tuait»; on voit que c'est aux idées correspondantes qu'est empruntée la phrase «chacun pillait les biens de son prochain » qui détonne tellement au milieu de l'exposé du deuxième thème. Avec le premier, cependant, dont le développement parait avoir gardé une cohésion parfaite, on se retrouve dans un domaine httéraire connu, celui du thème du désordre tel que l'exposent les compositions du Moyen Empire : reportons-nous à ce qui a été dit à ce sujet au précédent cliapitre. et mettons seulement en parallèle quelques phrases caractéristiques du
..^.^( hh )^— [288]
Lchensmiklc et des Admonitions avec les phrases coiTcspondanlcs du papyrus Marris :
L. f\. Chacun tuait son j)mchain, parmi les grands et ies ])otils (bien à sa place dans le thème n"i).
[/. o. Cliacunjoignait son prochain et pillait ses biens (inteipolttlans le thème u" 2 ).
Adm. , \ll. l'i. J>e pins grand nombre lue les plus faibles.
Adm., XII, i3. Chacun use de violence vis-à-vis de son prochain.
Leh., 100-1 06 et 1 19-1 13. Chaque homme s'empare des biens de son prochain.
Il résulte de tout cela que l'élaboration du texte du papyrus llarris a suivi la marche suivante :
Premier slade. — Existence de deux thèmes indépendants, développés à part l'un de l'autre :
Thème A (remontant au \foyen Empire).
La terre d'Egypte et ses habitants s'en allaient à la dérive, car ils furent sans chef pondant longtemps; le pays était ;iu\ mains des grands et des j)rinces des villes, et le meurtre sévissait partout.
Thème B (cr(''C au temps du Nouvel Krapirc).
Il fut ime époque déplorable où un Asiatique se fit l'oi et soumit à lui l'Egypte entière; il persécuta les dieux et les priva de leurs offrandes.
Deuxième stade. — Le développement B, sous cette forme, est cousu à la suite du développement A.
Troisième stade. — Dans le texte composite ainsi créé, le développement B est enrichi d'imaj^es, très malheureuses à cette place, empruntées aux développements habituels du thème A.
La survivance du tlième du désordre dans les compositions du
Nouvel Empire n'a rien qui doive surprendre, et il n'est pas (lilFicile de déceler sa présence dans plusieurs autres textes où le roi se vanle d'avoir rétabli l'ordre en Egypte et dont tous les (lélails, un peu trop }jéncralemeiil, sont considérés comme liistori(pies. Dans le grand décret d'Haremheb , où le désordre (pii précédait l'avcnement du roi est décrit en détail, on lit
entre autres choses ceri^^' : ^ «=► j^ ^ ^ ' — v j ^ | M ^^ ^
ri.-V!KgM-T=-SU "HP-- •('-"« ->raM>->^TMwXW^r::^--'<Lo,-s<iu'u,.
pauvre homme se faisait une barque avec son gréement(?) pour |)OUvoir servir Sa Majesté. . . [on la lui prenait. . . avec scsj offrandes, et le pauvre homme restait là, dépouillé de ses biens, impuissant en ses...(?)j5 La phrase ne serait pas déplacée dans le texte des Admonitions, et il est intéressant de la rapprocher des phrases classiques du Moyen Empire réunies plus haut, relatives au fléau du vol et du brigandage. Il parait évident que, dans l'inscription d'Haremheb, le passage qu'on vient de voir est de fonction analogue, et qu'il y prend place simplement parce qu'il convient bien à une peinture d'état anarchique, et non parce que le fait particulier évoqué avait été réellement constaté en quelque circonstance. Sans doute conviendrait-il, sur la base de cette observation, de soumettre à une revision complète ce qu'on admet généralement de l'historicité de la restauration d'Haremheb. Que ce fondateur de la XIX' dynastie n'ait pas eu à rétablir l'ordre en Egypte comme il le raconte, cela résulte d'ailleurs ])eaucoup plus clairement du fait qu'immédiatement avant lui Toutankh-
''^ L. li-i.'ï; texte dans BounusT, A Thèbes, dans liée, trav., VI (i885), p. 43; cf. M. Miller, Erldârnng etc., dans A.''(., XXVI (t888), p. 7t.
H. n. weiLL. A
—«.( liù ).«"- [290]
amoti, le successeur d'Amenothrs IV, revendique le même mérite et assume le même pei"sonnage de roi sauveur, dans une inscription où le tableau de l'Egypte perturbée est dessiné avec une grande complaisance. Elle couvre les faces d'une belle stèle qui s'élevait dans le temple de Karnak, et qui plut à Haremlieb à tel point qu'il l'usurpa, faisant substituer ses cartouches à ceux du propriétaire véritable : adaptation maladroitement exécutée, par bonbeur, et qui nous laisse le moyen de rendre à Toutankliamon ce qui lui appartient, grâce à la conservation de tout le reste de sa titulature.
Le développement du tkrnie du diisordre qu'on trouve à cette place est étendu et assez intéressant. Relisons le passage^*' :
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/ — , J f /vil^ ■^ ï;>^i r,;J. ..,/J ! ^^ jv 3) Z-i I "^ Ir ;^' ï -
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T "r;i rri ^ ^ P . . . M
"' Legrais, La graude stèle de Toutanliliatnanou à KariUik, dans liée, trav., XXIX. (1907), p. 169-173, texte, trad. et commentaire; voir p. i6i,l. 5-io de l'inscription.
^-~ . V ® A T ]■ l ^tc. R Les choses nécessaires étaient
(Inns 1111 état abominable, et le monde comme à son origine, lorsque se leva Sa Majesté comme Roi. Les temples des dieux et des déesses, depuis Kléphantine [jusqu'au Delta, étaient dévastés (?)]; leurs sanctuaires allaient à la ruine^'^ et la marche à l'abandon était la situation des champs . . . leurs retraites étaient anéanties, leurs demeures des chemins de piétons. Le pays était une ferre de passage(?). Les dieux manquaient; ils tournaient le dos à cette terre. Lorsqu'on envoyait [des messagers] en Phénicie pour élargir les frontières de l'Egypte, ils n'arrivaient à aucun succès; lorsqu'on invoquait le dieu pour résoudre les affaires avec son aide, il ne venait pas ... ; lorsqu'on adressait des prières à la déesse . . . pareillement, elle ne venait pas, absolument : leurs cœui's étaient dégoûtés de leurs créatures, et ils détruisaient leurs œuvres. Or ensuite, d'[autres] temps arrivant après ceux-là, se leva [Sa Majesté] sur le trône de son père; il gouverna les domaines d'Horus , etc. »
C'est, comme on voit, une description de déchéance générale : les champs ruinés , le pays souillé ou \iolé , l'insuccès des expéditions au dehors; mais la plus grande partie du développement, malgré cela, est consacrée à l'état lamentable des choses religieuses, les temples aljandonnés et les dieux détournés de leurs créatures, et cela explique que Legrain puisse considérer cette peinture de désordre comme historiquement sérieuse, en admettant'-) qu'elle se rapporte à la tentative de réforme anti-amonienne d'Aménothès IV. On raisonne exactement de ia même manière, depuis longtemps, sur le décret cité tout à l'heure et sur la restauration d'Haremheb ; mais puisque Harem-
/'' A \ iit ? V iL i^ ^ ,r^ p rr; ' "^^'^""^ f^' L^''«"«' ^"'-
cit., p. 167.
'*' Legraik, Ioc. cit., p. iGg, n. 9, p. 17a.
lieb, (]iii outre ses inscriptions personnelles s'approprie celles de ïoutaiikhumon, n'eut rien à restaurer en réalité de ce qu'il veut bien nous dire, pourquoi en serait-il autrement du successeur itnun'diat des (jrands rois de la \\ lll" dynastie? A l'examen du te.\te de Toulankhanion on est d'ailleurs frappé de la pauvreté d'imagination du rédacteur, de l'incohérence et de l'impersonnalité des traits du tableau de désolation qu'il s'est efTorcé de dessiner : qu'est-ce, par exemple, que ces expéditions infructueuses au Zabi crpour élargir les frontières de l'Egypte »? Il n'y a dans tout cela que des généralités extrêmement banales et assez mal cousues les unes aux autres.
Ce n'est pas une raison, certes, pour révoquer en doute le fait de la réforme religieuse d'Aménothès IV et de la persécution d'Amon, dont le martelage systématique du nom du dieu reste le témoignage; mais il ne faudrait pas croire non plus que cette grande querelle a mis le pays dans le même état de bouleversement que les sacerdoces directement intéressés. En ce qui concerne d'ailleurs Amon, il semble qu'en réalité il n'a guère souffert de la guerre contre lui, puisque dès le règne de ïoutankhamon il était réintégré dans sa situation de dieu national, et cela permet d'apercevoir que les derniers rois de la XVIir dynastie, puis Haremheb lui-même, n'eurent sans doute que la peine de s'asseoir sur le trône intact des grands Aménotbès; les rois de la XIX" dynastie,. non plus que le père de Ramsès III au début de la XX'", ne se virent obligés de rétablir l'ordre dans une Egypte en fort bonne condition, et la légende de cette première restauration, créée par les banales impostures d'Harembeb, est à laisser tomber au même litre que la légende de la restauration suivante.
On remarque, maintenant, que, si les scribes de Toutankhamon et d'Harembeb usent de formules plus ou moins injustifiées pour di'peindre l'anarchie à laquelle le roi est censé avoir porté remède, ils montrent sur le terrain proprement
hislorlque plus de scrupules que ceux d'Hatshopsitou et de Hanisos III. en ce qu'ils s'uhsiiennent d'attribuer à leur maître la défaite de l'Asiatique inq)ie. On se rappelle que l'auteur de l'inscription d'Hatsliopsitou, de manière absolument contraire, usurpe l'histoire de l'Asiatique impie mais ignore ou négliije les éléments du premier thème, celui du désordre sous sa forme simple. Le scribe du papyrus Harris, lui, a adopté un type de rédaction complexe qui montre l'utilisation simultanée des deux thèmes. On ne peut savoir exactement à quelle époque, entre Hatshopsitou et Ramsès III, s'est produite la juxtaposition dont nous avons, plus haut, analysé le mécanisme; carie seu texte où la même juxtaposition s'observe de manière comparable est d'époque voisine de celle du papyrus Harris, et d'ailleurs très apparenté avec lui par certains détails du tableau de désoladon qu'il nous apporte. Il s'agit du passage extrêmement connu qui vient en tête de l'histoire de Sallier i . Avant d'y arriver, nous noterons encore deux autres textes du Nouvel Empire, où le thème du désordre est utilisé de manière intéressante.
Au début du récit des Aîinales de Tlioutmès III, en premier lieu, l'histoire de l'expédition des années 29-28 est précédée d'une courte introduction où il est dit que le roi passa à Zarou, à la frontière d'Asie, -dans sa première expédition de vaillance 57 contre les Asiatiques, «en force, puissance, richesse. . . r). Bien que le texte soit très endommagé à partir do là, on arrive à se rendre compte que le narrateur ouvre une sorte de parenthèse rétrospective pour dire :
«Or, ces temps [remplirent beaucoup] d'années
on pillait, et chaque homme était à [emporter] par-devant...
Il arriva d'autre temps, et les {jens qui étaient là,
dans la ville de Sharoulicn, depuis Irouza jusqu'aux extrémités de la terre, ils se mettaient en route pour se rebeller contre Sa Majesté, n Suit le récit des premiers actes de ïhoulmès. Or il sulïit de jeter les yeux sur la partie du texte qui remplit les lignes 9-10 et la première moitié de la ligne 11, pour voir, même avant toute restitution, que nous avons là un tableau de désolation du type ordinaire, formé avec des éléments que nous pouvons séparer, les connaissant bien pour les avoir rencontrés ailleurs. Les ^^ longues années de désordre» de la ligne 9 correspondent t'xactement à {{{,7i/JL*r^T ^" P^^" sage précité du papyrus Harris, où immédiatement après on trouve, comme à la ligne 1 1 des Annales : ^ ^ -=- fi] ^
rT~i^orT~\-> ^^ "^ P^*^' P^*^^ loin, plus pareillement encore :
'^^ ! ! '^^ ra "iv- rT; !^ T T ! ^--- • Ouant à la phrase de la ligne 10, elle paraît procéder directement de celle, précitée
(cbaj). précédent), de Lebensmûde, 1 1 9-1 1 3 : -— ' | ^ ^— '
•>3^^T!!^IT>:ït"'r'et io5-iog : j^--
T ^ ^'"^ ^T^ 1 T^ ^ j^ ' ' *^''^- Le petit tableau succinct ainsi
<'^ La forme X .= — 1 i V,— j , aux Annales, n'est pas le seul exemple comiu du mot .= — I i \k V, — I avec le « jiréfixe. Quant à ^^ , aux Annalrs, si nous restituons 5f dans la lacune, c'est d'après les deux plir.ises analo{fues de Leljpnsmùde ; et en ceci nous nous séparons de Setlio, qui fixe son attention sur une autre phrase du passage pnkiti' de Harris: fLa Terre-Entière rendait tribut devant lui ... 71 , et sur une phrase analogue de SaUier 1 que nous
constitué est mis en relation inamédiate avec «les rebelles qui étaient dans Sliaroulien . . . w et ([U(^ le roi va combattre, de sorte (lue l'e\i)édition (jue les Annales vont raconter d'abord est présentée comme l'acte par le(|uel Thoutmès a mis (in nu désordre national qui régnait avant son intervention. Mais le nom de Sharonhen ne nous est pas inconnu; c'est la place qui fut prise par le roi Ahmès, lorsque après la reddition de Haouarit il poussa son offensive, plusieurs années durant, sur le territoire asiatique (inscr. d'Ahmès-sa-Abina); le siège de Sharonhen, qui dura trois ans, avait été une opération d'importance égale à celle de la prise même de Ha-ouarit, et le nom de Sharouhen était resté lié, sans nul doute, au souvenir des adversaires qu'Ahmès avait détruits, puisque dans les Annales de Thoutmès nous voyons maintenant les Asiatiques coalisés désignés par l'expression : ^Ceux qui étaient dans Sharonhen, depuis Ir.ouza jusqu'aux limites de la terre»; d'où il résulte que «ceux de Sharouhen j) est une dénomination générale de l'ennemi asiatique.
Il en résulte encore ceci, qui est particulièrement intéressant pour nous : puisque Sharouhen représente un épisode dominant de la guerre de libération sous Ahmès, et que c'est Sharouhen que Thoutmès, à nouveau, prétend avoir à vaincre, il indique implicitement par là que c'est l'ancien ennemi de l'époque d'Ahmès et de la prise de Ha-ouarit qui relève la tète, et que c'est le geste même d'Ahmès qu'il va recommencer en sa campagne militaire : procédé d'identification d'une habileté des plus curieuses, si on le compare aux déclarations d'Hat-
verrons plus loin : «La Terre-Entière lui rendait tribut avec ses offrandes... n, et, par analogie, voudrait restituer aux Annales: ^ ■^m' T ^ Vi — i «=> — . . . «tout chacun faisait offrande par- devant [leurs chefs qui étaient dans Ha-ouarit]» (Sethe, Urk. der 18. Dynaalù, p. 648, et A.Z., h'] [1910], p. 8i-8a). Cette dernière restitution avec lia-ouanl est loin d'ailleurs, comme on va voir, de manquer de vraiseinhiance.
shopsilou à StaLl-Antar. où nous avons admiré, plus haut, l'assertion naïve d'avoir coinbatlu Ila-ouarit. Les scribes de Tlioulniès, plus fins, se gardent d'attribuer au roi cette gloire trop évidemment usurpée; ils disent simplement que le roi va accomplir le pieux devoir d'écraser l'ennemi éternel, abattu jadis, mais toujours renaissant, à ce qu'il faut croire, et cela vient à l'appui de ce que nous sommes arrivés précédcnnnent à comprendre du sens de cette uniforme attribution au souverain régnant, qu'il soit Hatshopsitou ou Ramsès 111, de la restauration nationale par la défaite des Asiatiques : par hypothèse fondamentale le roi, montant sur le trône, rélabUt l'ordre dans le pays troublé, et expulse les étrangers (pii, non moins obligatoirement et de par les souvenirs du temps d'Ahmès, jouent un rôle dans le désordre'''.
Voici maintenant un autre texte, assez analogue h celui des Annalrs qu'on vient de voir par la manière dont une sorte de parenthèse est ouverte, dans un récit proprement historique, pour évoquer des souvenirs de calamité. Il s'agit de la grande inscription de iMineptah à Karnak, où le récit des batailles avec les Libyens est interrompu pour faire dire au roi'-' : J j^ ^ \
'•> Ce texte 'le Thoulincs 111 vient d'être éliidié par Sethe, qui pense y retrouver la trace des ennemis qu'Alimès I" vniii([uit à Ha-ouarit et à Sharouhen, — les Hyl.sôx, comme disent un peu siuiploinent, à l'heure actuelle, tous les hisloriens de l'Eg\pte (Srtue, Neuc !ypurpii der HijLsos in Jnschrijïen der i8. Dynastie, dans A.Z., k'] [1910], p. 7^-8^4). Cela est fort juste, à la condition de ne considérer celte trace, comme nous venons de l'expliquer, <pie comme une trace liuéraire, et non comme l'indicalion que vraiment Tlioutniès eut à combattre les descendants des anciens expulsés de Ha-ouarit. Remarquer encore, à Tapjjui, que si l'on voulait croire que Tlioulmés a efleclivement trouvé devant lui les TtH\ks6s'5, il faudrait à plus forte raison que les eût rencontrés Hatshopsitou, dont la proclamation de Stahl-Antar nomme explicitement Ha-ouarit, où étaient ffles Asiatiques. . . jusqu'à ce que vînt Ma Majesté"; et nous ne croyons pas que personne son{»e jamais à attribuer à la (jrande reine des expéditions réelles en Asie ou sur la frontière asiatique.
'■*> L. 39-Ai de l'inscription: Roigé, Inucr. liiciogL, i8H-i8t); .Marikttb, KarnaL, pi. 53.
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! { © "^^ P xl v-j 1 • • • " ^" n'avait pas vu cela sous la misèrc'^' des Rois du Nord, lorsque cette terre d'Egypte était entre leurs mains, et dans l'état de calamité au temps des Rois du Sud, lorsqu'on n'arrivait pas à repousser... par l'amour de leur fils aîné, pour protéger les choses de l'Egypte comme son Seigneur, pour remettre en bon état les temples de l'Egypte, jiour proclamer la puissance du dieu ... v. Les lacunes du texte n'empêchent pas de comprendre que le roi , exactement de la même manière que Sitnekht au papyrus Harris, a été élu et intronisé par ses pères les dieux pour rétablir l'ordre dans l'Egypte désorganisée; et si l'on songe que l'Egypte dont Mineptah hérita en réalité était le formidable empire de Ramsès H, on restera étonné, malgré les faits analogues dont nous avons déjà une série nombreuse, de cet audacieux et dangereux procédé de mensonge. Dans le détail, la rédaction de Mineptah rappelle celle du papyrus Harris par la conclusion : «Lorsque les dieux songèrent à remettre le pays en ordre, ils établirent leur fils, etc. w, mais elle s'en écarte par la description de l'anarchie antérieure; le thème B, relatif au roi asiatique, fait défaut complètement; par contre, le thème A a reçu un développement tout spécial, avec, pour
'') Mal{;r« la manière dont le mot est écrit ici, je préfère traduire comme s'il y avait 9 -w^ ou une orlhojjrapiie analogue, et croirais volontiers ([ue "^^ est là l'aulivement pour "îfc— ; car les annales des Rois du Noid n'ont rien à l'aire ici, et ^'e/iù clioz les Rois du Nord est évidemnient en parallèle avec ^adit chez les Rois du Sud.
correspondre aux phrases « ils n'avaient pas de chef» et « l'Egypte était aux mains des princes des villes», la mention explicite de T lîois du Nord » et de «Rois du Sud », tous ëtjalement misérables et dont on comprend seulement que les premiers étaient particulièrement mauvais, puisqu'on déplore que «cette terre d'Egypte fut entre leurs mains». Ces dernières particularités sont tout à fait analogues à celles de l'exposé (]ui ouvre le récit de Sfdlier i, et nous aideront à le comprendre; pour l'explication du même passage il nous sera extrêmement utile, aussi, d'avoir rencontré chez Mineptah le mot iadil, dans des conditions où il n'est guère possible de se tromper sur ce qu'il signifie.
Le mot désigne exactement, comme on sait, une maladie, peut-être (a maladie en général, et Chabas a montré qu'une certaine maladie de nature épidémique s'appelait ^^^ ,^ (7 ' le iadil annuel^^'. Qu'il s'agisse de la peste, comme le croit Chabas, ou de la fièvre pernicieuse comme Groff a cru le comprendre'^^, cela n'a guère d'importance ici. Le sens général de K maladie », pour iadit, convient parfaitement dans des formules
comme celle àWnast. 5, XIV, 6-7 : "^ 'o^ !il^ ^ i ^ tT^P^tlI
« sois vivant , sain , prospère , ne sois pas afFaibh , ne sois pas
rnnladf , ne tombe point la misère sur toi » , et comme cette autre formule de malédiction , à l'adresse de quiconque changera quelque chose à certaines dispositions funéraires : ^"^j^^f ^ >-^ J^^^Q^ J<2;v- ^ ^"^Tj^^ «que soit son fils en
"' Chvbas, Le nom hiérofrlyphique des Pasteurs. La peste aux temps pharaonique», dans Mél. Egypt. , i" série (1863), p. ag-^i. Pour le iadil annuel renvoyons, avec Chabas, à la mention de Sallier h, XV, 1, et aux lormules par lesquelles la maladie est conjurée aux papyrus de Leyde, I, 3^6, col. 11, 1. h , 6-7 (Leemass, Mon., 11, pi. 189) et I, 8/17, col. xiii (Lermans, ihid., pi. i^ift).
-î Gr.oFF, Petites études avchéoloirifines. La malaria.
proie à la faim, à la soif, à la tristesse, à la maladie"^». Mais, à côté (le ce sens (Vt'ri'nniwnt malhoureu.v , un sens très net de mvvhancvté , de culpal)ilité, apparaît en outre en d'antres places, notamment'-' dans une inscription de Ramsès II à Ibsamboul où il est parlé du roi (pii foule les pays étrangers ^ ^ 1 ^ J ^ ^] I^^^IK-'^T'^ ^ comme Sekhmit épouvantable sur les pas de la vi'h('lhon{ty^''^n^ et dans l'inscription bien connue d'Ahmès à Elkab, où les Nubiens révoltés sont désignés, à deux reprises, par le terme ^ ^ ^ \^ *^ — ' ^ *'^' H est donc nécessaire de conserver pour le mot les sens généraux de malheur et de culpabilité, d'ailleurs connexes, et entre lesquels on a peine à choisir dans des passages comme celui de l'inscription de Mineptah que nous traduisions tout à l'heure, et comme une phrase trrs analogue qu'on trouve dans le décret d'Haremheb cité plus haut, où le roi déclare qu'il avait formé le dessein de '^ v— i ^ — - ^ ^^ £Êm ^ ^ « repousser la calamité — ou la perversité (^^ — de l'Egypte *^^». L'essentiel, en ce qui concerne le mot dans l'inscription de Mineptah , est d'observer que iadit, déterminé uniquement par l'oiseau et en symétrie avec le mot genit de la phrase précédente, désigne une situation et non des personnes; l'expression de calamité ou de malheur n'exprime peut-être pas entièrement les nuances du terme égyptien, mais il est certain qu'on commettrait une faute en traduisant ennemis ou rebelles.
Nous sommes mieux armés, maintenant, pour aborder le texte de Sallier i , qu'il faut reproduire ici pour la facilité des
*'' L.D., III, a -3 9 c, dernière ligne.
(-' Cf. aussi plusieurs passages du Todtenbuch où le mot se rencontre dans des acceptions de cette sorte, chap. xvii. 76, cxv, It, clxu, 3, et peut-être