‹ La fin du Moyen Empire egyptien; étude sur les monuments et l'histoire de la période comprise entre la 12e et la 18e dynastie (volume 2)Chapitre 9 sur 51 · I. 1 1 de rinscription · texte numérisé non relu

I. 1 1 de rinscription

comparaisons nécessaires : ^X+lé;^ — ^Ts^^S*

jy ^ etc. Le sens général de l'histoire qui commence ainsi est

élucidé depuis longtemps'^^ L'objet du récit est la guerre qui éclata entre le «prince du Sud?:, Skenenre, et un Apopi' qui régnait dans Ha-ouarit et qui est évidemment, en vertu de l'opposition, le maître de la Basse-Egvpte. Comme on sait, par l'inscription d'Alimès à Elkab, que Ha-ouarit fut eftectivement prise par le roi Ahmès et que ce roi fut le successeur immédiat do Skenenre, comme on sait d'autre part que l'avènement d'Alimès marque le début de la grande monarchie thébaine au sein de laquelle l'histoire de Sallier i devait être écrite, on

"' Le groupe encadré est de lecture 1res douteuse. On y reviendra plus loin.

'*' ^oir Maspero, Le conte d' Apopi et de Soknounn, dans El. égyplienneu , I (1881), p. igô-aiô; Hist., JI, p. 7/1-75, et La querelle d'Apopi et de Sacjnounn, dans Contes populaires, 3' éd., p. 9.36-9^3; bibliofjrapliie? tn'-s dévelojipéos.

voit (lue dans ce roman, dont la lin manque, Skencnre jouait certainement le rôle du personnajje sympathique et triomphait de son adversaire, qui de son côté devait être éminemment déteslahh' : c'est pour réah'ser cette condition initiale que l'auteur ima^jina de faire supprimer par Apopi, au profit du seul Soutkliou, le culte de tous les dieux de l'Ejjypte.

Que sifjMiifie, maintenant, le mot uuUtou que nous voyons paraître ici deux fois et que toutes les explications du texte données jusqu'à présent tendent à considérer comme représentant des gens en relation avec le roi Apopi? Le ternie se rencontre, comme on le disait tout à l'heure, dans rinscn[)tion d'Elkab, où il désigne les révoltés de Nubie, et il peut sembler naturel de le considérer de même, dans l'histoire de Sallier i, comme représentant le peuple que commandait le roi sacrilège; si l'on met en ligne, dès lors, le récit de la domination des llvksôs dans Manéthon où l'on trouve que Apopi est un roi Hyksôs, il s'ensuivra que iadkou du papyrus est le nom même des Hyksôs. Ainsi raisonnent invariablement Brugsch, Goodwin, Chabas^", Maspero'-l Cela est-il légitime? Répétons qu'avant de chercher à rétablir l'histoire, il faut s'attacher d'abord à voir comment la tradition s'est constituée et a évolué dans ses formes les plus anciennes, et pour cela il est nécessaire d'oublier provisoirement la relation manéthonienne et, pour déterminer le sens des mots dans Sallier i, d'en rapprocher le texte des textes hiéroglyphiques analogues et contemporains. La question de iadilou posée dans ces termes, si nous nous reportons à la conclusion où nous avolis été amenés, tout

'■' Rihiiogr. dans Chabas, un-in. précité de 1862 dans Mél. égijpl., i"série, p. 3G; .Maspcro dans Et. éirijp., 1, p. 199, n. l\ , clHisl., II, p. ^7, n. /j. Clial)as a traduit les Barbares, puis les Fléaux; Goodwin disait les envahisseurs , et Brugsch, les ennomis, puis les rebelles.

(-) Voir note précédente; Maspcro a traduit les Impurs, puis, comme faisait (irofl", les Fiévreux; en tout cas, dit-il, le mot est appliqué par le rédacteur du papyrus ttaux toasteurs du Dcllan {Coules pop., 3° éd., p. 287, n. 10).

à l'hoiiro, pour ^^"^"î^* dans l'inscription de Mineptah, et si nous remarquons riclontité de l'orthofjraphe du mot dans cette inscription et dans Snllier i, ainsi que l'analojjie dos phrases : «... l'Egypte aux iacUlou . . . ii et f. . . . ladit au temps des Rois du Sud. . . », nous ne douterons plus que l'expression doit être interprétée de la même manière dans un texte et dans l'autre. Il n'est donc nullement (juestion, au papyrus, des sujets d'Apopi, mais seulement des malheurs qui avaient fondu sur l'Egypte. Sur cette base, et avant d'aborder la discussion d'autres détails difficiles, nous essaierons une traduction suivie du passage :

«H arriva que la terre d'Egypte était en proie aux calamités, car il n'y avait pas de Seigneur souverain. Il arriva, un jour, que le roi Skenenre fut maître du Pays du Sud; les calamités de la ville de Re étaient en ... ; le chef Apopi était dans Ilaouarit, et la Terre-Entière lui rendait tribut avec ses offrandes et le comblait de toutes les bonnes choses de l'Egypte. Or, le roi Apopi se prit Soutkhou pour Seigneur, et ne décerna plus d'offrandes à aucun des dieux qui étaient en la Terre -

Entière w. Les seules difficultés qui subsistent encore

sont dans la phrase : c^les calamités de la ville de Re... », mais ces difficultés sont de toutes sortes, transcription, traduction, relations svntactiques avec le contexte, sijfnification générale. Lne première question, qui paraît heureusement réglée, est celle de la lecture des mots : r^la ville de Re»; on sait que Chabas, Goodwin et Brugsch lisaient : — ^^ ^ -T^i®] j^ , , , « la ville des Asiatiques » , transcription qui fut réfutée par Maspero''' et au lieu de laquelle on peut accepter certainement celle donnée plus haut. Mais une fois la lecture fautive ©] remplacée, comme il convient, par © ^ , se pose la question très difficile du groupe (jui vient ensuite et précède le mot /^ J de

") Et. égypt., 1, p. igy, n. k.

la fin de la ligne. Que Maspero lise ^ .f , ^ ^ , tandis (|ue

Birch, par exemple, transcrivait '^'^jl^ (•', cela donne la mesure de l'incertitude; aussi ne sera-t-il pas inutile, pour la clarté de ces considérations, de reproduire ici la fin de la ligne au papyrus, d'après la publication du British Muséum :

La lecture de Maspero est la plus probable, du moins en ce qui concerne les mots ^ ^f^ ; elle aurait permis depuis longtemps une traduction trrs simple, sans le contresens sur lachtou qui mettait les «Impurs 55 de la ville de Re en relation forcée avec Apopi dont la mention suit immédiatement, de sorte qu'on était forcé de comprendre : « Les Impurs de la ville de He, en eux était clief Apopi. . . w; Maspero signale lui-même la difficulté grammaticale de cette construction. Or, cette difficulté n'existe plus pour nous, car nous ne voyons plus de relation forcée entre inditou et Apopi de la phrase suivante, et nous pouvons arrêter la phrase après j^ ,*^, , de telle sorte que, tout à fait indépendamment de la considération du groupe qui vient ensuite, nous avons la phrase complète : «Les calamités de la ville de Re étaient parmi eux 51. Reste à fire le signe ou le groupe de deux signes qui suit, et dans lequel Brugsch et Maspero voient \ ^ . Sans rien oser affirmer, nous suggérons la lecture d'un trait vertical (inutile) après celui du III hiératique, suivi de l'article 2t^ ouvrant la phrase suivante : «Le chef. . . n; nous avons adopté cette manière de lire dans la transcription (les lignes 1 -3 du papyrus qu'on a trouvée plus haut, mais elle est extrêmement incertaine.

Quoi qu'il en soit, cependant, de la lecture et du sens de

<•' Voir Maspero au même endroit (n. préccdenle).

ce^ derniers mots, il reste qu'une courte phrase, bien isolée, est consacrée aux « calamités de la ville de Ke v , et que, d'après l'ordonnance du développement, elle semble au premier coup d'œil se rapporter à ce qui précède, c'est-à-dire au Pays du Sud et à son roi Skenenre; il n'y a rien là qui puisse nous surprendre, car dans l'inscription de Mineptab, où paraissent les liois (lu Nord et les Rois du Sud, c'est ép^aloment avec le Sud que iadil est mis en rapport. Mais il est bien plus probable qu'au papyrus, la phrase en question ne concerne pas seulement Skenenre et son demi-royaume, mais qu'elle est un trait ajouté au tableau de la désolation qui régnait généralement en Egypte à cette époque, et prend logi(piement la suite de la toute première phrase de l'exposé. On est tenté de croire qu'un membre de phrase a été déplacé par erreur, et qu'une version antérieure de l'histoire débutait ainsi : «Il arriva que la terre d'Egypte était en proie aux calamités, car il n'y avait pas de Seigneur souverain, et les calamités de la ville de Re étaient parmi eux(?). Or il arriva que le roi Skenenre fut maître du Pays du Sud, tandis que le chef Apopi était dans Ha-ouarit??, etc. Le texte ainsi rétabli gagnerait considérablement en cohésion et en logique; nous verrons un peu plus loin, cependant, que la présence de la phrase en question à la place où nous la trouvons est due, probablement, à des raisons tout autres. Peu à peu, comme on voit, se dégagent au cours de cette analyse les éléments d'exposé qui relèvent du vieux thème de la désolation du pays, passé également dans les inscriptions de Toutankhamon, d'Haremheb. de Mineptab et au papyrus Harris, et ceux apparentés avec le thème postérieur, connu par le papyrus Harris et l'inscription d'llatsbopsitou,'de la royauté abominable. Dans la phrase difficile qui vient de nous occuper, il est clair qu'on a une idée et une image de la première famille, «la calamité par le pays»; mais maintenant que la phrase est délimitée et son sens général établi, il s'agirait d'expliquer

exactement rimajje «les calamités de la ville de Re». Il seml)lc bien que pour l'écrivain c'est un lieu commun des plus connus, une allusion courante et n'exigeant aucun commentaire pour être comprise. Pour nous, malheureusement, une énigme de ce genre est extrêmement difficile à résoudre, et ce n'est qu'en la forme d'une hypothèse que nous chercherons à expliquer celle-là plus loin (chap. iv, S h), à propos de la restitution de la forme primitive de l'histoire manéthonienne des «Impurs», où Héliopolis joue un rôle.

Après avoir lu, traduit, et dans une certaine mesure expliqué le texte dilficile qu'on vient de voir, arrivons au rapprochement annoncé avec le début du discours de Ramsès III au papyrus Harris. Des analogies sautent aux yeux immédiatement, notamment en ce qui concerne la terre d'Egypte «sans souverain 77 et «en proie aux calamités», et l'attitude du roi sacrilège qui «supprima les offrandes des temples jj et devant qui «la Terre-Enlière paye le tribut». La personne du foi sacrilège est présentée, cependant, de manière fort différente dans un document et dans l'autre; au papyrus Harris, qui a lu tradition de l'inscription d'Hatshopsitou, c'est un roi asiatique, tandis que dans l'histoire du papyrus Sallier c'est Apopi; mais on remarque que le texte d'Hatshopsitou met le roi asiatique dans Ha-ouarit, exactement comme fait le papyrus Sallier pour Apopi, et cette heureuse circonstance permet de reconnaître, ici encore, l'unité originale de l'histoire. Pour plus de précision, nous reprendrons le récit de Sallier pour le mettre en parallèle avec celui de Harris, en soulignant les concordances et en rappelant les concordances avec d'autres documents et les observations essentielles déjà faites.

î 11 arriva que ia Icne (rE};-y|»lo La lene d'Egypte s'en allait à la était ea proie aux calamités, | dérive et chaque homme de

M. R. \VK1I.I.. 5

— «.( 62 car il n'y aviiit pas de Seigneur

souverain.

9. Il aniva un jour que 3 le roi Skenenre fui niaitiP du Pays du Sud .

k — les calamités de ia \ille de Re élaient parmi eux(?), —

5 et le prince Apopi dans Ha-ouarit,

6 et ia Terre-Enlière lui payait tri-

but avec ses olTraiides et le comblait de toutes les bonnes choses de i'Kgypte.

8 Or le l'oi Apopi se prit Soulkliou

pour Seifjneiir,

9 et ne décerna plus d'offrandes à

aucun des dieux qui étaient en ia Terre-Entière . . .

même, car ils n'eurent pas de chef pendant de longues années,

avant que vinssent d'autres temps;

la terre d'Egypte était aux mains des grands et des princes des villes,

et chacun tuait son prochain , parmi les grands et les petits.

D'autres temps vinrent ensuite, en des années de détresse où se fit roi un Syrien parmi eux comme prince:

et la Terre-Entière payait le tribut devant lui.

Gliarun joignait son voisin et

pillait ses biens.

Gomme ils agissaient avec les

dieux ainsi qu'avec les hommes, il n'y eut plus d'offrandes dans

les temples.

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