‹ La fin du Moyen Empire egyptien; étude sur les monuments et l'histoire de la période comprise entre la 12e et la 18e dynastieChapitre 16 sur 113 · ROYAUTÉ DO NORD · texte numérisé non relu

ROYAUTÉ DO NORD

ROYACTE TUÉBAINE.

Période b.

Groupe II du papyrus. —

Groupe III du papyrus. —

8 rois.

Environ 3o rois.

Période c.

Groupe IV du papyrus. — Environ ao rois.

Groupe V du papyrus. — Peut-être a 5 rois.

Période d.

Groupe VI du papyrus. — En grande partie perdu, nombre inconnu.

Groupe VU du papyrus. — Perdu.

11 apparaît là, comme on voit, de véritables dynasties simultanées ou mixtes à la manière de celles de la liste grecque, et si l'on veut essayer de rattacher la documentation grecque

à ses antécédents de l'époque pharaonique, c'est avec le tableau reconstitué que nous avons sous les veux, et non avec la liste de Turin toute brute, qu'il convient de comparer la liste grecque dans sa forme la plus ancienne. Objectera-t-on qu'il est illogique de substituer au papyrus de Turin, pour le rapprochement, une forme documentaire d'un stade plus ancien? Mais cette forme peut très bien s'être conservée et transmise, par une autre voie que celle du papyrus, dont nous ne possédons ni une variante, ni un congénère, et c'est un devoir qui s'impose de la mettre en regard de la forme ancienne de la liste grecque, puisqu'on ne peut éviter d'admettre que la liste grecque procède de quelque document hiéroghphique du même ordre.

Il faut bien nous attendre à ce que le rapprochement des deux tableaux ne fasse pas ressortir d'identité évidente. Voici, pourtant, une assez remarquable concordance, celle de la dynastie B du tableau grec, G Pasteurs et 3 2 Thébains, avec la période b du tableau hiéroglyphique, qui comprend 8 rois du Nord et environ 3o Thébains. Les noms ne concordent pas, à vrai dire, puisque parmi les 6 « Pasteurs 55 de la dynastie grecque figurent les Apopi, et que les Apopi, dans le tableau hiéroglyphique, figurent non dans la période b, au groupe II du papyrus, mais beaucoup plus bas, au groupe VI. Retenons, cependant, le fait de l'accord numérique. Il n'est pas sans intérêt, lorsqu'on observe qu'un accord semblable se manifeste peut-être immédiatement après B el b, entre la dynastie C du tableau grec, /i3 Pasteurs et 63 Thébains, et l'ensemble des périodes c et d du tableau hiéroglyphique, qo (?)-j-.r. . . rois du Nord et 26 (?)+# • • • Thébains; la mise en relation formelle des dette tableaux, dans cette zone, supposerait que le document grec a eu pour source un tableau hiéroglyphique d'une forme un peu différente, dans lequel les périodes c el d auraient été fondues en une période unique, avec une seule suite de

rois du Nord et une seule suite de Thébains, mais l'existence et la transmission de cette autre forme ne sont nullement impossibles. Quoi qu'il en soit au juste, cependant, dans l'ensemble et tout au moins en ce qui concerne le nombre des Septentrionaux et des Méridionaux simultanés, on peut dire que la substance des périodes h, c et d du tableau hiéroglyphique a passé dans la liste grecque, sous la forme de ses dynasties B et C. Reste, dans la liste grecque, la dynastie A: à quoi correspond-elle?

En tête du tableau hiéroglyphique, on n'a que les i3 rois du groupe a, Thébains, qui ne répondent absolument pas à A, avec ses 76 Xoïtes et ses 18& ans. La dynastie A est donc sans relation visible avec le document antérieur, et cela nous conduit à nous demander si ce groupe A appartient bien à la forme primitive de la tradition grecque, s'il ne serait pas, au contraire, d'introduction postérieure, erroné et illusoire, à peu près comme nous avons vu qu'étaient la «XVIe dynastie» de 5 1 8 ans et la «XIIIe dynastie» de /i53 ans. Peut-on apercevoir, en ce qui concerne cette dynastie A, quelque caractère de formation artificielle ?

La clef de ce problème se découvre , lorsqu'on reprend en considération celte «XIIIe dynastie» dont nous avons supprimé, depuis longtemps, la durée illusoire, mais dont une indication peut être utile encore, celle de ses 60 rois thébnins. Retenons ces Thébains; remarquons que, dans la dynastie mixte B de notre ancienne liste grecque, figurent 3 2 Thébains; totalisons ces derniers avec les 60 Thébains nouveaux que nous venons de faire entrer en ligne; cela fait 02 rois de Thèbes, et alors que voit-on? Que 03 est la moitié de 18a. Les 186 ans de la dynastie A semblent dès lors être nés de la totalisation, en un seul groupe, de tous les Thébains antérieurs à C, et de l'attribution uniforme, à chacun d'eux, d'un règne de 2 ans. Le chiffre 1 84 est donc artificiel. Mais, l'attention une fois attirée,

de nouveau, sur les combinaisons de ce genre, on fait immédiatement une remarque semblable sur l'autre chiffre de la dynastie A. celui des 76 rois qui la composent: car y6 est In moitié de 101, chiffre de la dynaslie C; et comme 1 5 1 est impair et que 76 est sa moitié par excès, il est clair qu'ici il n'y a pas eu multiplication, mais division par 2, en d'autres termes que 1 5 1 est ici le chiffre primitif, et 76 le chiffre résultant de l'opération arithmétique. Pour le chiffre 18/1, c'est l'inverse : il y a eu multiplication, comme on l'a vu, (6o-j-32)xa, 60 et 3 a étant les chiffres primitifs.

Les deux chiffres de la dynastie A, y 6 rois et 18 à ans, sont donc , tous deux , artificiels et obtenus par combinaison arithmétique. Pour les forger, on s'est servi de deux chiffres figurant dans le tableau grec ancien, aux dynasties B et G, ceux de 32 rois et de i5i ans, et en outre, d'un troisième chiffre, celui de 60 rois, qui a subsisté par ailleurs dans la «XIIIe dynastie» de la liste africaine. Bien que cette «XIIIe dynastie» soit de formation tardive, dans l'évolution de la tradition grecque, son chiffre de 60 rois doit donc être considéré comme ancien, comme primitif au même titre que les chiffres des dynasties B et G. Bappelons, à son propos, — la concordance a été plus d'une fois signalée — qu'au papyrus de Turin même, il est possible de reconnaître une dynastie de 60 rois, les 60 premiers de ceux qui suivent la XIIe dynastie, le 61e étant explicitement désigné comme ouvrant une série différente (1).

O Ce qui permet, aux historiens qui raisonnent sur la liste d'Africain comme si elle était authentiquemont manélhonienno, de dire que la «XIU* dynasties, avec ses 60 rois, se retrouve en place, au papyrus, immédiatement après la XII*, et que la rubrique qui suit cette série de 60 rois, au papyrus, marque le début de la tfXIV" dynasties. Sans insister, encore une fois, sur l'illusion de l'ancienneté de la liste africaine, bornons-nous à rappeler qu'au papyrus de Turin, les 60 premiers rois de la période qui nous intéresse sont loin de former un groupe unique; nous avons vu, plus haut (chapitre m ciavant), que dans leur série se délimitent cinq ou six «dynasties?) différentes ,

Quoi qu'il soit au juste, cependant, de son origine, il semble qu'un certain groupe de 60 rois doive trouver place à côté des dynasties B et G, dans cette forme encore plus ancienne de la liste à laquelle nous accédons lorsque nous débarrassons le tableau des dynasties A , B et C de la dynastie À , révélée artificielle et illusoire. Dans la forme relativement primitive que nous reconstituons ainsi, cette dynastie de 60 Thébains remplissait une durée que nous ne connaissons pas et qu'il nous faut laisser indéterminée.

Ceci n'est point en contradiction avec ce qu'on vient de voir touchant ces 60 Thébains, à savoir que, très anciennement aussi, on les a pris dans quelque liste et affectés d'un coefficient de durée uniforme de 2 ans (de même que 32 autres Thébains empruntés à la dynastie B), en même temps qu'on créait d'autres règnes de 2 ans, dans un esprit semblable, en imaginant 76 Xoïtes pour remplir une durée de 1 5 1 ans empruntée à la dynastie G. Ces combinaisons par règnes de 2 ans sont absolument étrangères aux chiffres des dynasties B et C, et semblent se rapporter à un autre système , à une théorie différente et primitivement indépendante de la première. On arrive à entrevoir, ainsi, qu'à l'origine de la tradition grecque il n'a pas été extrait des documents hiéroglyphiques un seul tableau historique et chronologique, mais bien plusieurs, fort dissemblables entre eux, obtenus par transcription plus ou moins fidèle des données anciennes, ou par combinaisons théoriques plus ou moins arbitraires, allant jusqu'à une représentation générale et purement symbolique des choses. A cette dernière catégorie de versions appartient le système des règnes de 2 ans; le tableau des dynasties B et G procède, au contraire, de la transcription fidèle de quelque source, mais il n'est pas complètement dégagé de la tendance symbolique, qui se mani-

dont le début est indiqué de manière explicite , notamment, dans le document lui-même, aun° \k et au n° 99.

feste dans cette dynastie de 43 Pasteurs et 63 Thébains, évidemment un Pasteur et un Thébain accomplissant toujours leur règne ensemble, représentation frappante et naïve de la division du pays en deux royaumes. De notre précédent tableau des dynasties A, B, G, qui n'apparaît plus comme primitif, mais déjà comme de deuxième stade, on arrive en somme à extraire, outre un tableau plus ancien comprenant, avec une dynastie perdue, les dynasties B et C, une autre liste, latérale et indépendante, fondée sur le principe arbitraire des règnes de 2 ans. Mettons en regard ces deux formes grecques originales :

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