VI. Tethinôsis 3ga
Amenôphtis ûoi
Acheucherès 469
Athùris 48o
Cheueheiès 490
Acherrès 5o6
Ôros 43a etc.
L'Exode, dit une note marginale, se place en l'an 16 et dernier de Chencherès ll '. A quelle distance, donc, du début de la dynastie? Les trois premiers rois, antérieurs à la date initiale du Canon, manquent dans la liste, mais la liste complète est connue par ailleurs, et l'on y trouve que les trois premiers rois ont ensemble une durée de 09 ans'2'1. Ajoutons à cela l'intervalle qui sépare le début de Memphrès de la lin de Chencherès, soit5o6~354, ou ioq ans, nous aurons, pour la distance de l'Exode au début de la dynastie, 097!- 1 02 ou 211 ans. Ce chiffre n'a de sens précis que par rapport aux données du Canon, dont la liste royale, précisément aux abords de Chen-
La note marginale a soin de répéter que <tde là jusqu'à la construction du temple de Salomon, il y a A80 ansn.
Amosis, aa ans, Khebrôn, i3 ans, Anunenôpbia, 21 ans. chiffres de la Chronique, dont la lifte continue par Miphrèt, Misphragmouthôsit et suivant», d'accord avec le Canon jusqu'à Acheucherès.
chères, est assez dissemblable de celle de lit Chronique M; aussi faut-il, pour continuer le calcul, nous attacherai] Canon seul en ce qui concerne la XVIIIe dynastie, dont la durée se trouvera ainsi précisée en 348 ans. Nous verrons, de cette manière, que, la durée totale des dynasties XVIII à XXX étant 1 35 9 ou 1 3 6 5 ans (voirie précédent tableau de ces dynasties chez Eusèbe), l'intervalle entre l'Exode et la fin de la XXXe dynastie ressortira à 1359— 9 11 ou 1 3 6 5 — 9 1 1 , soit 1 1 k 8 ou 1 1 :> '1 ans. Cela coïncide très sensiblement, comme on voit, avec les chiffres de 1169 ou 1167 ans tirés, tout à l'heure, des chiffres du tableau de la Chronique et des indications directes du Canon lui-même.
L'Exode, disons-nous, se place chez Eusèbe 91 1 ans après le début de la XVIIIe dynastie. Il serait plus exact de dire que le début de la XVIIIe dynastie est placé 91 1 ans avant l'Exode, car il semble bien, par la concordance de la date de l'Exode chez Africain et chez Eusèbe, que cette date soit conservée d'une documentation antérieure et commune, et joue le rôle d'une sorte de terme fixe. La mise en rapport de la chaîne chronologique égyptienne avec un repère de ce genre — une fois oubliés les synchronismes de l'époque judéo-alexandrine — dépend évidemment du système historique de chaque chronographe, une dose Considérable d'arbitraire est inséparable des principes de l'opération et de son exécution, et il n'est pas étonnant que, d'un auteur à l'autre, le résulta! puisse être extrêmement divers. Chez Africain, nous l'avons noté, la XVIII' dynastie commençait plus d'un siècle après l'Exode ; voici qu'Eusèbe la fait commencer, au contraire, plus de deux siècles avant; nous allons voir maintenant comment les dates se sont établies
t1) Chencherès lui-même manque complètement & la liste royale de la Chronique, un peu moînfl chargée que l'autre, comme on sait, et qui fournit pour II dynastie une durée totale de 3i 7 ou 337 ans 1 discordance locale des versions Bar le chiffre d'Oros), tandis que cette durée totale, dans le Canon, est de 348 ans.
pour le Synceile, et l'interprétation curieuse qu'il a imposée à ses résultats pour les mettre en accord avec les indications des chronographies les plus antiques.
Chez Synceile, on voit reparaître Inakhos. très oublié dans les combinaisons d'Eusèbe. Inakhos est contemporain d'Amôsis, comme l'exigeaient les vieilles données judéo-alexandrines instaurées au Ier siècle, et, toujours pour leur obéir, Moïse est leur contemporain à tous deux : Moïse seul, mais non l'Exode, la naissance de Moïse étant placée au temps d'Amôsis et d'Inakhos, tandis que l'Exode, accompli en l'an 80 de Moïse, coïncide avec des règnes argiens et égyptiens postérieurs, à peu près de la même manière qu'il était fait chez Eusèbe et en opposition avec la tradition judéo-alexandrine. Mais ici se présente, chez Synceile, la surprise d'une complication, d'un «perfectionnement » tout à fait inattendus. Synceile, qui connaît bien les vieux synchronismes de Ptolémée de Mendès et de ses successeurs, accepte mal de ne leur obéir qu'à moitié, mettant bien les premières années de Moïse sous Amôsis et Inakhos, mais l'Exode beaucoup plus bas, et il lui faut absolument que l'Exode ait lieu sous Amôsis. Comment y arriver? En imaginant un deuxième roi Amôsis, dans le cours de la XVIIIe dynastie, à la date même où l'Exode se place. Le détail de la réalisation est très curieux. Partant peut-être de cette observation, que dans la liste de Josèphe Misphragmouthôsis et Telhmosis, qui ouvrent la XVIIIe dynastie, reparaissent dans le même ordre six rangs plus loin, et qu'ailleurs, dans le Livre deSolhs, le premier Telhmosis est dit être identique à Amôsis, Synceile redouble également Amôsis, veut qu'un Amôsis soit à retrouver, comme dans le premier couple, dans le deuxième couple Misphragmouthôsis-Tethmôsis, et crée ainsi un étrange roi Misphragmouthôsis— Amôsis à la place correspondante (1). Prenons,
M Au cinquième rang delà dynastie, S\ncelle suivant ici la liste du Livre de Sothis, Manéthon supposé (Synceile, éd. de Bonn, p. iaB-133).
• ->>•( 66'i jk«- [143]
dans le texte du Syncelle, les dates attribuées à ces divers événements et personnages :
Inaklios
Années de la création du monde.
Règne de 36q3 à 37 A7 (1'..
Amôsis (premier roi de la!
XVIII' dynastie traditionnelle) ]
Misphragmouthôsis (supposé' être un autre Amôsis A quatrième successeur du] précédent dans la liste del Sothis et chez Eusèbe)
Règne de 3736 W à
Règne de
En 3782, naissance de Moïse (s).
En 38 12, l'Exode d'Israël (J! . Moïse étant âgé de 80 ans.
Cl Syncelle, éd. de Bonn, p. a36.
I2' Ressort de la manière dont Syncelle place les dales absolues de la vie de Moïse (celle de sa naissance et celle de l'Exode) par rapport aux règnes des deux Amôsis; éd. de Bonn, p. 198.
PI Même passage du Syncelle, voir note précédente.
'*' Le tableau de détail de la XVIII' dvnastic, que Syncelle a en vue en énonçant ces synchronisme* et ces dates, est sans doute celui du Livre de Sothis. On remarque que le total d'Africain , depuis le ilélnil de la dynastie jusqu'à Misphragmouthôsis, serait trop long, et mettrait Misphragmouthôsis au delà de l'an 38ia, que son règne doit comprendre. Les données de la dynastie d'Eusèhe seraient admissibles , avec Misphragmouthôsis au cinquième rang, ses quatre prédécesseurs remplissant 71 ans, l'avènement de Misphragmouthôsis arrivant donc en 3786 + 71, soit en l'an 3807. antérieur à 38ia. De même, dans la dynastie «lu Livre de Sothit, Misphragmouthôsis est toujours au cinquième rang, ses quatre prédécesseurs, ont ensemble 65 ans, de telle mauière que son avènement a lieu en 3736 + 65. soit en l'an 38oi.
On voit que, dans cette combinaison, l'Exode n'est postérieur (jue de 76 ans au début de la \VI11° dynastie; le même intervalle, dans le même sens, était de 9 1 1 ans chez Eusèbe. Soumettons à la môme comparaison, d'une chronographieà l'autre, ces intervalles remarquables que limite la conquête de l'Egypte parOkhos, à la lin de la W.V dynastie classique, et uni commencent, soit à l'Exode, soit à l'avènement de la XVIIIe dynastie. La conquête d'Okhos se plaçant, chez Syncelle, eu 5i5o du
monde (1), tous les chiffres que nous avons enregistrés donnent lieu, pour l'Exode, au tableau suivant :
AFRICAIN!1)
EUSÈBE m.
SYNCELLE
Okhos
5ioo
16^7 an6.
1 157 ans.
1 338 ans.
I'1 La date d'Okhos , ou se le rappelle , est prise dans le lableau.de LéoD et de Théodosc, supposé de provenance africaine. Quant à la date de l'Exode, elle est proprement africaine, et rapportée par Eusèbe , avec un écart de 3 ans entre les rhiffres des versions.
'*) Ces chiffres d'Eusèbe ont été établis d'après le Canon, et doivent être considérés comme des sortes de moyennes, ou d'approximations à un petit nombre d'années près, en raison des légères divergences des versions auxquelles il a fallu recourir en outre.
Pour l'intervalle partant du début de la XVIIIe dynastie, les chiffres sont les suivants :
AFRICAIN")
EUSÈBE ("
SYNCELLE
Okhos
Avènement de la XVIII*
Intervalle
1 335 ans.
1 3 6 T> ans.
i4i4 ans.
(') Rappelons que, de ces trois chiffres, c'est celui de l'avènement d'Amôsis qui nous manque originalement , et qu'on déduit de la considération des deux autres . connaissant la date d'Okhos (par les chrouographies postérieures de provenance africaine) et cette durée totale de i335 ans des dynasties XVIII à XXX. Nous avons également remarqué qu'en fin de calcul , on aboutissait de la sorte à celle singularité , de trouver que le début de la XVIIIe dynastie était postérieur à l'Evode de plus d'un siècle.
'2| Même observation qu'à la note 2 du précédent tableau , pour ces chiffres d'Eusèbe , conformes aux données du Canon. L'intervalle de 1 365 ans, durée totale des dynasties XVIII à XXX , suppose , notamment , que pour la XVIIIe on enregistre la durée de 348 ans , qui est celle de la version que le Canon a utilisée.
(1> Syncelle, éd. de Bonn, p. 486.
Les discordances de durée sont, comme on voit, assez considérables; on se rend compte que Je système du Syncelle est partout très personnel, et que, s'il analysait attentivement les tableaux de ses prédécesseurs, il ne se croyait pas tenu de les suivre.
Dans un autre ordre, on remarque que la date de Syncelle pour Okhos, 5i5o = 35i av. J.-C, est historiquement très bonne; qu'Africain, très vraisemblablement, l'ait déjà connue à quelques années près, cela fait plus curieusement ressortir la grosse divergence que présente avec leurs dates, à cet endroit, celle d'Eusèbe, plus ancienne d'un peu plus de trois siècles. Comme nous l'avons indiqué déjà en comparant Africain et Eusèbe, le même décrochement s'observe, de l'un à l'autre, en ce qui concerne la date de Salomon, et il y a lieu de constater maintenant que, pour Salomon comme pour Okhos, c'est avec Africain et avec la vérité historique que Syncelle est d'accord. L'avènement de Salomon chez Syncelle, en effet , est en lih'jo du monde (1). Si nous rapprochons de là toutes les dates de Salomon et d'Okhos antérieurement notées, nous obtiendrons le tableau de comparaison qui suit :
Salomon, an 8 . . .
Conquête d'Okhos.
Intervalle.
AFRICAIN
6^57= io4ûav.J.-C.
703 ans.
EUSEBE
4i6q= i33aav.J.-C.
677 ans.
SYNCELLE
yj77= îoaiav. J.-C.
673 ans
Il y a là, comme on voit, deux systèmes chronologiques parallèles et à peu de chose près identiques quant aux intervalles,
W Syncelle, éd. de Bonn, p. 34 1.
mais déplacés, l'un par rapport à l'autre, d'environ trois siècles. L'un est celui d'Africain et de Syncelle; c'est de beaucoup le meilleur historiquement, avec une date très bonne pour Okhos et une date exacte à moins de 100 ans près pour Salomon. L'autre système, celui d'Eusèbe, remonte ces diverses dates de 3oo ans. Pourquoi Eusèbe a effectué ce décrochement considérable, il nous l'explique Ion guement lui-même; comme nous savons, il s'agissait de mettre Salomon à la distance de l'Exode qui était imposée par le Livre des Rois, 680 ans entre l'Exode et la construction du temple. Or l'Exode, pour une raison ou pour une autre, sans doute par suite du calcul basé sur le vieux synchronisme judéo-alexandrin avec l'antiquité grecque, était déjà fixé, et l'on se rappelle — reportons-nous d'ailleurs aux petits tableaux comparatifs qui précèdent — qu'Africain et Eusèbe sont à peu près d'accord ensemble en ce qui concerne sa date : 3-713 ou 3689. Africain, dont le système historique comportait, par ailleurs, la date de Salomon que nous avons sous les yeux, n'avait pas voulu la déplacer, et se résignait à avoir, entre Exode et construction du temple, un intervalle de 7/1 4 ans, extrêmement éloigné de l'indication biblique; Eusèbe, tout au contraire, s'imposait d'abord de respecter le chiffre biblique, et, ne pouvant ou ne voulant déplacer la date de l'Exode, il remontait celle de Salomon de la durée nécessaire. Toute la chaîne chronolo'gique consécutive à Salomon était entraînée dans le mouvement, jusques et y compris l'époque perse.
On voit dès lors , en ce qui concerne particulièrement Syncelle, qu'ayant à choisir entre les anciennes dates absolues d'Africain et les dates remontées d'Eusèbe, il eut le bonheur de se décider pour le système ancien, de beaucoup le plus véridiquc. Sans doute fut-il guidé, pour situer Salomon, par des considérations de chronologie historique positive, analogues à celles qui peuvent avoir dirigé antérieurement Africain. Il se trouvait
chez lui, finalement, entre la date de l'Exode et celle de la construction. du temple, un intervalle de 065 ans, accepté, dans sa discordance avec le chiffre du Livre des Mois, de manière aussi indifférente que l'avait fait Africain en présence du même problème.
Etant arrivés au terme de cette analyse des chronographies chrétiennes pour la période qui nous intéresse, laissons le Syncelle, et portons notre attention, une dernière fois, sur les systèmes d'Africain et d'Eusèbe, pour voir ce qu'ils ont en commun et tâcher de discerner sur quels principes, dans la zone considérée, étaient construites les chronograpliiesdont les leurs dérivent. Si l'on se reporte aux petits tableaux de comparaison établis un peu plus haut, on verra que, chez Africain et Eusèbe, les dates du début de la XVIIIe dynastie sont extrêmement différentes, et aussi les dates de la fin de la XXXe. mais que pour V Exode la dale est là même à très peu de chose près. Rapprochons cela de cette autre concordance qu'on observe sur la durée totale des dynasties XVIII à XXX, — i 3 3 5 ans chez Africain, dei33o à 1 36 5 ans chez Eusèbe, — et demandonsnous si les deux faits, mis en liaison, ne pourraient être rapportés à un système chronograpbique antérieur et en quelque sorte primordial, dans lequel le moment de l Exode aurait coïncidé avec le début de la XYIII* dynastie. Cette concordance était prescrite, on ne l'a pas oublié, paP le synchronisme fnaklios- Amôsis-Moïse instauré dans la littérature judéo-grecque aux alentours de l'ère chrétienne; les superpositions ainsi formulées restèrent certainement admises pendant longtemps, et les chronographes alexandrins eurent à y conformer l'étendue d'une chaîne chronologique égyptienne arrêtée à ses deux extrémités, en amont par la date imposée au début de la XVIII' dynastie, — celle d'Inakbos, — en aval par la date historiquement admise pour la lin de la XXXe. A la nécessité de faire tenir, exactement, les i3 dernières dynasties du
[167] — «.( GG9 >w—
tableau classique entre ces deux bornes fixes, peut être rapportée l'élaboration des tableaux de durées dont deux spécimens ont passé chez les chronographes de la période suivante : de l'un à l'autre, les chiffres particuliers diffèrent en une foule d'endroits, mais les totaux généraux concordent. Dans l'hypothèse que nous suivons, on voit que ce total général représente l'intervalle qui était compris entre l'Exode et l'avènement d'Amôsis, à une extrémité, et lu conquête d'Okhos à l'autre extrémité, dons In chronograpkiejudéa-alexandrine.
Arrivent alors les chronographes du 111e siècle et des temps suivants. Ils recueillent et respectent la date de l'Exode; ils recueillent des versions varices de ce tableau des dynasties XVIII à XXX, dont le total général est uniforme, en respectent les durées, mais le déplacent tout d'une pièce, au gré de combinaisons historiques variables qui imposent une date ou une autre pour la deuxième conquête perse de l'Egypte. Ce déplacement a pour effet de dissocier l'Exode du début de la XVIIIe dynastie, mais on n'y attache aucune importance; le sens du vieux synchronisme judéo-alexandrin est perdu. Le bloc des dynasties XVIII-XXX est d'ailleurs déplacé dans des sens divers : chez Africain, ses dates sont descendues, et le terme fixe de l'Exode reste perdu, antérieurement à la XV IIIe dynastie et à plus d'un siècle de distance , tandis que chez Eusèbe, tout différemment, 'le bloc est remonté, l'origine de la XVIIIe dynastie à plus de deux siècles au-dessus du terme de l'Exode. Il subsiste, au travers de ces déformations, les deux chiffres primitifs de cette date de l'Exode et delà durée totale des dynasties XVIII-XXX, et grâce à eux, la reconstitution du système primordial est possible.
De l'une de ses dates extrêmes, celle de l'Exode, on peut facilement déduire l'autre, celle de la fin de la XXXe dynastie. L'Exode, en effet, est vers 3y 1 3 (Africain) ou vers 3689 (Eusèbe); étant admis que cette date est celle de l'avènement
d'Amosis, et considérant <| ne l'ensemble des dynasties XVIII à \\\ n-mplit l 335 ans (Africain) ou de i33oà 1 3 65 ans | Eusèbe |, on \ t>i t que la lin de la \\ Y dynastie a une date telle que •">; i 3 i 335, soil5o/i8,ou 3G8(j+i365, soit 5o5/i : 453 ou 'i'iy av. J.-C, en chiffres ordinaires de fère chrétienne. Telle est, dans L'hypothèse que nous avons suivie, la date qui était assignée à la conquête d'Okhos par la chronographiejudéoalcraiidrinc Historiquement, elle est trop ancienne d'un siècle, ce qui n'est point une approximation trop mauvaise pour le chronographe antique.
De même que pour Okhos, on fait, en ce qui concerne \iiii'ims, rcttc remarque, que la date à lui imposée par la cornlunaison judéo-grecque est notablement trop ancienne, historiquement, tout en restant dans les limites d'une approximation assez heureuse. (Ida est pur hasard, assurément, car. dans la combinaison considérée, Amôsis est daté par l'Kxodc et I Exode est daté par Inakhos, de telle sorte (pie la fixation chronologique d'Amosis est une conséquence dernière. Voyonsla. cependant : 37 1 3 ou 368q, cela se transcrit en 1788 ou 1 s 1 •> av. J.-C, et comme la date historique de L'avènèmenl d'Amosis est i->77 av. J.-C. (li, à quelques années près dans un mus ou dans l'autre, il ressort que l'erreur du chiffre judéo-alexandrin, en excès d'ancienneté, ne dépassait guère
deux siècles.
I miles les dates du Bystè judéo-grec n'étaient d'ailleurs
pas aussi bonnes. En ce qui concerne notamment l'histoire juive, il ne fait guère de doute que la position de Salomon, et de toute la période royale après lui, ét;iit déterminée d'après la date de l'Exode et l'intervalle «le i8o ans que le passage connu du Livre des Rois impose entre l'Exode el la construction du temple; cela mettait Salomon en 6160 ou 6iq3, soit
Voir plus haut, Synthèie hiitoriqut etc., Section I, cbap. 11 , Chronologie,
i332 ou i3o8 av. J.-C, en avance de près de quatre siècles, comme on voit, sur sa date historique véritable, Au bout d'un certain temps, toutefois, les méthodes de la chronographie positive s'étant sans doute perfectionnées et des tableaux de dates de la période «historique» venant à être établis dans certaines conditions d'exactitude arithmétique, la vieille manière de dater Salomon finit par paraître intolérable; certains auteurs prirent résolument le parti de le descendre de deux ou trois siècles, au mépris de l'indication biblique. Africain était de leur école; Eusèbe préféra s'attacher au chiffre de la Bible et à la datation «longue» de Salomon qui en résultait; Syncelle, beaucoup plus tard, sut revenir aux notions saines du me siècle : nous avons longuement analysé, plus haut, les conditions de c'e débat interminable et insoluble.
La concordance signalée d'Africain et d'Eusèbe, pour la durée totale des dynasties XVIII à XXX, est encore remarquable à un autre point de vue, parce qu'elle fait davantage ressortir le considérable écart de leurs tableaux en ce qui concerne certains autres intervalles historiquement intéressants, notamment cet intervalle, qui nous a tant occupés, entre la XIIe dynastie et la XVIIIe : alors que les cinq dynasties XIII à XVII, nous l'avons vu, remplissent au total 1690 ans chez Africain, il leur suffit de 1 180 ans dans le tableau d'Eusèbe. La différence est irréductible et l'on ne peut guère que la constater; tout au plus a-t-on le droit d'induire, d'après la manière dont Eusèbe a respecté les dynasties XIII et XIV d'Africain et modifié les suivantes, — pour mettre sa liste, à ce que nous avons cru comprendre, en meilleur accord avec le document de Josèphe, — qu'Eusèbe a profité de cette occasion de rectification pour réduire un total qui dans le tableau d'Africain lui paraissait trop élevé. Mais pourquoi ce total de îSgo ans aurait-il paru trop élevé à Eusèbe? Il faudrait supposer en même temps qu'Eusèbe avait des idées arrêtées sur la
position chronologique de la XII' dynastie, idées et chi lires qui ne pouvaient résulter qne de quelque synchronisme intéressant la relation biblique, de manière plus ou moins analogue à l'autre e&cbatnement de synchronismes qui imposait une date obligatoire à la XVIII1 dynastie et à l'Exode.
Et africain lui-même, comment a-t-il pu arriver à admettre, pour L'ensemble des dynasties XIII à XVII, ce formidable chiffre de i5qo ans, si énormément disproportionné, nous le savons, avec celui qui ressort des formes de liste anciennes qu'on arrive
i extraire du document même d'Africain? Nous n'avons pas encore posé la question; nous nous sommes bornés à expliquer If mécanisme de grossissement arithmétique par Lequel des formes chronologiques très simples et numériquement tirs modestes avaient été muées en formes plus complexes et de plus en plus volumineuses. Mais pourquoi ce grossissement? Car on n'altère pas les nombres et les termes d'un tableau, par multiplications et réduplications réitérées, pour le simple plaisir de faire des opérations arithmétiques. Partant de ce qui nous est apparu des méthodes d'Africain et d'Eusèbc et des données spéciales «le chronologie absolue qui étaient à la base de certains totaux de leurs listes, nous arriverons peut-être à imaginer que, si Africain a adopté un chiffre très considérable pour L'ensemble des dynasties XIII à XVII, c'est qu'il avait des raisons de vouloir que la XII" dynastie lût extrêmement ancienne. Quelles raisons, et faudrait-il chercher à trouver, ici encore, la Irace de quelque synchronisme posé d'avance, intéressant Josoph, par exemple, ou kbraaam, el Leurs séjours en Egypte au temps d'an roi ou d'une dynastie égyptienne déterminée ? Il es1 tout à fait impossible de répondre, el nous ne pouvons que
soupçonner la possibilité d'influence de certaines combinaisons de cette nature.
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