Nibkheroure Mentouliotep
De cette série, les tombeaux actuellement connus sont ceux des n0' î, a , 5 et î o. Pour que les choses soient plus faciles à suivre, mettons sous nos yeux la carte sommaire de la nécropole thébaine qu'on trouvera ci-dessous ; elle comprend toute la lisière de la montagne occidentale, jusqu'à hauteur de la crête de Deir El-Bahri, limitée à Deir El-Medineh, à gauche,
(1> Chez nous, précédemment, Synthèse historique etc., section II, chap. i. S Pièces judiciaires.
et s'étendant, à droite, jusqu'au delà de la Vallée des Rois, de manière à embrasser la totalité de la zone de Sheikh Abd el Gournah et de Drah abou'l Neggah. Les monuments portés sur cette carte ne sont pas seulement ceux du Moyen Empire, mais aussi les principaux de ceux de la période suivante jusqu'à la XXe dynastie, de manière à donner une idée du terrain sur lequel les magistrats du papyrus Abbott opérèrent. Commençons par noter le n° 10 de leur liste, le tombeau de Nibkberoure, situé, comme on sait, au fond du cirque de Deir El-Bahri, derrière la pyramide qui était l'élément le plus caractéristique du «vieux temple» déblayé par Naville, immédiatement à gauche du temple d'Hatsbopsitou. Le n° i , le tombeau d'Amenhotep Ier, est connu depuis peu de temps par la découverte de Carter; il est à Drah abou'l Neggah, exactement au nord du temple funéraire du même Amenhotep, lequel est situé sur la lisière des terres cultivées, à égale distance du temple de Gournah et de l'aboutissement des chaussées de Deir El-Bahri (1). Le n° 5 est celui de Sekhemre- Seshedtaoui et de Noubkhas; nous avons relaté, précédemment, l'histoire de sa découverte (2), au contact du tombeau de Nibamon, chef des greniers de Thoutmès III, à la base des dernières pentes de Drah abou'l Neggah, face à la plaine.
(1) Ce renseignement sur la situation du tombeau d'Amenhotep Ier — trop vague pour permettre de le placer précisément sur la carte — m'est apporté par une brève note de Winlock, mémoire précité, p. .87, n. 1; Winlock renvoie à Journ. Eg. Arch.} 1, 916, dont je n'ai pas connaissance; mais la découverte de Carter est forcément récente, et postérieure aux travaux décrits, en 1913, dans les Fioe yeare* explorations, .. de Cabhahvon et Carter. En ce qui concerne le temple funéraire d'Amenhotep I", rappelons qu'il est connu depuis 1896; voir Spiegelberg, Der Grabtempel Imenophie' I :u Drah-Abu'l- Neggah, dans Zwri Beitràge mr Geschichle und Topographie iler Thebanischen Necropoliê. . ., 1H98.
(8' Voir, chez nous, Monument» el histoire etc., chap. v, S 111, et se reporter à Marouis ok Northampton , Si'ie<;elbeiu; et Newrkiiih, Report <>[ tome excavation» m iltr Theban Neçropoli» (1908), p. 1.8-1 f> el pi. II.
Le n° a , enfin, le tombeau d' \ntej aux chiens, est à une assez grande distance des précédents et dans un quartier tout autre de la nécropole; sa situation est pendant longtemps restée peu connue et comme oubliée, par suite d'une sorte de malentendu topographique qu'il est extrêmement utile de voir éclairci à l'heure actuelle.
On se rappelle que le tombeau de ce prince de la XI" dynastie, Horus Ouah-ânkh; Fils du Soleil intef-a dans le cartouche, d'après les inscriptions de la stèle, — Fils du Soleil Ân-â dans le cartouche, au papyrus Abbott, par suite d'une omission de scribe, — fut découvert par Mariette; son emplacement est celui que notre carte indique, dans le groupe des tombes du stade le plus ancien de la XIe dynastie, sur le grand replat qui borde la plaine, immédiatement au nord-est du débouché de la Vallée des Rois. Comme le fait observer Winlock, l'existence et l'âge de ce vieux cimetière sont connus depuis nombre d'années, grâce aux monuments qui en sont sortis et grâce, notamment, au fait que des fragments de la stèle même à'Antef aux chiens y ont été retrouvés, successivement, par Maspero, puis par Daressy: mais la localisation qui résulte de là pour le tombeau, jadis découvert par Mariette, se heurtait à une indication contradictoire de Mariette lui-même, qui, décrivant brièvement le monument dans sa Lettre bien connue de 1860, le plaçait, ainsi que d'autres tombes royales trouvées au cours de la même campagne, à Dr/dt aboul Neggah, c'est-à-dire, pouvait-on légitimement croire, dans la zone à gauche de la Vallée des Rois, en regardant la montagne, et non dans la zone plus à droite. Toutes choses bien élucidées, il apparaît à présent que Mariette prenait simplement l'appellation Drah aboul Neggah dans un sens topographiquemenl trop large (1); mais
C> Corroboré par la définition que Mariette lui-mémo donne du site : ttDrahabou-neggab est une plaine qui comprend aujourd'hui une portion du désert,
pendant longtemps, cette désignation imprécise a provoqué et fait durer des confusions extraordinaires. Il fallait, par exemple, d'après la relation de Mariette, que Y Antef aux chiens ait été trouvé à Drah aboifl Neggah, et que son tombeau fut une pyramide en briques; or il existe, sur la lisière de Drah abou'l Neggah qui regarde le Sud , un certain nombre de petites pyramides de briques : on les considéra le plus souvent comme des vestiges du cimetière des Antef de la XIe dynastie, malgré que ces pyramides de Drah abou'l Neggah appartinssent, en réalité, à la XVIIIe dynastie et à la XIXe. Mieux encore, on recueillit chez Prisse les relevés d'une petite pyramide en briques étudiée par lui dans l'Assassif, on la transporta, par hypothèse, à Drah abou'l Neggah, pour en faire le tombeau d'un Antef de la XIe dynastie, supposé détruit depuis l'époque des premiers relevés, tandis que le monument, aujourd'hui encore, existe bien réellement dans TAssassîf et qu'il est d'époque saïte (l).
Quant au tombeau véritable du vieil Antef, Horus Ouahankh, bien reconnu à présent à l'est de la Vallée des Rois, on n'est guère mieux renseigné qu'auparavant sur sa configuration, en raison de l'état de destruction complète des superstructures de tout le groupe funéraire dont le monument fait partie. Trois grands tombeaux — notre carte les indique —
un quartier de Gournah et des terrains en culture. . . » (Lettre à de Rougé, dans liev. archéologique, 1860, II, p. 97).
(I) Le monument, épures et vue d'ensemble, dans Pusse, Histoire de Pari égyptien, I , pi. XLV1 et texte, p. 378. La confusion que nous signalons, et que notamment a commise Maspero (voir sa reproduction de Puisse dans Egypte [collection Ars Una], 1913, p. 10 s), se retrouvera chez nous-mème, précédemment, Monument* et histoire etc., chap. îv, 8 11, à propos de la description du tombeau perdu de Noubkhopirre Antef. La pyramide de l'Assassif est définitivement remise en sa place par Winlock (îoc. cit., p. îk, 16), qui juxtapose de la plus irréfutable façon le vieux dessin de Prisse avec une photographie actuelle; Winlock fait observer, de plus, que le monument est correctement situé sur la carte de L. D., I, 9a.
-■>*( 700 Wi — [30 1
riaient établis non loin les uns des autres dans cette zone; chacun d'eux se présente comme une vaste cour rectangulaire, excavée à flanc de coteau et orientée «en profondeur», c'està-dire à la manière dune avenue en tranchée pénétrant dans la montagne; dans la paroi du fond et dans les deux parois latérales s'ouvrent des chambres nombreuses; et au fond de la cour, sans contact avec les parois, s'élevait très probablement la pyramide en briques crues décrite par Mariette. Il est vraisemblable que Mariette n'a pas connu cette disposition d'ensemble; ayant dégagé la pyramide et trouvé la stèle, qui décorait une chapelle accessible, il n'a point déblayé la cour environnante; et concernant la chambre funéraire inconnue, il s'est toujours contenté de supposer qu'elle devait être dissimulée dans le roc, quelque part sous la pyramide (1l Aujourd'hui, nous sommes conduits à nous représenter les choses de manière toute différente; la pyramide construite au fond d'une cour excavée reproduit exactement, quoique dans des conditions très modestes, le somptueux dispositif de Nibkheroure à Deir El-Bahri, et il est infiniment probable que chez les vieux Antef, comme chez Nibkheroure lui-même, la chambre funéraire royale était organisée derrière la pyramide, au point médian du système de chambres souterraines qui prennent jour au niveau du sol de l'excavation périphérique.
De la tombe de Nibkheroure, à Deir El-Bahri, à celle à* Antef aux chiens, à lest de la Vallée des Rois, il y a un espace de 3 kilomètres en ligne droite, et les tombeaux d'Amenholep Ier et de Sekhemre-Seshedtaoui se placent dans l'intervalle. On
'■' A la description que donne. Mariette dans sa Lettre à tl<' Rovgé citée précédemment (ISrv. archéologique, 2 e série, II, i8tio, p, 28-33), il faut joindre encore celle qu'on trouve, une quinzaine d'années après, dans une lettre de Mariette à Bircli (Tram. S. B. A., IV, 1876, p. i()3); elle n'apporte nul détail nouveau, et rien de notable que la confirmation du fait que Mariette n'a pas étendu la fouille au delà du contour même de la pvramide.
voit que les dix tombeaux royaux mentionnés au papyrus Abbott ne formaient pas un même groupe topographique, une sorte de quartier de cimetière qui aurait été l'objet de l'inspection des officiers royaux. Ceux-ci, bien différemment, ont eu à se transporter d'un bout de la nécropole à l'autre; il y avait un certain nombre de tombes attaquées ou suspectes de l'avoir été, elles ont été visitées chacune en particulier, sans préoccupation des monuments voisins qui n'avaient point donné lieu à une observation du même genre. Il semble, dans ces conditions, qu'il soit diflicile et bien problématique de fonder, sur la liste du papyrus, aucune conjecture topographique relative ;iii\ six tombeaux d'emplacement encore inconnu. On se rappelle, cependant, que l'un de ces tombeaux perdus, le n" 3 de la liste, celui de Noubkhopirre Antef, est sorti de terre à un moment donné; déjà violé et dépouillé en 1827, il fut découvert et dégagé à l'extérieur par Mariette llJ, dont la relation désespérément insuffisante ne définit aucune situation précise, mais semble indiquer que ce tombeau de Noubkhopirre n'est pas voisin de celui d' intefaux chiens; relisons le passage :
«J'ai reconnu'-' à Drah-abou-neggah l'emplacemenl «le sept lombes royales qui sont : — celles des rois Ra-noubkheper-Entef et Sevek-em-Saf, creusées à l'ouest de la plaine dans les lianes d'une colline; la tombe du premier de ces rois est un hémi-speos, et la façade était ornée de deux obélisques; — celles des roisEntefll, Enteflll et Entef 1\ , qui étaient des constructions élevées dans la plaine, avec portes toujours praticables. . . [suit la description de la pyramide et de la stèle d'e? Entef IV», qui est Antef aux chiens]; — celle d'un roi Ahmès qui n'est ni l'Amosis de Manéthon, ni l'Ahmès si-pear du papyrus, ainsi que celle de la reine Aah-Hotep, toutes deux
W Voir pour tout cola, chez nous. Monuments et histoire etc., cliap. iv, Su. '2> Maiukttk, loc. rit., dans Hev. archéologique, 1860, If, p. 38-39.
arrangées selon le quatrième système, c'est-à-dire que les momies royales avaient été confiées à la terre sans aucun signe extérieur qui en révélât la présence . . . r>
En somme, Mariette range ses sept tombes de « Drah-abouneggah» en trois groupes distincts : Noubkhopirre et un certain Sebekemsaf dans les flancs d'une colline . puis trois Antef différents, dont le roi aux chiens, dans la plaine , enfin un roi Ahmès et la reine Abhotep, dont les tombes seraient sans superstructure. Il est tout à fait impossible, et il serait bien intéressant de savoir où Mariette a trouvé ces deux dernières tombes royales, qui sont, à n'en point douter, celles d'où sont sortis, avec les cercueils de la reine Ahhotep lfe et de Kamès(1), les célèbres bijoux et autres objets précieux aux noms de kamès et du roi Ahmès. Qu'est-ce, (l'autre part, que le groupe précédent, celui des trois Antef? Le roi aux chiens, l'Horus Ouah-ankh , étant bien localisé à l'endroit où notre carte l'indique, on est tout à fait tenté de croire que les trois tombeaux de Mariette sont ceux mêmes que l'on connaît aujourd'hui sur ce plateau bas, et dont l'un, très probablement, fut bien celui d'un autre Antef, l'Horus Nekht-neb-tep-nofir, fils et successeur de l'Horus Ouah-ankh. Pour ce qui concerne enfin le premier couple de rois, Noubkhopirre et Sebekemsaf, où sont leurs tombeaux , et ne serait-on pas dans la vérité en les cherchant dans ce quartier de la «XIII" dynastie» que nous permettent de définir, aujourd'hui, les fouilles de Carter et d'autres, et qui remplit le bord sud de Drah abou'l Neggah, à partir des chaussées de Deir El-Bahri? Le tombeau de Sekhemre-Seshedtaoui Sebekemsaf est lui-même dans cette zone, on le remarque ; est-ce Seshc-dtaoui, cet énigmatique Sebekemsaf (me Mariette dit avoir découvert en même temps que
W Cercueil et momie de Kamès, non à.'1 Ahmès comme l'avait cru Mariette; voir cln'z nous, précédemment, Les Hyhtét, Eludes ri unie* complémmtaire$ , 8 11, F. Le cercueil du roi kamès nu musée du Caire. »
Noubkhopirre, et la superstructure de la pyramide, entièrement détruite aujourd'hui, possédait-elle encore, au temps de Mariette, des vestiges de chapelle ou d'inscriptions reconnaissablés ?
On voit que nous sommes en pleine hypothèse. Un sort étrange a voulu que la relation de Mariette lût aussi succincte et aussi obscure que le procès -verbal des enquêteurs du papyrus Abbott, et que nous avons la même peine pour en retrouver les éléments dans les faits archéologiques, au fur et à mesure qu'ils se manifestent. Nous nous enfoncerions dans l'hypothèse davantage — • et cela serait peut-être sans danger, mais sans grande utilité non plus à coup sur — en suivant Winlock dans son idée, que l'ordre de la liste du papyrus Abbott est r itinéraire» : les magistrats thébains, ayant vu le tombeau d'Amenhotep 1er sur la colline de Drah abou'l Ncggah, auraient passé de l'autre côté de la Vallée des Rois pour inspecter celui du vieil Antef, Horus Ouah-ankh, et cela l'ail, seraient revenus sur la berge occidentale; avant d'arriver chez Sekhemre-Seshedtaoui Scbekemsaf, au bord inférieur de Drah abou'l Ncggah, ils se seraient arrêtés chez Noubkhopirre, puis chez Sekhemre-Apmat, — qui seraient donc à chercher vers le niveau de Seshedtaoui, entre remplacement de sa pyramide et la Vallée des Rois — et au delà dndit Sekhemre-Seshedtaoui, se dirigeant vers le tombeau deNibkheroure Mentouhotep, c'està-dire dans les fonds rocheux de l'Assassif ou sur le liane de la colline qui en forme la berge, ils auraient trouvé le tombeau de Skenenre, puis celui de Ouazkhopirre, et celui d'Ahmès Se-Paar en dernier lieu. Mais tout cela est extrêmement incertain, et l'on comprend bien que les tombeaux qui nous manquent encore ne seront jamais restitués que par des fouilles intégrales et vastes, dans le périmètre de Drah abou'l Neggah et de l'Assassif, continuation des beaux travaux dont la succession a déjà fourni, outre les vestiges des vieux Antef du début de
la XIe dynastie et le superbe édifice de Nibklieroure, le lomln'iiu de Zeserkare Amenhotep et celui de notre Sekhemre- Scsbedtaoui lui-même. Attendons-en la suite. Notons seulement qu'au point de vue de la période qui nous intéresse ici, colle des Antef et Sebekemsaf d'après la XII' dynastie, c'est évidemment au voisinage du tombeau de Sckhcmrc-Sesliedlaoui qu'il y aurait lieu d'élargir les recherches.
NOUVEAUX INDICES DU VOISINAGE ET 0E I/ORDRE DE SUCCESSION DE SEKHEMRE-SESHEDTAOUJ SEBEKEMSAF ET DES PREMIERS SEREKHOTEP.
Voici un scarabée que Newberry, récemment, nous a fait connaître (1). Il porte une inscription en deux colonnes, face à droite, symétrique de la disposition que nous donnons ici typograpbiquement : 1® ffi
L'objet appartient donc à un certain roi Sebek- ^ JJJ^ hotep, fils d'une dame Noubhotepti qui n'était pas p*— -^ X^k
reine. Ce nom de femme n'est pas inconnu; nous L ■]
avons constaté précédemment (2), à propos de la
stèle d'un certain Ranftes, dont la femme s'appclb JSoubkhcLS et dont d'autres parentes sont nommées la-ab et. fO#-i-jJ|, que ce nom de Noubliolrph appartient à l'époque de Sekhcmrc-Sesbedlaoui. Il ressort de là que le roi Sebckbotep, fils d'une dame de ce nom, serait de la génération suivante. Celle génération, nous le savons, est celle du roi Sekhemre- Souaztaoui, et l'on remarque que l'observation que nous venons de faire est tout à fait du même ordre que celle où nous avons
M N bwbbhbt, Kgijptian Historieal Note» , dans P. S. B.A., 'M\ ( 1 9 1 h ), p. t 70
cl pi. X , c. Le scaraliéi' est clans la collection (iarnarviui. ('-') Munumrntx et histoire fie., r.liap. v, S m
été conduits, précédemment, par la rencontre du nom de Âouhetnbou, qui appartient à la femme d'un contemporain de Seshedtaoui et à la mère de Souaztaoui t1'. Quant au voisinage de Sebekhotep , fils de Noubhotepti , avec le roi Sekhemre- Souaztaoui, il apparaît comme extrêmement naturel, puisque Sekhemre-Souaztaoui est également un Sebekhotep, et qu'ainsi que le fils de Noubhotepti, il a pour parents de simples particuliers, Mentouhotep et la dame Aouhetabou que nous venons de dire. Est-il possible, maintenant, de localiser le nouveau roi de manière un peu plus précisé?
De même que les scarabées paternels el materneli de Souaztaoui, on connaît ceux de ses successeurs khasekhemre et khanoiirre, et l'on constate, par comparaison, que c'est surtout de ces derniers que se rapproche celui qui nous occupe, notamment par cette particularité mie sur le scarabée maternel, le roi n'est désigné que par son nom de deuxième cartouche. Notre Sebekhotep inconnu doit donc être placé aussi près que possible de khasekhemre, tout en n'étant pas à plus d'une génération de distance de Seshedtaoui: le mieux, pour cela, serait de l'intercaler entre Souaztaoui et Khasekhemre, el comme cette place pourrait justement être celle de ce proche voisin de Souaztaoui, le très peu connu Sekhemre-Gergtaoui Sebekhotep, on voit que l'identité du nouveau Sebekhotep avec Sekhemre-Gergtaoui le fixerait de la manière la plus heureuse. L'hypothèse de cette identité est de beaucoup la plus probable, car les autres Sebekhotep dont on ne connaît pas la mère. Khaankhre, Khahotepre, ceux de la famille des Mer-[\|-re, sont d'époque trop tardive pour qu'on puisse admettre, de l'un d'eux, que sa mère porte un nom du temps de Seshedtaoui et de Noubkhas.
Ge nom de Noubhotepti se rencontre encore ailleurs. Il est
W Voir le tableau qui fait l'objet du précédent paragraphe iv.
M R. WEILL. 'ly
celui d'une reine dont nous possédons deux scarabées j l'un avec :
Twtf (à retourner symétriquement face à droite; sans ^ f encadrement) (1)
•>lï
l'autre portant, en une seule colonne : ''' face à droite, dans un encadrement spiraloïde (2/. "Il II n'est pas
probable que cette «Epouse Royale» soit la même personne que la mère du roi Sebekbotep, car ce dernier ne nomme sa mère que «Mère Royale»; et la ditférence des deux appellations paraît sérieuse et significative, car sur les monuments assez nombreux de Souaztaoui et de kbasekhemre où leurs mères Aoubelabou et kemi sont nommées, elles ne sont jamais désignées que par le titre de «Mère Royale», absolument comme sur les simples scarabées maternels.
En ce qui concerne d'ailleurs la position historique de la reine Noubhotepti, il faut évidemment la mettre, elle aussi, au temps de Seshedtaoui ou dans son immédiat voisinage. De quel roi thébain fut-elle la femme? Nous connaissons un certain nombre d'autres reines de la même époque dont les attaches précises, comme celles de Noubbotepti, sont encore indéterminées; il y a la reine Senbhenas, citée précédemment à propos
(l) Niwbsrry, Starabs, XII, a6; (huis h collection Murch.
W Newbekhit, Scarabt, \I.IV. î.V dans la collection Murch. La même reproduction dans Hai.i.. Cdt. of Egyptian Scarabt etc., I(lQi3),p. 91, B°*o5, comme étant celle du Bcarabée u° 60699 du Br. .Muséum. L'identité des deux reproductions, avec certains détails accidentels et caractéristiques, ne permet guère de douter quil s'agil d'un seul et même objet. Ce n'est point la première fois que nous rencontrons un Bcarabée dessiné par Newbeflfy dans la collection Murch, et publié par Bail comme élant au Br. Muséum; le cas s'est présenté pour le scarabée de Tetankhre qu'on trouve dans Nbwbebby, Scarabs, X, 26, et Hall, Catalogue etc. . p. 2.">, n" ?.'.\i>. La collection Murch aurail-elle passé, au moins en parlie, de I.<>uqsor à Londres ?
de monuments contemporains de Seshedtaoui; il y a les reines Tesounofir et Anni de certains scarabées qu'on verra à leur place , au cours des additions documentaires qui forment le chapitre m ci-après; il y a une reine Noubemhat qui parait, en compagnie d'une Fille Royale Sebehemheb, sur la stèle d'un personnage dont la mère était une autre reine encore, Ha-nuhh-s. Nous avons noté le monument à propos de cette dernière Epouse Royale, vraisemblablement contemporaine, d'après son nom, du Ra-ankh-f père des rois khasekhemre et khanofirre, et par suite appartenant à la génération antérieure, qui est celle de Sekhemre-Souaztaoui ; il ne reste malheureusement de l'inscription qu'un fragment, et nous ne pouvons savoir dans quelle relation la reine Ha-ankh-s ainsi localisée était avec les princesses Noubemhat et Sebekemheb, dont on remarque seulement la grande analogie de leurs noms avec plusieurs de ceux de la famille de Noubkhas, surtout les noms de son frère Sebekemhat et de ses sœurs iSouhemheb et Noubemkhouit ", qui sont vraisemblablement de la même époque : de telle manière que la rencontre des noms réunis de Noubemhat, Sobekomhrh et llaankh-s sur un même monument funéraire paraît simplement vérifier, une fois de plus, le voisinage historique des rois Seshedtaoui et Souaztaoui, dont les dates sont celles de deux générations consécutives.
Une vérification supplémentaire du même ordre peut encore ressortir de l'observation d'un nom propre, assez rare à cette époque, et qui paraît sous les règnes des deux rois qu'on vient de dire, le nom de Mentouhotep. On sait, par les monuments de Sekhemre-Souaztaoui , qu'un certain Mrntouholcp fut son père ;
M La correspondance est singulièrement frappante ; on observe que les noms de Sebekemheb et Noubemhat, sur la stèle mutilée que nous signalons, pourraient être considérés comme tirés d<> roux mêmes du frère et de la soeur de Noubkhas, Sebekemkat et Noubemhcb , dont on aurait seulement interchangé les éléments terminaux.
mais une reine Menlouhotep a été la contemporaine, peut-être l'épouse du roi Sekhemre-Smentaoni Thouti, dont il y a tout lieu de penser que sa date est celle même de Sekhemre-Seshedtaoui, et l'on connaît, en plus, l'existence d'un Menlouhotep dont les parents (sa mère, une princesse Sebekemsaf, son père, un otïicier royal) vivaient au temps de ce roi Sekhemre-Seshedtaoui. Les divers personnages de ce nom se rangent, comme on voit, soit au temps de Seshedtaoui, soit dans la génération qui suit celle de Seshedtaoui, soit dans la génération qui précède celle de Souaztaoui; l'indication qui résulte de là, touchant le contact de Seshedtaoui et Souazlaoui, est tout à fait d'accord avec celles fournies par les observations analogues sur Aouhetabou, Noubhotepti et les autres noms dont nous venons de rappeler les rencontres.
INDICES GÉNÉRAUX DE LA BRIEVETE DE L'INTERVALLE QUI SÉPARE LA XIIe DYNASTIE DE LA XVIIIe.
Au cours de ses grandes fouilles de Deîr El-Bahri, (îarter a découvert, sous les ruines du temple inférieur, un vaste tombeau utilisé par plusieurs générations et dont les cercueils et les objets d'offrande s'échelonnent sans discontinuité de la fin de la XII' dynastie jusqu'au temps d'Hatshcpsout et de Thoutmès III (I). Les conséquences très intéressantes qui résultent de celte situation ont déjà été signalées par Ed. Meyer'2'.
(l) (Iarnahvon et Cartkh. Five year$' exploratiotu ni Thebfi (191s), p. 64-88. '*> Kd. Mkvkr, Gesch. d. Allrrlums, I, 11 (a* éd., 1 9 1 3 ) , 8 298 n.
LE PAPYRUS DE TURIN I QUELQUE LUMIÈRE SUR L'ORGANISATION DE LA LISTE ROYALE.
Dans toute la suite des études qui ont précédé, nous ne nous sommes point départi du principe de considérer comme historiques, seuls, les noms royaux fournis par les monuments contemporains, laissant de côté ceux qu'on ne rencontre qu'au papyrus de Turin, à la table de Karnak, ou dans d'autres documents postérieurs à l'époque des souverains cités. Ces documents, papyrus de Turin et autres, ont bien été analysés (l), mais une fois que l'histoire proprement dite était faite, et principalement au titre de l'histoire de la tradition ultérieure; auparavant, nous ne citions les documents hiéroglyphiques postérieurs qu'à l'occasion de la rencontre des noms monumentaux qu'on y trouve, au fur et à mesure que l'analyse monumentale nous mettait ces noms sous les yeux ; et deux ou trois fois seulement, nous avons tiré d'une indication de ces documents postérieurs des conséquences historiques, dans quelque circonstance spécialement caractérisée, pour intégrer le titulalure de Ouahabre Ia-ab d'après le papyrus de Turin, pour prendre en note le si remarquable Sekhemre-Gergtaoui Sebekhotep du papyrus de Turin et d'un papyrus de Vienne, et l'inscrire à côté de son parent Sekhemre-Souaztaoui Sebekhotep, pour enregistrer le Snekhtenre de la table de Karnak et de la table de Marseille et le mettre à sa place parmi les S-[X]-n-re de la famille thébaine.
Tout isolés qu'ils sont, cependant, les cas où nous avons agi ainsi indiquent et définissent une méthode : puisque nous avons
C Chez nous, précédemment, Synthèse historique etc., section II, chap. 11 et ni.
accueilli Sekliemre-Gergtaoui Sebokhotep et Snekhtenre, à cause des frappantes analogies de lours noms avec des noms monumentaux, pourquoi refuserions-nous d'accueillir, par exemple, Sankhenre Senbtou que le papyrus de Turin nous apporte , alors qu'on peut le mettre à côté d'un Souahenre Senbmaiou monumental? D'une manière générale, les noms des documents postérieurs ne sont pas inventés ; authentiques historiquement , ou provenant de sources plus ou moins lointaines et plus ou moins illusoires, ces noms comportent toujours une certaine signification historique, qu'à l'analyse du document on peut espérer saisir. Plus sûrement, cette analyse intégrale d'une liste, conduite sur la base des similitudes nominales, des rencontres de noms monumentaux, et de la permanente observation des classements historiques déjà établis, doit nous permettre de pénétrer plus avant dans l'organisation de la liste elle-même, dans les principes de sa construction primitive. On se rappelle que nous avons déjà commencé, en ce qui concerne le papyrus de Turin ; nous y avons reconnu les noms monumentaux , signalé quelques autres noms de structure caractéristique, et séparé, plus ou moins rigoureusement, des groupes historiques qui étaient peut-être délimités dans une forme documentaire antérieure. Il s'agit maintenant d'aller plus loin, d'évoquer tous les noms indistinctement pour essayer de reconnaître à quelles familles historiques ils se rattachent, pour les inscrire dans ces groupes historiques toutes les fois qu'il y aura une bonne indication dans ce sens, et pour voir, en fin de compte, si les groupes déjà reconnus au papyrus ne pourront être définis plus nettement ou d'autre manière.
Pour éviter quelques longueurs, nous passerons sur le dépouillement analytique, que l'on recommencera sans peine en se servant de notre tableau antérieur de la liste de Turin, en transcription et avec observations sur les noms, les monuments et les circonstances du classement. Nous donnerons simplement
le résultat de ce dépouillement, prenant, l'un après l'autre, les groupes de la classification historique monumentale, et notant, pour chaque groupe historique, les noms du papyrus qui se rattachent à lui : les noms nouveaux, seulement, point ceux déjà connus par les monuments eux-mêmes. Nous ferons intervenir dans ce petit travail la liste de karnak, et noterons à leur place les noms nouveaux qu'elle nous apporte , dans les mêmes conditions que ceux du papyrus.
I. Premiers successeurs de la MP dynastie et prédécesseurs des Antef , en Haute ou en Basse-Egypte. Caractéristiques nominales : comprennent plusieurs S- [Y]-ka-re (SekhemkaveX . . .y Sekhemkare Amenemhat-Senbef, Smenkhkare Mcrmashaou, Sbeka[?]kare), plusieurs S-[X]-ab-rr (Snofirabre Senousrit, Sankhahre Ameni-Antef- Amenemhat), ont fréquemment, comme nom de deuxième cartouche, celui d' Amcnemhal ou de Senousrit (on vient de le voir; il y a aussi Amenemhat-Sebekhotep), ou bien un nom de simple particulier (Penten , Ougaf , Anab). Se rangent avec eux :
Gomme S-[X]-kare :
Snofirhare de la table de Karnak, Smenlcare de la liste de Turin (n° 7), Stinkhkarede Turin (n° 78), S . . .ouazkare Hori de Turin (n° 33) ;
Comme S-[X]-ab-re :
Sehotepabre de Turin (n° 4), Schotepabre de Turin (n° 8);
(Ces deux derniers personnages spécialement apparentés au souvenir d' 'Amenemhat ', d'ailleurs, par la particularité de ce nom solaire.)
Comme Amenemhat ou Senousrit :
Amenemhat de Turin (n° 3);
Comme portant des noms de particuliers : loufni de Turin (n° 5),- Ransenb de Turin (n° 16).
Y joindre, enfin, quelques noms mutilés dont certains pourraient être des formes S-[X]-ka-re ou S-[X]-ab-re :
Siiofir. . .re de Karnak, Smen[ab ?]re de Turin (n° 86), un autre Smen. . .re de Turin (n° 96), Sousir. . .re de Turin (n° 97).
Se rassemblent ici, comme on voit, les nos 3, h, 5, 7 et 8 du papyrus. Les nns 1, 2 et 6 — Re-Khoutaoui, Sekhemkare et Sankbabre — étant déjà connus, par les monuments, comme appartenant à la période historique visée, il ressort que les huit premiers rois de la liste semblent former un groupe compact qui représente cette période. On se rappelle, d'autre part, qu'une rubrique précède le n° 1 k . au papyrus (le Ransenb qu'on vient de citer), et qu'ainsi, pour le rédacteur, le groupe du début comprendrait treize noms, excluant Ransenb; l'idée se présente que dans la liste telle que ce scribe l'a faite, la rubrique est mal placée ou déplacée.
II. Grande famille des Sekemre-[\] de Thèbes, en ses trois variétés de Selîemre-[X]mnt (les Antef), Sohhemre-\ \ \khaou (Sebekemsaf, Oupouaitemsaf, Hahotep)et Sekhemre-S\ \ \taom (Sebekemsaf, Thouti, Sebekhotep). Nous y avons inscrit déjà :
Selihemre-Gerglaoui Sebehliotep de Turin (n° 17).
Y joindre encore :
Sekhenire-Sousirtiioui de Karnak.
On se rappelle que cinq Sekhemre. . . aux noms mutilés se retrouvent ,111 papyrus, inexplicablement rejetés très loin dans la liste, ;iu\ ri" 80, 90 ;'i 99 et u8.