DE PALESTINE ET D'EGYPTE
On se rappelle qu'au cours des précédentes études, nous avons notablement progressé dans la connaissance des scarabées «hyksôs» de la première période:, dits aussi du type iFAnra, par l'étude d'une série d'objets de cette catégorie recueillis en Egypte en 1911 et 1 912, et supposés venir d'une localité du Delta oriental^. Les scarabées «hyksôs», nous le savons, se classent en plusieurs périodes, assez nettement différenciées, bien qu'enebaînées étroitement chacune à la suivante; si l'on fait abstraction des rares scarabées des sheikhs Anther et
M Le roi Amôsis-Tethmôsis , on se le rappelle , avait été créé et inscrit en tête de la XVIIIe dynastie pour mettre d'accord le tableau manéthonien de la XVIIIe dynastie, tel qu'il est transmis par Josèplie, avec le tableau de la tradition d'Africain et d'Eusèbe : c'est l'auteur du Livre de Sothis, postérieur au iv" siècle, qui prit l'initiative d'unifier ainsi les versions de Josèphe (Tethmôsis) et d'Africain-Eusèbe (Amôsis). Moïse, d'autre part, était considéré comme contemporain d'Amôsis par une tradition généralement acceptée et remontant à l'époque alexandrine. Voir pour tout cela , chez nous , précédemment , Synthèse historique etc., section II, chapitres îv, vi.
W Voir, chez nous, Les Hyksos, Etudes et notes complémentaires, 8 m, A,B,G,D,E.
Semken, donl le type es1 nettement celui de la XIIe dynastie, on ne trouve plus ensuite que des objets du type étranger, qni se placent, soit dans la période à'Anra-lakebher, soit dans la période intermédiaire du sheil.h Khian, soit dans la période d" lousirre [popi, qui comprend le roi Sousirenre khian. Tous nos scarabées de 1911 et 1912 étaient de la période d'Anra- [akebher, caractérisée par ce nom ou cette formule même d [nra, dans ses nombreuses formes et orthographes, par le décor périphérique à spirales imbriquées et disjointes, par l'emploi du [j à extrémités bouclées, par l'apparition continuelle des symboles du Nord. ^, J^. j, ^\ y^, des deux oiseaux symétriques, des yeux symétriques, du signe wi fréquemment employé, enfin par des combinaisons décoratives de tous ces éléments et certaines combinaisons pseudo-hiéroglyphiques où reviennent des éléments verticaux tels que ^ , J, ^, etc. , dont on se sert de préférence pour encadrer un cartouche royal lorsqu'il s'en trouve. Les objets de cette famille nous ont apporté des noms royaux du plus grand intérêt : outre les Iakebher, nous avons noté, avec un Vesebekreou Vsenboure difficile à lire, un Nematre qui n'est pas Amenemhat 111, un Khakhopirre qui n'est pas Senousrit II, le roi Khanofirre Sebekhotep lui-même , un certain Khakare nui n'est p;is Senousrit III, enfin un roi Dlofirabre^ ; la présence de Khanofirre dans la série a fait ressortir, on se le rappelle, une précision historique exceptionnellement importante.
Sur les conditions d'emploi et la permanence de ce type (l'Aura en Basse-Egypte, nous avons déjà quelques lumières. Détermines par l'action de certaines influences étrangères sur les vieilles formes égyptiennes, les scarabées de ce genre très
(1J Outre le paragraphe précité, w>ir. pour Khanofirre, Monument* $t Inxtoirt cic. ch. mi, S in, <'t même chap., S n pour Khanofirre el Khaânkra uni». «iir nn même scarabée; | r kli;ikuro (uni avec kouabre mit un tcarabéa), Mo-
numcnl* rt histoire etc., ch. vin, S 1.
spécial furent faits pour les innombrables petits princes asiatiques qu'on trouve installés dans le Delta dès l'époque des Sebekhotep, et leurs éléments une fois fixés, on les conserva tout simplement, dans le Nord, pour un Khanofirre thébain devenu roi de l'Egypte entière aussi bien que pour un Aousirre de Tanis, conquérant de la Thébaïde. Mais ce type particulier, ces habitudes artistiques et industrielles invétérées dans le monde tanite, où se sont-elles élaborées, comment se sont-elles étendues et conservées, dans quelles limites, jusqu'à quelle date et pour quels usages ? Il semble qu'on puisse pénétrer assez avant dans ces questions, par la considération des innombrables scarabées qui sont sortis et qu'on voit sortir continuellement, non d'Egypte, mais du sol de la Palestine.
Beaucoup d'entre eux sont déjà publiés. Les plus nombreux sont ceux du beau site archéologique de Gezer, dans la plaine entre Jérusalem et la mer; nous les citerons abondamment plus loin (1). D'autres viennent de la Palestine méridionale, soit de Tell El-Hesi (Lakish), à l'ouest d'Hébron et sur le même méridien (2), soit de la région au sud-ouest de Jérusalem et au nord-ouest d'Hébron, Tell Sandahannah, Tell El-Judeidah ou Tell Es-Safi(3); d'autres ont été trouvés dans la Palestine du Nord, dans la plaine au sud-est de Haïffa et du (larmel, à Tell El-Moutesellim ( Megiddo ) w et Tell Ta'annek(r>), quelques-uns à Sebastié-Samarie, quelques-uns dans les environs immédiats
W Outre la publication développée donnée en 1912 par Macalister, The Excavation of Gezer ( 3 vol. ) , les fouilles de Gezer ont donné lieu à une suite de comptes rendus dans Quarlerhj Statement, 1902 à 190 5, et à diverses publications de vulgarisation telles que celles de Macalister, Bible Side-lights from the mount of Gezer, 1906.
(2> Pétrie, Lachish; voir aussi liss, A Mount ofmamj cities (1896).
d Les travaux effectués dans les localités de cette zone font l'objet de la publication de Bliss, Macalister et Winsch, Excavation* in Palestine.
M Schumacher, Tell El-Muteselliin (1908).
i5> Sellin, Tell Ta'annek (1906).
de Jérusalem, et il eu est même sorti de Jéricho1", en pleine vallée du Jourdain. La signification de cette riche matière documentaire est mieux comprise de l'égyptologue, lorsqu'il a pu parcourir lui-même les sites antiques de la Palestine, lorsqu'il a vu en circulation, en nombre infini, les scarabées qu'on en tire tous les jours, et inventorié les nombreuses collections archéologiques de Jérusalem, celle des Bénédictins allemands de la Dormition , celle des Pères blancs de Sainte-Anne, le Musée du Gouvernement, la collection Clark, d'autres encore.
Ces innombrables scarabées palestiniens sont d'origine locale très évidemment et dans la grande majorité des cas, encore qu'il faille supposer certaines importations d Egypte, importations antiques dont les objets nous sont livrés par les fouilles, ou importations actuelles, exclusivement commerciales. Le caractère indigène de la masse des scarabées n'en est pas moins indubitable, et il apparaît plus clairement encore lorsqu'on remarque que les scarabées ne sont pas les seuls «égyptisants» que l'on trouve en Palestine; dans toutes les collections jérusalémites dont on vient de parler, sont conservées de nombreuses antiquités égyptiennes ou pseudoégyptiennes, amulettes, statuettes, figurines, et tontes les fouilles palestiniennes en ont fourni de la même manière. Le départ est quelquefois dilïicile à faire entre objets indigènes el objets égyptiens importés. Très souvent l'origine palestinienne est évidente, comme il a lieu pour une foule d'amulettes de Gezer ® et pour une curieuse catégorie de figurines pseudoégyptiennes dont certaines ont été trouvées à Gezer et à Tell
(') Sumn il \\ u/.i\c;kh, Jéricho ( i<|i3).
<') Macalistmi. Bme. i,f Gîter, III, pi. CCX; voir notamment les petits amulettes-chats d«'s n0' 55et7S, si évidemment a imites», la plaquette dn n° 7O, avec 1rs grossières petites figures encadrant nn cartouche difforme <'i incompris, les petits Bès défigurés des n"' 3 à it.
Sandahannah(1). Dans d'autres cas, la fabrication égyptienne et l'importation sont certaines ou extrêmement probables; cela se rencontre surtout à Gezer, la plus «égyptisée» des villes palestiniennes à une certaine époque, et qui a fourni des inscriptions hiéroglyphiques, des statues en pierre et en bronze, des objets avec cartouches royaux du Nouvel Empire et de beaux scarabées nettement égyptiens du Nouvel Empire (2), pêle-mêle avec la foule des scarabées de facture locale. On conçoit que l'étude de détail des objets égyptiens et égyplisants de Palestine serait extrêmement intéressante et utile; mais cette étude est encore à faire. Nous n'allons, ici, nous occuper que des scarabées.
Le fait dominant qui les concerne est que ces scarabées de Palestine, qu'ils viennent de Gezer ou d'autres localités, appartiennent, pour la très grande majorité, à la catégorie du type d'Anra. Bien constatée, cette particularité posera immédiatement la question de savoir si le type d'Anra n'est pas un type proprement palestinien, originaire de Palestine, et si de Palestine ne sont pas importés en Egypte, pour être vendus, une foule d'objets de cette famille, tels les nombreux lots de scarabées, donnés comme trouvés à Ghibin El-Kanatir, qu'on rencontrait au Gaire en 1911 et 1912. Pour ne pas anticiper, cependant, et pouvoir envisager les questions touchant les scarabées palestiniens dans toute leur étendue, il convient que d'abord nous passions en revue, rapidement, les plus remarquables des objets de cette espèce que l'on possède, quelle que soit leur époque.
(1) Tell Sandahannah : Bliss et Macalister, Exc.av. in Palestine, pi. 85. Gezer : Macalister, Exc. of Gezer, III, pi. CCXI, n°5 1-7. Nombreux spécimens analogues au Musée du Gouvernement, à Jérusalem. Ces figurines, souvent en plomb, et très grossières, sont des images de divinités; elles portent à la partie inférieure des tenons destinés à s'encastrer dans une hampe ou dans un socle. On reconnaît, parmi elles, des Osiris assis, des Min au bras droit levé.
(2) Macalister, Etc. of Gezer, II, p. «36 à 3 3 A , jMssini.
Un grand nombre de ceux <|uc nous allons voir portenl des iionis de rois bien connus. Voici un Ounm très sobre (l), s;uis rien que le nom dans l'ovale du champ, toul à tait comme suites scarabées similaires de l'Ancien Empire \ oici un Khopir-
© faire de même sobriété ®, le nom % remplissant le champ
sans encadrement ni ornements d'aucune sorte; le jj n'est pas à extrémités bouclées, la régularité et la finesse de tous les détails sont d'un caractère extrêmement égyptien, très éloigné du type des Khopirlcare «hyksôs» qu'on verra tout à l'heure; il semble que le scarabée que nous avons là appartienne vraiment au Senousrit I* de la XIIe dynastie. Voici deux scarabées certains de la \IIC dynastie, l'un du district de Gezer, portant
la Légende Q n ! V î!^ — * (,s''f ) i Jk. Hrt-Amenemkalrrerii ' l'autre trouvé à Jéricho sous la forme d'une empreinte, avec Hî^TP'jr* — I "?" en "hp colonne verticale W, dans Tencadremenl spiraloïde à Irait continu qui orne les scarabées classiques du Moyen Empire. Voici maintenant, pour la XVIII dvnastie, des scarabées extrêmement nombreux au nom de \ienkhopirre Thoulmès III, venus de Gezer et de tous les autres sites, et abondants dans toutes les collections de Jérusalem (5); un petit nombre d'entre eux sont très purement égyptiens, tels
i \lw nivni.. Gezer, 111, pi. CCVIII. s.
Petit Bcarabée en pierre l>lon verd&tre, d'une fine et joli»1 facture. Dans l,i collection Clark, à Jérusalem; inédit; provenance exacte inconnue.
8 D'Alltabab près Gezer; collection des Bénédictins allemands de Jérusalem. Parait être celui même que reproduit BIacalistbb, Gezer, III, pi. CCVUI, 7.
1 Sau.ni el Watzingeb, Jéricho, p. i56 et pi. &a, «,■ empreinte but nue d'amphore.
M v. U.1STBB, Gezer, III. pi. I.\\\ . \<\ <A\I, <;CIV,CCVII-CCIX,pa«im; Bliss et Mxcalistbb, Exe. >» Palestine, pi. 83, nombreux spécimena; Scbomacbbb, Tell El \liiirsriliin . I. pi. XXVIII, h. A Jérusalem, huit ou <li\ spécimens bu Musée du Gouvernement, quatre chez les Bénédictins allemands, huit dans la collection Clark, une disaine chez les Pères blancs de Sainte-Anne,
, (sic) et
deux qui portent, sans autres ornements, ^ et ° Menhhopirre At-Amon^ et Menhhopirre le Dieu kjr^ Tj$J
èon(2), mais, pour la grande majorité, ils présentent des caractères tout autres, comme on le verra tout à l'heure. Auparavant, suivons jusqu'au bout l'ordre chronologique du Nouvel Empire, et notons une jolie plaquette-cartouche d'Amenhotep II,
de Gezer(3), portant sur les deux faces : toutes les inscriptions étant à retourner symétriquement face à droite. A Gezer également, une même tombe a fourni deux scarabées du même Akhopiroure Amenhotep II, un scarabée de Mbmare Amenhotep III, et plusieurs autres (i), et c'est de Gezer que viennent presque tous les autres scarabées palestiniens de Nibmare, connus au nombre d'une douzaine. Ils sont tous très «égyptiens»; fort remarquables sont trois grands spécimens, dont deux portent simplement le nom solaire Nibmare (5), et le troisième Nibmare Meri-Amon-Re® ; quelquesuns de galbe plus modeste sont, publiés (:), et il en est d'autres inédits à Jérusalem (8). Les plus connus de toute la série sont
(1) Macalister, Gezer, III, pi. CCIV/>, 33; est au Musée du Gouvernement à Jérusalem.
(2' Macalister, ibid., même pi., G, et Quarterly Slaloment, 190/1, pi. VI, 6. (3> Émail bleu; chez les Bénédictins allemands de Jérusalem, inédit. W Macalister, Gezer, 111, pi. LXXX.
(5) L'un, en émail blanc, au Musée du Gouvernement à Jérusalem, est celui de Macalister, ibid., pi. CCII b, 1, et Quarterly Statement, igo3, p. 133 et pi. III, 1; le deuxième, en émail bleuâtre, conservé dans le même musée, est celui de Macalister, ibid., pi. CCVII, 3i.
(6) Macalister, ibid., pi. CGV a, ia, et Q. S., 190/1, p. 189, n° 13.
O Macalister, ibid., pi. CCVII, 18, CCIX, 10, 33, 93 (non un scarabée, mais une sorte de petite cupule); Q. S., 1906, p. 186, 227.
W Deux objets dans la collection Clark : une bague en terre émaillée bleue , portant Nibmare dans le champ ovale du chaton , et un grand scarabée en schiste émaillé noir (tous deux inédits); au Musée du Gouvernement, un très joli petit scarabée en émail bleu (inédit).
un beau scarabée de grand module, portant les légendes affrontées de Nibmare et de La reine 7ïï(1), et un Bpécimen du $carabée il" mariage® du roi avec ladite reine Tu; tous deux sont de types très habituels en Egypte. Un scarabée du type simple de la reine Tii, enfin, a été trouvé à Tell El-Hesi(3).
Postérieurement à Amenbotep III, on ne trouve plus en Palestine qu'un certain nombre de scarabées très ordinaires de Ramsès III ou d'autres Hamessides'", et quelques autres sans nom royal (5). Ceux qu'on vient de voir passer, échelonnés de l'Ancien Empire à la XIX' dynastie, sullisent à montrer qu'en Palestine est fréquente la rencontre du scarabée égyptien pur, c'est-à-dire importé d'Egypte. Mais ces scarabées importés, nous l'avons dit , sont le plus petit nombre. On s'en rend compte immédiatement, et de la manière la plus saisissante, lorsqu'on rassemble une série étendue de ces scarabées de Thoulmès III dont nous parlions un peu plus haut; car, à l'exception de quelques-uns, et contrairement à tout ce qu'on pourrait d'abord attendre, ce n'est pas aux séries égyptiennes du Nouvel Empire, c'est au type tVAnra le plus caractérisé que < nombreux objets au nom de Menkkopirre se rapportent.
De tous ceux auxquels nous avons précédemment renvov<; nous mettrons seulement sous nos yeux les échantillons les
Mmm.imiu, Oezcr, II. p. 390, lij;. 'i.V'i; Q. S., 1904, p. sos, 197;
Bible Sulr ■liirhis frmii . . . Gozer, p. m, lijj. 3.
Ma< h.istkii, (if.rr. II, |). 3su, lijj. 655, et Q. S., 19O&, p. 1 H ( » . Bmss, I Houni ofmany citie$, p. 75), n" 119. 1 Par exemple ceui de Macamster, Gezer, III, [>l. CCVI1I, -, '1, .">. si. Quelques-uns, à Jérusalem, au Musée du Gouvernement et dans la collection Clark.
Notons un scarabée 1^ à Jérusalem , dans In collection <'lark.
\ mr le résumé bibliographique donné a la note •> île la page antéprécédente , et noter en outre que les scarabées Menkhopùm île ce type spécial ne son! pas inconnus en dehors delà documentation palestinienne; il \ en a. par exemple,
plus remarquables. Dans quelques cas, ces Menkhopirre «hyksôs r> nous présentent le nom royal dans le cartouche proprement dit, encadré de pseudo-hiéroglyphes (1). Beaucoup plus souvent, le cartouche est seulement ébauché sous la forme d'un encadrement ovale, comme sur un scarabée de Maca- Iister(2) et sur un scaraboïde que nous reproduisons ci-dessous(3), où l'on voit jaillir du cadre, à droite et à gauche, le
décor caractéristique fourni par les tiges de la plante du Nord. Même décor sur un scarabée reproduit à côté du précédent (i>; les deux branches qui constituaient le cadre ovale se sont
muées, comme on voit, en barres rectilignes. Réapparition du cadre ovale sur notre n° h, où le principal élément décoratif de la périphérie consiste dans les deux yeux, dessinés en sens
au British Muséum, Hall, Catalogue of Egyptiaa Scarabs etc., I, n0' 962, i5ao et autres.
'') Notre n° 1 ci-dessus, qui n'est pas un scarabée, mais une plaquette légèrement bombée, en émail blanc (Pères blancs de Sainte- Anne, à Jérusalem). De même, à Londres, le scarabée Hall, loc. cit., n° 96a, de provenance inconnue. — Tous les objets dont on trouvera le dessin au cours du présent chapitre sont reproduits dans leur vraie grandeur.
(2' Macalister, Gezer, III, pi. XC, 3a.
(3) Collection Clark à Jérusalem; émail gris-noir (n° 2 ci-dessus).
(i) Recueilli à Jérusalem en 191 4; n° 3 ci-dessus.
contraires, la tête en bas l'un par rapport à l'autre (", exactement comme les deux y d'un scarabée \nru que nous avons vu antérieurement (*); cadre ovale aussi sur une plaquette bombée s figurée au n° 5. Pas de cadre du tout au n° 6, où l'on voit paraître, comme éléments décoratifs, les deux urams symétriques encadrant le dernier signe du nom M.
Le Menkhopirre nommé sur ces scarabées n'est pas toujours, forcément, Thoutmès III lui-même, car il peut s'être institué un type permanent, avec un cartouche ou un nom royal qu'on reproduisait indéfiniment et sans raison véritable; mais les plus anciens exemplaires du l\ pe, tout au moins, n'ont pu être faits que pour Thoutmès III, et nous découvrons ainsi quau temps de Thoutmès III , le type à « Ânra» fleurissait encore en Palestine. On comprend assez bien, dans ces conditions, qu'en Palestine on ait fabriqué des scarabées de ce genre pour le grand conquérant de la Palestine et des régions syriennes; ils étaient simplement du type local traditionnel, dont l'utilisation pour Thoutmès III fut un pliénomène extrêmement analogue à celui que l'on constate, antérieurement, en Basse-Egypte, où des scarabées du type (F inra furent faits. pour le Thébain khanofirre, conquérant de l'Egypte du Nord.
Voici un autre scarabée qui manifeste tout à fait clairement la survivance du type a* Inra à l'époque des Thoutmès : il porte (5) le nom solanc Menkhopiroure , encadré des deux barres
1 Recueilli ;> Jérusalem en 191 '1 : émail blan& '*) Lis lli/Lsils, EtutUt el not$t complémentaire» , S m, A, n -.
Plaquette bombée eu émail bleu, percée dans l'épaisseur «l'un trou longitudinal dans l'axe. Trouvée dam les rouilles de la colline d'Ophel (Jérusalem) • n M|i '1.
1 Recueilli ;i Jérusalem en 1 g 1 '1. Chez les Bénédictins allemands de Jérusalem; émail blane; trouvé 1 S<;bastié.
verticales déjà remarquées au n° 3 ci-avant, avec une abondante et monotone combinaison de la catégorie Aura en colonnes verticales à droite et à gauche. Est-ce Thoulmès IV qui nous apparaît ainsi? Cela est fort possible, et beaucoup plus probable que l'explication qui consisterait à admettre l'existence d'un nouveau personnage pharaonique nommé Menlihopiroure Aura. Que Aura ou Ren des colonnes latérales soit un nom propre, nous l'avons supposé précédemment à diverses reprises , et notamment, à propos de deux inscriptions disposées de manière tout à fait analogue à celle que nous avons sous les yeux, celle de la plaquette de Khakare au Louvre et celle d'un scarabée Nofirabre à Turin (1); et nous voyons maintenant que si nous continuions à croire à un Khakare Aura et à un Nofrabre Aura, avec le Menkhopiroure qui vient de nous apparaître, cela ferait au total trois Aura pharaoniques. Il n'y aurait à cela nul empêchement, s'il ne paraissait étrange que sur les monuments de ces rois supposés, à côté du nom solaire correctement écrit, le nom personnel, invariablement, fût répété quatre ou six fois pour remplir les espaces libres de droite et de gauche; car on ne procède ainsi, même à cette époque particulière, qu'avec les signes pseudo- hiéroglyphes employés comme décor. Les groupes Aura, partout où on les rencontre, seraient-ils un simple décor pseudo -hiéroglyphique? Nous en avons déjà indiqué la possibilité, et cela commence à apparaître plus clairement; pour nous aider mieux, donnons encore un coup d'œil aux scarabées, extrêmement nombreux, fournis par la Palestine, où les groupes Aura se rencontrent.
On y retrouve tous les détails antérieurement notés sur les scarabées Aura que nous avons vus déjà. Voici, de Tell Ta'an-
W Voir Les Hyksôs, Eludes et notes complémentaires, S m, E.
-—«.( 7/tO )«<-.- [70]
nek, une inscription absolument identique à celle d'un scarabée recueilli au Caire (1). Voici toutes les formes orthographiques d'Anra précédemment réunies par nous dans un tableau (2), par exemple celles avec -i- en tête du groupe (3), celles avec a en avant ou en arrière^, une forme avec le signe © en tête(5), la déformation continuelle du «=> en <•» ou en *■*, et partout, bien entendu, ***>■ pour >~~* et le — bouclé. On rencontre Aura encadré de deux touffes de la plante du Nord((,), de manière identiquement pareille à celle de certains scarabées Menkliopirrc vus tout à l'heure (ri05 2 et 3 ci-dessus); on remarque des combinaisons entourées du décor en spirales interrompues (7), d'autres avec les ura?us(8), avec les yeux symétriques et des signes nofir^\ avec les nojïî* mêlés à d'autres pseudo-hiéroglyphes (10), avec le nom simple plus ou moins ornementé (1,). Un spécimen particulièrement curieux, reproduit ci-contre (n° 8), porte à la partie inférieure le dessin d'un personnage couché (12).
M Sellin, Tell Taannek, fig. îaf), p. 111, identique, sauf l'incurvation des lignes verticales d'encadrement, à l'inscription qu'on trouve chez nous. Hyksôs, Eludes et noies complémentaires, 8 ni, A, n° i.
(s> Les Hyksôs, section II, chap. Il, 8 Aura (?).
W Macauster, Gezer, 111, pi. CGVI, a5, CCIX, 38.
M Ibid., pi. CCIÏI a, 19, CCIX, 00.
(5) Dans la collection Clark, à Jérusalem; inédit.
(0) Macalister, ibid., j>1. C(]\ I , g. Un autre liés semblable recueilli par nous à Jérusalem en kji4 (inédit).
(7) Macauster, ibid,, pi. CCIX, 81; autre chez les Bénédictins allemands de Jérusalem (inédit).
W Macalister, ibid., pi. CCVI, 5o, CCIX, 48; autre au Musée du Gouvernement à Jérusalem (inédit).
"' Collection de Notre-l)ame-de France, à Jérusalem. (,0) Macalister, ibid., pi. CCN /*, -8, CC\ 1 . 3; CCIX, (YÀ. '"' Ibid., pi. \\W, 39, CCVI, -ti, 3l| CCIX, 7<»; d'autres au Musée du Gouvernement à Jérusalem.
"-> Chez les Pères blancs de Sainte Anne à Jérusalem; calcaire blanc; trouvé au Mont des Oliviers, près de Jérusalem.
Comment interpréter les centaines de scarabées Anra qu'on trouve ainsi en Palestine et en Egypte? Pour ceux qui portent un nom solaire, et l'on y rencontre trois noms solaires différents, nous venons de voir que l'hypothèse de trois princes Anra, possesseurs de ces titulatures, n'irait pas sans difficultés; ces difficultés s'accentuent, si Anra est un nom de personne, lorsqu'on considère l'ensemble des objets de la famille. Pourquoi cette fréquence du nom, et surtout cette extrême diversité dans la manière de l'écrire, en l'abrégeant, en l'allongeant, en répétant indéfiniment le même groupe de signes ou en les mêlant à d'autres? Il semble bien qu'on n'ait pas là un nom propre, mais une sorte de motif ou de décoration semi-graphique, employée partout à cause de la simplicité des signes, ou encore, peut-être, une formule empruntée de l'égyptien et plus ou moins comprise; mais cette dernière explication ne pourrait être envisagée qu'avec beaucoup de réserve.
Il ressort de tout ce qui précède, cependant, que la période dite a" Anra, qui commence en Egypte au temps des Sebekhotep, s'étire, en Palestine, jusqu'au milieu de la XVIIIe dynastie, c'est-à-dire longtemps après la disparition du type en Egypte même. Après les Thoutmès, il semble que les survivances palestiniennes du type s'éteignent à leur tour, car ni d'Amenothès III ni de l'époque ramesside on ne rencontre un seul scarabée qui ne soit des modèles égyptiens les plus purs, les plus dégagés de toute influence exotique ancienne ou actuelle.
Parmi les scarabées palestiniens du type d Anra, il en est un assez grand nombre qui portent un nom pharaonique, souvent dans le cartouche, tout à fait comme ceux de la même famille que nous avons précédemment étudiés. Rappelons d'abord l'existence du scarabée Khian trouvé à Gezer, Hik khasitou Khian encadré de pseudo-hiéroglyphes, de l'un des types
connus bu même nom royale Voici ensuite(n° 9 ci-dessous) (2) le Nematre «hyksôs» que nous connaissons bien, avec un cartouche complètement formé comme sur le scarabée Nematre du même groupe qu'on connaît à Ashmolean Muséum (3), et sur
deux autres (n0' 10 et 11 ci-dessus) que possède le British Muséum ll), et dont on remarquera la grande analogie avec celui d'Ashm. Mus. Quant au nouveau scarabée de notre n° ;j . on y remarque, en tête, les deux oiseaux encadrant le J comme sur un autre reproduit par nous antérieurement (5); pour les deux oiseaux symétriques, d'un dessin si spécial, se reporter a un autre de nos scarabées encore (0), et voir surtout nos deux scarabées Nesebekre^\ si semblables à celui qui nous occupe par la reproduction du décor symétrique formé par l'oiseau surmontant ^ et J et encadrant le cartouche. Notons, à ce propos, un Nesebekre supplémentaire au Br. Muséum (n" 1 .') ci-contre) (s); il est presque identique aux deux autres, dont il possède le [j bouclé en tète, au-dessus du cartouche, et le
1 M \r.\i .ivi'ur., Hiiil. , |i|. CA'.W li, Hi, et O.S.. igo6,pl. VI, i6;déj;'i cité par ikiii-. m. ii Hyktét, sectioD II, chap. 11, SSoutirenre Khian. M Collection Clark à Jérusalem; émail blanc.
(') Newbbrbt, Scarabt, IX , a6, el chez nous, précédemment, Hykeâe, Eludai et note» complémentaire*, f m, C.
Hall, Catalogue etc., I, ri" i'n, 1&9.
Hyktât, Etude* et note* complémentaire*, S 111, A, n° 7. '•) Luc. cil., n" 10.
C) hic. cit., B, n0' il, 19.
Il m., [oc, cit. . n" aoo.
même décor vertical formé par ^ et J encadrant le cartouche, avec ^ en haut en place de l'oiseau. Notons aussi, avant de quitter Nemalre, un dernier scarabée à ce nom au Br. Muséum (n° 1 2 ci-dessus) (1), le nom dans l'ovale simple sans embase, encadré des deux ^ contrariés que nous avons déjà rencontrés sur un objet similaire^, et un grand sceau scaraboïde (3) dont le dos est décoré de figures d'animaux réels et fantastiques, tandis que sur le plat on voit un grand cartouche royal encadré de quatre figures aux ailes éployées et à longues pattes, fort semblables à celle rencontrée, ci-dessus, au n° -7, et que
nous reverrons mieux au n° ào; le nom dans le cartouche est
o écrit, grossièrement et irrégulièrement, *♦«♦.
Une parenté très remarquable avec les scarabées de Nesebekre nous engage à donner place ici, d'autre part, à deux
scarabées portant un cartouche à nom solaire que nous n'avons pas rencontré encore; nous les reproduisons ci-dessus (nos i/j et i5)(4). Le plus semblable à ceux de Nesebekre est celui de
(1) Hall, loc. cit., n° i43.
& Hyksôs, Etudes et notes complémentaires , S m, A, n° a; cf. les deux yeux contrariés à droite et à gauche du nom solaire dans ie cadre oxale, sur le scarabée reproduit un peu plus haut au présent chapitre . n° i, et les deux tût contrariés qu'on retrouvera au n° 63 ci-après.
(3> Newberry, Scarabs, p. 88, fig. 93.
(4> Au British Muséum; Hall, loc. cit., n0> a558, 3 55g.
__**.( 7ftfi >«— [74]
notre n° 1 /i , avec -^ et | superposés pour former le décor latéral symétrique, et en haut le [j à extrémités bouclées, curieusement orné, dans le cas présent, de deux tiges latérales terminées par les boutons de la plante du Nord. Quant au nouveau nom qui nous est apporté ainsi, il est difficile à lire et peut-être vraiment point lisible; mais n'en est-il pas de même du nom de Nesebekre ou Nesenbre lui-même? Il se pourrait que certains groupes de ce genre, dans un cartouche royal irréprochable, mais de constitution graphique obscure et mal définie, ne fussent point à proprement parler des noms, mais de simples compositions de remplissage. Le groupe du cartouche de nos nos îk et i5 se retrouve presque semblable, mais dans le simple cadre ovale, sur un autre scarabée que voici (n° 16), provenant de Gezer(1), et dont on remarquera la grande analogie avec un scarabée de Londres que nous reproduisons également (n° 1 7)(2). Leur ressemblance est inté- ,5 17 ressante parce qu'elle suggère que le scarabée
de Londres pourrait bien provenir de Palestine où a été trouvé l'autre; mais de même, le Nesebekre de Londres et nos deux Nesebekre donnés antérieurement, ne sontils pas les frères jumeaux du Nematre de Jérusalem reproduit ci-dessus? On sent nettement qu'un nombre important des scarabées «hyksôsw de nos collections, supposés égyptiens, sont en réalité de provenance palestinienne.
Voici maintenant, provenant de Gezer, un «Hyksôs» que nous n'avons pas rencontré encore, un Khopirkare dans l'ovale simple et l'encadrement spiraloïde à trait interrompu (n" 18 ci-dessous) (3;, très différent, comme on voit, de son homonyme précédemment noté dans la collection (ilark et qui doit être
O Collection Clark ù Jérusalem.
w Au Br. Muséum; Hall, l<>r. cit., n" '>[>Go.
M BfiCALisTBs, ibid., |)1. GGIX, 7.'!.
Senousrit Ier de la XIIe dynastie. Comme Pharaon de la série Aura, Khopirkare n'était pas inconnu; Newberry a publié (1) un spécimen extrêmement analogue à notre n° 18 et au n° 2 t dont on va parler, et le British Muséum possède plusieurs sca-
rabées du même personnage, dont les deux remarquables spécimens (2) que nous reproduisons (nos iq, et 20) à côté du précédent; l'un d'eux a été trouvé à Tell El-Yahoudiyeh, en Egypte, ce qu'il est intéressant de savoir en raison de la présence de scarabées au même nom en Palestine. C'est le même nom encore, à ce qu'il semble, qui apparaît sur un autre scarabée de Gezer, sous la forme Kakhopirre dans l'ovale simple (n° 21 ci-dessus) (3); et ce sont des formes défectives qu'on trouve sur plusieurs scarabées de Gezer qui portent Ktikhopir dans le cartouche (4), et sur d'autres où Khopirre figure dans le cartouche ou dans le simple ovale sans base(5). Remarquons
(1) Newberry, Scarabs, p. 80, fig. 8a.
W Hall, ibid., nos 7a, 73-, l'un d'eux connu anciennement par Pétrir, Hist. Scarabs, 1 85. D'autres scarabées Khopirkare, sans le cartouche, clans Hall, ibid., n05 70, 71.
(3> Chez les Bénédictins allemands de Jérusalem; émail blanc. Parait être le même que celui publié par Macalistbr, ibid:, pi. CCIII b, 1, et Q. S. , igo3, p. 3 10 et pi. IV, 1.
W Notren" aa ci-dessous : Macalister, ibid., pi. CCV a, 9, et Q, S., 1905, pi. I, 9. Un autre dans Macalister, ibid., pi. CCVII, h.
W Avec le cartouche : Macalister, ibid., pi. CGIX, 33 (reproduit ci-dessous, n° a3), et un autre à Londres, Hall, ibid., n° 93 (ci-dessous, n° a5); dans
en passanl que les formes Khopirre etKhopirkare sont ensemble dans [a même relation que les forme > Sofrre el Sofrkare ren-
contrées, en Egypte, sur de petits monuments de l'époque <le khanofirre Sebckhotep : on se rappelle que sur ces objets, Nofirre paraît dans le cartouche, soit seul, soit en compagnie de Nemntre, et dans de telles conditions qu'on voit que ce Vofirre est une forme incomplète de Nofirkare^, En Palestine, le type des scarabées Nofirre est un peu différent: le nom se présente — le signe du soleil au-dessus du nofir — sans cartouche, quelquefois dans l'ovale, et toujours dans l'encadrement spiraloïde(2).
Ces divers cas de forme incomplète, — Kakhopir et Kho-
Tovale simple : un spécimen de la collection Clark à Jérusalem (reproduit cidessns, ii ■■ fi i i I plusieurs autres à Londres. Hau., iota*., nwggg, i3ofi. En voir quelques autres encore collationués par \\ ibdkhahh , Kleinere âg. InethrUUn, u" 3a-34, el Gauthibb, Hais, II, p. 100.
W Voir chez non-, précédemment, Monument» ci histoire etc., chap. mu, S i. el noter on Bcarabée de plus a\<'c Nofirre dans le cartouche, entoure d'un décoi pseudo -biéroglvpbique : on le trouve dans Niwbbbbt, Seoroes, p, 63, ti(<;. 53. Cf. encore celui de la collection Pétrie (Hiet. Soarab», D°ag6v)tvec tfqfim -ans rarliiurlir, encadre symétriquement des deux yeux surmontant
deux -i;;nes neli.
MioAusm, ibid., pi. \\\Y, ig, et pi. CCVI, 18, tous deux au Musée do Gouvernement & Jérusalem; email blanc el calcaire jaunâtre. — Un entre, en émail blanc, également de Gezer, dans la collection Qark a Jérusalem. — Un autre spécimen, extrêmement analogue aui précédents, S été trouvé en Egypte, a Aboutir el Meleq, dans nne tombe qui fournil -h scarabées en tout . >hyksosa des plus caractérisés . donl nn au nom <le Sousirenre (Khian) : Molles, Autgrabungen etc. (Mitt.d. deutechen Or. GeeelUchaJi, n" 3o, 1906 |, p. j't.
pirre à côté de Khoptrkare ou Kakhopirre , Nofirre pour JSoJirkare — sont à rapprocher de plusieurs exemples de constructions analogues que nous rencontrerons plus loin, notamment Kakha ou Khaka pour Khakare; mais le phénomène de cette abréviation irrégulière s'est déjà présenté à nous, de manière beaucoup plus remarquable, chez Khanofirre Sebekhotep luimême, dont nombre de scarabées, qui portent les deux noms de cartouches, écrivent le nom solaire © ^ ou *|(1) : curieuse similitude qui serait un indice de plus, s'il était nécessaire, de la contemporanéité de Khanofirre Sebekhotep avec les « Hyksôs » de la période tf Aura. Différemment encore, sur certains de ces scarabées irréguliers de Khanofirre, le nom est écrit ** $ J (une fois aussi ®||)» — aux exemples antérieurement cités de l'écriture Kha-nofiroui , joignons encore celui de l'inscription ^ %> qu'on trouve sur deux scarabées (peut-être un seul?) du musée du Caire (2), — et remarquons que le même nom exactement se retrouve, sur un palestinien du type cl Aura, -. . dans la combinaison ^ •£** ^ , disposée dans le champ de cette manière (3).
Pendant que nous sommes aux scarabées à noms royaux proprement dits, sortons, pour un instant, des limites de la Palestine, afin de noter un certain nombre de monuments de Y époque d'Anra dont la provenance est moins certaine. Commençons parles noms royaux déjà connus. Voici, à Londres, deux beaux scarabées «hyksôs» (nos 26 et 27 ci-dessous) (4)
(1> Voir chez nous, Monuments et histoire etc., chap. vu, S m.
(a> Un scarabée, donné comme de Gournah, Journal d'entrée du Caire, n° 9527, et un scarabée d'Ab.ydas, Mariette, Cat. gén. Abydos, n° 1891, p. 538, et Monuments divers, pi. 52 e et p. 17 (cf. Gauthier, Rois, II, p. 97 et 98). On se demande si les deux scarabées ainsi mentionnés ne sont pas eu réalité un objet unique.
(3> Chez les Pères blancs de Sainte-Anne à Jérusalem ; émail blanc.
(*' Au Br. Muséum; Hall, loc. cit.,n0' 123 (n° 27 de notre reproduction ci-dessous), 2820 (n° art ci-dessous).
portant, dans le cartouche régulier, lf nom <lu Kkakareèèjk
connu par plusieurs objets similaires'1'. Une particularité inté ressante est à remarquer dans le décor des trois scarabées 29, aa et 37, où figure, en combinaison avec les autres signes de l'encadrement latéral , un signe spécial, plus ou moins fantaisiste, et qui paraît inspiré de l'hiéroglyphe ][. Il faudrait mentionner ensuite, toujours à Londres, plusieurs scarabées remarquables au cartouche de Iapek-her, ou portant le nom solaire Merousirre, ou le nom simple Iaheb, et qui tous sont à joindre aux monuments lahcb et laheb-hev notés par nous antérieurement -'; mais nous leur donnerons place au chapitre suivant, parmi d'autres addenda documentaires. Maintenant, nous allons voir quelques rois nouveaux. Tout à l'heure, déjà,
nous avons pris en note le ( : ^ très problématique de deux scarabées du British Muséum. Voici un autre scarabée de Londres (nn 28 ci-contre) (3) où l'on voit, dans le cartouche, le nom d'un certain Nib-iio/irom , encadré des éléments les plus habituels du décor ccÂnra». Son nom est de forme remarquablement analogue à la forme *$$ qne prend quelquefois,
M Voir chez nous, précédemment, Hyk$ô$, Btude$ ei notai comélémtnteirtt, S m, E, <-i Monument» et hùtoirê etc., chap. vu, S v. — Prenons en note ici, sans j attacher une importance excessive, lu très singulière indication d'après laquelle ce Khakare aurait eu Nofirhottp comme nom de deuxième cartouche. Gauthier, nyvi^ avoir expliqué [Roi$, II. p. 39, n. i)que si le nom solaire es! le même que celui de Senousril III, le style des scarabeec empêche, cependant, de les attribuer à La \ll dynastie, ajoute : «D'après une cote manuscrite «le Devéria sur an «les cari Ik's de l'armoire royale du Louvre, ce roi
Khdkart II était un Noufirhotep, par suite le second du nom.- Il renvo ee
lement, à ce ^uyi. aux Bistoires et aux Livret de* 1\<<ix divers de Wiedemann, Maspero, Budge et Piepei .
w Byh$A»f section II, chap. u, ilak$b-htr.
M Au lîi. Muséum: liai . , foc. cit., n° 11 3.
on le rappelait un peu plus haut, le nom de Khanofîrre Sebekhotep. Disons tout de suite que, de même qu'à côté de Khanofiroui, on connaît la forme © * J J, qui permet de remonter à la forme originale et régulière Khanofirrc, de même, à côté de la forme Nib-nofirom que nous avons sous les yeux , est connue la forme © ^* ||, et même la forme © •*** J, primitive et véritable. Nous envisagerons complètement, aux addenda documentaires qui suivent, ce qui concerne ce Pharaon Nibnofrre dont on n'a pas parlé encore (1).
Voici ensuite un nouveau nom solaire, celui de Noubousirrc , qui paraît sur les deux scarabées reproduits ci-contre (nos a o, et 3o)(2), sans le cartouche, mais inséré dans une petite titulature pharaonique : «Le Dieu bon Noubousirre, qui donne la vie», par où l'on voit certainement que le propriétaire de ces objets prétendait à la qualité royale. Le nom de Noubousirre est à rapprocher de celui de son contemporain Khaousirre^, de celui de Merousirre Iakebher(4', et de celui d'Aousirre Apopi luimême. Le nouveau roi Noubousirre se montre particulièrement voisin de Khaousirre par ce caractère commun à leurs scarabées , que chez eux le signe ousir n'est pas bipède.
Nous n'allons plus enregistrer maintenant que des scarabées palestiniens. Donnons place, d'abord, à un certain nombre d'inscriptions portant des noms qu'on pourrait appeler royaux incomplets, et qui sont des noms solaires défectifs, privés le
O Voir ci-après, chap. ni, H, § a.
W Tous deux notés au Caire, en la possession de M. R. Blanchard. Le deuxième (noire nQ 3o) a déjà été publié par Newbeiiry, Egyptian Histovical Notes (),,/, dans P. S. B. A., 36 (191Û), p. 38 et pi. IV, 7.
W Pour Khaousirre, yoir chez nous, précédemment, Monuments et histoire etc., chap. vu, S v.
(4> Voir chez nous, précédemment, Hyksôs, section II, chap. 11, S lakeb-her.
plus souvent du © initial, et quelquefois d'un autre signe dont la présence restituerait un nom solaire bien connu. Les noms de cette espèce, très évidemment, ont toutes chances de n'être point des noms de rois, même lorsqu'ils se présentent à nous dans le cartouche régulier, comme c'est le cas pour le Kakhopir de notre n° 22 ci-avant; le cartouche est simplement l'indice d'une sorte de vulgarisation , de banalisation inintelligente des emblèmes royaux parmi les gens dont la position ou les fonctions étaient telles qu'ils possédaient un sceau personnellement et en propre. Ne venons-nous pas de voir, dans le cartouche, un nom Nib-nofrom qui n'est peut-être pas pharaonique, et n'avons-nous pas conçu des doutes sérieux, non seulement sur la qualité pharaonique, mais aussi sur la qualité proprement nominale de certains groupes comme Nesebekre ou Nesenbrc (ci-avant, à propos du n° i3) et Nanebre (?) (ci-avant, 11°" ihi5) qui paraissent dans un cartouche? Le simple particulier qui choisit, pour son scarabée, une sorte de devise prise dans un nom solaire, est plus honnête lorsqu'il ôtc de ce nom le 0 initial qui en fait une appellation pharaonique; mais la précaution n'est pas toujours prise, et de ces noms royaux incomplets on rencontre des spécimens de toutes les formes.
La combinaison Khaka paraît assez souvent. On la voit sur
notre n" 3i ci-dessus (1), suivie d'autres signes dont l'ensemble est tout à fait du type «Anra»; elle ligure, mieux isolée, sur
1 Chez les Bénédictins allemands <!<• Jérusalem; émail Manc.
deux scarabées de Gezer, une fois encadrée de deux signes ^(1), une autre fois de deux signes J (n° 32 ci-dessus) (2); elle se présente deux fois précédée de ~f~~,, dans un large en- ^=%^ cadrement spiraloïde (3j. Tout à fait du même type est ||fjaM le scarabée du n° 34 ci-contre (,i, où, dans l'encadre- IpiiMl ment spiraloïde, les signes ka et kha sont séparés par ^7 l'abeille et les deux nofir. Notons en passant, comme très analogues à ce dernier, un scarabée de la collection Grant
(Wiedemann, Kleinere aeg. Inschriflen, n° -j/i)-, portant : J*L
et un autre scarabée, noté par Lepsius (Kônigsbuch , n° 8 3 G),
Lî sur lequel on trouve : ± ±. Plus rare est la combinaison Kanofir,
dont nous connaissons un seul exemple ( n° 35 ci-contre) (5^. On a trois spécimens, par contre, de la combinaison Khanofîr, réalisée par le signe kha entre deux no/ir au-dessus et au-dessous, le tout dans l'encadrement spiraloïde (6); et l'on peut noter en même temps une combi-
M Macauster, Gezer, III, pi. GGV1, 10.
(-> Macalister , ibid., pi. CCVII, 9; Pobjel est au Musée du Gouvernement à Jérusalem, émail blanc bleuâtre. La formule, on le remarque, est écrite Kakha et non Khaka; le scarabée n'en présente pas moins une grande analogie avec un Khakare de la collection Amherst que nous avons reproduit précédemment, Hyksôs, Etudes et miles complémentaires, S m, E, d'après Newberrv, Scarabs, X, i5.
'3> Notre n° 33 reproduit ci-dessus; dans la collection Glark à Jérusalem, émail gris noirâtre. Le deuxième, extrêmement semblable, dans Macalister, foc. cit., pi. CCVI, a*.
(4) Scarabée en belle pâte blanche, serti d'or; recueilli à Jérusalem en 1916; provient de Gezer.
W Macalister, ibid. , pi. GCIIIa, 1, et Q. S., igo3, p. 2i3, pi. II, 1; l'objet est au Musée du Gouvernement à Jérusalem , émail blanc.
<«) Macalister, ibid., pi. GCIV/>. 3, et Q. S.. too4, pi. VI, 3; l'objet à
naison Khaoui-nojir dans l'ovale simple et l'encadrement spiraloïde, sur le scarabée reproduit ci-dessus (n° 36)(1).
De ces scarabées pseudo-royaux, rapprochons une demidouzaine d'objets similaires sur lesquels on trouve la titulature i^> toute seule, sans rien qui ressemble à un nom propre : soit entre deux -i-, soit entre deux -r^, ou bien reposant sur le signe ram, avec ou sans intervention d'autres signes de remplissage(3). Sur un scarabée de cette dernière variété, on voit •^ à gauche du noub, et à droite, le signe | isolé dans un petit ovale''4'. De ce nofir spécialement encadré on connaît d'assez nombreux exemples par ailleurs, sur le côté du champ, flanqué de l'uraeus, avec remplissages variables en haut et en bas(5), sur le côté du champ, flanqué de l'oiseau (6), dans une combinaison complexe où deux J, chacun dans un petit ovale, sont disposés symétriquement avec des signes d'oiseaux, des signes »aj, kheper, kha et d'autres signes dans l'axe (7), ou bien deux |, chacun dans l'ovale, avec un simple petit décor médian (8), ou bien encore un seul nojir, plus important, placé au centre du champ et entouré d'un cadre plus ou moins enrichi de
Jérusalem, chez les Bénédictins allemands. — Macalisteh, Und., pi. CGVI, 19; Schumachkh, Tell El-Mutesellim , I, pi. XXVIII, h.
(') Chez les Bénédictins allemands de Jérusalem; petit scarabée très fin en émail blanc, serti d'or.
(*) Deux scarabées recueillis par nous à Jérusalem en i<)i4.
M Trois spécimens, de Gezer, dans Macai.ister, Inc. cil., pi. CCVI, 0*7, 89, CC VU, lit. Le premier des trois est au Musée du Gouvernement à Jérusalem; émail blanc bleuâtre.
(4) Buss et Macalister, Excavation» in Palestine, pi. 83, n° 38; au Musée du Gouvernement à Jérusalem , émail blanc.
(5> Deux spécimens différents , de Gezer, dans Macalister , loc. cit. , pi. CCH l> , io, a3, et Q. S., 1906, pi. \l, 10, a3; tous deux au Musée du Gouvernement à Jérusalem, émail blanc.
' bei I'-- Bénédictins allemands de Jérusalem (inédit); calcaire blanc émaillé.
W Recueilli par nous à Jérusalem en 191*4; inédit.
(*) Collection de Notre-Dame-de-France à Jérusalem : inédit.
motifs ornementaux (1). Pendant que nous sommes à ces inscriptions dont le signe nojir est l'élément principal, notons le double | combiné avec de grands S faisant remplissage (2), ou avec quelques signes simples et le cadre spiraloïde (3), comme sur quelques-uns des spécimens vus plus haut (notre n° 36 et ses analogues)., ou figurant, parfois, dans un pseudo-nom
solaire, comme ± + cité tout à l'heure, ou T~2 sans encadrement ni ornements dans le champ du scarabée (4) : ce dernier nom arrive, comme on voit, à être très analogue à ces formes singulières Kha-nofiroui-re , Nib-nojirom-re , variantes fantaisistes de Khanofirre et de Nibnofirre, qu'un peu plus haut nous avons signalées ou dont nous avons (pour Nibnofirre) simplement annoncé l'existence.
Quant au nojir simple, il paraît encore comme élément central de diverses combinaisons, entre deux -f-, surmontés du -*- et reposant sur le •*—> (n° 37 cicontre)'5', ou entre deux ^ symétriques eux-mêmes encadrés de deux ■^, le groupe central reposant
sur "•w ou sur rmr\
Après toutes les formes simples qu'on vient de voir, nous pouvons arriver à des scarabées de composition un peu différente, d'un type qu'on pourrait appeler le type à inscription complexe; ses caractères généraux sont de
O Deux spécimens différents, l'un dans Macalister, foc. cit., pi. CCVI, ^7, l'autre recueilli par nous à Jérusalem en 191 4 et inédit.
(s> Deux spécimens identiques à Gezer : Macalister, hc. cil., pi. \\W, 99, CCVI, ko.
W Macalister, ibid., pi. CCVI, 5i; l'objet au Musée du Gouvernement à Jérusalem. Un autre chez les Bénédictins allemands de Jérusalem; inédit.
'*) Chez les Bénédictins allemands de Jérusalem; inédit.
W Becueilli par nous à Jérusalem en 1916; émail noirâtre.
W Deux spécimens de Gezer, Macalister, foc. cit., pi. CCVI, 38, CC1X, 98.
M. R. WE1LL. 5a
—♦*.( T.Vi
Wl
ne présenter ni nom royal, ni rien qui ressemble à un nom royal ou même à un nom personnel, de comprendre un grand nombre des signes hiéroglyphiques dont l'emploi est habituel sur les petits monuments de la catégorie « Anra » , et de les assembler, de les combiner de manière à produire une sorte de tableau d'un effet très décoratif, rigoureusement symétrique dans presque tous les cas. A cette famille particulièrement intéressante appartiennent quelques scarabées publiés par nous antérieurement (1', et un petit nombre de ceux reproduits cidessus, au présent chapitre, notamment celui du n" 3 7 qu'on vient de voir.
Assez souvent, les deux yeux sont un élément important du décor : les yeux, unis en un motif central auquel est suspendu le noflr, lui-même reposant sur le nouh, avec deux ^ de part et d'autre (n° 38 ci-dessous) (2>, — les yeux assemblés en un motif unique, de même, dominant le couple des uraeus et un •W inférieur, avec divers remplissages simples (n° 3o, ci-des-
sous)^, — les yeux sur une combinaison symétrique de | et •^■, le Houb tout en bas et, dominant !«■ tableau, une sorte
"' Hyksât, Etudeê et note» complémentaire», S m, A, u°' 7, 8, g, 10.
Chez les Bénédictins allemands de Ionisaient; émail blanc. L'assemblage des ilcu\ M'u\ en un motif décoratif unique, qu'on observe ici H au scarabée suivanl (n" .'<<) reproduit ci-dessus), se rencontre également but un scarabée précédemment étudié : renvoi delà ih>i<- précédente, nQ 7. ' w Chez les bénédictins allemands de Jérusalem : émail blanc.
d'animal inspiré du disque aux ailes éployées (n° ko ci-dessus)(1), — un tableau très analogue, seulement différent du précédent par la substitution, au groupe des | ot des ^, d'une combinaison faite de dad central entre deux nit symétriques (n° h 1 ci- dessus)^. Tou- ^^^D jours avec les deux yeux et le noub à la par» WfôtW tie inférieure, voici (n°/i2 ci-contre ) 3) une combinaison pittoresque complétée avec des ankh, dad , nofir. kha et une abeille centrale. Très analogue, la combinaison de notre n° 43 , dont un grand noub est l'élément central ^K Voici maintenant un grand scarabée (n° kh ci-contrc)(5) où l'on voit le ouaz entre les deux yeux et les deux nil couchés, puis le ka entre les plantes du Nord couchées, puis le kha entre les abeilles, et en bas le double nofir encadré de signes indistincts. Voici une combinaison de même richesse (n° «45 cicontre) (6), où l'on a peut-être voulu inscrire, en haut, le nom de Piah; l'abeille centrale, les deux yeux et le noub inférieur rappellent le n° £2, les signes simples du remplissage sont les mêmes que d'habitude. L'inscription reproduite à côté(n" 46)'7) est également un peu dis-
O Dans ia collection Clark à Jérusalem: beau scarabée en email blanc dans sa monture de bronze intacte avec l'anneau; acheté dans le Hauran. — La même figure inspirée du disque ailé sur le scarabée reproduit ci-avant, n° 7.
(2) Macalister, toc. cit., pi. CCVIII, 26.
(3) Recueilli par nous à Jérusalem en 19 i4; émail blanc.
(4> Dans la collection Clark à Jérusalem; émail l>lanc grisâtre. (5) Macalister, toc. cit. , pi. XXXV, a3.
W Macalister, ibid., pi. CCIV6, 8, et Q. S., 190A, pi. VI, 8. (7) Macalister, ibid., pi. XXXI, 18; l'objet est au Musée du Gouvernement à Jérusalem; beau scarabée en émail blanc.
symétrique en haut; ses éléments caractéristiques, outrr te noub Inférieur surmonte du khopir comme sur 65, sont constitués par le groupe aoulen baiti . présenté sans nom propre comme sur les scarabées d'une série décrite un peu plus haut, et l'on remarquera la disposition spéciale de l'encadrement spiraloïde , interrompu vers le haut et terminé, à droite et à gauche, en motifs végétaux. D'un caractère un peu différent est un complexe avec des khopir, mêlés d'autres signes, en une colonne centrale encadrée de deux colonnes latérales de signes ornementaux ou très vaguement hiéroglyphiques (1); et un autre caractérisé par une rangée de signes nojir, surmontant le groupe Jjj^ encadré par les deux plumes (n° 67 ci-contre) (2). Toujours avec le même groupe hiéroglyphique /JqTç$\ au centre, à la partie inférieure, encadré de f(fXf deux nojir et surmonté d'un autre nojir, voici x^gpgr une composition que domine la touffe de la /,g plante du Nord, extrêmement mal dessinée (n° 68 ci-contre)(3). Une autre assez analogue est constituée par le motif de la plante du Nord en haut, le nojir central entre deux ankh et un grand noub inférieur (l). Assez analogue encore est la composition du scarabée cicontre (n° 69)^, où l'on voit khopir, tel et kha en une colonne centrale avec des ankh faisant remplissages latéraux. Voici enlin quatre spécimens, point tout à fait identiques entre eux, d'un type caractérisé par un registre inférieur que remplit le tel entre deux ankh, et un registre supérieur flanqué par deux ^ symé-
W Macauster, ilnil. . pi. <^l\, 8fi.
W Au Miiscf du Gouvernement à Jérusalem ; schiste noirâtre.
<V Macauster, »/'!(/., pi. XXXV, 3.r>; l'objet nu Musée du Gouvernement à Jérusalem; émail blanc bleuâtre.
<*) Macauster, ihid., pi. GGVII, i3.
M Macauster, ifnd., pi. (ICVa, 6, et Q. S.,\ç)OÎ), \>\. 1, ('»; l'objet au Musée du Gouvernement à Jérusalem; émail blanc.
triques, le reste du remplissage étant variable (nos 5o à 53 cidessous) (1).
Un complexe symétrique de composition assez différente des précédents est celui que l'on voit ci-contre (n° 54)(2), disposé en largeur dans le champ, l'abeille encadrée de deux signes — », au-dessus du noub entre deux (fér^j&t^ti nit; les deux —» symétriques se sont déjà présentés sur le scarabée du n° 1 o reproduit au présent chapitre, et antérieurement plusieurs fois(3). Deux autres spécimens de Gezer sont très analogues à celui-là, mais un peu plus simples; on y voit l'abeille centrale, face à droite, entre les deux nit, reposant sur un signe horizontal de dessin mal déterminé (/,).
Ces trois derniers scarabées nous introduisent dans une nouvelle catégorie de compositions, celles dont les éléments principaux sont fournis par le signe ^. Les objets de cette famille sont extrêmement nombreux, et précédemment déjà nous en avons vu quelques spécimens (5). En voici d'autres :
'■' N° 5o : Macalister, loc. cit., pi. GCIX, 3a. — N° 5i : Macalister, ibid., pi. CCVIII, 3i. — N° 5a : Ibid., pi. CGV1II, a5. — N° 53 : Ibul., pt. CCVI, 17.
(*> Chez les Bénédictins allemands de Jérusalem ; émail blanc.
(3) Hyksôs, Etudes et notes complémentaires, S 111, C, n° i3 et plusieurs autres spécimens d'Ahsm. Muséum et du Caire reproduits au même paragraphe.
'*> Macalister, loc. cit., pi. CC1V b, 96, 37, et Q. S., iqo4, pi. VI, 26, 27; le premier est au Musée du Gouvernement à Jérusalem.
li> Hyksùs , Etudes et notes complémentaires, S m, A, n°' 2 , 5,6.
deux nit affrontés reposant sur le noub, le tout encadré par deux no/ir^; l'espèce de disque ailé du n" Ao ci-dessus surmontant un nom Aura très indistinct, dans un ovale couché, et au-dessous, deux nit adossés symétriquement à un signe central ('2); une composition assez complexe dont le khopir occupe le centre, avec de nombreux mi symétriquement disposés (3); deux nit adossés symétriquement à un nofir central, d'autres signes remplissant la moitié inférieure du champ (4). Dans une variété différente, la composition est dissymétrique: le nit est repoussé sur le côté du champ, avec d'autres signes de remplissage à côté de lui, et très fréquemment deux ou plusieurs nit se montrent, non plus affrontés ou adossés, mais orientés à angle droit les uns sur les autres. Dans le type de 53 56 55 et 56 ci-contre (5^, le
nit repose sur -^ , flanqué de l'œil dans le premier cas, de J et de nofir dans le deuxième, avec un autre nit couché à la partie supérieure. Le J formant remplissage se retrouve en rangée au n° 57 ci-contre (6), avec le "^, pour garnir le champ déjà orné de deux nit à angle droit, et au n° 58 ci-contre (7), où deux J encadrent un nit central compris
(1> MaCAMSTEII, Inc. cil.. jil. CCVI, l5.
,s> Bliss cl Magàlisteb, Excavation» in Palestine, pL 8H, n° iq.
W Macalisteh, toc. cit., pi. <i<;i\ //. -, et Q. S., \[)ok, pi. VI, 9; la moitié inférieure de ce scarabée, brisé ultérieurement, paraît bc trouver an Musée du Gouvernemenl ;'i Jérusalem (émail blanc).
1 Recueilli ji.ir iionv. i'i Jérusalem en 191a; inédit.
<6> Le n" r>.r) est de Tell El-Hesi 1 Itt.iss, A Mount of many ciiiox, p. -y. n° 123. — \jO n" 56 est au Musée «lu Gouvernement à Jérusalem 1 émoi] blanc.
(6' Au Musée du Gouvernement à Jérusalem) émail blanc.
De Gezer : Q.S., 190^1. p. 3o8, u" S; au Mua lu Gouverne ut ;'i
Jérusalem ; émail blanc.
entre un nit inférieur et un mi supérieur couchés. De ce dispositif avec deux mt à angle droit voici un dernier spécimen (n° 5cj ci-contre )(lj, avec ^» à la base comme sur 55, 56 et 5y, et nojir latéral faisant remplissage. Une autre variété dissymétrique comprend un seul nit, encadré de remplissages divers, toujours très simples et dans lesquels le '•- tient une grande place; nous en possédons quatre spécimens, dont ceux des n0b 6o, l> i et 69 reproduits ci-dessous (2).
Toujours avec le nit, notons un 1res intéressant scarabée d'un type tout autre, avec les deux y disposés en sens contraires, aux deux bouts «lu champ, séparés par le dessin d'un oiseau qu'accompagnent quelques signes hiéroglyphiques sans précision (n" G 3 ci-contre) (3). Rappelons que les nit contrariés, aux extrémités du champ, ont été rencontrés sur plusieurs objets similaires (l). A côté de ce scarabée, nous
'•' Dans la collection Clark à Jérusalem; <;m;iil blanc.
(î' N° 60 : chez les Bénédictins allemands île Jérusalem; émail gris verdàtre. — Autre spécimen très analogue dans Macalistbb, /«<•. cit., pi. CGVIII, 17. — N° 61 : chez les Bénédictins allemands de Jérusalem: émail hlanc. — N" 6a : Macalister, foc. cit., pi. CCVI, 33; l'objet au Musée du Gouvernement à Jérusalem ; émail blanc.
<3> Ce n'est point un scarabée à proprement parler, mais l'empreinte d'un scarabée, sur une anse d'amphore trouvée à Jéricho : Sellin et Watzisger, Jéricho, p. i56 et pi. 4:>, h.
W Ci-avant, au même chapitre, le scarabée de notre reproduction n° 12, et précédemment, chez nous, celui de H;/ksàs, Etude* et notes complémentaire», S m, A, n° a. Cf. aussi les deux yeux contrariés sur le scarabée de notre reproduction n° 'i , au présent chapitré.
(Mi reproduisons un autre (n° 66)(l), assez analogue par le rôle décoratif attribut» au grand oiseau flanqué de remplissages quelconques. Voici enfin paraître l'oiseau une troisième fois, au-dessus d'une combinaison pseudo-hiéroglyphique de la catégorie [tara, le tout enfermé dans le cadre spiraloïde dessiné comme d'habitude (n° 65)(2).
Le nit intervient encore dans la composition de plusieurs scarabées pseudo-royaux, fort curieux par l'incompréhension complète des hiéroglyphes que les graveurs se sont efforcés d'y reproduire. Les deux spécimens que nous reproduisons ci-contre (n°' 66 etô^)*3' sont très semblables; au registre supérieur, un premier groupe s'inspire, plus ou moins heureusement, de ]J, tandis qu'en bas, on retrouve assez nettement «,£—5? défigure par la substitution du y au correct hiéroglyphe initial. La même substitution absurde s'observe sur un troisième scarabée qui porte seulement la combinaison ^™|, grossièrement gravée (face à droite)1").
Nous avons fini avec les plus importants des objets dont nous avions entrepris l'examen. Il resterait à voir des scarabées très nombreux, mais toujours composés avec les mêmes éléments, et tendant, le plus souvent, vers des Formules presque simplement décoratives. Notons seulement quelques types remarquables, tels que celui du nojar central, entouré de quatre nouh adossés au centre^, du noub central
1 Recueilli par nous à Jérusalem <mi iqi&.
M M U.ISTKII . /"''• '''• . |'l- OiVI , •>••.
Ton deui » Jérusalem, le u <>(• au Musée «lu Gouvernement (émail Uane), le m" '(7 dam la collection Clark (émail blanc). ■ Seei Rioun, '/'<■// BLM*ei$Um, I. pi \ V 1 1 1 . i. Deui ipéci tu de composition identique; l'un dans M ajuster, lue.
isolé dans le cadre spiraloïde (1), du noub entre les deux uraeus, avec un kheper supérieur faisant remplissage'2', de l'uraeus latéral affronté avec le nofir et reposant sur l'œil (3), de l'uraeus combiné avec des figures de fleurs'4'. Voici deux spécimens d'une composition en largeur dont un noub est la base centrale, deux nofir encadrant à droite et à gauche, et le noub surmonté d'une petite formule Anra écrite dans le sens perpendiculaire à l'axe du dessin (5). Les deux nofir latéraux peuvent être remplacés par deux ^ svmétriques, et la formule Anra, au-dessus du noub, par une rangée de petites rosaces (6). Le noub central, dans d'autres compositions, peut être encadré de figures végétales plus ou moins précises W.
Donnons un coup d'œil, pour finir, à un type de composition constituée uniquement par les faisceaux de la plante du Nord, ou dont les touffes de la plante du Nord forment les parties les plus importantes. La plante du Nord est développée, sans autres éléments, sur deux remarquables scarabées de Jérusalem (8). La grande touffe centrale peut être encadrée de deux ankh &\ ou surmonter un groupe symétrique d'appa-
cit., pi. XXXV, 16, l'autre dans la collection Clark à Jérusalem (émail grisâtre).
O Macalister , loc. cit., pi. GCIX, 8.
M Ibid.,?\. CC VI, 4a.
(3) Au Musée du Gouvernement à Jérusalem; émail blanc (inédit).
(*' Un spécimen au Musée du Gouvernement à Jérusalem; émail bleu (inédit). Un autre dans Macalister, hc. cit., pi. CC1V b, 9 4 , et Q. S., 190 4 , pi. VI, 9 h.
(5' Macalister, loc. cit., pi. CClIIè, 19. CCIX, 6; le premier aussi dans Q. S., 1903, pi. IV, 19, Du même tvpe exactement est un scarabée reproduit par nous précédemment, Hyksôs , Etudes et notes complémentaires, 8 m, A, n°3.
<6> Macalister, loc. cit., pi. CCVI, 20.
W Ibid., pi. CCIV6, i3, et Q. S., 190/4, pi. VI, 1 3 ; l'objet au Musée du Gouvernement à Jérusalem ; émail blanc.
(8> Au Musée du Gouvernement (émail blanc), et chez les Bénédictins allemands; provenant de Gezer.
(9> Macalister, loc. cit., pi. CCVII, 36.
rosée hiéroglyphique, le ouaz entre <l«*u\ ////"ou bien le rio/fr entre deux ////■-■': la combinaison que surmonte la touffe est quelquefois plus complexe, et lesdeiu nil symétriques \ jouent un rôle '. Ou rencontre également la touffe à La partie inférieure du tableau, comme sur celui où elle est surmontée par un remplissage symétrique composé de tel et de noÂr®. Voici enfin deux spécimens d'un type assez différent, où la plante du Nord, réduite à deux tiges contournées en spirale et reculées contre un bord du champ, laisse place, de côté, pour un signe décoratif qui est l'oiseau ou le anIJi '
Nous pouvons maintenant essayer de regarder en arrière, pour voir d'ensemble ce que les sériefl palestiniennes et égyptiennes de scarabées rcliyksôs^ ont en commun et ce qu'elles oui (le différent. Les comparaisons les plus faciles et les plus rémunératrices porteront, évidemment, sur les collections d<' noms royaux. Distinguons, comme il convient, la période il 1///// (pharaons Klianoiirre, ïakebher. etc.) des temps immédiatement Buivants, et portons notre attention, d'abord, sur cette période la moins ancienne. La différenciation de l'Kgypte et de la Palestine y est assez sensible. Khian sous toutes ses formes — le sheikh kliiiin. le Pharaon khian — si fréquemment rencontré <-n Egypte, est <'n Palestine presque inconnu; il n'y apparaît qu'une lois, malgré la grande extension des monuments à son nom, dont \\ s'est rencontré des spécimens ••n Mésopotamie <it en Crète. Le groupe nombreux des Vpopi, [ousirre, \knmre el tous les autres, [sabre t \l,lmn\ [ho~
0 llml.. pi, \\\\. iH: ce joli scarabée en émait blanc jaunâtre rst au
Musée du Gouverne ni à Jéi usai
mus. '/',// Ta'anntk, p. 88, 6g. lai.
Detu Bpécimens dans Macamsteb, lue, ni., pi, CCVI, 34, (dVIII, i.
DHUMi i, Tell El \luteiellim, I. p. 6l, lij;. 7-.
I h spéri h au Musée du Gouvernement è Jérusalem (émail blanc gri-
inédil 1: h h autre cbei M »■ llistm, '••<•. cit., pi MAI , 07.
tepre, etc., est absolument inconnu en Palestine. Par contre, les Menkhopirre et Menkhopiroure «hyksôs», spéciaux à la Palestine, ne paraissent pas en Egypte.
Pour la période d'Anra qui précède celle des Khian-Apopi , en va-t-il de même? Un très grand nombre de scarabées «Anra» sans nom royal, rencontrés en Egypte et en Palestine et d'un type général extrêmement uniforme, feraient croire à une espèce d'unité du milieu; mais dans le domaine des noms royaux, il se montre des différences notables. Nematre, à vrai dire, se rencontre en Palestine et en Egypte, et aussi le Khopirkare dont nous avons, au présent chapitre, noté l'existence; d'autre part, il est impossible de savoir au juste d'où sont venus les Nesebekre{f) du Caire et de Londres, et le Noubonsirre rencontré au Caire. Ce qui est certain , c'est qu'un grand nombre des Pharaons ou pseudo- Pharaons de l'« époque d'Anra» n'ont pas, jusqu'à présent, été trouvés en Palestine; à savoir :
Iakebher (Merousirre et autres), • Iaheb et formes apparentées .
Khahare, Khakhopirre , Khaousirre ,
Khano/irre Sebekhotep, Matabre , Nqfirabre, Nofirkare.
Pour ce dernier Nofirkare égyptien, toutefois, il est nécessaire de rappeler qu'en Egypte son nom se présente avec une égale facilité sous la forme Nojlrre, et que le nom de Nofirre paraît en Palestine.
Inversement, mais de manière beaucoup moins significative, comme on va voir, quelques noms pharaoniques palestiniens sont inconnus en Egypte : ce sont ceux de Kakhopirre, Kakho-
air et Khopirre, Gemme les deux derniers no sont que des formes incomplètes de Kakhopùre ou de Khopirkare, que knhhopirrt De diffère de Khopirkare, très vraisemblablement, que par une métathèse graphique accidentelle, et que Khopirkare, enfin, a été rencontré en Egypte, on voit, en somme, que cette dernière catégorie d'observations ne prouve pas grandchose; certains noms pharaoniques d'Ejjvpte ont peut-être eu des formes spécialement adoptées en Palestine, mais il n'apparaft pas clairement que la Palestine ait possédé des noms pharaoniques originaux et inconnus ailleurs.
En d'autres termes, s'il y a, pour la période <ï.\nra. beaucoup de noms pharaoniques égyptiens inconnus en Palestine, l'inverse ne se constate pas et doit être considéré comme très douteux. Il se dégage de là cette conclusion, que les noms personnels qui nous occupent et qu'on inscrivait sur les scarabées de cette catégorie, passaient de L'Egypte à la Palestine. et c'est la chose du monde la plus naturelle.
On peut également apercevoir, maintenant, de quelle manière la naissance, l'évolution et la diffusion du type inra se sont accomplies. Nous savons que le scarabée «hyksôs», en Egypte, est moins ancien que les «Hyksôs» eux-mêmes, car c'étaient déjà des étrangers que ces sheikhs Anther et Semken, peut-être contemporains de la XII' dynastie, et dont certains scarabées sont égyptiens si purement. L'influence étrangère apparaît seulement plus tard, au temps des Sebekhotep. en corrélation évidente avec l'afflui d'un grand nombre d'étrangers en Basse-Egypte; l'industrie apportée par CCS gens s empare du vieux scarabée indigène, le transforme sui\;mt si méthode ei sa fantaisie propre, et produit ce type de scarabées que nous connaissons bien, le type \nni. avec ses noms royaux ou pseudo-royaux en multitude. I ne fois créé, il passe en Palestine, avec un plus <»u moins grand nombre des cartouches et noms pharaoniques que ses spécimens comportaient en
Egypte; en territoire asiatique il fleurit, se perpétue, et connaît cette fortune de devenir une sorte de type palestinien permanent, pendant qu'en Egypte, au contraire, on assiste à une régression et à l'élimination progressive des éléments exotiques dont le scarabée avait été affecté. On suit parfaitement bien cette évolution régularisatrice , aux étapes marquées par le type de Khian, puis par le type dAousirre, déjà fort rentré dans la normale, avant d'arriver aux scarabées de la «XVIIe dynastie» (Sheshi, Ouazed, Semt, etc.) et du début du Nouvel Empire , revenus entièrement aux caractères égyptiens purs. En Palestine, au contraire, le scarabée s'arrête au type clAnra cristallisé; lorsque les Tboutmès conquièrent l'Asie et qu'en Palestine on fait des scarabées à leurs noms, c'est ce vieux type non modifié qui sert pour eux, exactement comme il avait eu lieu en Basse-Egypte à l'époque où l'on dut y graver des scarabées pour Khanofirre, roi de Thèbes. Il semble toutefois qu'au temps des Thoutmès, en Palestine même, le vieux type allait purement et simplement s'éteindre; on rencontre encore, en territoire palestinien, d'assez nombreux scarabées d'Amcnotbès II, d'Amenotbès III et de quelques Ramsès, mais ils sont exclusivement égyptiens et proviennent sans doute d'importations antiques.
L'usage de ces scarabées à l'égyptienne et le fait de leur fabrication dans les villes asiatiques voisines de l'Egypte décèlent, pour la fin du Moyen Empire et la période allant jusqu'à la fin de la XVIIIe dynastie, une sorte à'égyptisalion dont le domaine topograpliique peut être défini, provisoirement, comme nous l'avons fait au début du présent chapitre. D'après les scarabées et !es autres objets égyptiens ou pseudo-égyptiens sortis des fouilles, la zone influencée par l'Egypte s'étendait au moins jusqu'à comprendre les plaines à l'est du Carmel, et la vallée du Jourdain jusqu'à Jéricho. Mais les sites archéologiques convenablement explorés sont encore rares, et il serait
bien possible que La cône asiatique égyptiêée, vers la fin dti Moyen Empire, iïit beaucoup plus vaste qu'on ne peut le savoir encore.
Vote additionnelle.
Les scarabées -hyksôs- du stade ancien sont tellement nombreux que leur étude ouvre un champ d'observation presque illimité. Les reproductions et descriptions que nous
avons données au cours de ce chapitre et antérieurement, ainsi que Les classifications et les résultats historiques auxquels nous sommes arrivés, ont eu pour base, outre l'étude même des objets, un certain nombre de publications d'ensemble très précieuses, celles des Touilles palestiniennes. Le catalogue de Newberry pour Le Caire, le vieux recueil des Hûtoncal Scarwbt de Pétrie, le recueil des Scarahs de Newberry, le tome I du catalogue de Hall pour Londres, et nous avons cité, chemin faisant, beaucoup d'autres publications encore. Mais un dépouillement attentif des publications secondaires concernant des scarabées ferait certainement Bortir beaucoup de confirmadons et de particularités intéressantes, et peut-être encore des
faits nouveaux. VotCl par exemple le catalogue de la collection Ward. donné' par .1. Ward lui-même en IQOO et IQ01 ( P. S, II. I.. » •> et '•!. /Kis.smi): il s'y trouve un 1res grand nombre de spécimens du type lara pur, parmi lesquels d'intéressants f complexes- de composition symétrique, du genre que nous connaissons bien. Il faudrait Utiliser de même, plus complètement que nous-même ne L'avons fait précédemment, YE»sag de Loftie. le Catalogue de Fraser, les nombreux catalogues de collet lions universitaires ou particulières publiés par Bireh et surtout par Budge : une bibliographie de ces publications a été donnée par Hall en i<|i.'>. dans l'introduction au tome I m Catalogue des scarabées du British Muséum. Ce dernier volume m- comporte que les Royal Scarabt . d'ailleurs, et la
suite de la publication des vastes collections de Londres fournira indubitablement de nombreux objets encore des séries qui nous intéressent. Même dans le premier volume, il y a de très nombreux scarabées du type d'Anra, sans nom royal et sans doute sans nom personnel; outre tous ceux de l'ouvrage que nous avons déjà examinés , il en resterait à noter une centaine d'autres, presque tous groupés entre le n° 7/1 et le n° 2 3 2 du catalogue (l). Dans un ordre un peu différent, on peut recueillir un très grand nombre de scarabées avec noms pseudopbaraoniques (le © en tête) du type d'Anra, en dépouillant simplement la riche série documentaire constituée par Gauthier dans son Livre des Rois; il s'y trouve, outre ceux que nous connaissons déjà, des noms solaires de toutes les formes possibles (2).
D'un autre côté, et c'est un champ d'étude différent et non moins large, de nombreuses collections particulières recèlent des masses de scarabées inconnus qu'il faudrait inventorier méthodiquement. Dans le commerce on en rencontre des quantités énormes, non point tant en Europe, où les marchands d'antiquités ne recherchent guère que les scarabées artistiquement remarquables, en une belle matière et bien gravés, qu'en Egypte et en Palestine, où les scarabées de loute> classes sortent de terre, incessamment, et sont jetés en circulation par centaines. Rien d'attristant, pour l'historien, comme l'impossibilité d'arrêter, de contrôler au passage, d'utiliser cette production archéologique clandestine, anarchique et dilapidée.
M Voir Hall, loc. cit., principalement nos 7/1 à 92, y'i à 102, 109, 111, 112, n&à 118, 12/1 à 127, 1 36 , 139, i4o, i56, 161, 196, 212 à 229, 23 1, 23a , et plus loin, 3io à 3i2 et 2823 à 2825.
M Gauthier, Rois, 11, p. 101 à 118. peusim; notons, au fil de la lecture, klmpir-nib-ve ou ISib-l.hopir-re, Mat-khopir-re ou variantes, Ne-khopii-rc , Men-ab-re, Mfn-ankh-re, Men-nib-re, Men-nqfir-re , Mer-ab-re , Mer-mat-re , Mb-khopir-n-re, Nib-ha-re, Nofir-mat-re , Men-ha-ie, Afm-hor-rv, Snofir-re, Men-ka-re , Aofir-anklt-re. . .. Nous on passons un grand nombre.
Par intervalles , seulement, un renseignement bien fourni, une lueur sur la provenance. A l'heure même où nous écrivons, il nous vient sous les veux des empreintes de quelques scarabées et autres sceaux actuellement dans le commerce à Jérusalem: un lot provenant de Gezer comprend presque exclusivement des scarabées du type Aura, parmi lesquels un spécimen identique à celui de notre reproduction n° 5i ci-avant, et un spécimen avec pseudo-formule hiéroglyphique composée avec le groupe SSSB}, comme il a lieu sur les objels de nos reproductions n°* 66 et 67. Un autre scarabée du même lot de Gezer porte le simple nom ' |, sans cadre ni ornements; on se rappelle que ce nom de Ptah figure en tête de plusieurs scarabées également reproduits par nous (voir nos 1 cj et 45). 11 n'est pas sans intérêt de mentionner, enfin, parmi ces objets actuellement à Jérusalem, une belle plaquette-sceau ovale, inscrite sur les deux faces, et portant le nom d'un certain Haremheb, du servies des bestiaux du roi Ramsès II : on vérifie encore une fois, par cette rencontre, la coexistence, en Palestine, des scarabées du type ethyksôs» ancien et des objels très purement égyptiens du Nouvel Empire.