‹ La fin du paganisme (volume 2)Chapitre 91 sur 126 · G, 9. — 2. Voyez p · texte numérisé non relu

G, 9. — 2. Voyez p

L' a OCTAVIUS )) DE MINUCIUS FELIX. 325

en est venu, dans l'excès de son zèle, jusqu'à ramasser toutes les infamies dont on se servait à Rome, depuis des siècles, pour flétrir les associations politiques ou religieuses qu'on ne voulait pas se donner la peine de connaître. A ces accusations banales d'inceste et d'assassinat Octavius ne répond qu'un mot : « Ceux-là seuls, dit-il, pourront croire à ces horreurs, qui seraient capables de les commettre* ». Les honnêtes gens n'auront pas besoin qu'on en dise davantage. Quant aux autres reproches, ce sont encore les philosophes païens qui lui fournissent des armes pour les réfuter : la méthode est bonne, il persiste jusqu'au bout à l'employer. On raille les chrétiens parce qu'ils ne doutent pas que l'àme ne survive au corps; on ne peut pas souffrir que ces «présomptueux », comme on les appelle, parlent avec une assurance insolente des punitions et des récompenses de l'autre monde; mais ces récompenses et ces châtiments ne sont pas des invasions nouvelles ; les vieilles religions ne les ont-elles pas figurés déjà dans le Slyx et les Champs Elysées? Pythagore et Platon ont entrevu la croyance à l'immortalité de l'àme, et il suffit que leur doctrine s'accorde sur ce point avec celle de l'Eglise pour qu'(m ne se permette plus de se moquer des chrétiens*. Il en est de même de ces prédictions de la fin du monde et de l'embrasement universel, qui sont pour les ennemis du christianisme un sujet éternel de raillerie ou de colère. Ils ont bien tort d'en plaisanter, puisque les stoï-

1. 30, 2 ; Nemo hoc poiest credere, iiisi qui possit audere. Tertullicn s'cxprinic tout à fait de la même façon. ApoL, 8 : Qui ista credis de hominc, potes et facere. — 2. 54. 9: Salis est etiam in hoc sapienles vestros in aliqiiem modntn nohisrum consonare.

eiens annoncent qu'un moment doit venir où le feu consumera la voûte du ciel avec tout ce qu'elle enferme'. Les chrétiens disent-ils autre chose? On leur reproche aussi quelquefois leur pauvreté; on s'étonne que ces favoris du ciel manquent de tout sur la terre, et que leur Dieu, qui leur promet une immortalité de délices après leur mort, ne puisse pas leur donner du pain pendant leur vie. L'ohjection n'est guère sérieuse ; Octavius y répond en empruntant les idées et quelquefois même les expressions de Sénèque. Celui-là seul est pauvre, ditil, qui manque des choses dont il a besoin; or le vrai chrétien possède tout ce qu'il désire. Les biens du monde n'ayant aucun prix pour lui, il lui est indifférent d'en être privé. On ne doit pas les railler non plus, ni même affecter ironiquement de les plaindre, parce qu'ils s'exposent volontairement, pour leurs croyances, à être brûlés vifs ou mis en croix. Comment les païens, qui comblent d'éloges, qui élèvent jusqu'aux nues un Scsevola, un Regulus, osent-ils insulter les martyrs qui se sont offerts, comme eux, à la mort, et avec plus de courage? 11 ne faut pas prétendre que Dieu les abandonne. En les laissant souffrir, il les éprouve, et il les couronne quand ils résistent. « N'est-ce pas le plus beau des spectacles, et le ])lus digne de Dieu, de voir un chrétien aux prises avec la douleur, braver la mort et les bourreaux, rester maître de lui en face des rois et des princes, et triompher du juge même qui vient de prononcer la sentence^? ))

C'est ainsi qu'en s'aidant des philosophes antiques, Octavius réfute tous les arguments de son adversaire; il

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