‹ La fin du paganismeChapitre 33 sur 112 · Conlra Syinm.^ I, 649. — 2. Apotheosîs · texte numérisé non relu

Conlra Syinm.^ I, 649. — 2. Apotheosîs

pour les littératures populaires et spontanées. Les premiers s’indignent qu’on ose parler, comme nous venons de le faire, de Lucrèce et d’Horace, à propos de Prudence. Comparer à ces grands poètes quelqu’un dont la versification et la langue sont si corrompues, leur paraît une profanation; et pourtant il est de leur famille, il leur appartient de plus près que beaucoup de ceux qui passent pour leurs disciples et qui n’arrivent, en les copiant servilement, qu’à reproduire leurs défauts et affadir leurs qualités. 11 est rare que ces grands écrivains aient une postérité directe. L’héritage après leur mort passe d’ordinaire à des auteurs qui osent entrer dans les voies nouvelles, et c’est en s’éloignant d’eux qu’on les continue. Mais précisément les autres critiques trouvent que Prudence et ses amis ne s’en sont pas assez éloignés; ils leur reprochent d’être restés trop fidèles à la tradition classique. « Quel que soit leur talent, dit M. Compare tti, aucun d’eux n’a réussi à mettre dans ses vers une aussi grande dose de vérité, de sentiment et de vie qu’il s’en trouve dans le Dies iræ et dans d’autres compositions de ce genre. Là, nous sentons vraiment une âme qui palpite et qui tremble, qui s’humilie et qui espère, et nous n’avons pas besoin d’être croyants nous-mêmes pour reconnaître qu’il n’y a rien, dans cette admirable poésie, qui ne sorte naturellement du cœur. Au contraire, quand nous lisons les œuvres de ces rhéteurs qui, à force de travail, composent des odes ou des épopées, nous sommes trop souvent tentés de nous demander s’ils disent vraiment ce qu’ils pensent L » Cette dernière phrase est de trop ; Paulin de Noie et Prudence sont absolument sincères : de quelque façon qu’ils aient exprimé leurs sentiments, on sent chez eux une conviction profonde et qu’il est impossible de contester. Quant à préférer le Dies iræ à ÏHymnus in exsequias defunctorum, c’est affaire de goût, et je crois inutile d’instituer à ce sujet une discussion. Je comprends que ceux qui

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