Olympiodore, cité par Seeck, De Symm, vita^ p. xlvi
a dans le monde, il leur demande leur appui d’un ton suppliant : il faut qu’ils l’aident à contenter le peuple romain, à lui fournir des plaisirs variés, des spectacles inconnus, k dépasser enfin tous ceux qui ont donné des jeux jusqu’à lui. Il envoie de tous côtés des serviteurs, des personnes de confiance, qui doivent se mettre à la recherche des artistes de mérite, des bêtes rares, des ornements étranges ou somptueux, et les acheter à tout prix. Ces gens doivent être munis de bonnes lettres de recommandation, pour vaincre tous les obstacles, et abondamment pourvus d’argent, pour suffire aux dépenses. Symmaque veut à tout prix éblouir ses concitoyens ; il lui faut des chevaux, des ours, des lions, des chiens d’Ecosse [canes scotici), des crocodiles, et en même temps d’intrépides chasseurs d’animaux, des cochers habiles, des comédiens, des gladiateurs de premier choix. C’est un tracas effroyable de mener tant d’aflaires à la fois, de découvrir des curiosités nouvelles, de faire venir de toutes les parties du monde ce qui pourra un moment amuser ce peuple de dégoûtés h Les chevaux lui arrivent surtout de l’Espagne : il y a là de grands éleveurs, qui sont connus dans le monde entier. Symmaque écrit à l’un d’eux, Euphrasius, qui a fourni des attelages pour les fêtes d’Antioche^; il le prie de lui envoyer ce qu’il y a de mieux dans son écurie, et même de choisir au besoin dans les écuries des autres ; il veut, selon son expression, qu’on décime l’Espagne pour lui ; il demande des chevaux de sang, les meilleurs coureurs qu’on pourra se procurer^. Mais ce n’est pas tout de les choisir, il faut les faire arriver : de l’Espagne à Rome, la distance est longue; des chevaux qui ont tant de chemin à parcourir sont exposés à mille accidents. Il les recommande à ses amis sur la route; il écrit à Bassus, qui possède à Arles des haras importants, de les retenir au passage, si le temps est devenu trop mauvais, jusqu’à ce qu’ils puissent continuer leur