Saint Jérôme, Commentât, in Ezech., prol
interprète de l’opinion commune, déclara en beaux vers (( que la domination romaine n’aurait pas de terme )), puis, se tournant vers les Goths, qui fuyaient du côté des Alpes, il leur disait, d’un air de triomphe, (|ue leur défaite devait leur servir de leçon, et qu’il leur fallait se résigner à prendre des sentiments plus modestes :
Discite vesaiiæ Romam non teinnere gentes ! *
La prise de Rome vint dissiper toutes ces illusions. On se trouva brusquement en présence d’une terrible réalité. Il n’était plus permis de se donner le change avec de grands mots; le danger que courait l’empire, et qu’on n’avait pas voulu voir, apparut soudain à tous les yeux. Quand on vit que cette civilisation dont on était si fier, et qui faisait le charme de la vie, était menacée de périr, d’une confiance aveugle on passa tout d’un coup à de mortelles inquiétudes.
La prise de Rome ranime les polémiques religieuses. — Opinion que Rome doit sa grandeur à ses dieux. — Comment les chréliens y répondent. — Saint Cyprien et la lettre à Démétrianus. — Reproches nouveaux et plus vifs faits aux chréliens après la victoire du christianisme. — Saint Augustin se décide à composer la Cité de Dieu.
Un des premiers résultats de ces inquiétudes fut de ranimer la question religieuse, qui semblait près de s’éteindre. On voulut se rendre raison d’une catastrophe à laquelle on ne s’était pas