‹ La fin du paganismeChapitre 65 sur 112 · De civ. Deif X · texte numérisé non relu

De civ. Deif X

penchant secret les attire, ont une raison d’être et ne choquent pas le bon sens, qu’elles peuvent avoir des conséquences salutaires pour la conduite de la vie, qu’elles forment un système où l’esprit se sent à l’aise, et qui, par ses apparences de solidité et de grandeur, séduit l’imagination. C’est un genre de démonstration particulière, qui est parfaitement appropriée aux dispositions des gens auxquels elle s’adresse. Il est rare qu’elle n’arrive pas à les convaincre; et alors quels effets merveilleux ne produit-elle pas! Partis d’une foi obscure et qui s’ignorait, ils reviennent avec une foi qui a pris conscience d’elle-même, qui a trouvé les motifs de croire qu’elle cherchait instinctivement. Ils se sentent délivrés d’incertitudes qui leur pesaient et qui répugnaient à leur nature. La raison et le sentiment s’étant mis enfin d’accord chez eux, ils éprouvent une confiance, une tranquillité, une joie qui leur remplissent l’âme et leur laissent leurs forces entières pour les combats de tous les jours. Voilà ce qu’ont fait en leur temps la Cité de dieu de saint Augustin et V Histoire universelle de Bossuet. Il me semble que lorsque l’on songe au nombre des gens à qui ces beaux livres ont donné ce qu il y a de plus souhaitable au monde, la paix de l’esprit, ceux mêmes qui ne l’y trouvent plus aujourd’hui n’en doivent parler jamais qu’avec respect. ,

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