‹ La fin du paganismeChapitre 7 sur 112 · Insir., I, 57. — 2. Insti\, II · texte numérisé non relu

Insir., I, 57. — 2. Insti\, II

ainsi; un fidèle doit se garder de les imiter. Abraham ne pleurait pas quand il menait son fils sur les hauteurs pour l’immoler à Dieu^ Il lui plaît de se mettre en hostilité avec l’opinion générale, de blâmer ce qu’elle préfère et d’approuver ce qu’elle condamne. Dans une société oii c’était la préoccupation de tous de se préparer d’avance un tombeau, il se moque de ceux qui songent trop à leurs funérailles, qui se consolent de mourir en pensant à la foule qui accompagnera leur convoi, aux amis qui viendront dîner sur leur tombe : « Pendant qu’on te fait l’honneur de te suivre, toi peut-être tu brûles dans l’enfer^ )). Dans toutes ces discussions, l’enfer est sa grande menace et son dernier argument. Aux infidèles, aux chrétiens douteux et tièdes, aux mauvais riches, aux mondains, il répète sans cesse :

(( Prenez garde de ne pas brûler un jour dans la fournaise de feu! ))

L’autre poème de Commodien a été appelé par D. Pitra, qui l’a publié le premier, Carmen apologeticum. Ce nom ne convient pas tout â fait à l’ouvrage, qui est plutôt une exposition qu’une apologie de la doctrine chrétienne. Quand on le compare aux Instructions, on y trouve moins d’obscurités et de tours bizarres, plus d’aisance, un souffle plus large, des développements plus étendus. C’est qu’ici Commodien n’est plus gêné par la forme des acrostiches et qu’il se sent libre de traiter son sujet comme il lui plaît. Au fond, comme je l’ai dit plus haut, le caractère et l’esprit des deux ouvrages sont les mêmes. Dans celui-ci, comme dans l’autre, le poète attaque volontiers les païens et les juifs, et avec les mêmes arguments. Il est très dur aussi pour les riches, pour les gens du monde, et, quand il s’agit de leur dire leur fait, il ne recule pas devant les expressions triviales et les comparaisons grossières. Ces chrétiens endurcis, qui résistent à tous les avertissements qu’on leur • donne, lui paraissent ressembler à des jambons trop salés qui

Page 1