‹ La fin du paganismeChapitre 73 sur 112 · Lactance, De mort, 'pers · texte numérisé non relu

Lactance, De mort, 'pers

CAUSES DE LA RUINE DE L’EMPIRE

culte qu’elle éprouvait à recruter les armées et à faire rentrer les impôts l’empêchait d’ignorer que le nombre de ceux qui se battent et qui payent devenait moindre tous les ans.

Il est naturel qu’on ait songé à en rendre le christianisme responsable. On savait qu’il a pour principe de préférer la virginité au mariage. Un de ses docteurs les plus illustres, Tertullien, semble avoir pris plaisir a le proclamer, sans se soucier du scandale qu’il allait soulever parmi les partisans dea anciennes maximes. Les gens du monde qui, veis la fin du II® siècle, jetaient les yeux sur les écrits de ce bel esprit violent et subtil, qui faisait tant de bruit parmi les personnes de sa secte, y voyaient avec indignation qu’il détournait les gens de se marier et leur conseillait d’avoir le moins d’enfants possible*. Quels sentiments de surprise et de colère ne devaient-ila pas éprouver quand ils tombaient sur des phrases comme celle-ci : « Dieu, dans l’ancienne loi, disait : Croissez et multipliez. 11 dit dans la nouvelle : Arrêtez-vous, et que ceux qui ont des femmes fassent comme s’ils n’en avaient pas^. » En parlant ainsi, le docteur chrétien se met en opposition avec toute la législation romaine; il attaque de (Vont les institutions d’Auguste, qui récompensait les pères de famille et punissait les célibataires. Et pourtant nous ne voyons pas que ces paroles imprudentes lui aient été reprochées et qu’on en ait fait un crime aux chrétiens. Celse, qui signale et combat l’aversion qu’ils éprouvent pour les fonctions publiques, ne dit rien de leur opinion sur le mariage. Il est vraisemblable qu'à ce moment les conseils de Tertullien n’étaient pas très suivis et que la plupart des fidèles, dans la vie ordinaire, se çonduisaienjt comme tout le monde. On peut croire que ceux qui pratiquaient la continence n’étaient pas encore assez nombreux, parmi lo& fidèles, pour être remarqués par les ennemis du christianisme. C’est seulement à la fin du iv® siècle, quand la vie monastique

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