‹ La fin du Parlement de ToulouseChapitre 13 sur 117 · Archives du Parlement · texte numérisé non relu

Archives du Parlement

hommes ne craignirent pas d^assumer Técrasdnte responsabilité de chercher un moyen d'action poUlique dans Texcitation des mauvaises passions et dans le développement de la criminahté. Ce fait, officiellement constaté par le premier magistrat du Parquet de Toulouse, explique l'affolement de la population du Languedoc chez laquelle la tradition a conservé le terrible souvenir de ces jours de la peur, où des courriers masqués, des émissaires inconnus, venaient semer l'effroi dans les campagnes, appeler les paysans aux armes et leur désigner leurs victimes. A l'ombre de la liberté naissante se dissimulait à peine la hcence la plus effrénée; derrière les grands rénovateurs de la société surgissaient déjà ces hommes de rapine et de sang que la France a vus plusieurs fois apparaître, s'emparer un instant du pouvoir, et s'ensevehr bientôt sous un amoncellement de cadavres et de raines.

Rappel de ses prescriptions rigoureuses, nouvelles et pressantes injonctions aux magistrats et aux prévôts des maréchaussées de poursuivre et d'appréhender au corps tous les porteurs de prétendus ordres auto-* risant le pillage, la destruction et l'incendie, toutes les mesures adoptées par la Chambre des vacations furent inutiles.

. Impuissants désormais à faire entendre leur voix jusqu'alors respectée, et prévoyant, en même temps, rinévitable suppression de l'ancienne organisation judiciaire , les magistrats de Toulouse exposèrent au roi l'état lamentable du Languedoc et l'insuccès de leurs efforts pour maintenir l'ordre. Dans leur adresse, ils réclamaient l'intervention du pouvoir royal et ils ajoutaient : a Nous voyons s'approcher sans effroi le « terme où, rentrés dans la vie privée, nous n'aurons a plus à offrir à V. M. que de stériles vœux pour la

« splendeur de son trône et pour le maintien de la « gloire de son auguste maison. »

Bien que la Cour eût conscience du danger qui la menaçait, ses préoccupations ne lui faisaient pas oublier un instant ses devoirs envers ses ressortissants , son dévouement à la nation et sa fidélité 6 la personne royale; elle n'en continuait pas moins, avec toutes les autres classes du royaume , à lutter contre les idées nouvelles et contre leuis représentants.

Le 17 février 1790, les capitouls de Bonfontan, de Gounon-Loubens , Merle et Manent avaient réuni, dans la salle du Grand-Consistoire, un conseil général renforcé qui devait examiner diverses propositions relatives aux ateliers de charité ; à la fin de la séance et sur la proposition de Verdier, Tun des députés du corps du commerce, les cent soixante-cinq membres présents furent appelés individuellement à prêter le serment civique. Le président de Maniban, les conseillers de Pérès , de Cambon et de Rigaud, membres de la Chambre des vacations et commissaires députés du Parlement, le procureur général de Rességuier et Trinquecostes , député des greffiers gardes sacs. Jurèrent d'être fidèles à la nation, à la loi et au roi, et de maintenir la Constitution décrétée par TAssemblée nationale et acceptée par le roi*. Lorsque, six mois après, les membres de la Chambre des vacations protestèrent contre la suppression du Parlement , on leur reprocha d'avoir manqué au serment civique qu'ils avaient prêté à la maison commune.

L'hostihté déclarée des Cours souveraines devait nécessairement appeler l'attention sérieuse de l'Assemblée constituante. Dans la séance du 20 mars, de Saint-Martin, député d'Annonay (sénéchaussée du

Page 1