Biographie Toulousaine
retour de Bagnères-de-Luchon, où il s^élail rendu ^vôc Tautorisalion du Directoire de FAvayron, il fut arrêté, le 23 septembre 1793, par ordre de la raunicipaUté de Toulouse, qui avait eu à viser son passeport. Pendant sa détention à la Visitation, la municipalité de Mur de Barrés réclama son concitoyen, illégalement détenu dans une autre commune, et le Comité révolutionnaire de Toulouse, alors présidé par le cuisinier Darraagnac, décida, en ventôse an II, qu'on « ne se dessaisirait « de cet homme que par ordre du représentant du a peuple , attendu qu'il avait appartenu à un corps c trop fameux enclavé dans la commune ^ » Le malheureux fut envoyé au Tribunal révolutionnaire ; a si a mon fils est coupable, écrivait Molinery de Murols a père, que sa tête tombe et qu'il paie sa dette à sa a patrie ; dans le cas contraire, rends-le à un père et à a une mère accablés tous deux sous le poids de quatf tre-vingls ans. » Innocent du crime imputé à ses anciens collègues, Molinery de Murols fut condamné et exécuté pour avoir provoqué^ signé ou approuvé des écrits protestatoires^ émanant d'un corps judiciaire qui l'avait rejeté de son sein et définitivement exclu de ses délibérations.
Telle était la justice révolutionnaire : le prévenu ne pouvait même pas être soupçonné de complicité, mais il appartenait à un ordre privilégié, il avait été membre d'un Parlement, il devait mourir. L'accusation, la comparution devant le Tribunal, le jugement n'étaient plus que de simples formaUtés préliminaires au supplice; le temple de la justice était devenu l'antichambre de la guillotine.
Comme Molinery de Murols, Antoine de Miègeville avait vu le jour à Mur de Barrés, en juin 1736; il était
1. Tableau décadaire des opérations du Comité révolutionnaire. Lettre du 20 ventôse. (Archives de la Haute-Baronne. Série L.)
fils de noble Dominique de Miègeville, conseiller en la sénéchaussée et présidial de Toulouse, ancien capitoul, et de M"® de Gostos, qui épousa, en secondes noces, E. du Pujet baron de Saint- Alban, lieutenant des maréchaux de France. De Miègeville fut reçu conseiller, le 3 juin 1761, en Toffice de F.R.de Senaux, et fit partie, dix* ans après, du Parlement Maupeou. Au moment de la Révolution, il siégeait avec distinction à la Chambre Tournelle, et Ton trouve son nom sur la liste des membres de l'Assemblée de la noblesse, tenue dans la capitale du Languedoc. Il avait trois enfants de son mariage avec M"® de Gatignol de Lasplanes.
Sous la Terreur, lorsqu'il fut arrêté, d'abord le 1*' mai, puis le 22 août 1793, un de ses fils avait émigré; un autre, Jean- Antoine , partagea sa première détention, le rejoignit, pour la seconde fois, à la prison de la Visitation, le 28 août 1793, et ne recouvra la liberté que le 26 brumaire an III (16 novembre 1794). Sa femme et sa fille, âgée de 22 ans, furent arrêtées, le 7 octobre 1793, comme mère et sœur d'émigré ; elles furent conduites à l'ancien couvent de Saint-Sernin, devenu depuis la maison d'arrêt dite le Sénéchal, et y demeurèrent plus de treize mois, jusqu'au 16 novembre de l'année suivante.
Quelques mois après la condamnation et la confiscation des biens de Miègeville, le Directoire du district de Toulouse autorisa * l'installation du Comité révolutionnaire dans l'hôtel de l'ancien magistrat,piace de la Liberté *.
Le Parquet et la Cour royale de Toulouse retrouvèrent plus tard, dans Philippe de Miègeville, les tra-
i. Archives municipales de Toulouse. — Arrêtés du Directoire du district. Registre II, n» 299.