‹ La fin du Parlement de ToulouseChapitre 47 sur 117 · Aujourd'hui place du Capitole · texte numérisé non relu

Aujourd'hui place du Capitole

dilions de droiture et d'intégrité que son père avait si rigoureusement suivies au sein du Parlement et qu'il lui avait léguées, en mourant sur Téchafaud, le

26 prairial.

Jean-François Savy de Gardeil, fils de Raymond- Charles, ancien lieutenant aux dragons d'Harcourt, et de Marie- Anne-Ursule de Pérès, naquit à Toulouse, le 29 mars 4760. Sa parenté avec le conseiller de Pérès, son oncle maternel, et Tancienneté de sa famille, dont la noblesse remontait à 1624 S lui facilitèrent laccès du Parlement, où il fut reçu conseiller, le 6 septembre 4784,enroffîce de de Cassand-Clayrac, décédé le 6 janvier précédent. Le jeune magistrat assista, le

27 mars 1789, à l'Assemblée de la noblesse de la sénéchaussée de Toulouse et s'étabht, Tannée suivante, au château de Savy, aux environs de Verfeil. Au moment de la Terreur, des conseils imprudents ou perfides le décidèrent ù se réfugier à Toulouse; il y fut arrêté, le 27 ventôse (17 mars 1794), et incarcéré •comme suspect avec ses collègues du Parlement dont il partagea la captivité, les souffrances et le martyre. Les démarches de son frère, qu'il avait rencontré à Cahors et Tinlervention de son oncle, le conseiller de Pérès, ne purent sauver de la guillotine le malheureux qui, à trente-quatre ans, paya de sa tête le crime d'avoir rendu la justice \

1. Les de Savy de GardeU portent d'azur au caducée d'or, aUé d'argent. (Nobiliaire toulousain,)

2. Dans son Archéologie pyrénéenne, tome I, p. 640, Dumège raconte Fa douleur et le désespoir du conseiller de Pérès qui, arrivant sous escorte à Paris, rencontra la fatale charrette et reconnut parmi les condamnés son neveu Savy de Gardeil. Le savant historien commet cette fois une erreur : le conseiller de Pérès partit de Toulouse au plustôt le 20 prairial, et n'arriva èi la Conciergerie que le 1*' messidor, quatre jours après l'exécution de son neveu Savy de Gardeil. (Voir la réquisition de V accusateur public Cappelle, p. 185, n« 2).

Le chevalier de Savy, frère du magistrat, et ancien officier d'infanterie, s'était établi dans le Midi ; son fils devint à Toulouse Fun des chefs du parti poHtique, dit des verdets, et joua un rôle important dans les troubles qui eurent lieu dans cette ville, sous la seconde Restauration.il épousa, en 1820, M"' deCampistron de Mauiban, fille du président à mortier.

Jean-François deRochefort avait quarante-sept ans, lorsqu'il comparut à la barre du Tribunal révolutionnaire. Né en novembre 4746, il était entré au Parlement, en l'office de J.F.Pujos, le 10 septembre 1770.

11 prit part, dans Tordre de la noblesse, à l'Assemblée des trois ordres, tenue à Toulouse, en 1789 ; et, lors de la suppression de la Cour souveraine, il se retira à la campagne, tantôt dans sa propriété de Capens, tantôt Chez son père, à Lézat, dans le district de Mirepoix. Il n'avait point émigré, lorsque la Convention pubUa la loi sur les suspects ; le procureur général syndic Descombels, le croyant aux environs de Saint-Martory, écrivit, le 4 novembre 1793, au procureur syndic de Saint-Gaudens pour requérir son arrestation. Quelques jours après, il était arrêté à Lézat et conduit & la Visitation, mais il parvint, cette fois, à obtenir sa mise en liberté. L'année suivante, les terroristes de Toulouse le dénoncèrent au Comité de surveillance de Lézat, qui répondit, le 11 germinal (31 mars 1794), en attestant le civisme de son concitoyen et en rappelant que, lors d'une émeute survenue dans cette ville, au mois de juin 1792, il « avait sauvé la vie à un patriote u au moment d'être assassiné par les aristocrates ^ » Les arrêtés du Comité de sûreté générale étaient formels, les ordres de Fouquier-Tinville n'admettaient

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