Archives nationales, W. 349, tv> 703 ôw, 3« partie
pas d'exception et Cappelle les exécutait rigoureusement : de Rochefort fut arrêté une seconde fois à Capens, le 23 floréal, et incarcéré à la Conciergerie de Toulouse. Malgré les instantes démarches de M"* de Rochefort, née de Gauran, et les certificats de résidence et de civisme délivrés par les municipalités de €apens et de Lézat, Tancien parlementaire partit, quatre jours après, pour Paris, où Tattendaient Fouquier et la guillotine.
Samuel - Jacques - Eugène-Louis - Jean - François de Buisson marquis d'Aussonne, né à Toulouse, le 24 juin 4763, acheta Toffice de G. de la Broûe et fut reçu conseiller commissaire aux Requêtes, le 3 janvier 1783, avant d'avoir atteint sa vingtième année. Les provisions royales rappellent les services et les titres de sa famille : son trisaïeul avait été premier président à la Cour des aides et finances de Montauban, au commencement du xvii* siècle; son bisaïeul, investi des mêmes fonctions, en 1657, avait obtenu, neuf ans après, l'érection de sa terre d'Aussonne en marquisat ; enfin, son père était chevalier de Saint- Louis *•
La Chambre des Requêtes n'était qu'une sorte de sénéchal des privilégiés ; presque exclusivement composée de jeunes gens, elle n'avait aucune influence au Parlement, ne faisait corps avec lui que dans les cérémonies publiques, et ses membres ne pouvaient faire partie, ni de la Chambre des vacations, ni d'aucune commission souveraine extérieure. Le jeune âge de de Buisson ne lui permettait pas de prendre une part active aux travaux déjà très restreints de ses
1. Annoiries: d'or au buisson de sinople, coupé et cousu d'argent au lion issant de sable, écartelé d'azur à trois coquilles d'or posées deux et une. Devise : Semper virens, (De la Rocque.)
collègues des Requêtes; aussi, dès le mois d'octobre 1788, il s établit à Aussonne, et ne s'absenta momentanément de sa nouvelle résidence qu à Toccasion de la réunion de Tordre de la noblesse, à laquelle il assista tant pour lui qu'en vertu des pouvoirs de M. de Barbazan et de ceux de M. de Tournier, propriétaire du fief de Lamothe. Un certificat de la municipalité établit qu'il n'avait pas quitté les environs de Grenade, au moment des protestations de la Chambre des vacations; enfin, il ne prit part à aucune assemblée de la noblesse tendant à s'opposer à la réunion des ordres ou à prolester contre les décisions de l'Assemblée constituante ^
Pourtant il omit de déposer ses titres féodaux; les municipalités de Toulouse et d' Aussonne profitèrent de cette occasion pour l'accuser d'incivisme, et les administrateurs du département ordonnèrent son arrestation, le 19 pluviôse (7 février 1794)*. Son titre de gentilhomme le fit incarcérer comme suspect, bien qu'il eût largement fourni à toutes les réquisitions des autorités révolutionnaires; et sa qualité de magistrat, quoiqu'il eût cessé de siéger, en 1788, le conduisit, ù trente et un ans, à la barre du Tribunal de sang.
Pierre-Jean-Baptiste-Anne Bonhomme Dupin, né à Toulouse, le 4 novembre 1736, était fils d'un capitoul et petit-fils d'un receveur des tailles à Grenade ; il prit possession, le 7 avril 1767, de Toffice de Pages de Gazelles, exerça les fonctions de conseiller commissaire aux Requêtes, pendant quinze ans, puis céda sa charge à Lespinasse de Florentin, et fut reçu;
1. Archives nationales, W. 349, n» 703 bis, l*» partie.*— Mémoire Justificatif.