‹ La fin du Parlement de ToulouseChapitre 5 sur 117 · Aujourd'hui la Faculté des lettres · texte numérisé non relu

Aujourd'hui la Faculté des lettres

lalion ; les baillis furent accueillis par de telles huées, que président, conseillers et lieutenants du roi durent s'échapper par une porte dérobée, et ne purent tenir leur première audience que sept jours après. Ce bruyant témoignage de l'hostilité publique ne fut que la première manifestation de Topposilion si violente que rencontra, dans tout le ressort, la nouvelle magistrature devant laquelle avocats et procureurs refusaient, les uns de plaider, les autres d'instruire les procès. La noblesse parlementaire ne pouvait pardonner au premier ministre son changement d'opinion et sa rigueur arbitraire à Tégard de Tancienne Cour. Elle n'avait pas perdu le souvenir de l'attitude de Tarchevéque de Toulouse, en 1774^ au moment de la réinstallation du Parlement; en le voyant arriver au pouvoir, elle avait pu se croire assurée de son appui pour sauvegarder ses privilèges et soutenir la lutte contre Tautorité royale. Quels ne furent pas son désappointement et sa colère en se voyant frappée par celui-là même dont le concours lui paraissait certain ; aussi tous les membres de Tordre se liguèrent pour attaquer de toute façon le cardinal de Brienne et le renverser du ministère, où ses fautes et son incapacité ne purent lui permettre de se maintenir au delà du 24 août suivant. Autant Loménie de Brienne avait fait preuve d'aptitude et d'habileté comme administrateur durant son épiscopatàToulousC; autant il témoigna d'insuffisance et d'incurie pendant son passage au pouvoir. Homme d'un esprit éclairé et artistique, il fut un ministre sans valeur et sans talent : non moins aveuglé que tous les privilégiés d'alors, il ne crut pas à l'importahce du mouvement révolutionnaire ; incapable de le diriger, impuissant à le maîtriser, il se laissa entraîner, accepta la constitution civile du clergé, puis, blâmé par le Souverain Pontife, le chef de son choix.

il abandonna la pourpre cardinalice, coiffa le bonnet phrygien, présida le club des jacobins à Sens et finit, dil-ou, par le suicide *.

Les parlementaires n'avaient pas voué une haine moins vive à leur ancien collègue de Paris, le président de Lamoignon, qui avait contribué à la création des grands bailliages et à la suppression des Cours ; comme Tarchevéque de Sens, il succomba dans la lutte et fut remplacé par de Barentin.

A la lêle de Topposilion de la noblesse toulousaine se trouvait alors le marquis de Gudanes, auquel ses grandes propriétés avaient fait donner le surnom de roi des Pyrénées. Ce vieillard octogénaire croyait aux flatteries de son entourage et s'illusionnait sur son âge aussi bien que sur Timportance de sa situation : il s'agitait, et son exemple, qu'il était de bon ton de suivre, entraînait la plupart des privilégiés dont les violences imprudentes dépassaient le but. Leurs attaques ne s'adressaient pas exclusivement aux dépositaires du pouvoir royal, elles visaient et atteignaient directement et la personne du souverain, et le principe monarchique ; elles redoublèrent lorsque le roi, cédant à l'opinion publique, rappela au pouvoir Necker, un protestant et un roturier *. Des écrits diffamatoires, des satires acérées , parfois insultantes , toujours cruelles contre Louis XVI et contre Marie-Antoinette, couraient la France entière, h tel point qu'un historien a pu dire que la boue jetée à la face de la famille - royale par les assassins de 1 793 à été trouvée par eux « dans les Hbelles immondes que les aristocrati- « ques ennemis de la reine avaient publiés, plusieurs

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