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Archives municipales de Toulouse. — Lûte des détenits

celier de Maupeon, il revint à Toulouse au moment du rétablissement de la Cour souveraine, et sa résistance aux édits, publiés sous le ministère du cardinal Loménie de Brienne, lui valut, en 1788, un nouvel ordre d'exil. L'année suivante, il siégea comme propriétaire d'un fief à Cornère, avec les membres de la noblesse d'Albi, qui assistèrent à l'Assemblée générale des trois ordres tenue, le 26 mars, dans l'église paroissiale de la Dalbade, à Toulouse.

. De son mariage avec M*^® de Séranne, de Caumont avait eu trois enfants ; deux d'entre eux passèrent à l'étranger, à la fin de 1791, et rejoignirent l'armée des princes à Coblentz ; pendant ce temps, leur père se constituait prisonnier, le 27 avril 1793, sur la sommation qui lui en avait été faite par la municipalité. Mis en liberté quelque temps après, il fut incarcéré une seconde fois, le 22 août 1793, à la Visitation, d'où il refusa de s'évader, dit Dumège ; il mourut sur réchafaud à l'âge de cinquante-neuf ans.

Le fils aine de ce magistrat, qui tomba victime de son devoir et de ses convictions, devint conseiller à la. Cour royale de Toulouse et ses descendants ont précieusement conservé les traditions de droiture et d'honorabilité d'une famille entourée, à si juste titre, de l'estime et de la considération publiques *.

Jean-Louis-René de Gaillard, seigneur de Frouzins, naquit à Toulouse, en novembre 1741, et entra comme conseiller à la deuxième Chambre des Enquêtes, le 28 août 1764, en l'office de C.G.de Bousquet de Savères. Il figure, comme fondé de pouvoirs de son

1. Les armoiries des de Corn bettes de Caumont sont bandées d*or et d*azur de six pièces ; au chef de gueules chargé d*un croissant d'argent accosté de deux étoiles d*or. (Nobiliaire toi^ iQusain).

collègue Durègiie, seigneur de Launaguet, parmi les membres de la noblesse qui siégèrent, le 26 mars 1789, à TAssemblée générale des trois ordres de la sénéchaussée de Toulouse. Il était dans sa cinquante* quatrième année et comptait vingt- six ans de services judiciaires, lorsqu'il fut exécuté à la barrière duTrône, après huit mois de détention. De Gaillard laissa quatre enfants de son mariage avec M"® de Caumels, qu'il avait épousée, en 1776 *.

Bernard-Marie Dortet de Ribonet, né à Saint-Sulpice en Lézadois, le 8 septembre 1749, succéda, le 19 décembre 1769, comme conseiller commissaire à la Chambre des Requêtes, à A.C.G.H. d'Advizard, et devint, en 1 776, commissaire taxateur à la même Chambre. L'indépendance dont il fit preuve dans Texercice de ses fonctions judiciaires et son énergique résistance à l'arbitraire royal , lui valurent à deux reprises, en 1771 et en 1788, un exil rigoureux qu'il partagea, du reste, avec plusieurs de ses collègues.

Allié par sa mère aux de Boutaud, il appartenait à une ancienne famille ^ de noblesse reconnue en 1640, et dans laquelle on signalait un capitoul de Toulouse, en 1614; et un colonel du régiment de Chartres- Infanterie. L'Assemblée générale des trois ordres de la sénéchaussée de Toulouse le compta au nombre de . ses membres, et le 30 juin suivant, il épousa M"* de Gounon-Loubens dont il eut un fils unique. A la Révolution, de Ribonet Uquida son office et refusa d'émi-

1. Ecu écartelé : au premier et dernier d*azur au lévrier passant d'argent; aux deuxième et troisième de gueules, à un château fort d'or, maçonné et ajouré de sable, au chef cousu d'azur chargé de trois yeux d^argent. (Nobiliaire toulousain.)

2. Les de Ribonet portaient de sinople à une fontaine d'argent jaillissante d'un bassin de même, chargée d'un dauphin d'argent buvant. (De la Rocque.)

grer : « Ayant toujours fait mon devoir, je n'ai rien à a redouter, » disait-il. Les hommes de 93 en décidèrent autrement : le magistrat vertueux, l'homme de devoir fut arrêté, condamné et exécuté comme ennemi de la France. Trois ans après, une mort prématurée vint frapper son enfant, le dernier héritier du nom des Dortet de Ribonet.

Sa sœur avait épousé J.H. de Carrière-Brimont, dont le nom , honorablement connu à Toulouse , rapj)ene un des membres les plus distingués du barreau, sous le règne de Louis XV.

Raymond-Nonnat de Lagaze baron de Villières, né en février i 746, acheta l'office de J. F. de Montégut, fut reçu conseiller commissaire aux Requêtes, le 3 janvier 1771, et entra, quelques mois après, au Parlement Maupeou. Au moment des protestations de la Chambre des vacations, il était au château de Villières^ aux environs de Poucharramet, et n'en revint qu'en février 1791 \; néanmoins, les arrêts de septembre 1790, dont il n'eut connaissance que bien après leur publication, lui furent imputés à crime et le conduisirent à l'échafaud, où il monta , à l'âge de quarante-huit ans, avec le courage et la fermeté que lui inspirait un passé d'honneur et de probité. Il laissa trois enfants de son mariage avec M"* A. de Pijon.

IsmORE DE POULHARIEZ BARON DE SaBOULIES, S6i-

gneur de la Réole, Ardiszas, Lamothe, etc., naquit à Toulouse, en juillet 1734, et fut admis, le 22 décembre 1761, à faire partie du Parlement, où il avait acquis l'office de L.G. de Pujêl.

1. Archives nationales, W. 349» n» 703 bis, i'« partie.— CertifiaU de la municipalité du Lherm.

Ce magistrat devait forcément être frappé par les premières mesures contre les suspects : le 7 avril 1793, une perquisition faite à son domicile le fit mettre en état d^arrestation et conduire à Sainte-Catherine; après de longs et minutieux interrogatoires, il fut mis en liberté le 12, arrêté de nouveau le 25, relaxé une seconde fois en mai, enfin incarcéré définitivement à la Visitation, le 22 août suivant.

Pendant sa détention, son château de la Réole, près de Cadours, fut absolument mis au pillage par un détachement de Tarmée révolutionnaire, qui avait reçu du représentant du peuple, Paganel, la mission de rechercher et de saisir, dans les districts de Grenade, CastelsaiTasin et autres, « les objets de luxe a pouvant être utiles au service de Tarmée ou des hô- (( pi taux militaires. » Le 29 brumaire (19 novembre 1793), un adjoint aux commissaires civils Hugueny et Blanchard, accompagné d'une escouade, vînt faire une perquisition à la Réole, en présence du maire de la commune. Ses recherches furent des plus fructueuses, puisque, le même jour, il envoya au magasin de dépôt, à Grenade, vingt-neuf charrettes chargées de meubles et d'effets de toute nature saisis au profit de la nation, et que, la semaine suivante, neuf charrettes, portant près de dix tonnes d'objets en plomb, furent expédiées à la même destination. Le magistrat dépouillé adressa au Directoire du département une énergique protestation contre la saisie opérée à son domicile. Sa requête fut renvoyée au Directoire du district de Grenade, et celui-ci, dans la séance du 16 frimaire (6 décembre 1793), déclara que la saisie ayant été opérée en présence du maire et des officiers municipaux de la Réole« contrairement aux affirmations du pétition-» naire, il n'y avait pas Heu de délibérer, afin d'éviter a un véritable entrechoc de pouvoirs » entre l'autorité

municipale et les chefs de l'armée révolutionnaire *. Un aristocrate, un suspect, uti ancien magistrat ne devait pas attendre d'autre réponse à sa réclamation, quelque fondée qu'elle pût être.

De Poulhariez avait épousé M"*Dabent, qui fut arrêtée, le 20 pluviôse (8 février), et enfermée à l'ancienne abbaye des chanoinesses de Saint-Sernin ; elle y demeura jusqu'au 26 brumaire suivant (16 novembre 1794), date à laquelle les représentants du peuple crurent pouvoir « rendre sans danger à la société » une femme « que sa longue détention avait corrigée « de ses erreurs politiques. »

Le vieux magistrat avait deux enfants: sa fille, M"** de Lavedan, habitait l'Italie ; son fils, devenu son collègue au Parlement, gravit à ses côtés les degrés sanglants de l'instrument de mort et tomba, comme lui, victime innocente des fous sanguinaires qui terrorisaient la France.

Le jeune Louis-IsmoRE Poulhariez de la Réole, né en octobre 1762, avait succédé au Parlement, le 9 avril 1782, à P.J. Foulquier. Coupable d'avoir été magistrat, il fut incarcéré le 25 avril, puis le 22 août 1793, et partagea avec son père la palme du martyre.

Les Poulhariez siégeaient ensemble à la première Chambre des Enquêtes; par son rang d'inscription, et conformément à Tédit de 1775, le fils était obligé, en même temps, de participer aux travaux et aux délibérations de la Chambre Tournelle. Ils avaient assisté, tous deux, le 27 mars 1789, à l'Assemblée de la noblesse de la sénéchaussée de Toulouse, comme gentilshommes membres d'une ancienne famille, dont les services sont rappelés dans les provisions royales

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