ArclûTefl de la Haute-Garonne. Série L. Reg
^ 175 — de Louis-Isidore : son grand-père avait été, pendant trente-sept ans, trésorier général de France au bureau des finances de Toulouse ; le nom de son grand-oncle figurait parmi ceux des maréchaux de camp et des commandeurs de Saint-Louis ; enfin, son oncle maternel de Fœlino avait rempli, avec distinction, les fonctions de ministre secrétaire d'Etat auprès de fin. fant duc de Parme*.
Jean-Jagques-Marie-Joseph Martin d'Ayguesvives, né en avril 1738, succéda à J.A.M. de Niquet, comme conseiller au Parlement, le 9 février 1 760, et devint président à la première Chambre des Enquêtes, en janvier 1767, en l'office de J. de Catellan de Lamasquère. L'Assemblée générale des trois ordres tenue, le 26 mars 1789, & la Dalbade, sous la présidence du comte de Portes, chevaUer sénéchal gouverneur de Toulouse et de l'Albigeois, le compta au nombre des membres de la noblesse, comme seigneur de Mervilla. Victime de Cappelle, de Fouquier-Tinville et de leurs séides , il mourut à cinquante-six ans, après trente-quatre ans de fonctions judiciaires dans lesquelles rélévation de ses sentiments, la droiture de son caractère et la rectitude de son jugement, lui avaient attiré l'estime de ses collègues, Taffection et le respect de ses concitoyens.
Il laissa six enfants de son mariage avec M"' de Polaslre, qui fut détenue au couvent de Saint-Sernin, comme mère d'émigré, du 8 germinal an II au 24 brumaire de l'année suivante (du 28 mars au 14 novembre 1794). Ses deux fils avaient été portés sur la Uste des émigrés; ils établirent, fun et l'autre, qu'ils
1. Les armoiries de cette fkmiiie étaient d'or, k l'arbre de sinopie, accosté d'un coq crété et barbé de gueules ayant la patte dextre levée, èi une étoile d'azur mise en chef. (Nobiliaire toulousain).
n'avaient pas quitté la France et furent définitivement radiés, les 16 germinal et 24 thermidor an III. Plus tard, Tainé entra dans la magistrature, où il continua les traditions de sa famille.
Le nom justement honoré des d'Ayguesvives a été noblement porté par ses trois petits-fils, qui se sont distingués, par leurs mérites et par leurs talents, aussi bien dans les assemblées littéraires que dans la carrière politique et dans la diplomatie : le marquis d'Ayguesvivos, aux Jeux-Floraux et au conseil général de la Haute-Garonne ; le baron de Malaret, dans les ambassades, et le comte d'Ayguesvives, à la Chambre des députés, ont servi la France avec le dévouement et l'abnégation de leur aïeul, le magistrat qui fut guillotiné, le 14 juin 1794, sous Todieuse et mensongère inculpation d'avoir conspiré contre sa patrie.
Pierre-Marie de Reversac Celès de Marsac, seigneur de la Salvetat Saint-Gilles, naquit à Toulouse, en décembre 1742, et entra au Parlement, le 22 mars 1763, en l'office de son père, Melchior-François. Ses éminentes quahtés de jurisconsulte le firent particulièrement remarquer dans Texercice des fonctions judiciaires, et Tindépendance de son caractère lui valut, par deux fois, une condamnation à Texil avec plusieurs de ses collègues, en 1771 et 1788. L'Assemblée générale des trois ordres de la sénéchaussée de Toulouse de 1789 le vit siéger parmi les membres de la noblesse, comme possesseur d'un fief 6 la Salvetat Saint-Gilles. Écroué à la Visitation, le 20 avril, puis le 2r2 août 1793, il finit courageusement sa carrière, & rage de cinquante-deux ans, et laissa quatre enfants.
Sa venve, née de Puylaroque, fut arrêtée, le 2 thermidor (20 juillet), sous l'inculpation d'avoir détourné
des effets appartenant à la République, par suite de la confiscation des biens du magistrat condamné, et sa détention à la Conciergerie de Toulouse dura jusqu'à, la fin de vendémiaire an III (octobre 4794). Un des fils de Celés de Marsac a appartenu, quelque temps, au conseil général de la Haute-Garonne, sous la Restauration \
Jean-Joseph-Henry de Cassand-Glatens, fils de François-Joseph, seigneur de Qlalens, de Jettes, du Lherm, etc., conseiller au Parlement, et de Marie de Mélié, naquit à Toulouse, le 15 avril 1727 *, et fut reçu conseiller au Parlement, en remplacement de J.M. de Lanes, le 14 avril 1753. Il se signala à la Cour, où il siégeait à la Chambre Tournelle, par un zèle infatigable, un profond attachement à ses fonctions et une remarquable rectitude de jugement. Aux qualités du magistrat, de Cassand joignait une aménité de caractère qui lui avait acquis Taffeclueuse sympathie de tous ses collègues.
Il figura, en son nom personnel et comme^nandataire de du Bourg, seigneur de Sapssens, aux réunions de la noblesse, tenues en 1789, dans la salle des Illustres, au Capitole.
Kn 1761 , le chancelier de Maupeou avait bouleversé l'organisation judiciaire et condamné à Texil ses adversaires, au nombre desquels était de Cassand. Dix ans après, la Révolution supprima à son tour les Parlements, mais elle envoya à la mort tous les membres de Tancienne magistrature.
1. Les de Marsae portaient d'azur au chevron d'or, accompagné de trois lions rampants du même posés deux en chef et un en pointe. (NMliaire toulousain,)
2. L'écu des de Cassand est écartelé : aux premier et dernier d'azur au lévrier passant d'argent, au chef d'hermine ; aux deuxième et troisième d'azur h trois fasces d'argent, au chef d'or chargé de trois mouchetures d'hermine. (Nobiliaire taulou$ain.)
De Cassand était incarcéré, pour la seconde fois, à la Visitation, depuis le 22 août 1793, lorsque sa femme, Antoinetle-Adrienne de Rabaudy, fut guillotinée a Toulouse, victime de son amour maternel et de son respect pour la vérité. Le geôlier, Tinfâme Moulis, se hâta d'apporter la nouvelle de cette criminelle exécution au malheureux détenu, qui faillit mourir de douleur*. Aux souffrances physiques des prisonniers, les bourreaux ne manquaient pas, à Toccasion, de joindre les tortures morales, avant d'envoyer leurs victimes à la guillotine.
Trois mois après, Tinfortuné magistrat était envoyé à Paris, et mourait sur Téchafaud, le 14 juinl Bien qu'A ne figure pas sur la liste des condamnés, il n'est pas douteux que ce soit lui qui est désigné, aux diverses pièces du procès, sous le nom de Joseph- Henri Cassaigne ou Cassainne. soixante-huit ans, né à Toulouse, y demeurant, ci-devant conseiller au Parlement.
On a prétendu qu'un protestant, député de la Haute- Garonne à la Convention nationale, s'était fait le vengeur de son coreligionnaire Calas et avait poursuivi de sa haine tous les parents de ceux qui avaient pris une part quelconque au jugement rendu, en 1762, par la Chambre Tournelle. Or, un membre de la famille du magistrat guillotiné, le 26 prairial, P. de Cassand- Clairac, avait été rapporteur dans cette cause célèbre; mais aucun document, aucune preuve ne vient confirmer cette accusation contre le conventionnel Julien, quia déjà une part bien lourde de responsabilité dans les douloureux événements de la période sanglante.
De Cûssand laissa deux fils, dont Tun avait émigré,