‹ La fin du Parlement de ToulouseChapitre 60 sur 117 · Archives nationales, W. 349, n» 703 bis etW. 408, n · texte numérisé non relu

Archives nationales, W. 349, n» 703 bis etW. 408, n

2. L'écu des Gombettes de LaboureUe est bandé d'or et de gueules de six pièces, au chef d'azur, chargé d'une larme d'argent accostée de deux croissants de même.

d'honneur au bureau des finances de Monlauban, que par ceux de son oncle maternel, V. A, de Rolland, conseiller commissaire à la Chambre des Requêtes de la Cour de Toulouse.

Le jeune âge de Combe ttes ne lui permit pas de prendre une part active aux travaux du Parlement, Sa naissance et son titre de seigneur direct de la ville et consulat de Gaillac rappelaient aux réunions de la noblesse de la sénéchaussée de Toulouse; il s'y fit représenter, eu 1789, par le président Marquier de Fajac.

A la suppression de la Cour souveraine, de Combettes se retira au château de Brens, dans le district de Gaillac; il y séjourna sans interruption jusqu'en 1792, et ne pouvait dès lors être accusé d'avoir adhéré aux protestations de la Chambre des vacations.

La loi des suspects l'amena, en 1793, dans les prisons de Gaillac, puis à la Visitation de Toulouse, et son titre de parlementaire le fit bientôt après envoyer à Paris, Pendant le trajet, en passant à Pierre-Buffière, il fut sur le point de s'évader avec ses collègues, les deux conseillers de Lespinasse : malheureusement un accident survenu, au dernier moment, à de Lespinasse père empêcha l'exécution de ce projet que devaient favoriser quelques hommes de l'escorte. Les amis continuèrent leur route et montèrent ensemble sur réchafaud.

Les lettres touchantes que de Combeltes écrivit à sa famille *, dans le cours de son lugubre voyage, témoignent de la haute piété, de la fermeté de caractère et de la résignation du jeune magistrat, qui n'avait pas encore atteint sa trentième année lorsqu'il tomba sous le couperet révolutionnaire.

1. Ces lettres ont été publiées dans Nos Premiers Présidents, par M. Amilhau, conseiller èi la Cour de Toulouse, p. 494.

Sa jeune veuve, Jeanne-Raymonde de Joulia, qu'il avait épousée, le 27 mars 1788, porta toute sa vie un deuil rigoureux, et fit le vœu d'assister les condamnés à mort, pendant leur dernière journée. Elle accomplit religieusement ce pieux engagement, et l'éducation de ses enfants occupa toute l'existence de cette courageuse chrétienne.

Les traditions de la famille de Gombettes de La^ bourelie se sont religieusement transmises de génération en génération, et ses représentants actuels sont entourés, dans l'Albigeois, de l'estime et de la considération publiques.

Jacques de Bardy, né à Montpellier, le 24 octobre 1709, était fils du président trésorier des finances, intendant des gabelles du Languedoc. Il entra au Parlement, le 15 mars 1788, en qualité de conseiller commissaire aux Requêtes, en l'office de J.B. Deiherm, et remplaçai, de Juin à la Grand'Ghambre, en juillet 1752.

Dans le cours de sa longue carrière, de Bardy fut chargé, à plusieurs reprises, par ses collègues de la délicate mission d'aller présenter au roi les vœux et les doléances de la population. La dignité et l'habileté dont il fit preuve, comme magistrat et comme négociateur, dans l'accomplissement de ce mandat difficile, lui assurèrent l'approbation de la Cour et la reconnaissance de ses concitoyens.

Ses fonctions judiciaires, malgré leur importance, ne l'absorbaient pas au point de le détourner complètement des études vers lesquelles l'entraînait une remarquable aptitude. La finesse de son goût littéraire et les mérites de ses travaux lui valurent le titre de mainteneur à l'Académie des Jeux-Floraux, où il occupa le vingt et unième fauteuil.

La prbpriéié du fief de Lansègue, à Aussonne, l'appela ô prendre part à rÂssemblée générale des trois ordres, réunie le 26 mars 1789, dans l'église de la. Dalbade ; le lendemain, il assista k la réunion de la noblesse, tenue à Thôtel de ville.

De Bardy était depuis longtemps membre de la Chambre des vacations; en Fabsenee des présidents titulaires, Daspe et deManiban,il présidait les audiences, par droit d'ancienneté, au moment de la suppression des Parlements et de Tadoption des arrêts de septembre 1790. L'Assemblée nationale ordonna son arrestation, mais il avait émigré avec ses collègues et ne reritrà en France qu'après l'amnistie de 1791 ; depuis cette époque, il vécut très retiré à la campagué jusqu'au jour de son incarcération. Le calme de sa retraite fut troublé parfois par les vexations des jacobins au pouvoir : le 15 frimaire an II (5 décembre 1793)| sur la réquisition du procureur général syndic Descombels, sa maison fut envahie parles commissaires^ Lacroix et Groussac, accompagnés du maire et du procureur de la commune d' Aussonne, sous le prétexte de rechercher les effets, le linge et l'argenterie <( eoustrails ou cachés au détriment de la Républi- « que *. » La perquisition fut à peu près infructueuse; il est vt^ai que les agents de Descombels avaient été devaneés, là veille, par Monestier, accompagné d'un piquet de Parmée révolutionnaire dont les recherches n'avaient pà^ été inutiles. Le même jour. Berges, officier municipal à Toulouse, saisissait au domicile de Bardy, 147 marcs d'argenterie, qui furent envoyés à la MôBfaàie.

- Sôfi^ând âge et là modestie de sa retraité, évitè-

1. Archives de la Hautd-Garonne. Série L. Reg.2û, p. 140, et Liasses.

rent au vieux magistrat d'être compris dans les premières arrestations et prolongèrent son existence de quelques semaines. Lorsque Cappelle, accusateur public, reçut Tordre d'envoyer à Paris tous les membres de la Chambre des vacations, il écrivit au Comité de sûreté générale, le 30 ventôse an II (20 mars 1794), pour lui annoncer Tenvoi de six des magistrats* et la prochaine arrestation de Bardy, qui se trouvait à la campagne, à quelques lieues de la ville ^ La municipalité de Blagnac avait dénoncé comme suspect, le 24 ventôse, l'ancien président de la Chambre des vacations, en déclarant « qu'une garde de deux bons « sans-culottes devait être la seule mesure à prendre <c contre lui *. » Le surlendemain, cette dénonciation fut reproduite au Comité révolutionnaire de Toulouse, etCappelle ordonna Tincarcération de Bardy, qui entra à la Visitation, le 30 ventôse.

Son courage, sa résignation et sa foi chrétienne le soutinrent jusqu'à la fin de cette terrible épreuve, dans laquelle sa vieillesse n'inspira pas plus de pitié aux terroristes que ne leur en avait causé le jeune âge de Combettes de Labourelie : jeunes ou vieux, enfants ou vieillards, tous étaient également destinés à périr sur l'échafaud.

<K Nous avons tous quatre-vingts ans, » disait avec raison un détenu dans les prisons de Paris: sous le règne du vertueux Robespierre, Texistence de tous les citoyens, quel que fut leur âge, était aussi gravement menacée par les caprices sanguinaires des hommes au pouvoir que l'est celle des octogénaires par les infirmités et par le poids des années.

La seule préoccupation de Bardy était de recevoir

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