‹ La fin du Parlement de ToulouseChapitre 65 sur 117 · Tableau des prisons de Toulouse^ par Pescaire, p · texte numérisé non relu

Tableau des prisons de Toulouse^ par Pescaire, p

Un alibi encore mieux établi ne sauva pas davantage le conseiller de Barrés.

François de Barres, né à Pouzolles, dans le Bas- Languedoc, en mai 1714, avait acquis Toffice de F. de Mariette, conseiller clerc; il fut reçu, le 20 mai 1750, et conserva sa charge à la Cour, après la réforme du chancelier de Maupeou. Cet ecclésiastique occupait dans le clergé des fonctions aussi importantes que dans la magistrature; il était chanoine, grand archidiacre du chapitre de Béziers et membre de la Chambre souveraine du clergé pour la province de Toulouse, à l'époque de la Révolution, mais depuis le mois d'octobre 1788, il avait cessé de faire partie du Parlement, par suite d'une décision interdisant tout travail avec le conseiller Molinery de Murols et avec lui. Son exclusion et celle de son collègue furent rappelées pendant le procès de Fouquier-Tinville, en l'an III, par Cambon, substitut de l'accusateur public. La disparition des registres secrets de la Cour de Toulouse, le défaut absolu de tout document et le silence des historiens contemporains ne permettent aucune affirmalion précise sur les causes de la décision dont ces deux magistrats furent l'objet.

Quoi qu'il en soit, l'abbé de Barrés était demeuré forcément étranger aux protestations de la Chambre des vacations. Qu'importait au Tribunal révolutionnaire? Au crime d'avoir appartenu autrefois au Parlement, comme Molinery de Murols, il joignait celui d'être membre d'une famille dont la noblesse remontait 6 la fin duxin* siècle S et celui, plus grave en-

1. Les de Barrés, seigneurs du Molard, portaient d'argent à trois barres accompagnées en chef d'un croissant et côtoyées en pointe de trois étoiles, le tout de gueules. (Nobiliaire universel de France^ par Saint-Allais.)

core, d'être revêtu du caractère sacré de ministre de la religion. C'en était trop pour que ses quatre-vingts ans pussent échapper à la guillotine.

Hector- Alexandre-Bertrand-Bruno d'Aussaguel PE Lasbordes, né en septembre 1736, était fils d'un conseiller au Parlement. Reçu commissaire aux Requêtes, le 28 mars 1760. en Toffice de J.F. J, de Nicolas, il fut nommé commissaire taxateur des dépens à la même Ciiambre, en 1776, et vint, le 16 mars 1782, remplacer P. Desinnocens comme conseiller à la Gîour, où il siégeait à la Chambre Tournelle.

Descendant d'une vieille famille de magistrats, de Lasbordes habitait à Toulouse, à TArc des Carmes, le célèbre hôtel que fit construire le conseiller de Maynier^et dont Torneroentation est attribuée, en partie du moins, à Nicolas Bachelier.

Le fief qu'il possédait dans le consulat de Lombers, en Albigeois, l'appelait à prendre part à la réunion des trois ordres de la sénéchaussée de Castres, qui eut lieu, le 17 mars 1789.11 s'y fit représenter par le baron de Brassac et assista, comme propriétaire d'un fief à Cugnaux, à la réunion de la sénéchaussée de Toulouse, qui fut tenue, le 26 du même mois, à l'église de la Dalbade, sous la présidence du comte de Portes, chevalier sénéchal, gouverneur de Toulouse et de l'Albigeois.

La Terreur incarcéra le magistrat, en avril 1793, à la prison de la Visitation, où il demeura seulement quelques semaines, mais le 80 septembre suivant, le procureur général syndic Descombels requérait le: procureur du district de faire arrêter de Lasbordes à son château de Maurens, à Cugnaux. Il fut appréhendé

1. En face deThôtel Montégut, ii Tangle des rues d'Aussargues et du Vieux- Raisin.

au corps, réuni à ses collègues du Parlement et dirigé sur Paris, où il mourut, à la barrière du Trône, à rage de cinquante-trois ans.

De Lasbordes avait eu plusieurs enfants de son mariage avec M"® d'Haire. En janvier 1792, ses deux fils, âgés de douze et de sept ans, partirent avec leur mère pour se rendre à Rome auprès du cardinal de Bernis. leur parent, qui devait diriger leur éducation. Leur âge ne leur évita pas d'être dénoncés comme émigrés, et les biens de leur père, qui avaient été mis sous séquestre, le 31 juillet 1793, parla municipalité de Gugnaux , avec Tapprobation du Directoire du district de Toulouse» furent vendus, au profit delà nation, en vendémiaire et en pluviôse an III. Le fils aîné du magistrat guillotiné attendit sa dix-huitième année pour demander d'être radié, ainsi que son frère, de la liste des émigrés; le Directoire rejeta cette requête , le 23 germinal an VII, sous le prétexte qu'elle avait été produite tardivement, et dépouilla de tous leurs biens des enfants que leur jeunesse eût dû protéger contre la rigueur des lois.

Guillaume-François-Joseph-Gatherine de Lespi- NASSE MARQUIS DE FLORENTIN, fils du marquis de Lespinasse, conseiller à la Grand'Chambre, et de Françoise-Magdelaine de Nupces, naquit le 25 avril 1761. Son père siégeait & la Cour et son oncle J.J.D. de Senaux y était président à mortier, lorsqu'il entra au Parlement, le 16 décembre 1782, comme conseiller commissaire aux Requêtes, en Toffice (le P.J.B.A. Bonhomme Dupin. Des dispenses royales d'âge et de parenté, autorisèrent la réception du jeune magistratdont les ancêtres, d'ancienne noblesse, avaient appartenu à la Cour souveraine, depuis plus de deux siècles, soit comme avocats, soit comme magistrats. Lai

famille des de Nupces remontait au xv* siècle et, depuis 1475, elle avait été constamment représentée au Parlement par une série de trois présidents à mortier et de sept conseillers à la Cour ; elle comptait en outre plusieurs colonels, des chevaliers de Malte, etc.

A la réunion de la noblesse, tenue à Toulouse, le 27 mars 4789, de Florentin siégea comme membre de Tordre et comme mandabôre de sus père, se ^ g i ieM <fe Faix. UamBée rarvante, dMmportants travaux de constme6bn le retinrent sans interruption à Florentin, dans le Tarn, pendant les mois d'août, de septembre et d'octobrp; nommé commandant de la garde nationale et délégué à la fédération qui eut lieu à Castres, le 26 septembre, il ne put prendre aucune part aux délibérations de ses collègues au sujet des protestations adoptées par la Chambre des vacations.

La Terreur le découvrit à Montesquieu, où il s'était retiré : il fut arrêté et dirigé sur Paris. Le dévouement et les supplications de M^ de Lespinasse,née Dupuis- Montbrun , le certificat délivré par la municipahté de Florentin S et son absence notoire de Toulouse, au moment des arrêts de septembre 1 790, ne purent modifier la décision des membres du Tribunal révolutionnaire qui, le 18 messidor, assassinèrent sans jugement ce jeune magistrat de trente-trois ans.

Jean-François Peyrot de Vailhausy baron de Brousse, seigneur de Vailhausy et de Luganhac, né à Millau, dans le Rouergue, en 1742, acheta l'office de J.L.E.A.de Gambon et fut reçu conseiller au Parlement, le 19 juin 1762 ; il siégeait à la deuxième Chambre des Enquêtes.

1 • Documents déposés aux Archives nationales, W. 349, n<> 703 6û, !«• et. 3» parties.

Peyrot de Vailhausy assista, en 1789, à l'Assemblée de la noblesse de la sénéchaussée de Toulouse ^ Dans le cours de sa carrière, il avait subi les rigueurs arbitraires du pouvoir royal avec ses collègues du Parlement, et il tomba noblement avec eux victime du Tribunal de sang.

Sa veuve, née de Barbeyrac, invoqua le défaut de jugement du Tribunal révolutionnaire pour réclamer auprès du Comité de législation, en germinal an III, la restitution de ses biens mis sous séquestre, quoique aucun acte officiel n*eût constaté la mort de son mari *,

Auguste- Jean- Claude-Louis Daspe, seigneur de Meilhan et de Fourcès, fils d'un président à mortier et de M"* de Belloc , naquit à Auch, dans TArmagnac, le 14 septembre 1752. Il suivit quelque temps la carrière militaire comme officier dans Dauphin- Dragons, puis acheta Toffice de J.F.d'Albis, conseiller commissaire aux Requêtes, et fut admis à ces fonctions, le 7 septembre 1775, à peine âgé de vingt-trois ans. Peu de temps après, il perdit son père. Des provisions royales l'autorisèrent à lui succéder dans la charge de président, sauf obligation de siéger aux Requêtes jusqu'à Tâge de vingt-cinq ans et de n'exercer la présidence qu'à trente ans accomplis ; toutefois, de nouvelles dispenses abrégèrent bientôt les délais qui lui étaient imposés pour remplir les fonctions que son père, son aïeul et son bisaïeul avaient successivement exercées à la Cour souveraine du Languedoc.

Il assista y comme gentilhomme et en quaUté de mandataire de M. de Beaujean, seigneur de la châtel-

1. Armoiries : de sable h deux fttsces ondées d'or, au poirier de sinople^ fruité d'or, brochant sur le tout.

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