‹ La fin du Parlement de ToulouseChapitre 82 sur 117 · Archives de la Haute-Garonne. Sétte L. Liasses · texte numérisé non relu

Archives de la Haute-Garonne. Sétte L. Liasses

cependant son nom ne figure sur aucune liste des détenus de cette ville. Il mourut à quatre-vingt-cinq ans, vers la fin de 1802.

François-Benoit d'Héliot passa vingt-deux ans au Parlement, en Toffice qu'il avait acquis de J.B. de Progen. Il avait quarante-trois ans, lorsqu'il reçut le titre de conseiller honoraire, le 3 février 1768.

Jean-Jacques-Louis de Trenqualye avait succédé à P. de Blanc, et prit sa retraite, le 1" mars 1765, après vingt ans de service. Son fils, de Trenqualye de Magnan, lui succéda dans la carrière parlementaire et fut reçu commissaire aux Requêtes, en 1781.

Etienne-François-Xavier- Aymable de Catellan de Caumont appartenait à la noblesse parlementaire par son père et par sa mère, M"® Roussel de Saint-Amans. Plusieurs générations de sa famille s'étaient déjà illustrées par leurs services exceptionnels à la Cour de Toulouse, où il entra, le 29 août 1750; il siégea seulement douze ans et devint conseiller honoraire, le 20 novembre 1762.

François de Bernard de Saint- Jean fut reçu, à vingt-trois ans, le 7 janvier 1747, commissaire à la Chambre des Requêtes et attendit jusqu'au 18 juin 1766, avant de devenir conseiller au Parlement, où ses longs et honorables services lui valurent le titre de conseiller honoraire.

Le comté de Marcillac, qu'il avait acquis en 1771, et la seigneurie de plusieurs fiefs à Beaumont-de- Lomagne, l'appelèrent à prendre part, en 1789, aux Assemblées des trois ordres.

De Saint-Jean, dont tous les biens avaient été mis sous séquestre pendant la Terreur, mourut vers cette

époque, laissant deux enfants de son mariage avec M,^^ de Mun, fille d'un ancien receveur général de Guyenne et sœur du chevalier de Mun, qui était exempt des suisses du comte d'Artois, et fut tué à la journée du 10 Août. Son fils aîné eut une fille, qui épousa le comte de Cambolas; le second a laissé des descendants dans le Languedoc, où son nom est dignement porté par son arrière petit-fils, le marquis de Saint-Jean.

Rodolphe- Joseph de Raffin, fils d'un secrétaire du roi, receveur des tailles à Uzès, naquit en 1727, remplaça J. de Cambolas au Parlement, le 23 juin 1748, et fut reçu, trois ans après, mainteneur à l'Académie des Jeux-Floraux. Les remarquables talents dont il faisait preuve dans Texercice de ses fonctions de magistrat, lui méritèrent, à plusieurs reprises, des témoignages tout particuliers de la confiance de ses collègues. Il fut chargé, en 1766, avec A. de Paraza et de Cantalause, d'aller pacifier le Vivarais et réprimer une criminalité trop longtemps impunie dans cette contrée. Au moment de la réforme judiciaire tentée par Maupeou, le Parlement lui confia la rédaction des remontrances adressées au roi, le 6 avril 1771, contre les décisions du chancelier; l'énergie de son style et la vigueur de ses déductions déplu-^ rent au pouvoir royal, qui l'envoya en exil. De Raffin reprit ses fonctions, en 1775, et les conserva jusqu'en juin 1784, puis il se retira à Uzès.

Sans respect pour son grand âge, la Terreur fit arrêter et incarcérer ce vieillard presque septuagénaire qui, pendant sa détention, contracta une maladie nerveuse dont il souffrit jusqu'à sa mort, le 18 avril 1805*.

1. Voir son éloge aux Jeux-Floraux, le 14 juin 1809, et VSistoire des Jeiujc-Floraiiœ^ par Poitevin-Peitavi.

Louis-Antoine de Vie de Clermont avait à peine dix-neuf ans lorsqu'il succéda à son aïeul et vint siéger, le 26 mai 1752, auprès de son père, qui était conseiller à la Cour. Ses trente-deux années de service lui firent obtenir, le 5 juillet 1783, le litre de conseiller honoraire.

Pendant la période sanglante, il fut inscrit sur la liste des émigrés de la commune de Toulouse et ses biens de Tlsle-Jourdain furent mis sous séquestre.

Henry-François de Boutaric de Lafont-Vedelly, plus connu sous le nom de Boutaric d'Azas, était destiné par sa naissance et par les traditions de sa famille à faire partie du Parlement de Toulouse. Le 18 juin 1751, avant d'avoir atteint sa vingtième année, il vint à la Cour prendre le siège de son grand-père et reniplit les fonctions de conseiller pendant vingttrois ans , sauf cependant une interruption forcée de trois années, durée des Parlements Maupeou, qu'il passa en exil dans ses domaines d'Azas.

L'ancien magistrat prit part aux délibérations de la noblesse de la sénéchaussée, réunie à Toulouse en 1789, mais il consacrait surtout les loisirs dé sa retraite aux études scientifiques et aux travaux arlistiques^ Sur sa proposition, TAcàdémie des arts de Toulôuée prit, en juillet 1790, une délibération empreinte d*un esprit libéral peu comiriun avant cette époque : les dignités de cette société savante, trop frécjuemmetit attribuées aux privilégiés de la naissance ou de la fortune, durent être réservées depuis lors- à- la science et au mérite individuels.

Presque sexagénaire, 'tle„ Boutaric témoignait de son civisme par des dons à la nation et par la régularité de soii service dans les légions de volontaires de la capitale du Languedoc; son patriotisme lui

mérita même d'être appelé, par ses concitoyens, au grade de capitaine des grenadiers. A la fm de 1789, la Déclaration de la noblesse^ signée par un grand nombre des membres du Parlement, provoqua les protestations des gardes nationales de Toulouse, et la légion du Capitoulat de la Pierre s'associa à ce mouvement. Ce fut en vain que de Boutaric tenta de faire rapporter la délibération, mais son intervention en cette circonstance lui fut imputée à crime sous la Terreur.

Après avoir quitté la garde nationale toulousaine, l'ancien magistrat était devenu colonel de la légion d'Azas , près de Montastruc , lorsqu'un terrible accident de voiture vint le mettre dans Timpossibilité de continuer tout service actif; il se voua complètement alors à ses travaux scientifiques que devaient bientôt interrompre les rigueurs inutiles des jacobins. Le 25 avril 1793, la municipalité de Toulouse le fît arrêter, par mesure de sûreté générale, et conduire à la prison de la Visitation; quelques jours après, le 9 mai, la liberté lui fut accordée sous condition. En vertu d'un nouvel ordre d'arrestation du 23 août suivant, de Boutaric entra une seconde fois à la Visitation, le 15 octobre, et y demeura plus d'un an, jusqu'au 25 brumaire an III (15 novembre 1794). Pendant sa longue détention, ses biens avaient été saisis, son château d'Azas avait été l'objet, en nivôse an II, d'une de ces minutieuses perquisitions comme savaient les faire les délégués de la Société populaire de Toulouse, et son frère, incarcéré comme suspect, était mort dans la prison de Sainte-Catherine.

De Boutaric * était veuf depuis longtemps. De son mariage avec M"* de Papus, fille d'un conseiller ô

1. Armoiries des de Boutaric : d'argent à un arbre de sinople teirassé de môme, au lévrier passant de gueules, brochant sur le fût de Tarbre. (Nobiliaire toulousain.)

la Cour, il n'avait qu'une fille, qui avait épousé le marquis de Brueys.

Charles-Joseph de Barbara de Boisseson, né en avril 1726, remplaça au Parlement A. J. de Comère, le 4 septembre 1752, et fut nommé conseiller honoraire, le 3 juin 1769, avant d'avoir accompli les vingt années de service nécessaires pour obtenir ce titre. Son nom figure sur la liste des membres de la noblesse qui assistèrent, le 17 mars 1789, à la réunion des troijs ordres de la sénéchaussée de Castres.

Pierre-Marie-Louis de Fajole, seigneur de Puylausic, fut reçu conseiller à la Cour, en septembre 1760, en l'office de J.B. Olivier duBouzet, grâce à des dispenses royales autorisant son admission, bien qu'il n'eût pas encore vingt-cinq ans et que son père siégeât à la Grand'Chambre. Après vingt-deux ans de service, il se relira comme conseiller honoraire, le 18 septembre 1782.

Quoiqu'il n'appartînt plus au Parlement, qu'il fut infirme et « d'un caractère tranquille, » disent les registres d'écrou, deFggole fut incarcéré du 25 avril au 11 mai 1793, date à laquelle Arbanère, vice-président du Comité de sûreté générale, ordonna son élargissement. L'année suivante, le 15 thermidor an II, la prison de la Visitation le compta, une seconde fois, au nombre des détenus, et sur la liste des prisonniers, on trouve une mention indiquant qu'il lui était dû trois annuités « par la nation qui ne paie rien *. » Il recouvra la liberté, le 25 vendémiaire suivant, après un interrogatoire du représentant du peuple, assisté des commissaires de la Société populaire.

1. Archives de la Haute-Garonne.— Liste des détenus à la Visi-tation^du 29 fiructidor an II, Série L.

De Fajole était marié et avait, à cette époque, iiaê fille âgée seulement de trois ans.

Outre les quinze conseillers honoraires de la Grand '- Chambre, la Cour souveraine du Languedoc comptait, au moment de sa dissolution, un conseiller honoraire à la première Chambre des Enquêtes et deux ô celle des Requêtes.

Jean- Antoine de Capella, né le 26 novembri^ 1747, était entré au Parlement, le 10 juin 1768, en l'office de J. de Bernard de Prats. Il vendit sa charge à de Pegueiroles fils et fut autorisé, le 25 novembre 1786, à prendre le titre de conseiller honoraire, en abandonnant les fonctions qu il avait exercées pendant plus de quinze années, avec une interruption de trois ans d'exil à Castelnaudary, par ordre du chancelier de Maupeou.

Pierre- Jean-François-Ignace de Nicolas, né en novembre 1713, succéda à son père comme membre de la Chambre des Requêtes du Parlement, où son oncle maternel, de Laroque, occupait un siège de conseiller; il se retira, en septembre 1760, après vingtdeux ans de service. La Terreur ne respecta pas ses quatre-vingts ans et le mit en arrestation chez lui, du 26 germinal an II au 26 brumaire an IIP; il mourut sans postérité.

Jacques de Genton de Villefranche, naquit en 1737, et fut reçu à la Chambre des Requêtes, le 26 février 1760; en l'office de J. de Reynal. 11 conserva ses fonc; tiens pendant dix-sept ans avant d'obtenir, le 22 janvier 1777, le titre de conseiller honoraire.

1. Archives delà Haute-Garonne. Série L.^ Mesures révolutionnaires, — L'historien Dumège comnaet donc une. erreur ea â^ailt. . à 1791 la date du décès de ce inembre du Parlement.

La Chambre Tournelle, chargée de juger les affaires criminelles dont le Parlement était saisi par voie d'appel, comptait deux présidents et dix- sept çonr seillers. Conformément à Tédit de 1775, aux treize magistrats exclusivement attachés à ce service» étaient acIJQints les deux conseillers inscrits aux onzième et douzième rangs sur le tableau de chacune des deujc Chambres des Enquêtes.

Le président Daspe de Meilhau avait été guillotiné à Paris, le 18 messidor; son collègue, Henri-Elisabeth DE JouGLA DE Paraza, seigueur d'Uzède, né le 18 décembre 1745, se destina d*abord à la carrière militaire et débuta tout jeune aux mousquetaires. Le duc de Choiseul le remarqua et le fit entrer dans la diplomatie. Cette nouvelle situation Tobligeait à connaîtra les langues vivantes : il entreprit cette étude avec tant d'ardeur et la continua avec tant de succès qu'il devint plus tard Tun des premiers, si ce n'est le premier polyglotte de son époque. On cite de lui une lettre qu'il écrivit à Voltaire en seize langues différentes; le spirituel vieillard s'excusa de lui répondre en français, alléguant que le miracle de la Pentecôte ne s'était pas reproduit depuis les apôtres.

A la chute du duc de Choiseul, de Paraza renonça à la carrière diplomatique et résolut d'entrer dans la magistrature à laquelle l'attachaient les traditions de sa famille : du côté paternel, son bisaïeul et son grandpère avaient appartenu au Parlement de Toulouse, et son père en faisait encore partie; du côté maternel, son oncle, J.P. d'Assezat, occupait un siège de conseiller. De Paraza fut reçu à la Cour, le 30 août 1765, en l'office de Anceau de Mauran. Aux fonctions du magistrat et aux travaux du juriste, il joignit d'importantes études scientifiques et Uttéraires, qui le firent

appeler successivement à l'Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres, puis aux Jeux-Floraux, où il occupa le cinquième fauteuil.

En 1789, il assista aux Assemblées générales des trois ordres et aux réunions de la noblesse des sénéchaussées de Carcassonne et de Toulouse; le 6 mai de la même année, il devint président ô mortier en remplacement de M. de Gambon, nommé premier président.

Sa haute situation dans la magistrature de Toulouse devait le signaler à la haine des sans-culottes, qui le firent incarcérer à la Visitation, le 28 frimaire an II (20 décembre 1793). Il parvint à obtenir son élargissement le surlendemain *, se cacha quelque temps à Paris, puis se réfugia en Italie et y demeura jusqu'aux événements de Brumaire, qui lui permirent de rentrer en P>ance.

Une attaque d'apoplexie l'emporta subitement, dans la nuit du 12 au 13 août 1801. Sa femme, M"« de Bonfonlan, qu'il avait épousée vers 1788, ne put lui survivre et mourut de chagrin, trois jours après son mari.

Le président de Paraza, dont le nom faisait autorité dans le monde des savants et des érudits, n'a laissé aucune œuvre écrite, mais une grande quantité de documents rédigés, pour la plupart, en langue étrangère, par suite de Thabitude qu il avait contractée depuis longtemps, comme exercice mnémonique et grammatical, d'écrire toutes ses notes en divers idiomes, notamment en grec et en arabe.

Trois des conseillers titulaires de la Chambre Tournelle, créée en 1491 : de Miramont, de David et

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