‹ La fin du Parlement de ToulouseChapitre 85 sur 117 · Voir ci-dessus p · texte numérisé non relu

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Tautre, Jean Gosme, chanoine théologal et vicaire général de Montauban, fut emprisonné à Toulouse, pendant toute la Terreur, et mourut dans cette ville, au commencement de 1805.

Uabbé F'rançois-Marie-Auguste-Joseph de Cambon, né en avril 1744, succéda, le 29 août 1768, en l'office de conseiller clerc, à son oncle Jean-Tristan, appelé à révêché de Mîrepoix. Des dispenses spéciales autorisèrent son admission au Parlement, bien que son beaufrère, David d'Escalone, occupât un siège de conseiller et que son frère, qui devait clore la liste des premiers présidents de cette illustre compagnie, fut alors avocat général. Quelques jours après, un brevet royal autorisait le jeune ecclésiastique à accepter les fonctions de grand vicaire.

Son attitude au Parlement lui attira les rigueurs du chancelier de Maupeou et un ordre d'exil à Montesquieu-Volvestre, d'où il ne revint qu'au jour de la réinstallation de la Cour. Lors de la suppression de Tancienne magistrature, l'abbé de Cambon était titulaire de Tabbaye d'Eaunes, chanoine de Saint-Etienne et membre de la Chambre souveraine du clergé à Toulouse pour la partie des provinces ecclésiastiques de Bourges et d'Albi, dépendant de cette juridiction; il appartenait, en même temps, ainsi que son collègue, l'abbé de Rey, à la Chambre des vacations et, comme lui, il passa la frontière pour se soustraire au mandai d'arrêt décrété par l'Assemblée constituante. L'amnistie de 1791 lui permit de rentrer en France et d'y vivre, suivant ses goûts, dans une modeste retraite. Mais bientôt vinrent les persécutions : une première visite domiciliaire étabUt sa présence à Toulouse, en avril 1792, mais une seconde perquisition prouva son absence, en ventôse an II (février 1794), et le fit

porter sur la liste supplétive des émigrés du 27 prairial suivant.

Au rétablissement du culte, il revint à Toulouse et fut nomme vicaire général de M«' Primat, archevêque du diocèse. On retrouve chez les vieillards de la génération actuelle le souvenir do la charité et des vertus de ce saint prêtre qui mourut, le 21 avril 1828, le jour même où il accomplissait sa soixante-dix-neuvième année.

L'abbé Antoine- Joseph de Palhasse de Salgues^ né le 13 octobre 1730, appartenait à une très ancienne famille dont les services, trois fois séculaires dans la magistrature et dans Tarmée, avaient été reconnus par un arrêt du Parlement du 19 avril 1738 *. Pendant six générations successives, les fonctions d'avocat du roi à la sénéchaussée de Figeac furent occupées par ses ascendants directs ; son sixième aïeul avait été député aux Etats de Toulouse, en 1542, puis lieutenantgénéral du Rouergue ; enfin, son nom figurait dans les annales militaires, notamment à la fin du xvii^ siècle, à la compagnie des gentilshommes de Besançon.

L'abbé de Palhasse acquit l'office de J. P. de Bastide, conseiller clerc, et entra au Parlement, le 19 juin 1771, deux mois avant la réforme de l'ordre judiciaire par le chancelier de Maupeou, qui l'envoya en exil ô Gahors. Il reprit son siège de magistrat, au rétablissement des Cours souveraines, et le conserva jusqu'au jour où les Parlements disparurent, par la volonté de TAssemblée constituante. A cette époque, il représentait la province ecclésiastique de Narbonne à la Chambre souveraine du clergé de Toulouse et, le 15 mai 1789, il se joignit aux membres du chapitre

1. Les Palhasse de Salgues portaient d'or à trois chevrons d'azur. (Nobiliaire toulousain,)

de Cahors ^ ses collègues , pour protester contre les mesures édictées par le règlement du 24 janvier, au sujet de la convocation de l'ordre ecclésiastique aux Etats généraux du royaume.

La constitution civile du clergé et la chute des grands corps judiciaires, le décidèrent à quitter la France. Il fut porté sur la liste des suspects, dénoncé par le Bureau des émigrés, en messidor an IF, et les scellés furent apposés à son domicile à Toulouse, le 17 fructidor suivant.

François-Clément-Jean-Baptiste-Augustin Daignan d'Empaillon naquit, le 23 novembre 1746, et fut reçu conseiller au Parlement, le 29 avril 1767; en Toffice de F.B. d'Héliot. Les provisions royales, qui rappelèrent aux fonctions judiciaires, font mention des services rendus par son père, comme président au présidial d' Auch et à la subdélégation générale de cette contrée ; en cette qualité, ce magistral fut chargé d'une mission spéciale pour la délimitation de la frontière espagnole, et s'en acquitta à la satisfaction du gouvernement.

Daignan s'était préparé à la carrière de la magistrature par de solides et brillantes études. Aussi rétendue de ses connaissances, jointe à la droiture de son caractère et à l'élévation de ses principes, le firent-elles particulièrement remarquer pendant son' séjour de vingt-trois années au sein de la Cour de Toulouse.

On retrouve le nom de ce magistrat au nombre des parlementaires frappés, en 1771, par le chancelier de Maupeou, qui l'exila à Auch. Il figure également parmi ceux des gentilshommes présents à la réunion de la noblesse, tenue à Toulouse, en 1789.

Dès les premières mesures prises par les jacobins contre les suspects, Daignan fut incarcéré, une pre-

mière fois, à Auch, du 4 septembre au 19 octobre 1793. Douze jours à peine après sa mise en liberté, le 31 octobre, il fut de nouveau mis en arrestation à la maison de réclusion de Condom *, mais il parvint à s*évader, le 14 prairial suivant (2 juin 1794)*, et put échapper aux recherches des terroristes. Son nom avait été porté sur la liste des émigrés et ses biens mis sous séquestre, en thermidor an II; ce fut seulement deux ans après, le 20 fructidor an IV, que le Directoire exécutif ordonna sa radiation définitive.

Retiré dans son pays natal, Daignan était entouré de l'estime et de la confiance de ses concitoyens, qui l'élurent, le 16 messidor an XII (5 juillet 1804), membre du collège électoral du département du Gers pour fun des cantons du chef-lieu. Le gouvernement impérial voulut s'assurer le concours du magistrat érudit, qui s'était signalé par ses services à la Cour souveraine du Languedoc, et lui confia, par décret du 24 avril 18H, un siège de conseiller à la Cour d'Agen ; mais l'ancien membre du Parlement ne crut pas pouvoir accepter de faire partie de la nouvelle organisation judiciaire.

Il devint administrateur des hospices d'Auch et mourut dans cette ville, le 18 août 1824, à l'âge de soixante-dix-huit ans.

LOUIS-HIPPOLYTE DE JULIEN MARQUIS DE PeGUEIRÙ-

LES, seigneur de Thubières et de Grimoard, né le <6 avril 1758, était fils du président à mortier qui, sôus Louis XV, joua un rôle important dans la lutte du Parlement contre le pouvoir royal, et qui devait mourir misérablement, en 1794, à l'hôpital de Paris.

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