Apchiveà du Gers. Série. L
2. Jugement du tribuilal criminel du Gers, le 15 thermidor au II, prononçant Faoquittementde Oastéra, concierge de cette prison.
Le jeune marquis de Pegueiroles acquit l'office d'Ant. de Capella et fut reçu conseiller à la Cour, le 20 décembre 1783 ; il appartenait à la première Chambre des Enquêtes et fut bientôt désigné, par son rang d'inscription, pour siéger en même temps à la Tournelle.
La convocation des Etats généraux l'appela, comme seigneur de la baronnie de Oastelnau-Lévis, à prendre part à la réunion de la noblesse tenue à Toulouse, le 27 mars 1789.
Sous la Terreur, il ne quitta pas la France et parvint à échapper aux actives* recherches des terroristes. Il fut néanmoins inscrit sur la liste des émigrés de la commune de Toulouse, le 25 prairial an II, et n'obtint sa radiation définitive que le 5 germinal de Tannée suivante (25 mars 1795); La fin malheureuse de son père, la longue détention de son frère et ses propres souffrances avaient soumis sa santé à de trop rudes épreuves : il mourut au commencement de 1798,
De Pegueiroles avait épousé une fille du comte de Paulo, ami intime de son père. Son nom a survécu à l'époque lugubre de la Révolution et se retrouve encore dans le Languedoc, où il est entouré de l'estime et du respect de tous.
Pierre-Marcel de Reynal de Saint-Michel était fils du baron de Montamat et de M"® de Rey de Saint- Géry, Des dispenses royales autorisèrent son admission, malgré son jeune âge et la présence de son père et de ses deux oncles de Saint-Géry parmi les membres du Parlement; il fut reçu conseiller, le 19 janvier 1784, en l'office de R, J. de Raffîn *.
1 . L'état des frais de. cette acquisition comprend : la finance d'évaluation de l'office jouissant de surrivance, 40,000 i« ; le droit de survivance, 2,750 1. Intérêts et frais de provisions, 5,207 1. 16 s. ;
La création des grands bailliages et la suppression des Cours souveraines, en mai 1788, amenèrent le jeune magistrat à chercher à utiliser ses aptitudes et ses connaissances dans une autre carrière. Il choisit la diplomatie et se disposait à se rendre à Mayence auprès du comte O'Kelly, ministre de France, lorsque redit de novembre rétablit les Parlements et le rappela aux fonctions judiciaires. Il persista cependant dans son projet, obtint Tagrément du garde dos sceaux et partit pour l'étranger, longtemps avant la loi sur rémigration K II n'en fut pas moins porté sur la liste des émigrés ; ses biens furent mis sous séquestre et saisis; enfin, dans la Hquidation qui eut lieu le 13 nivôse an VII, TEtat figura, en son lieu et place, comme ayant droit au tiers de son actif, concurremment avec de Reynal de Montamat, son père, et M"* Baron de Monlbel, sa sœur.
Le rétablissement de Tordre et l'apaisement des passions révolutionnaires ramenèrent de Reynal dans le Languedoc, où Ton n'avait pas oublié ses brillants débuts dans la magistrature parlementaire. Il fut nommé conseiller à la Cour impériale de Toulouse, y devint président de chambre, le 16 décembre 1826, et mourut dans cette ville, le 22 juin 1828.
Sa famille n'est point éteinte, et son nom a été porté avec honneur et distinction par ses descendants.
Joseph-Marie* Antoine-François Espic de Ginestet, né le 6 janvier 1764, entra au Parlement, le 17 juillet 1786, en remplacement de J. B.F. Le Normand Dayssenne.
plus 307 1. 18 3. pour les dispenses d'âge et de parenté; ensemble, 5,525 ]. 14 9., ce qui porte le total de la charge, frais compris, à 48,275 L 14 s. (Archives nationales, D, 111, 93.) 1. Archives nationales. D, 111, 93.
La famille Espic de Gep, divisée en deux branches, Içs de Ginestet et les de Lirou, avait rendu d'anciens et de brillants services dans la magistrature et dans Tarmée ; elle comptait plusieurs chevaliers de Saint- Louis et divers conseillers aux Cours souveraines.
Le grand-père du magistrat dont il s^agit était seigneur de Ginestet et de Lirou, président de la Cour des aides et finances de Montpellier. Son père, Joseph-Xavier, et son oncle paternel par alliance, J.B. I. M. Duroc de Mauroux, siégeaient tous deux comme conseillers à la Cour de Toulouse. Il s'était lui-même allié à une famille d'ancienne noblesse , en épousant, à Béziers, le 25 avril 1785, M"® d'Andouls de Roquefère de Roquecesière, fille d'un lieutenant des maréchaux de France, chevalier de Saint- Louis et de M"^ de Salasc.
Espic de Ginestet apporta, dans Texercice de ses fonctions de magistrat, une énergie et une fermeté qui furent les traits les plus saillants de son caractère; elles lui permirent d'affronter plusieurs fois les dangers de l'époque révolutionnaire et d'échapper aux poursuites des fournisseurs de la guillotine. Pendant la Terreur, il ne voulut pas s'éloigner de la France: ses collègues du Parlement venaient d!être incarcérés ; lui-même, réfugié à son château de Lespinet-Rangueil, près de Toulouse , se préparait à changer de retraite, lorsque son domicile fut envahi par un groupe de terroristes, qui venaient faire une perquisition, au nom d'une loi qu'ils ignoraient, et sous le prétexte de rechercher des armes cachées, qui ne se trouvaient jamais. Le conseiller était doué d'une force musculaire peu commune et ne craignit pas de repousser la brutaUté par la violence : son domestique vint à son aide, et tous deuic mirent en fuite ceux des envahisseurs qui ne restèrent pas
sur le théâtre de la lutte. Il fallut fuir : après avoir erré dans la campagne, de Ginestel alla demander uu asile de quelques heures à ses amis de Toulpuse et,. le lendemain, vêtu d'un costume d'ouvrier, il quittait cette ville, où, peu d'années auparavant, il rendait la justice du haut de son siège de magistrat.
Poursuivi sans relâche, traqué de toutes parts, il parvint cependant à tromper la surveillance des autorités et se retira dans THérault, à Saint-Gervais-sur- Mare, où il demeura caché jusqu'à la fin de la période de sang. Le secret des correspondances était violé tous les jours; de Ginestet en profita pour dérouter ses persécuteurs et leur faire croire qu'il s'était réfugié à Paris. Cappelle, l'accusateur public, s'empressa d'en aviser le Comité de sûreté générale, qui donna les ordres les plus sévères pour faire rechercher et arrêter une victime échappée à l'hécatombe parlementaire. Les perquisitions furent inutiles; le magistrat ne put être découvert, mais il n'évila pas son inscription sur la liste des émigrés et la confiscation de tou3 ses biens.
Le bureau des émigrés de Toulouse dénonça son aibôençe/le 7 messidor, et, quelques jours après, son domaine de Rangueil fut mis sous séquestre. Heureusement la Terreur louchait à sa fin; le grand prêtre de l'Etre suprême et de la guillotine expia sa folie tyranniqùe et sanguinaire, et la Convention envoya dans les provinces des représentants du peuple avec mission de rétablir la justice. Le 18 frimaire, un arrêté, signé de Mallarmé et de Bouillerot, ordonna de surseoir à la vente des biens de Ginestet, qui fut autorisé à prouver sa non émigration. Grâce .au certificat de résidence qui lui fut délivré par la municipalité dé Saint-Gervais-sur-Mare, il put facilement établir qu'il n'avait pas quitté cette commune. Le dis-
. Irict de Lacaune (Tarn) prescrivit sa Tadiation provisoire et le Comité de législation ordonna, le 27 ventôse an III, sa radiation définitive des listes départementales et générale des émigrés.
Sous l'Empire, de Ginestet rentra dans la magistrature, à Montpellier. Au moment où il prit sa retraite, en 1842, il était officier de la Légion d'honneur et président de chambre à la Cour de MontpeUier, qu'il n'avait pas quittée ; des considérations de famille et de fortune ne lui avaient pas permis d'accepter les fonctions de premier président du res' sort de Limoges. Lorsqu'il mourut à Béziers, le 3 mars 1850, & l'âge de quatre-vingt-six ans, il était le dernier survivant de la grande famille des parlementaires du Languedoc *.
Ce magistrat avait plusieurs enfants, dont deux fils : Tun fut capitaine des cent-suisses du roi Charles X; l'autre, conseiller ô la Cour de Montpelher, a laissé à Béziers, une postérité qui porte dignement le nom des de Ginestet et perpétue les traditions de cette ancienne famille ^
Jean-François-Marie de Fajole de Pordéac, né le 7 janvier 1753, était fils de Jean-Glaude-Anselme, conseiller au Parlement, et de M"® J.F. de Pérès. Ses ascendants paternels et maternels appartenaient depuis longtemps à la magistrature toulousaine, dans laquelle il acquit Toffice de F. M. Delherm de Novital; il fut reçu, le 12 décembre 1788, membre de la Cour, dont faisaient déjà partie son frère consanguin de Fa-
1. Les de Ginestet portent d'azur à trois épées d'or surmontées d'un soleil de môme, qui est d'Espic; parU d'argent à trois molettes d'éperon de gueules, qui est de Gep de Ginestet. Devise : Calcar glùriœ virtus,
2. Archives de la Haute-Garonne, Série L, et note de la ftoniUe.
joie de Puyteusic, conseiller honoraire, et son oncle maternel de Pérès, membre de la Grand'Chambre.
La réunion de la noblesse de la sénéchaussée de Toulouse, en mars 4789, le compta au nombre de ses membres. Quelques années après, il subit courageusement les épreuves que lui imposa la Révolution, mais sa soumission aux lois et ses infirmités ne lui évitèrent pas les rigueurs des terroristes : malgré la liquidation de sa charge de conseiller au Parlement, le 22 avril 1792, le dépôt de ses titres seigneuriaux et son état de santé gravement compromis par de violentes attaques de goutte, il fat incarcéré à la Visitation, en avril 1793. Pendant sa détention, il tomba gravement malade et, sur un rapport des officiers de santé, il fut transporté à son domicile, ce à la charge a de se représenter, après sa guérison, et de donner « un répondant d'un civisme reconnu. » Il ne devait pas d'ailleurs jouir longtemps de la liberté : l'arrêté du 26 germinal contre les suspects l'atteignit directement, et bien que Dartigoeyte l'eût maintenu en arrestation chez lui, il fut transporté, le 12 floréal (1"" mai 1794), de son domicile à la prison des Carmélites, où il demeura jusqu'au 21 vendémiaire an III. Comme il le dit dans la pétition qu'il adressa, le premier jour des sans-culotlides an II, au représentant du peuple Mallarmé, sa maladie et ses infirmités « lui évitèrent a le désagrément du voyage de Paris. » Elles le sauvèrent de la guillotine et la fin de la Terreur lui apporta la liberté.
La dernière nomination de conseiller au Parlement de Toulouse, fut faite en faveur de Thérêse-Josbph- HippoLYTE d'Aldéguier, ué à Toulouse, le 7 mai 1767. Aucun document n'indique la Chambre à laquelle il fut attaché ; il est probable cependant que ce fut à la pre-
mière des Enquêtes, dont faisait partie d'Assézat, son . prédécesseur.
Fils d'un chevalier de Saint-Louis, qui avait fait la campagne d'Allemagne dans le régiment de Poitou, et de W^ de Belloc, nièce du président à la première Chambre des Enquêtes, d'Aldéguier appartenait à une vieille famille du Rouergue, ëtabUe à Toulouse depuis environ deux siècles *, et figurant avec honneur dans les annales de la magistrature et de Tarmée. Plusieurs de ses aïeux s'étaient particulièrement distingués dans les régiments de Royal-Vaisseaux et d'Harcourt-Dragons, notamment au siège de Fribourg par le marechai de Villars.
Il fit une partie de ses études à l'école de la Flèche, les termina à Sorrèze, passa à l'Ecole militaire de Saint-Louis, et devint, en 1783, officier à Enghien-Infanterie, en garnison à Besançon. Des considérations de famille le décidèrent à quitter la carrière militaire; il revint à Toulouse faire ses études de droit et fut admis au Parlement, le 25 avril i789,.en l'office qu'il avait acquis, le 15 janvier 1787, des héritiers de : A.M, d'Assézat de Maurencal. Ce fut à peine si le jeune magistrat eut le temps de prendre possession de son siège à la Cour, où son âge ne lui permit jamais d'avoir voix délibérative; en effet, six mois après, le Parlement fut mis en vacations, par décret de l'Assemblée constituante; et ne tint plus d'audiences.
D'Aldéguier épousa, en avril 1790, M"** Dupuy- Monlbrun de Montesquieu. La Terreur survint, mais une retraite sûre lui permit de laisser passer l'orage et d'attendre des jours meilleurs, en se livrant aux
1. Armoiries: d'or à Taigle éployèe h, deux tètes de sable, au chef d*azur, chargé d*un croissant d'argent accosté de deux étoiles d'or. {Nobiliaire toulousain). .'■■''
travaux intellectuels les plus assidus. Pendant ce temps, son nom était inscrit sur la liste dés émigrés de la commune de Toulouse, le 27 prairial an II; son père, sa mère et ses deux frères étaient incarcérés à la Visitation ou à la Conciergerie de la maison commune; enfin, le 9 thermidor, ses biens étaient miis sous séquestre.
Les massacres étaient finis : les représentants du peuple, Bouillerot et Mallarmé, en mission à Toulouse, accordèrent à d'Aldéguior, le 7 frimaire an III, un sauf- conduit pour établir qu'il n'avait point quitté la France. Le 5 ventôse suivant, il obtint du Comité de législation sa radiation définitive, s'établit à la campagne, où il vivait à l'écart des agitations politiques, lorsque l'insurrection royaliste de Tan VII vint provoquer de nouvelles mesures de rigueur qui Tobligèrent à quitter sa paisible retraite et à se réfugier à Toulouse *.
Sous l'Empire, d'Aldéguier fut appelé aux fonctions municipales et à la vice-présidence de l'administration des hospices, puis, le 1" juin 18H, à la présidence de l'une des chambres de la Cour. Trois ans après, l'un des fils du magistrat faisait brillamment la célèbre campagne de France dans les gardes d'honneur de Napoléon I". Pendant les Cent- Jours, il refusa de prêter serment de fidélité à l'Empereur, qui venait de remonter sur le trône, après avoir traversé la France au milieu des acclamations enthousiastes de la nation tout entière. La seconde Restauration voulut confier à l'ancien membre du Parlement les plus hautes fonctions du ressort et, par ordonnance du 27 juillet 1815, le duc d'Angouléme le nomma premier pré-
1. Arcbives de la Haute-Garonne, Série L, et Archives municipales de Toulouse. — Voir son Eloge à l'Académie des Jeux-^Flo-. raux, le 6 mars 1834.
sideut de la Cour de Toulouse. II crut devoir refuser cet honneur, mais Teslime et la considération dont il jouissait parmi ses concitoyens renvoyèrent par deux fois, à TAssemblée législative, de 1815 à 1818. L'expiration de son mandat de député le rendit à la magistrature ; il reprit sou siège, de président de Chambre et mourut à Toulouse, le 7 janvier 1834, à l'âge de soixante-sept ans, avec le grade d'officier de la Légion d'honneur.
Les enfants de d'Aldéguier et leurs descendants ont conservé précieusement les mérites pubUcs et privés, les vertus civiques et chrétiennes, qui sont de tradition dans leur famille.
La deuxième Chambre des Enquêtes, instituée en 1543, fut celle qui compta le plus grand nombre de victimes : ses deux présidents et douze de ses membres furent guillotinés à Paris. Deux conseillers, de Rabaudy et de Reymond de Mauriac, étaient morts avant la Terreur; quatre autres seulement survécurent à cette lugubre époque.
JÉRÔME DE Belmont, scigncur de Malcor et de Coudât, naquit à Mur de Barrés, en novembre 1747. Après de brillantes études au collège du Plessis, à Paris, il fût reçu commissaire à la Chambre des Requêtes du Parlement, le 1^'^juillet 1768, en l'ofûce de M. Thoulouse de Razengues, et peu de temps après, l'arbitraire royal vint interrompre la carrière du jeune magistrat, en l'exilant dans le Rouergue, tant que durèrent les Parlements auxquels le chancelier de Maupeou a laissé son nom. A son retour à Toulouse, de Belmont sut gagner l'estime et la confiance de ses collègues, qui lui donnèrent, trois ans de suite, de 1780 à 1782, la déHcale mission d'aller déposer aux pieds
du trône les remontrances de la Cour souveraine du Languedoc: la franchise de son caractère et le sentiment profond de ses devoirs, lui facilitèrent Taccomplissement de ce difficile mandat^ qu'il remplit à la satisfaction et du pouvoir royal, et des magislratg, ses collègues.
L'année suivante, il acquit l'office de P. de Lassus, et fut reçu conseiller au Parlement, en juillet 1783, quelques mois à peine après son admission à TAcademie des Jeux-Floraux, qui l'avait appelé à remplacer M. de Progen^ au trente-neuvième fauteuil de ses mainteneurs.
Pendant la Révolution, ce magistrat prit une part active à l'insurrection du camp de Jalès, passa ô l'armée des Princes et finit par se réfugier en Angleterre, où il dut chercher dans le travail des moyens d'existence. Lord Spencer, chef de la famille de Malborough, lui confia le soin d'accompagner et de guider son jeune fils dans un voyage qu'il lui faisait faire sur le continent. Au cours de ses pérégrinations en Europe , de Belmont eut l'occasion de témoigner de la variété de ses connaissances et de ses aptitudes multiples devant le duc de Wurtemberg et plusieurs autres princes allemands, qui lui offrirent de les représenter officiellement auprès de la Cour de Londres. Il ramena son jeune compagnon en Angleterre et rempUt, pendant plusieurs années, les fonctions diplomatiques au nom de divers princes souverains d'Allemagne. La chute de l'Empire lui permit de rentrer en France, et la faveur royale l'appela, en 1814, à faire partie du conseil d'Etat. Il y termina sa carrière publique, prit sa retraite et vint mourir, en 1825, à Mur de Barrés, son pays natal *.