‹ La fin du Parlement de ToulouseChapitre 88 sur 117 · Ronseignements fournis par la famiUe · texte numérisé non relu

Ronseignements fournis par la famiUe

département, qui durent rendre hommage à la modération de ses principes, à l'énergie de ses protestations contre la violence et au sage libéralisme de ses propositions. Semblable attitude n'était point faite pour lui attirer les sympathies des jacobins : certains membres du directoire ne lui pardonnèrent pas son hostilité contre la Montagne, et lui vouèrent une inimitié dont son vieux père devait être la victime. L'administration du Gers parut néanmoins se ranger aux idées du président de la Société populaire de Marciac. Elle écrivit à la Convention, et publia une adresse à ses concitoyens, dans laquelle elle faisait au fédéralisme et aux principes des girondins, un acte d'adhésion probablement sincère, mais assurément bien éphémère: car le triomphe des vrais sans-culottes la décida, bientôt après, à se rétracter formellement et à se rallier aux partisans de la Terreur.

De Long se vit menacé par la haine de ses adversaires; il s'éloigna de Marciac, quelques jours avant l'arrestation de son père, changea plusieurs fois de résidence et parvint à se soustraire aux recherches des jacobins. L'accusateur public Gappelle, le croyant à Paris, en informa le Comité de sûreté générale, le 22 prairial ; en thermidor, les administrateurs du district de Toulouse étaient informés de sa présence à Orléans et s'empressaient d'en aviser le procureur syndic de cette ville, mais toutes les perquisitions furent inutiles, jusqu'au moment où Thermidor vint mettre un terme aux folies sanguinaires des jacobins. Le 17 prairial an V, de Long fut définitivement rayé des listes des émigrés du Gers et de la Haute-Garonne.

En Tan VIII, il était rentré à Marciac et devenait commissaire de canton et membre du Conseil général. Lorsque l'Empire procéda à la reconstitution définitive de la magistrature, il inscrivit, le 24 avril ISH.Tancien

parlementaire au nombre des conseillers de la Cour d'Agen ; puis la Restauration lui confia les fonctions de premier président à la même Cour, le 1*' juillet 1818, et le vit siéger à la Chambre des députés, de 1817 à 1822. Il mourut ô Marciac, le 22 octobre 1828.

François-Bernard -Marie de Fajole de Giscaro, né le 23 janvier 1754, servit quelque temps comme officier au régiment deVivarais, puis il entra au Parlement, en Toffice de P. D. de Bastard, le 13 décembre 1788, le lendemain même de la réception de son frère de Pordéac. La Révolution ne tarda pas ô lui retirer ses fonctions judiciaires ; onze mois k peine après sa réception, l'Assemblée constituante ordonnait aux Cours souveraines de proroger leurs vacances, qu'elle maintint jusqu'à la réforme définitive de l'ordre judiciaire.

De Giscaro était sujet à de violentes attaques de goutte, qui avaient gravement altéré sa santé; il n'en fut pas moins compris dans les premières incarcérations des suspects, en avril 1793, et détenu pendant quelques jours à la Visitation. En germinal de l'année suivante, il avait obtenu de demeurer en état d'arrestation à son domicile, mais, le 12 floréal, il fut appréhendé au corps, malgré la gravité de son état, et transporté sur un brancard à la prison des Carmélites, où il fit partie de la même chambrée que son frère de Pordéac. Us furent mis tous deux en hberté, le 20 vendémiaire an III *.

L'ancien conseiller se retira à la campagne et vécut tantôt à Giscaro, dans le Gers, tantôt aux environs de Toulouse , à Pibrac, où il mourut, le 26 décembre 1820, sans laisser de postérité.

- Sur les douze membres de la Chambre des Requêtes, en 1790, un conseiller fut exécuté, à Lyon, et huit,

L Archives de la Haut^Garonne. Série L» Liasses.

à Paris. Son président et deux conseillers parvinrent à se soustraire aux poursuites de Cappeile et deFouquier-^TinviUe.

Bernard-Jean-Joseph de Gérât, né en mars 1751, élait fils du greffier en chef criminel au Parlement et de M*^ de Pradal, dont le frère occupait les fonctions de procureur général à la Cour des aides de Montauban. Le 4 août 1772, le jeune de Gérât fut nommé président trésorier de France et général des finances en la généralité de Toulouse. Après avoir exercé ces fonctions pendant trois ans il devint, le H septembre 1775, président à la Ghambre des Requêtes du Parlement, en la charge de J. de Carrère, et des dispenses royales rautorisèrenl, le 1" juillet 1778, bien qu'il n'eût pas atteint la limite d'âge réglémenlaire, à diriger les débats de cette Ghambre, en l'absence du président.

De Gérât passa à l'étranger pendant la Révolution. Son absence fut constatée; la municipalité de Toulouse fit saisir son hôtel, où l'on ne trouva que ses trois jeunes enfants issus de son mariage avec M"® de Ducasse; son nom fut inscrit sur la liste des émigrés des districts de Gastelsarrazin et de Beaumont, les 15 mai 1793 et 5 thermidor an II; enfin ses biens furent confisqués et vendus au profit de la nation ^

A son retour de l'émigration, l'ancien parlementaire n'accepta pas le régime impérial, dont l'organisation, essentiellement démocratique, était exclusivement basée sur la suppression de tous les privilèges et sur les principes égalitaires de la Révolution. La première Restauration lui donna, le 22 juillet 1814, le titre de

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