‹ La fin du Parlement de ToulouseChapitre 89 sur 117 · Archives municipales de Toulouse · texte numérisé non relu

Archives municipales de Toulouse

président honoraire à la Cour royale de Toulouse! et pendant les Cent- Jours, on le retrouve faisant une très vive opposition au gouvernement de Napoléon I*.

François-Louis -Cyprien de Trenqualye, seigneur de Magnan et de Perchède, naquit le 26 septembre 4760, et fut admis, à vingt et un ans à peine, à faire partie du Parlement, où son père et son grand'père avaient successivement siégé, depuis le commencement du siècle. Sa réception comme commissaire aux Requêtes, en l'office de D. d'Albis de Belbèze, eut lieu le 14 décembre 1784.

La dissolution de la Cour de Toulouse permit à de Trenqualye de se retirer dans le Gers, son pays natal, où la garde nationale de Nogaro le choisit pour son général, lui confia le soin de la représenter à la fédération et le maintint à sa tète, jusqu'à la fin de 179^. L'année suivante, les dénonciations des jacobins contre les parlementaires l'obligèrent à se réfugier à Bordeaux, où il demeura longtemps caché dans la famille de son beau-père, le docteur Gazes. Il finit cependant par être découvert, arrêté et jeté en prison au commencement de 1794, et ne tarda pas à être transféré à Paris, où il aurait certainement subi le sort de ses collègues, si la mort de Robespierre ne fût venue hâter la fin de la Terreur.

De retour à Nogaro, l'ancien magistrat retrouva l'estime et les sympathies de ses concitoyens, et devint maire de la commune, puis juge de paix du canton, en 1802. Il apporta, durant cinq années, dans rexercicë de ces modestes fonctions judiciaires, un tel esprit de conciliation et tant de fermeté que, suivant un document officiel de cette époque, « il n'y eut ja* « mais de procès dans le canton, tant qu'il y fut juge « de paix, » Président du canton, le 15 pluviôse an XII,

puis membre du collège électoral du département, le 20 messidor suivant, enfin membre du Corps législalatif, de 1807 à 1814, il fut nommé, le 24 avril 1811, conseiller à la Cour impériale d'Agen et passa en la même qualité à la Cour de Bordeaux, le 14 septembre suivant ; mais, avant de rentrer dans la magistrature, il dut répondre encore ô la confiance des électeurs, qui l'avaient chargé de les représenter comme député au Corps législatif, et le 5 janvier 1813, le Sénat reconnut le renouvellement de son mandat pour la législature suivante ^ Par ordonnance royale du 24 janvier 1816, l'ancien membre du Parlement de.Toulouse fut maintenu dans les fonctions de conseiller qu'il conserva jusqu'au 20 novembre 1832, date à laquelle il fut admis à prendre sa retraite.

DeTrenqualye avait perdu un fils, en novembre 1814, et mourut sans enfant mâle. Son nom, dignement porté par les descendants de ses collatéraux, figure avec honneur dans les annales de l'armée et de l'administration françaises.

Jean-Raymond-François-Marguerite-Joseph-Henry- Saturnin- Gilles de Taillasson, né à Toulouse, le 5 janvier 1764, avait à peine accompU sa vingtième année lorsqu'il fut reçu à la Chambre des Requêtes de la Cour de Languedoc, en la charge de J. de Belmont de Malcor. Sa famille paternelle appartenait, depuis plus d'un siècle, à la magistrature parlementaire et, par sa mère, il tenait aux de Siméon de Laporte barons de Sainle-Livrade.

Son titre de coseigneur de Colomiers et de Saint- Martin-du-Touch l'appelait à prendre part, en 1789, aux délibérations de l'Assemblée générale des trois

1, Archives du Gers. — Notes administratives^ iSi^.

ordres de la sénéchaussée de Toulouse; il se fil représenter à cette réuTlion par le comte de Labarthe. '

Après là suppression des Cours souveraines, le conseiller quitta Toulouse et fut porté sur la liste des émigrés, dressée dans cette commune, le 22 mai 1793. Il put, pendant quelque temps, échapper aux perquisitions provoquées par une lettre de Cappelle, qui avait écrit, le 22 prairial, au Comité de sûreté générale pour lui faire connaître que de Taillasson se cachait à Paris ; il finit pourtant par être arrêté, sous la prévention d'émigration, et fut détenu à la prison de la Force.

Son hôlel, rue du Sénéchal à Toulouse, et son domaine de Laborie, à Golomiers, avaient été mis sous séquestre, en mars 1793 S et allaient être vendus, lorsque Vancien magistrat obtint, le l** ventôse an III, un sursis de cinq diécades pour établir sa non émigration. Il put faire justifier, devant les administrateurs du district de Toulouse, de sa résidence non interrompue sur le territoire français, du 5 avril 1792 au 27 vendémiaire an III, et celte administration rendit en sa faveur un arrêté de radiation provisoire, qui fut confirmé, les 8 messidor et 24 thermidor suivants, par le Comité de législation *.

En 1804, de Taillasson épousa la fille du comte de Pagii et de M"^ de TheilHères et, le 16 août 1814, le roi rappela à la Cour d*Angers, où il occupa un siège dé conseiller jusqu'au 8 décembre 1818. Il mourut à Paris, en 1827, et laissa un fils dont les descendants habîlënt aujourd'hui Versailles \

La Terreur fut impuissante contre la plupart des gens du roi : un seul des membres du Parquet, le

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