L'empereur Joseph
2. La plus jeune des filles du roi, !\Iadame Louise de France, désolée du scandale causé par la passion du roi pour madame Du Barry, s'était décidée à effectuer un projet conçu après la mort de la reine; elle entra aux Carmélites de Saint-Denis, le 11 avril 1770, et y prit le voile l'année suivante. Le roi s'opposa pendant quelques mois à cette résolution qui lui faisait beaucoup de peine, car il aimait tendrement ses filles et ne devinait que trop les motifs qui poussaient Madame Louise à cette résolution, mais il finit par céder.
Thérèse. Il s'agissait, dans le projet indiqué plus haut, de la sœur aînée de la dauphine, Marie-Élisabeth, née en 1743 et âgée par conséquent de vingt-sept ans. Le roi se prêtait à ce projet d'assez bonne grâce, d'après ce billet écrit par lui au
« Versailles, 6 juin 1770.
» Gomme l'on ne sait ce qui peut arriver, si Durand' n'est pas parti, montre-lui ce billet, sinon, envoye-lui-en la copie bien chiffrée. Qu'il examine la figure de la tète aux pieds sans rien excepter de ce qu'il lui sera possible de voir de l'archiduchesse Elisabeth, et qu'il s'informe même de son caractère, le tout sous le plus grand secret et sans trop donner de suspicion à Vienne, et il en rendra compte sans se presser par une occasion sûre^. »
L'archevêque de Paris était dans la confidence de Madame Louise et partageait son désir ; le fameux chancelier Maupeou, brouillé avec la favorite, se rallia plus tard avec ardeur à un projet qui peut-être aurait fini par recevoir son exécution si l'archiduchesse avait plu, mais malheureusement le portrait ne fut pas favorable.
1. Ce Durand, qui faisait partie des agents secrets de Louis XV, était auprès du duc de Nivernais, parmi ses nombreux secrétaires, pendant l'ambassade de Londres.