‹ La fin du XVIIIe siècleChapitre 31 sur 62 · Sur l'air : Son humeur est CaUierine · texte numérisé non relu

Sur l'air : Son humeur est CaUierine

Mardi, je pris l'air capable.

Mercredi, je fis l'enfant.

Jeudi, je fus raisonnable.

Vendredi, j'eus un amant.

Samedi, je fus coupable.

Dimanche, il fut inconstant.

Ces récréations poétiques amusaient beaucoup le duc, mais ne l'empêchaient pas de se livrer à des travaux plus sérieux pendant les quelques heures qu'il dérobait à la société, et tranquillement installé dans son champêtre cabinet de travail, au milieu des bois, il mettait en œuvre les trois remèdes souverains contre l'ennui qu'il a si bien décrits dans sa lettre sur l'Usage de l'esprit dans la solitude.

Souvent la conversation de la veille servait de thème à sa méditation, et ce fut précisément après une discussion fort animée entre le chevalier de Bouftlers, madame de Rochefort, la marquise de Boufflers et son frère, le prince de Beauvau, que le duc eut l'idée d'écrire le dialogu».' de Pline et de madame de Sévigné^ On avait disputé vivement sur les qualités nécessaires au style épistolaire. La discussion fut interrompue à plusieurs reprises par les cris du chevalier de Boufflers qui ne pouvait souffrir la contradiction ;

1. Les Dialogues (k-s Morts, de Kontenelie, avaient mis ce genre de composition fort à l;i mode ; tout le monde en faisait ; le duc en a composé quatre, qui, assurément, peuvent compter parmi les écrits les plus spirituels qui soient sortis de sa plume.

LE DUC DK NIVERNAIS. 23o

il s'emporta comme un beau diable, à tel point qu'il quitta le salon en frappant violemment les portes, mais reparut au bout de quelques moments, en riant lui-même de son incartade.

Le duc résuma spirituellement leurs opinions diverses en leur laissant la forme du dialogue ; supposons que nous sommes à Saint-Ouen et que nous entendons la lecture qu'il en fit à ses amis :

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