Moniteur du à août
prêché par les factieux, que les crimes de la multitude sont les jugements du ciel, la France eût conservé les trois quarts de ses fugitifs. Exposés depuis deux ans à des dangers ignominieux, à des outrages de tout genre, à des persécutions innombrables, au fer des assassins, au brandon des incendiaires, aux plus infâmes délations de leurs serviteurs corrompus, aux visites domiciliaires, aux emprisonnements arbitraires, abandonnés à la fureur inc|uiète des clubs, des dénonciateurs, des administrateurs intimidés, ils trouvaient des bourreaux partout'... »
La jeune duchesse de Mortemart et son mari émigrèrent des premiers avec leur jeune fille à peine âgée de deux ans ; ils allèrent s'établir à Aix-la-Chapelle, et de là à Londres. La duchesse de Brissac dont la santé ne supportait plus le climat de Paris était depuis un an fixée en Italie et résidait tantôt à Gênes, tantôt aux eaux de Valdagno. Le duc resta donc seul à Paris, refusant d'émigrer malgré les pressantes sollicitations de sa fille et de sa petite-fille.
Son attachement pour le roi lui faisait considérer comme une trahison de l'abandonner. Il se souvenait d'avoir écrit : « Celui qui sans de fortes et légitimes raisons abandonne sa patrie, pour s'établir dans une terre étrangère, est un ingrat^