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certificats : on les nommait et ils descendaient de l'amphithéâtre pour venir se placer sur l'estrade en avant du président et en face du conseil de la Commune. Alors le président demandait : « Ya-t-il » quelqu'un qui connaisse le citoyen et réponde de » son civisme? » Si personne ne répondait, le président prononçait : « Ajourné, » et on nommait trois commissaires pour faire une enquête. Si quelqu'un des conseillers de la Commune disait : « Je connais le citoyen et j'en réponds, » le président répondait : « Accordé », et on délivrait le certificat. On voit qu'à ce moment-là des formes légales étaient encore observées pour les arrestations; plus tard, elles furent simplifiées et l'arbitraire joua un rôle plus grand. Mais, cependant, il y eut toujours une apparence de forme observée. »
Plusieurs écrivains affirment que, en somme, on était parfaitement tranquille à Paris pendant la Révolution, que la vie s'y passait aussi régulièrement que de coutume, que chacun vaquait à ses affaires et môme prenait plaisir aux distractions ordinaires du théâtre et de la musique, etc. Cela peut être vrai dans une certaine mesure, surtout au début. 11 est certain que l'ouvrier honnête et laborieux qui n'allait point au club ni au cabaret, qui ne prenait point part aux agitations de la rue, s'inquiétait assez i)eu de ce
qui se passait; mais cette classe-là n'était pas nombreuse. De môme le petit boutiquier, le petit fabricant, le médecin occupé de sa clientèle, l'architecte de sa bâtisse, l'étudiant de ses études ou le bourgeois zélé partisan de la Révolution, pouvaient ne pas se préoccuper outre mesure de l'état de choses, mais le magistrat dont la carrière était brisée, le gentilhomme dont les titres et les biens étaient supprimés d'un trait de plume, les généraux et les officiers sans cesse accusés de trahison, le clergé exposé à toutes les insultes, et tant d'autres confondus dans la classe bigarrée des suspects, ne jouissaient pas de la même quiétude, tant s'en faut.
11 est certain aussi que, de 1789 à 1793, la société existait encore à Paris, mais un changement profond s'était opéré dans l'aspect des salons.
« Gettedouceur,cetatticisme, cette urbanité qui en avaient fait si longtemps l'école du goût et de la grâce, avaient disparu. On ne discutait plus, on disputait. Chacun parlait haut, écoutait peu, l'humeur perçait dans le ton comme dans le regard; le seul et éternel sujet de conversation était la politique; souvent, dans un môme salon, des personnes d'opinions opposées ne se parlaient plus, les femmes perdaient plus que tous les autres à ce changement K »