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LES FINANCES. LE BUDGET. LA DETTE PUBL

Selon le budget de l'année 1889, le total des recettes monte à environ 46 millions de francs, savoir: actif de l'État, environ 8 millions; impôts directs, 6,6 m.; impôts indirects, 20 m.; recettes des établissements publics et revenus divers 3,4 m.; reliquat des exercices antérieurs, environ 8 million. Du total des dépenses 39,5 raillions, les dépenses pour gouvernement et administration font plus de 11 m.; le militaire 6,2 m.; construction des chemins de fer et travaux publics, environ 6 m.; instruction publique, 5,5 m.; intérêts et amortissement des dettes publiques, 4,5 m.; hygiène publique, 1,6 m.; prisons, l,i millions de francs.

Le crédit de l'État ne peut pas être engagé sans l'assentiment de la Diète. Le comptoir d'État est chargé de l'administration de la dette publique; tous les emprunts s'amortissent par des tirages d'obligations tous les six mois.

La dette de la Finlande est relativement minime; elle montait, au commencement de 1889, à environ 68,5 millions de francs.

Les dettes intérieures sont les emprunts contractés en 1872, 1873, 1875 et 1880 pour dégager les fiefs du gouvernement de Viborg. Ces fiefs, rachetés par l'État, puis mesurés et cadastrés, sont revendus aux paysans, qui s'acquittent par des annuités modérées (v.p. 119). La somme de ces à-compte annuels suffit à peu près à couvrir les annuités de la dette contractée à cet effet et qui s'élèvent à 8 millions (1889). Les autres dettes, sauf celle contractée en Russie en 1859 et dont il restait au commencement de cette année environ 4,4 millions de francs, se compose d'emprunts, contractés en grande partie à l'étranger, pour la construction de nouvelles lignes de chemins de fer. Le total de ces dettes montait, le 1 janvier 1889, à environ 56 millions de francs, c'est à dire moins que la moitié de la valeur des chemin^, ter de l'État.

vin.

Le sport.

Enserrée entre deux grands bras de mer, parsemée de lacs communiquant entre eux et avec la mer par des rapides souvent formidables, couverte ailleurs d'immenses forêts fourmillant de gibier, la Finlande peut à bon droit prétendre au titre de paradis du sportsman. Ajoutez à cela que par sa situation septentrionale, elle offre, l'hiver, des genres de sport peu connus des méridionaux.

Au premier rang de ceux-ci il faut mentionner la course sur rmjnrftes, ce moyen de locomotion dont nous avons parlé déjà (p. 34) comme étant en hiver indispensable dans les campagnes, et qui est devenu un genre de sport pratiqué avec passion par la jeunesse des villes. Il a été introduit aussi parmi les exercices obligatoires des troupes finlandaises, et on n'a eu qu'à se féliciter des résultats obtenus. Un bon coureur fait sans peine sur ses raquettes 100 kilomètres en 10 heures, par des chemins où, sans elles, on n'avancerait que lentement et avec une extrême fatigue en enfonçant à chaque pas dans la neige jusqu'à mi-corps. Comme plaisir, il en est peu de comparables à cette course rapide à travers la plaine blanche, à ces glissades vertigineuses le long des pentes, glissades au cours desquelles un bond de 10 mètres et pi.:^ par-dessus quelque fossé qui se trouve dans son cheiiiin, n'aura rien qui étonne un coureur exercé.

Le patinage a été porté en Finlande à un haut degré de perfection. Chaque ville a son club de patineurs; du reste, dès la première enfance, garçons et filles savent patiner. Le ring du club des patineurs de Helsingfors occupe une vaste étendue, et les jeunes patineurs y déploient une habileté merveilleuse. Comme vitesse, les amateurs finlandais n'ont pas encore atteint les plus hauts chiffres de certains patineurs de profession, mais pour la grâce, la variété et le fini des évolutions, personne ne les égale; aussi sont-ce des amateurs de Helsingfors, deux messieurs et une dame, qui ont remporté les premiers prix, l'hiver dernier, au concours international de patinage à Stockholm. C'est un spectacle à voir, par une belle soirée d'hiver, aux feux de la lumière électrique, que ces quadrilles, ces mazurkas, exécutés souvent par des dizaines de couples de patineurs, avec une grâce, une élégance, une sûreté qu'on ne rencontre pas toujours au même degré sur le parquet bien ciré d'une salle de bal.

C'est en hiver aussi, et sur une piste déblayée sur la glace, qu'ont lieu la plupart des courses attelées*). Nous avons parlé plus haut des qualités du cheval finlandais, qui, malgré des formes peu souples et peu élégantes, est un excellent trotteur; le premier d'entre toutes les races qui n'ont pas été l'objet d'une amélioration spéciale, il n'est dépassé que par les trotteurs américains et russes. L'entraînement spécial pour la course n'est guère connu en Finlande, et pourtant des vitesses de 3206 m. en 5 min. 34'/i sec, 5 min. 38'/'2 sec, 5 min. 40 sec, 5 min. 42 sec. etc., ont été accomplies par des trotteurs finlandais. Les vitesses obtenues augmentent d'année en année depuis que le gouvernement a institué des courses et alloué des prix. Il y a dix ans encore, aucun cheval ne parcourait la di-

*) Oq a établi depuis quelques années deux pistes d'été sur le modèle américain, l'une près de Helsingfors, l'autre près de Viborg.

stance indiquée ci-dessus en moins de 6 min. 40 sec, tandis qu'on connaît maintenant dans le pays une cinquantaine de trotteurs qui la font en moins de 6 min. Le cheval finlandais a l'allure légère et la respiration bonne; aussi commence-t-il a être recherché; il a gagné des prix en dehors de la Finlande; on en a même vu un dans une course à Paris. Le prix d'un bon trotteur varie de 1500 à 3000 francs.

Dans ces dernières années, on a institué dans les villes des courses à j^icd. Les jeunes gens qui y prennent part s'y préparent par un entraînement sévère; ce sont en général des membres de quelque société de gymnastique. Ces sociétés sont nombreuses; il y en a dans presque toutes les villes; elles se recrutent presque exclusivement parmi les jeunes gens des classes aisées. La gymnastique étant obligatoire dans les écoles, on comprend que le goût s'en répande et que les bons gymnastes soient nombreux; en effet les sociétés finlandaises ont pris part avec honneur à des concours internationaux.

Le vélocipède a eu de la peine à s'acclimater en Finlande; les routes montueuses et souvent sablonneuses ne sont guère favorables à ce genre de locomotion. A l'exception de celui de Helsingfors, les clubs de vélocipédistes qui se sont fonnés dans quelques villes, n'ont guère d'importance. Pourtant il a été entrepris des voyages même assez longs; il y a deux ans, par exemple, quelques bicyclistes ont fait tout le tour du golfe de Bothnie jusqu'à Stockholm.

L'eau abondant partout en Finlande, les genres de sport qui ont l'eau pour domaine devaient nécessairement y fleurir. La natation est généralement répandue, mais guère parmi le peuple; le paysan prend de préférence, même en été, ses bains de vapeur.

Les Finlandais des deux sexes et de toutes conditions savent manier Us rames. Les longs et étroits canots des lacs de l'intérieur, poussés quelquefois par jusqu'à 18 paires de rameurs, atteignent une vitesse

vraiment étonnante. Mais comme branche de sport proprement dit, le canotage n'est guère pratiqué en Finlande que depuis les toutes dernières années.

L'usage des périssoires, introduit depuis peu, a obtenu tout de suite beaucoup de faveur et paraît avoir de l'avenir. En eflfet, ces embarcations, par leur légèreté, qui permet de les transporter facilement d'un cours d'eau à un autre, se prête admirablement à des excursions dans un pays comme la Finlande, coupé partf^ut de lacs séparés par des langues de terre généralement étroites. On pourrait sans peine, ainsi équipé, parcourir le pays du sud au nord et de l'est à l'ouest.

L'art de naviguer à la voile est depuis longtemps un plaisir généralement cultivé et gôuté en Finlande. Dans toutes les provinces il y a des sociétés de navigation, non seulement dans les villes de la côte, mais en bien des endroits sur les bords des grands lacs de l'intérieur. On organise chaque année des régates, non seulement pour les embarcations de luxe et de course, mais encore pour les bateaux de pêcheurs et de paysans. La plus importante de ces sociétés est le yachtclub de Nyland, à Helsingfors; il compte plus de 400 membres • et a pour protecteur le Grand-duc héritier. Dans sa flotille d'environ 60 yachts, il y en a qui ont été construits sur les chantiers les plus renommés de l'étranger. Des nombreuses et précieuses coupes qu'il a gagnées, il en est une destinée au vainqueur dans les régates internationales entre les riverains de la Baltique; jusqu'ici personne n'a pu l'enlever au yachtclub de Helsingfors.

Les nombreux et puissants rapides qui abondent en Finlande ne sont pas seulement un merveilleux spectacle pour les yeux; ils offrent au touriste aventureux une source d'émotions vives et nouvelles: une descente des rapides en canot. Il est difficile, en effet, d'imaginer un épisode de voyage plus grandiose à la fois et plus sauvage. Ces canots sont singulièrement frêles d'apparence. Longs de 6 à 7 mètres, très étroits, faits de

planches minces, le moindre mouvement les fait vaciller; les rames, à pale en forme de cuiller, sont fixées aux bords par des liens d'osier; à l'arrière, un aviron plus grand, assujetti de la même manière, sert de gouvernail. Engagé dans le rapide, le canot est bientôt emporté avec une rapidité vertigineuse à travers les tourbillons; l'écume rejaillit de tous côtés; le grondement des eaux assourdit; il semble à chaque instant que la fragile embarcation, qui craque, gémit et se tord, va se briser contre les roches affleurantes ou les parois menaçantes des bords. Mais debout au gouvernail, calme et sûr de lui, l'œil vigilant et la main ferme, le pilote-juré, dirige sa course effrénée dans le chenal étroit et sinueux entre les écueils et les remous, et le conduit enfin dans des eaux plus tranquilles. On descend ainsi en 20 minutes des rapides longs de 10 kilomètres. Le danger n'est pas grand; mais il ne faudrait pas entreprendre une excursion de ce genre sous une autre conduite que celle d'un pilote-juré.

Les rivières et les rapides offrent un riche butin à l'amateur de pèche à la ligne: le saumon, la truite, le lavaret, l'ombre commun, tout au nord la truite noire, y abondent, sans parler de la perche et du brochet. La pèche à la ligne est permise presque partout; cependant, pour la pêche du saumon, il faut payer une redevance aux propriétaires ou fermiers des pêcheries. Dans le nord, en effet, le droit de pêche appartient presque partout à l'État, qui l'afferme à des particuliers pour la saison (voir p. 23). Le saumon atteint souvent, dans ces rivières du nord, un poids de 20 à 25 kilos. Les pêcheries les plus renommées sont celles de la rivière d'Uleâ. A Vaala, la pêche est excellente et un permis pour la saison n'y coûte que 10 francs. Les amateurs de ce sport ne pourront mieux faire que de s'adresser à M. H. Renfors, à Kajana, qui délivre des permis et possède une fabrique d'ustensiles de pêche dont les produits rivalisent avec les plus renommés de l'étranger. Des sociétés d'amateurs de pêche ont acquis

le monopole de la pêche du saumon et de la truite dans certaines rivières. Les plus importantes sont le club „Harakka", sur le Vuoksen, fondé par des amateurs anglais domiciliés à St. Pétersbourg, et le club d'amateurs de pêche et de chasse de Kalkis, à l'endroit où la rivière de Kymmene sort du lac de Pâijàne.

Sur les côtes et dans les lacs, on ne pêche guère à la ligne que le brochet, la perche et l'ide, qui y sont souvent très abondants.

La chasse aux oiseaux de mer, en automne et au printemps, peut offrir beaucoup de variété et de plaisir. La chasse au phoque, qui n'est guère pratiquée que par le peuple et pour le profit, pourrait oflrir beaucoup d'attraits aux sportsraen par les dangers et les aventures dont elle est presque toujours accompagnée.

La Finlande, nous l'avons dit, est assez riche en gibier. Aussi n'est-il presque pas d'homme des classes cultivées qui ne soit plus ou moins chasseur, et beaucoup sont des chasseurs très distingués. Le gibier le plus apprécié de l'amateur de chasse est naturellement l'ours. L'ours se rencontre un peu partout, mais ses véritables domaines sont les vastes forêts de l'est et du nord-est, le long de la frontière russe; les meilleurs centres d'opérations pour cette chasse seraient les villes de Sordavala et de Joensuu. Il s'en tue beaucoup, mais comme il en immigre constamment de Russie, l'espèce ne s'épuise pas ; l'abondance en varie toutefois selon les années. Forts et hardis, ils font d'assez glands ravages parmi les troupeaux; de plus, les communes paient une prime élevée pour leur destruction, et leur fourrure a beaucoup de valeur; autant de raisons pour qu'ils soient, de la part des payans, l'objet d'une chasse très active. Voici comment cette chasse se pratique le plus souvent: Quand un paysan a trouvé des traces d'ours sur la neige fraîchement tombée, il les suit pour découvrir où l'animal a pris ses quartiers, d'hiver. Quand il a constaté, en décrivant un cercle autour de l'endroit suspect, qu'aucune trace ne s'en

éloigne, il est à peu près sûr qu'il tient la bête quelquepart dans l'espace ainsi circonscrit; cette enceinte a rarement un diamètre de plus de deux kilomètres; le plus souvent elle est beaucoup moindre. Le traqueur offre alors à quelque sportsman de le conduire pour un certain prix à la retraite de l'ours. L'antre une fois découvert au moyen de chiens d'une espèce particulière, les chasseurs se postent, réveillent l'ours de son sommeil d'hiver et le tirent à sa sortie de sa caverne. Quelquefois, pour augmenter l'attrait de la chasse, on donne à l'animal une certaine avance, après quoi on le poursuit en raquettes; si la neige est un peu durcie, on manque rarement de l'atteindre: son poids le fait enfoncer, tandis que le chasseur, soutenu par ses raquettes, glisse à la surface. Mais la victoire ne s'obtient pas toujours sans accident et plus d'un chasseur d'ours porte sur son corps les marques des griffes ou des dents de ce roi des forêts du nord. Quand les paysans chassent l'ours pour leur propre compte, ils l'attaquent le plus souvent corps à corps, à l'épieu ou à la hache; paniii les vieux villageois de ces contrées il en est qui ont ainsi tué plus de cent ours dans leur vie. Les plus célèbres chasseurs d'ours, parmi les sportsmcn finlandais, sont le capitaine B. Hôok à Jyviiskylà et M. K. Hallberg, forestier à Eno (Joensuu). — Autrefois on organisait aussi quelquefois, en été, des battues à Tours; on a presque partout abandonné ce moyen comme peu pratique, sauf dans les endroits où il y a des sociétés de chasseui"S bien organisées.

La chasse la plus appréciée, et aussi la plus lucrative, après celle de l'ours est celle du renne sauvage. Le domicile habituel du renne sauvage est la Laponie; o'est là qu'il vit en grands troupeaux, mais il descend •quelquefois en automne à l'est jusqu'au Ladoga pour remonter vers le haut nord au printemps suivant. La chasse a lieu en général en hiver; le chasseur monté sur des raquettes poursuit le renne et le tire à balle. En été, les rennes sauvages se tiennent ordinairement

dans les grandes tourbières découvertes où le courant d'air toujours actif les défend en quelque mesure contre leurs ennemis acharnés, les taons.

Le loup est, de tous les animaux de la faune finlandaise, à la fois le plus nuisible et le plus difficile à atteindre. Heureusement que ces carnassiers deviennent de moins en moins nombreux. On ne les trouve pas dans tout le pays à la fois; ils sont essentiellement nomades; c'est tantôt une contrée, tantôt une autre qui en est infestée. Comme pour l'ours, on a presque entièrement renoncé au système des battues, qui aboutissaient rarement à un résultat satisfaisant. Actuellement, on emploie des chasseurs de loups spéciaux ou „lukaches", venus de Russie et d'une incroyable habileté à dépister ces animaux. Après avoir traqué un loup, ils le forcent, en restreignant leur cercle, à se diriger vers l'endroit où sont postés les tireurs. Mais il arrive souvent que l'animal rompt le cordon des traqueurs. Aussitôt le lukache, toujours habile coureur sur raquettes, se met à sa poursuite; et il s'engage alors entre eux une course ail clocher qui exige de la part de l'homme autant d'habitude que de force et de persévérance; il arrive souvent que la poursuite dure deux ou trois jours, et que le lukache, dans réchauffement de la course, jette l'un après l'autre les vêtements qui l'embarrassent, si bien que, quand il atteint la bête épuisée, il n'a plus que son pantalon et sa chemise, par un froid de 25 à 30 degrés, et il ne l'atteint pas toujours !

Le nombre des lynx paraît tendre à augmenter. C'est une chasse aussi goûtée des amateurs que des paysans; on trouve parmi ceux-ci de très habiles chasseurs de lynx.

En revanche les paysans ne chassent jamais le renard; ils le prennent au piège ou l'empoisonnent, comme ils font du reste aussi du loup. Parmi les sportsmen, la chasse au renard, très goûtée du reste, n'est

pas aussi répandue qu'elle devrait l'être, faute de bonnes races de chiens.

Mais le sport favori du chasseur finlandais, c'est la chasse au lièvre au chien courant; il s'y livre aussitôt qu'il est en âge de tenir un fusil, et il n'est guère d'écolier de quinze ans qui, au retour des vacances, n'ait quelque exploit cynégétique à raconter.

Le coq de bruyère et le petit tétras sont l'objet de plusieurs genres de chasses, toutes intéressantes. On peut aussi les chasser au chien d'arrêt, tant que les mères ont leurs couvées autour d'elles. Mais les énormes quantités qui s'en exportent sont pris au piège par les paysans. Tel paysan a ainsi jusqu'à deux raille pièges, distants de 30 à 60 mètres les uns des autres. On trouve aussi des perdrix dans le sud et le sudouest ; elles sont cependant peu abondantes, l'hiver décimant trop souvent les couvées. Quant aux gelinottes, très répandues surtout dans l'est et le nord, on les chasse à la pipée, sans chien, et avec un fusil à balles de très petit calibre.

La chasse n'est pas libre en Finlande, sauf celle des animaux nuisibles. Tout propriétaire a le droit exclusif de chasser sur ses terres; mais ce droit n'est pas du tout rigoureusement maintenu. Les paysans au moins donnent volontiers, sans rénmnération, la permission de chasser chez eux à quiconque leur en fait la demande. Nous indiquons ailleurs les époques où la chasse est ouverte pour les différentes espèces de gibier (voir p. 122).

Il y a d'ailleurs de nombreuses sociétés de chasseurs qui veillent à la préservation du gibier dans les territoires dont elles ont le monopole.

L'étranger qui voudrait se livrer au plaisir de la chasse et qui n'aurait pas apporté de fusil, trouverait à Helsingfors, chez M. 0. Lindebàck et chez M. M. Frisch et Tammelander, tout ce dont un sportsman peut avoir besoin.

Disons enfin que le sport à un organe en Finlande, une revue mensuelle, „le Sport" (rédacteur en chef M. A. Hintze à Helsingfors).

L'étranger qui, voyageant en Finlande en été, désirerait avoir quelques occasions de pêcher ou de chasser le canard, tout en visitant le pays, fera bien de suivre l'itinéraire suivant: à Âbo ou Helsingfors, il prendrait le chemin de fer pour Villmanstrand ; de là il se rendrait en bateau à vapeur à Kuopio et à lisalmi, où il louerait une voiture (éviter de prendre la poste, si possible) pour le transporter à Kajana; enfin de Kajana par les rapides de l'Uléâ à Uleâborg, où il se retrouverait en communication directe avec le reste de l'Europe. Il aurait ainsi vu un grand nombre des plus beaux sites de la Finlande, et, s'arrêtant en route, s'il le voulait, il aurait pu jeter sa ligne dans les rapides poisonneux de Warkaus, par exemple, ou de Konnus, où l'on obtient sans difficulté la permission de pêcher des truites excellentes, et la rivière d'Uléâ est encore plus riche en saumons.

Itinéraires.

Les chapitres qui précèdent, auront nous l'espérons, contribué à modifier plus d'une idée erronée sur la Finlande. Peut-être le touriste y trouvera-t-il de quoi le tenter d'entreprendre un voyage à ce pays peu connu, original, et qui lui offrirait bien des sujets nouveaux d'observation et d'étude.

Les communications sont en général assez bonnes en Finlande. Le mouvement des voyageurs et des excursionistes a beaucoup augmenté dans ces dernières années; les écoles même entreprennent de longue courses, sous la conduite de leurs professeurs. Il s'est fondé récemment une Société des touristes qui compte déjà plus de 1000 membres; elle a en un grand nombre d'endroits des commissionnaires qui fournissent aux voyageurs aide et renseignements; elle fait élever des belvédères et des pavillons dans les sites remarquables; elle a publié sous le titre de „Reseruter i Finland* {itinéraires en Finlande) plusieurs brochures décrivant différentes routes, jusque dans le voisinage de la mer Glaciale.

On arrive en Finlande par plusieurs routes. Des paquebots finlandais entretiennent des communications directes avec l'Espagne, Bordeaux, le Havre, Londres, Hull, Bremerhaven, Copenhague, Stockholm, Sundsvall, LUbeck, Reval, S:t Pétersbourg.

INTINERAIRES. 153

La „Compagnie finlandaise de navigation à vapeur" (Finska ângfartygsaktiebolag) dessert les lignes suivantes :

Espagne (Tarragone, Malaga, Almeria, Cadix, Barcelone ou Valence) — Bordeaux — le Havre — Finlafide (Helsingfors, éventuellement aussi Âbo et Viborg). Les vapeurs l'Argo et le Bégulus, de 1300 tonneaux, partant d'Espagne une fois par mois.

Londres — Bremerhaven — Copenhague— Finlande. (Helsingfors, éventuellement aussi Âbp et Viborg). Le Capella, 1100 tonneaux; départs une fois par mois.

Hull — Copenhague— Finlande (Helsingfors, éventuellement Abo et Viborg). Le Siritis et l'Orioîi, 1150 tonneaux; départs tous les 18 jours).

Prix, en première classe: d'Espagne 200 frcs, de Bordeaux 125 fr., du Havre 100 fr., d'Angleterre 100 fr., de Bremerhaven 80 fr., de Copenhague 50 fr., non compris la nourriture.

La «Compagnie de navigation à vapeur de Helsingfors" (Helsiîigfors ângfartygsaktiebolag) a deux vapeurs, le Storf^crsteri et le Helsingfors; départs tous les samedis de Lilbeek à Helsingfors par Beval. (I:ère cl. 70 fr., II:e cl. 50 fr.). Il est délivré des billets d'aller et retour, valables pour trois mois, avec 25 "/o de rabais.

La Compagnie „Vasa — Nordsjô bolag" expédie le l:er et le 15 de chaque mois un de ses deux vapeurs de première classe de Lilbeek à Âbo par Hango (75 fr.).

Ses vapeurs le Clio et le Fatria font un service régulier entre Hull— Copenhague -Âbo — Vasa—Uleâborg et retour direct à Copenhagiie et Hull.

Sept paquebots appartenant à différentes compagnies font le service entre Stockholm et 8:t Pétersbourg. Départs de Stockholm : le lundi par le Hango, le mardi par le von Dôbeln, le jeudi par le Constantin ou V Uleâborg, le samedi par le Torncâ, le dimanche par la Finland ou VÂbo. Départs de Pétersbourg ; le Torneà le mardi, le Constantin ou /' Uleàborg le jeudi, le v. Dôbeln le samedi, le Finlande et l'Âbo le dimanche, le

154 INTINÉRAIRES.

Tomeâ et le v. Dôbeln ne touchent qu'à Helsingfors. Les autres abordent Helsingfors, Hangô et Abo; VÂbo en outre Marieliamn (île d'Âland), la Finland touche à Viborg à l'aller. Le Hamjo dessert Mariehamn, Abo, Hangi), Ekenàs et Helsingfors, à l'aller et au retour. Les prix sont: de Stockholm à S:t Pétersbourg I cl. 60 fr., U cl. 48 fr.; de Stockholm à Helsingfors I cl. 45 fr., II cl. 36 fr.

Plusieurs lignes de bateaux relient S:t Pétersbourg aux ports du golfe de Bothnie, les uns par Helsingfors, les autres par Reval; d'autres lignes font communiquer les ports du golfe de Bothnie avec la Suède; de même aussi, comme nous l'avons dit plus haut, les villes de Joensuu et de Kuopio, dans l'intérieur du pays, sont en communication directe soit avec S:t Pétersbourg, soit avec Lubeck, par le canal de Saima.

On peut encore arriver en Finlande en chemin de fer, par S:t Pétet'sbourg . Un touriste qui, après avoir visité les montagnes de la Norvège, voudrait visiter la Finlande, pourrait prendre le chemin de fer de Trondhjem à Sundsrall et de là le bateau pour Vasa, sur la côte ostrobothnienne; de Vasa, le chemin de fer le conduirait au nord ou au sud, à son choix.

Une route intéressante pour le touriste serait de prendre un des grands vapeurs qui, de Londres et de Hambourg, conduisent au cap Nord, puis de traverser la Laponie finlandaise jusqu'à Torneâ ou Kemi où il se trouverait en communication facile avec le reste du pays. Il pourrait du reste, du cap Nord, gagner la Finlande bien plus commodément par la voie Trondhjem— Sundsvall— Vasa; ou bien encore par la ligne Ofoten— Luleâ, quand elle, sera achevée, et de là par le bateau à vapeur à Uleâborg.

Nous décrivons ici, en prenant pour guide surtout les publications de la Société des touristes, quelques itinéraires, que nous avons choisis comme faisant connaître au voyageur les sites les plus remarquables en même temps qu'ils lui offrent toutes les facilités désirables (à l'exception du dernier, le voyage en La-

ponie). Nous avons pris pour point de départ Helsingfors, comme étant la ville où la plupart des voyageurs se rendront en premier lieu. De là nous conduisons le touriste à Âbo, dans l'intérieur du Nyland, dans le Tavastland et les environs du bassin du Pâijâne; enfin nous entreprenons une plus longue tournée, de Viborg, à travers l'intérieur du pays, par Kuopio et Kajana, à Uleâborg, à Torneâ et jusqu'au cap Nord. Il va sans dire que ces itinéraires peuvent se combiner de différentes manières, et que le point de départ dépendra du chemin par lequel le touriste aura abordé la Finlande.

Nous donnons à la fin du volume les renseignements nécessaires sur les voies de communications. Quant aux bateaux-à-vapeur nous mentionnons, dans les itinéraires mêmes, pour chaque endroit les lignes de bateaux qui le desservent; mais le voyageur devra se renseigner sur les lieux quant aux heures de départ, qui varient quelquefois selon la saison.

Uneppendice contient des informations sur les communications télégraphiques.

Helsingfors.

Hôtels comfortables, prix modérés : * Societetshuset et * Hôtel Klcineh, sur la place du marché; * Hôtel Kmnp, rue de l'Esplanade.

Restaurants: ceux des hôtels ci-dessus; de plus, Operalàllaren (Nouveau théâtre), Kajjellet, sur l'Esplanade, et dans les parcs de * Brunnsparken et de Kaisaniemi.

Fiacres : la course, dans la ville, 50 penni, de la gare 75 p.; l'heure, avec arrêts, 1 m. 50 p., sans arrêts, 2 m. De minuit à 6 h. m., le prix est doublé.

156 ITINERAIRES.

Des chaloupes à vapeur mettent la ville en communication avec les environs et avec la forteresse de Svéaborg; plusieurs départs par jour.*)

Helsingfors, capitale de la Finlande, fut fondé en 1550, près de l'endroit qu'il occupe actuellement et où il fut transféré en 1639. Plusieurs fois ravagé par l'incendie, la famine, la peste et la guerre, il n'avait que 4,500 habitants lors de la séparation d'avec la Suède. Devenu capitale en 1819, il n'a cessé dès lors de s'accroître. Un architecte d'un rare talent, C L. Engd, orna la jeune capitale de plusieurs beaux édifices. Le transfert de l'Université, après l'incendie d'Abo, en 1827, donna à Helsingfors une nouvelle importance pour le pays. Dans ces dernières années, des constructions monumentales se sont élevées en grand nombre. Actuellement la ville occupe une superficie de 6,a n kilom. carrés et compte plus de 60,000 habitants.

Helsingfors est situé sur une presqu'île qui s'avance dans le golfe de Finlande. Entouré d'îles et d'îlots de forme et de grandeur variées, il se présente très bien, vu de la mer. On aborde à la Place du marché. Sur le quai, à droite, un obélisque de granit rouge poli rappelle, dans une inscription latine et finnoise, que l'épouse de Nicolas I débarqua en cet endroit lors d'une visite à Helsingfors, en 1833. A l'heure du marché, la place et les quais offrent une animation pittoresque; sur les barques alignées le long du bord et chargées de poissons ou de produits de la campagne, dans la foule des acheteurs et des vendeurs qui s'agite autour des échoppes de la place, l'étranger pourra faire d'intéressantes études de types et de mœurs. — Au fond, à droite, est le Palais impérial. Autrefois la plus ^grande maison particulière de la ville, elle fut achetée par l'État en 1837 et aménagée pour son emploi actoel. Maintenant elle est surpassée, pour l'apparence extérieure, par la plupart des maisons qui l'environnent, et l'aménagement n'en a rien non plus de princier. On y voit cependant quelques beaux objets d'art. C'est dans la salle dite du trône que s'ouvre et se clôt, tous les trois ans, la session de la diète. On obtient l'autorisation de visiter le

•) On trouvera des détails dans un Guide du voyageur à Helsingfors, par E. Nervander, en suédois et en anglais.

palais en s'adressant à M. le baron G. d'Alfthan, Alexandersgatan 7.

A droite du palais, un pont conduit à la presqu'île de Skatudden, qui sépare le port de commerce ou port du sud, du pittoresque port du nord. A l'entrée de la presqu'île, dans une situation dominante, s'élève la * Cathédrale Uspenska, l'église principale de la paroisse catholique-grecque (bâtie en 1868 5ur les plans de Gornostajeff). Les peintures de l'intérieur (par Schiltsoff) méritent d'être vues. Service tous les dimanches et fêtes à 10 h. m. et la veille des jours fériés, à 6 h, s. Bedeau au rez-de-chaussée. * Belle vue sur la ville et la mer de la terrasse de l'église, ainsi que de la colline voisine, où est située la Monnaie.

De la place du marché, les deux petites rues de Sophie •et de Catherine, conduisent à la place du Sénat. Le côté est de la place est formé par le * Palais du Sénat, édifice monumental, occupant tout l'espace entre quatre rues, bâti en 1822 par Engel. Ce palais est le siège du gouvernement et de plusieurs administrations centrales. La salle des séances du Sénat et l'antichambre de cette salle méritent une visite. Dans l'antichambre, un grand tableau (de Ekman) représentant l'ouverture de la diète de 1809 dans la cathédrale de Borgâ, et le buste du poète national J. L. Runeberg (par son fils). Le fond de la salle des séances est occupé par le trône impérial. Des portraits en pied des empereurs de Russie et des portraits des gouverneurs généraux ornent les murs de la grande salle et des salles voisines. Des locaux sont affectés provisoirement (jusqu'en 1890) à la conservation des archives de l'Etat. — Au nord de la place s'élève l'église (luthérienne) de S:t Mcolofi, inaugurée en 1852. Bâtie en style renaissance, surmontée d'un dôme central flanqué de quatre petites coupoles, elle est assise ■Rur une large terrasse où l'on arrive par un escalier de granit dont les proportions colossales nuisent un peu à celles de l'église. L'intérieur est très simple (au-dessus de l'autel, un tableau du peintre russe Neff représente la mise au tombeau; statues de Luther, de Melanchton, du réformateur finlandais M. Agricola, par Wallgren). Du dôme, dont le sommet est à 71 m. au-dessus de la place, on a une vue très étendue. Pour visiter l'église, s'adresser au bedeau, au rez-de-chaussée. — Le côté gauche de la place, vis-à-vis du Sénat, est occupé par V* Université, bel édifice datant de 1832, et dû aussi au talent d'Engel. Il faut remarquer en particulier le vaste vesti-

bule, parcourant trois étages, ornés de frises (par Sjôstrand)^ représentant Wâinâmôinen entouré des autres héros du Kalevala, Ilmarinen et Lemininkâinen, et attirant autour de lui tous les êtres vivants par la puissance de son chant. Du vestibule on pénètre par trois portes dans la „ salle des solennités", vaste salle en demi-cercle, où se célèbrent les grandes fêtes universitaires. — C'est aussi dans le bâtiment de l'Université que se trouvent les musées suivants : au premier étage, le musée entomologique, très riche collection indigène; parmi les collections d'espèces étrangères, celle du comte C. Mannerheim ; au 2:e étage, cabinet des monnaies et médailles, plus de 40,0()0 numéros, parmi lesquels sont d'un intérêt spécial les trouvailles faites en Finlande, entre autres des monnaies coufiques; au troisième étage, 'Musée zoologique et botanique, plus de 700 mammifères, 4,000 oiseaux, etc.; le musée botanique renferme un herbier précieux de plantes finlandaises, 1,100 espèces en 24,000 exemplaires, la collection Stevens (23,000 espèces), la collection de lichens d'Acharius, etc. Au nord de l'Université, en suivant la rue de l'Union,, nous trouvons le chef-d'œuvre d'Engel, la * Bibliothèque de V Université, bâtie en 1845 et renfermant 200,000 volumes et une collection aussi complète que possible de tous les imprimés parus en Finlande. Les plus anciens et les plus rares de ces imprimés ont été recueillis par un pauvre Finnois du peuple, qui pendant des années allait de maison en maison, recherchant les vieux imprimés finnois, et qui, à sa mort, a légué à la Bibliothèque une collection comptant 3,000 numéros. Les vastes et hautes salles de la bibliothèque, ornées de peintures allégoriques, méritent d'être visitées; s'adresser au concierge de service dans le vestibule, ou à son domicile au rer-de-chaussée. De l'autre côté de la Bibliothèque, dont elle est séparée par une cour, et avec façade sur la rue Fabian, sfr tronve la salle d'anatomie, et, dans le même bâtiment, un musée d'ostéologie et une belle collection, très complète, d'oiseaux finlandais. — En remontant la rue de l'Union, on passe devant quelques hôpitaux et l'on arrive au parc de Raj-tamemi,. plein d'ombre et de verdure, d'un caractère tout champêtre; c'est une des promenades favorites de la population et il s'y donne souvent des fêtes populaires. Tout au fond du parc, au bord de la baie de T5lô, il y a un restaurant. A côté de Kajsaniemi, dont il n'est séparé que par une barrière, est le jardin botanique (entrée par la rue de l'Union): parc anglais»

HELSINGFORS. im

serres, collections de familles végétales. Les serres sont ouvertes le mardi et le vendredi de 11 à 1. — De la rue Elisabeth, qui s'ouvre vis-à-vis de l'entrée du jardin botanique, nous tournons à droite dans la rue Nicolas, que nous descendons. Avant d'arriver à l'église, nous nous trouvons sur la belle * Place de la Diète, entourée d'édifices remarquables. C'est d'abord, à droite, le nouveau Palais des Archives, style renaissance italienne, dessiné par Nystrôm, tout entier en briques et en fer, très intéressant pour les connaisseurs par la hardiesse de sa construction et son heureux aménagement.

— Tout près, sur un des côtés de la place, la Banque de Finlande, bâtie en 1883, aussi en briques et en fer, sur les dessins de Bohnstedt à Gotha. On remarquera le vestibule, d'une ornementation un peu lourde, un bel escalier, et surtout la grande salle des expéditions, richement décorée par Hellstén.

— Vis-à-vis de la Banque, le Palais de la Diète (Nystrôm architecte). Un escalier extérieur conduit à un péristyle à quatre grandes colonnes, d'où on arrive par un vestibule à un escalier monumental. C'est dans les salles de ce palais que se réuniront désormais les ordres de ladiète sauf la noblesse. — Plus loin du même côté de la rue, le Laboratoire de V Université, bâti en 1869 et agrandi depuis. On y remarque, outre les locaux affectés à son but spécial de laboratoire de chimie et de physique: au rez de chaussée, une bibliothèque russe renferment 40,000 volumes environ; au premier, un& collection de 100 reproductions en plâtre de chefs-d'œuvre de la sculpture; au second, un musée minéralogique, contenant 25,000 numéros, dont 4,000 échantillons de roches et minéraux de Finlande (ouvert le mercredi et le samedi de 12 à 1 h.); au troisième, un musée d'histoire et d'ethnographie, comptant plus de 20,000 numéros, — Nous continuons notre route, et quand nous avons passé la façade du Sénat, nous suivons à gauche la rue Alexandre jusqu'à un square au fond duquel nous voyons la Maison de la Noblesse, style renaissance vénitienne (Chiewitz architecte), bâtie en 1859. Les murs de la grande salle des chevaliers sont ornés des écussons de toutes les familles nobles finlandaises : 1 1 comtes, 58 barons et 26G gentilshommes non titrés. Dans l'antichambre do cette salle, le grand tableau historique d'Ekman représentant Alexandre II ouvrant la diète de 1863, et les portraits des maréchaux de la noblesse finlandaise et de quelques-uns des présidents des ordres roturiers. Derrière la Maison de la Noblesse s'élève

leO ITINERAIRES.

la maison récemment construite de la Société de littérature finnoise. Reprenant de là la rue Alexandre jusqu'à la rue de l'Union, nous suivons celle-ci jusqu'au n:o 20, où nous trouvons, au 2:e étage, le Musée ethnographique des étudiants, fondé en 1876; il contient 6,000 objets indigènes et 600 des pays voisins. Remarquer les reproductions d'intérieurs de maisons de paysan de différentes parties de la Finlande, et les costumes nationaux (environ 3,600 numéros). Ouvert le dimanche de midi à 3 h., le mercredi et le vendredi de 1 h. à 3 h.; de novembre à janvier, de midi à 2 h. — La rue de l'Union nous conduira, au sud, à la colline d'Ulrikasborg, que couronnent les trois tourelles de V Observatoire astronomique de V Université. Sur le côté gauche de la colline s'élèvent les bâtiments remarquables de la nouvelle clinique chirurgicale, dont la façade donne sur la rue de la Caserne. Du sommet de la colline, on jouit d'une vue étendue sur la ville, le port, la forteresse de Svéaborg et la haute mer. Au pied de la colline d'Ulrikasborg commence le beau parc de Brunnsparken, parsemé de villas et qui s'étend jusqu'à la mer. Belle vue du haut des remparts, aujourd'hui désarmés. (Bains de mer à Y Etablissement hydrothérapique d'Ulrikasborg). Parmi les villas, on Remarque celle que FreWric Ovgnœus (v. p. 111) a léguée à l'Etat, et qui contient une collection de 263 tableaux de peintres finlandais (noter surtout les n:os 32, 33, 36, 37, 49, 50, 51, 67 a, 87, 88 et 89). De Brunnsparken, on regagne facilement, soit en omnibus, soit en chaloupe à vapeur, la place du marché; on a alors à sa gauche les Esplanades. Dans la première, on remarque le petit restaurant „Kapellet", devant lequel un orchestre joue tous les soirs dans la belle saison. Au milieu de l'Esplanade centrale se dresse la statue du poète J. L. Runeberg, exécutée par son fils; au pied du piédestal, la Finlande est représentée sous la figure d'une jeune femme à l'expression sérieuse et pensive, appuyée d'un bras sur un tableau où sont gravées les deux premières strophes du chant national finlandais «Yârt land". écrit par Runeberg (v. p. 110). L'inscription du piédestal signifie: de la part du peuple finlandais, 1885. An fond de la troisième esplanade, on voit la façade du Nouveau théâtre suédois, bâti en 1863, par Benoit, à S:t Pétersbourg. La salle, spacieuse et commode, contient 800 places. — Dans la rue qui longe les esplanades au nord, s'élève la plus grande maison particulière de la Finlande.

Derrière le théâtre débouchent les esplanades dites Henriksesplanader ; au coin de celles-ci et de la rue Alexandre, on voit la * Maison des Etudiants, édifice de dimensions moyennes, mais dégagé de tous côtés et de belle apparence, inauguré en 1870 (Dahlstrôm architecte). La façade est surmontée d'une frise, au centre de laquelle on lit „Spei suae patria dedif-', tandis que les deux côtés sont occupés par un basrelief de W. Runeberg (Cléobis et Biton traînant leur mère aux jeux Olympiques). Dans des niches, des deux côtés de l'entrée, les statues de deux héros du Kalevala, Wâinâmôinen et Ilmarinen (par Stigell). Grande et belle salle des fêtes: au fond «Apollon et Marsyas" groupe en plâtre de W. Runeberg. Dans les autres pièces, bustes et portraits nombreux de Finlandais marquants. Salles de lecture; bibliothèque de 40,000 volumes. Pour visiter la maison, s'adresser à l'huissier.

Continuant notre route, nous trouvons la rue Brunnsgatan, qui nous conduit sur la place de la Gare; nous avons alors à notre gauche la gare. Au nord de la place, l'établissement de bains de Wilhelmsbad, très fréquenté. Le côté sud est occupé par V* Athénée (v. p. 1 17), palais consacré aux arts, bâti par Hôijer et inauguré en 1887. La partie centrale de la façade, richement ornée, est surmontée d'un groupe représentant la Finlande couronnant l'Art et l'Industrie; audessous, en lettres d'or: Concordia res parvae crescunt; quatre caryatides et, au-dessus de l'entrée principale, les bustes de Raphaël, de Phidias et de Bramante, modelés par Sjôstrand ; le long de la façade, de chaque côté de la partie centrale, huit bustes d'artistes célèbres, par Wallgren. L'escalier monumental et les paliers sont ornés d'un grand nombre de sculptures [entre autres: la mort de Kullervo (mythologie finnoise), par Sjôstrand; Apollon et Marsyas, par Runeberg; Aïno (mythologie finnoise) et Rebecca au puits, par Takanen, discobole, par Stigellj. Au deuxième étage sont exposées les collections suivantes: 1. La galerie de la Société des beauxarts, (œuvres d'artistes finlandais),' 344 tableaux et 80 sculptures. A remarquer, dans la grande salle, de gauche à droite, les numéros 319, G8, * 11.3, * 320, 115, ♦Vieilles femmes devant l'église (sans numéro), par Edelfelt, 176, 69, * 127, * 171, M72, 197, 199, 32, 203. Sculptures dans la salle d'angle, au nord-est: Faune endormi, par Sergell, Aïno par Takanen, l'Amor et Bacchus, par Runeberg. Des tableaux de peintres étrangers sont exposés dans la galerie étroite qui court paral-

lèlement à la salle; on y trouve aussi des bustes et des statues. La galerie est ouverLe le mercredi et le samedi de midi à 3 h. (entrée 50 p.), entrée libre le dimanche aux mêmes heures; catalogue en suédois (50 p.). 2. Le musée de la Société finlandaise des arts appliqués, ouvert de 2 h. à 3 h. (entrée 25 p., libre le dimanche; catalogue suédois 50 p.): 1,622 numéros, dont quelques objets de valeur (XI 12, 65— "67, XII 1, XII 9, etc.) Le palais contient encore des locaux pour les écoles de dessin, et d'arts appliqués, une salle des fêtes, etc.

Au sud de la statue de Runeberg s'ouvre la rue Kaserngatan, qui nous mène à la place Kaserntorget. Tout un côté de cette place est formé par la façade de la monumentale Caserne de la Garde finnoise, bâtie en 1822 par Engel. Dans la cour centrale on a élevé un obélisque de 12 m. à la mémoire des soldats du bataillon de la garde tombés pendant la guerre de 1877 — 78; deux plaques commémoratives portent les noms de ces soldats et des lieux où la garde s'est distinguée pendant la guerre de Turquie. — Avant d'arriver à la place de la Caserne, une petite rue à droite, Richardsgatan, mène à la * Bibliothèque populaire et salles de lecture de la ville, bâtie sur les plans de Hôijer en 1881. Cette bibliothèque, ouverte à tous pour un prix minime, compte 8,000 volumes et est très fréquentée par les classes populaires. — Une autre petite rue, Ludvigsgatan, conduit de là au square de TieJcanten, d'où l'on peut aller, au sud, à la nouvelle église luthérienne, au nord, à la place de SkUnaden, où nous nous retrouvons près du Théâtre suédois. A l'ouest s'ouvre une belle rue plantée d'arbres, Boulevardsgatan, dans laquelle on voit plusieurs grands bâtiments d'école, et qui conduit à la place Sandvikstorget, où s'élèvent V Institut poliitechnique et le Théâtre Alexandre. — Un des locaux du bâtiment de l'Institut poly^ technique a été mis au service de la commission géologique; elle y a des collections qui n'intéresseront pas seulement les spécialistes, entre autres des échantillons polis de roches finlandaises. — C'est aussi sur cette place que donne la grande brasserie Sinebrychoff; on pourra visiter le * jardin Sinebrjfchoff, bien entretenu et d'où on a une belle vue.

Nous avons épuisé la liste des curiosités do la jeune capitale finlandaise. Quant aux institutions d'un intérêt plus spécial, écoles, hôpitaux, établissements scientifiques, philanthropiques, industriels, commerciaux, le voyageur trouvera fa-

cilement sur place tous les renseignements sur ceux qui méritent son attention.

Nous indiquerons maintenant les endroits des environs immédiats de Helsingfors qui méritent une visite. En prenant la route qui fait suite à la rue Henriksesplanaderna, on arrive au restaurant de Hesperia, entouré d'un jardin et pittoresquement situé au bord de la baie de Tôlô. Un peu plus loin que Hesperia commence le vaste *parc de Tôla, œuvre d'un citoyen de Helsingfors, H. Borgstrôm, auquel on y a élevé un monument. Une partie du parc est occupée par les plantations, les serres et l'école de la Société d'horticulture. On pense à y établir aussi un jardin zoologique. Un petit restaurant, Alphr/ddan, est situé sur le penchant d'une colline, ** Utsigtsberget, du haut de laquelle la vue embrasse une grande étendue ; on sera frappé du contraste entre Helsingfors d'un côté, sur sa presqu'île, avec la mer jusqu'à l'horizon, et de l'autre les sombres forêts de pins qui remplissent toute la partie nord du tableau. La vue est encore plus vaste du haut du réservoir des eaux de la ville, situé tout près de là. Ce réservoir, en granit taillé, reçoit les eaux que lui envoie les machines hydrauliques de la rivière de Vanda. On peut revenir par l'autre côté de la baie de Tôlô et rentrer en ville par le pont „Lânga bron". — La promenade favorite des habitants de Helsingfors est, depuis quelques années, l'îlot de * H/}gholm. Un bon restaurant, un joli parc, des points de vue variés sur la mer, le port et les îles voisines, justifient amplement cette préférence. Une chaloupe à vapeur part toutes les demi-heures pour Hôgholmen du quai à l'entrée de la rue Alexandersgatan.

Entre autres jolies excursions à faire de Helsingfors en bateau à vapeur, nous citerons:

Svéaborg, forteresse au sud de la ville. Bâtie sur sept îles par Augustin Ehrensvârd en 1749, ses ouvrages ne souffrirent pas du bombardement des flottes alliées en 1855. Ils ont été depuis lors énormément augmentés et pourvus de formidables canons, au nombre d'environ 900. Pour visiter la forteresse, dont la garnison se compose exclusivement de troupes russes, l'étranger devra être muni d'un permis du commandant. Dans l'île centrale, Vargôn, se trouve le tombeau crEhronsvârd ; c'est un parallélipipède de granit terminé aux deux bouts par une proue de canonière en bronze; sur le bloc de granit est posé l'écusson de la maison comtale d'Ëh-

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rensvârd, à côté des insignes de l'ordre des Séraphins; on y lit les inscriptions: «Arméens flotta — Sveaborg". Ce monument fut élevé sur l'ordre de Gustave III, qui en donna lui-même le dessin. — Les chaloupes à vapeur pour Svéaborg partent du port du sud.

Du port du nord, il y a plusieurs départs par jour pour :

a) Thurhohn, dont des mains d'artiste ont su augmenter encore la beauté naturelle. Parc boisé remarquable (au fond du parc, deux tours d'où on a des belles vues). De là on peut continuer son voyage par Hârtonâs et Degerô, ce qui donnera à l'étranger l'occasion de voir les plus jolis paysages de l'archipel qui entoure Helsingfors.

b) Stanstrik, JoUas et WiUinge, OÙ les horizons sont plus ouverts et d'où on a des échappées sur la pleine mer.

En s'éloignant un peu plus do Helsingfors, on pourra faire une excursion intéressante à la petite ville de

Borgâ. Hôtels : * Societetshuset et Jernvàgshotellet.

On se rend à Borgâ, soit en chemin de fer (Helsingfors —Kervo— Borgâ, 62 kilom.; départ 8 h. m. et s., 6 h.s.), soit, pendant la belle saison, par le bateau le Runeberg (un départ par jour, du bassin du sud). Cette dernière voie est très pittoresque; on traverse d'abord des bras de mer assez ouverts; mais la dernière partie du trajet se fait entre des iles; on remarquera surtout le bassin de Uaïkko, dont les bords sont parsemés de jolies villas.

Borgâ est une des plus vieilles villes de la Finlande; sa fondation remonte probablement à l'an 1346; on trouve dans les environs les plus anciennes traces de la civilisation Scandinave. Los habitants parlent suédois. Borgâ est depuis longtemps la résidence d'un évèque. Un quartier d'aspect antique entoure la cathédrale, bâtie en 1414, bon spécimen des églises du moyen-âge dans la Finlande méridionale (calice précieux). C'est dans cette église que se réunit la célèbre diète de 1809 (voir p. 80). Mais ce qui rend surtout Borgâ cher aux Finlandais, c'est que leur poète national, Runeberg, y a passé une grande partie de sa , vie. Il faut visiter la * maison de Rm.eberg, rachetée par l'État et conservée telle que le poète l'a laissée, le tombeau de Runeberg (par Ôhman) et sa statue, par son fils, réduction de celle de Helsingfors.

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