‹ La Finlande et les finlandaisChapitre 27 sur 29 · DE HELSINGFORS A KANGASALA PAR ETC · texte numérisé non relu

DE HELSINGFORS A KANGASALA PAR ETC

De Helsingfors à Kangasala par Tavastehus et Tammerfors.

Le voyageur qui, n'ayant que quelques jours à sa disposition après avoir visité Helsingfors, voudrait se faire une idée de l'intérieur du pays, ne saurait mieux faire que de choisir l'itinéraire ci-dessus. Les trains de 8 h. et de 9 h. m. le conduisent en 4 heures à la gare de Tavastehus, d'où il gagne en fiacre (50 penni) •le centre de la ville (remarquer la vue du pont que l'on passe dans ce trajet). Hôteh : Nordins hotell, Societetshuset, Gàstgifveriet, tous bon marché. Restaurants dans les hôtels et dans le Parc. Fiacres : la course 25 penni dans la ville, 50 penni pour la gare et le Parc; l'heure 1 marc 25 penni. Communication téléphonique avec Helsingfors.

A. Tavastehus. Jolie situation sur une presqu'île du lac Wesijàrvi. Il y fut transféré en 1779 de son ancien emplacement, plus au nord, où il avait été fondé en 1639 par le comte Per Brahe. Complètement détruit par l'incendie en 1831, il fut reconstruit sur un plan régulier, avec de larges rues. 5,000 habitants. Industrie: fabriques de tabac, brasseries de bière et de porter. Eglise, bâtie sur les dessins du roi Gustave III. — Au nord de la ville *le Parc, bien disposé, ruines artificielles, belle vue sur la ville et les environs. De là, la route conduit au château de Tavastehus ou Kronobon/, fondé en 1249 par Birger Jarl (voir p. 70) à l'extrémité d'une pointe de terre. Originairement élevé sur une base d'énormes lolocs de pierre entassés, il ne reste de l'édifice primitif que deux tours. Deux fois incendié, il a été en partie restauré et on y a ajouté de nouvelles constructions. Maintenant il sert de maison de correction; ses murailles peintes à l'huile ne laissent plus guère deviner ce qu'il a été. Il était autrefois entouré de remparts de gazon; on les a rasés en 1869 pour faire place à la prison cellulaire bâtie à l'aile gauche.

Dans les environs de Tavastehus, il peut être intéressant de visiter:

a. La colline de Hattelmala (4 kilom. par la route). En bateau jusqu'à Surbrunn. Belle vue.

b. La terre seigneuriale de * Karlberg (2 kilom. par la route), où l'art et la nature se sont donné la main (remarquer le rocher ^'Anlang).

B. On peut se rendre de Tavastehus à Tammerfors en chemin de fer; c'est le moyen le plus commode et le plus facile; mais l'itinéraire que nous allons indiquer est bien plus intéressant et oflfre l'occasion de faire connaissance avec quelques-uns des plus beaux sites de l'intérieur.

Des bateaux à vapeur font un service régulier de Tavastehus à Valkiakoski. On suit d'abord un chenal étroit entre le château et le parc à gauche et Karlberg à droite ; on voit ensuite défiler l'église de Hattula et de belles propriétés. Le passage s'élargit bientôt, tourne au nord-est à Lahdentaka, et débouche dans le grand lac de Vanajavési ; on arrive aux rapides de Valkiakoski. Pendant que le bateau passe les écluses, on a le temps de visiter la grande fabrique de papier. Le bateau traverse ensuite le lac de Mallavesi, aux bords profondément découpés, couverts de forêts, aux nombreux et verdoyants îlots, puis le non moins beau lac do Roine, et arrive ainsi à l'embouchure du canal de Kaivanto, où nous conseillons au touriste de débarquer.

Nous nous trouvons maintenant dans le voisinage de quelques-unes des plus célèbres de ces collines en dos d'âne dont nous avons parlé et qui sont si remarquables par leur formation et par les beaux points de vue qu'elles offrent de leur sommet. Ce sont les collines de * * Kangasala. A Kaivanto on ne négligera pas de se faire donner par le garde la clef du belvédère de la colline dite KepartUen (colline de l'Empereur), distante de deux ou trois kilomètres seulement. Le haut de cette tour est à environ 60 m. au-dessus du niveau du Roine et à 147 m. au-dessus de la mer. On a à ses pieds d'un cf>té le Roine, de l'autre le lac Làngelmâvesi et tout un horizon de collines boisées. Bien des connaisseurs de la nature finlandaise mettent ce site au premier rang des plus beaux. On raconte que Gustave III s'est écrié à cette vue: «C'est bien sur ici que Satan tenta le Christ en lui montrant la terre dans toute sa beauté". Cette colline doit son nom à une visite qu'y fit l'empereur Alexandre I en 1819.

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Il n'y a pas loin de la station de poste à Vcglise de Kangasala (auberge dans le village). Oette vieille église, restaurée au commencement de ce siècle, mérite une visite (voir sur la galerie de l'orgue les portraits de Charles XII, de Catherine Mânsdotter et de sa fille; tableau d'autel et chaire remarquables). Dans la muraille qui donne sur la grand' route, voir la «pierre saignante", témoin, selon la tradition, de l'exécution d'nn jeune homme pour un crime dont il était innocent. Au-dessus de l'église s'élève la Kyrkoâsen (colline de l'église ; la clef du belvédère se trouve à la station de poste, à l'auberge du village ou à la boutique de Helin). Vue très étendue du haut de la tour. Ce paysage réunit tous les traits caractéristiques do la nature de l'intérieur de la Finlande dans ses plus beaux aspects. Au pied de la colline, au sud, le petit lac de Kirkkojârvi; plus loin le Eoine, dont le bord sud bleuit à l'horizon, au sud-est la ligne nette de la colline de l'Empereur; à l'est et au nord, le Vesijârvi parsemé d'îlots; dans le lointain, on entrevoit entre les cimes des arbres la ligne bleue du Lângelmâvesi. — Du village de l'église, on prend des chevaux de poste pour la station de Suimda, distante de 9 à 10 kilom, d'où ■V4 d'heure de chemin de fer vous amènent à Tammerfors. Avant le départ, il vaudrait pourtant encore la peine de visiter la terre de Frantsila, et encore une colline, Harjula, qui domine le Vesijârvi et d'où la vue, moins étendue, n'en est pas moins charmante. De Frantsila, on peut aussi continuer en charrette de poste; la route n'est pas très longue et traverse de jolis paysages.

C. Tammerfors. Hôtels: Societetshuset, hôtel Lindroos; restaurants : Stromparterren, Kyrkoparken. Fiacres: la course, dans la ville, 25 penni, à la gare et aux embarcadères de bateaux, 50 penni; l'heure 1 marc 25 penni.

Tammerfors est situé sur les deux bords d'un rapide de 18 mètres de chute, qui unit les eaux du grand lac de Nâsijârvi à celles du Pyhâjârvi. La ville a reçu ses privilèges en 1779; en 1800, elle n'avait encore que 460 habitants. Pourtant Alexandre I, lors de sa visite en 1819, fut frappé de l'importance que pourrait avoir pour l'industrie une pareille chute d'eau; aussi, grâce à sa protection et à celle d'Alexandre II, Tammerfors est devenu une ville industrielle importante, le Manchester de la Finlande, comme on l'a surnommée.

Comme population (18,000 habitants), elle occupe le troisième rang parmi les villes finlandaises. Le voyageur visitera avec intérêt quelques-unes des grandes fabriques (p. ex., sur la rive droite, la filature de coton, la papeterie Frenckell ; sur la rive gauche, la filature de lin, les forges). Il y a encore à voir: le parc Nottbeck, appelé aussi parc anglais; belle vue sur le Nâsijârvi et sur les rapides; dans un îlot, monument composé d'un grand aigle de bronze étendant les ailes sur deux tables comméraoratives, rappelant, dans une inscription latine, les visites d'Alexandre I et d'Alexandre II, en 1819 et 1856 (pour l'autorisation de visiter le parc, s'adresser au bureau de la filature de coton). Un pont mène au Strffmparterren, sur un rocher au milieu des rapides; bon restaurant. La nouvelle église bâtie sur les plans de Decker, est située tout à l'ouest de la ville et entourée de plantations bien entretenues.

De Tammerfors on peut faire les excursions suivantes:

a. A la colline de Pi/tjnikkâ, (1 kilom. en fiacre à 1 m. 25 p. l'heure). Cette colline, couverte de forêts de pins, court le long du rivage du Pyhâjârvi; une bonne route en suit le faîte. Nombreuses villas. * liestaurant Joselin, d'oil un chemin mène au sommet le plus élevé, surmonté d'un belvédère : vue étendue sur le Nâsijârvi au nord, le Pyhâjârvi au sud, la ville à l'est. On peut aussi y arriver directement par une route bonne pour les voitures ( 1 ','2 kilom.), qui continue jusqu'à une gorge sauvage, surnommée les Thermophyles (2'/i kilom.). Le trajet peut encore se faire au moyen des chaloupes à vapeur qui font plusieurs fois par jour le service entre la ville et les villas des bords du Pyhâjârvi.

b. A la grande et belle terre de Hatanpâfi, sur le Pyhâjârvi, en chaloupe à vapeur.

c. Le tour du Pyhâjârvi en petit bateau à vapeur: rives verdoyantes, jolies villas en grand nombre.

' d. A Nokia, de préférence par la grande route. Celle-ci longe d'abord la crête du Pyynikkâ. A la descente on passe près de deux appareils, disposés pour transporter chaque année par-dessus la crête plusieurs centaines de mille troncs venant des lacs au nord de Tammerfors et destinés aux scieries de Bjôrneborg. La route continue à travers un paysage riche et varié jusqu'à ce qu'elle atteigne les * * rapides de Nokia, longs de 7 kilom., qui se précipitent en flots écumeux et tourbillonnants au fond d'une étroite et sombre vallée. A l'endroit où

los rapides forment une véritable chute, nommée Emâkoski, est située la terre de Nokia avec ses fabriques de pâte de bois, de cellulose et de papier. (On trouve à Taramerfors à l'hôtel Societetshuset des voitures qui font le trajet, aller et retour, pour 5 à 7 marcs à un cheval et 10 à 15 marcs à deux chevaux).

e. Aux collines de Kangasala (voir itinéraire B), d'où on peut continuer sur Tavastehus ou revenir à Tammerfors. Nous recommandons instamment de ne pas négliger cette excursion à ceux qui n'auraient pas suivi l'itinéraire B.

De Helsingfors à Àbo par le Nyland occidental.

I. Ceux qui n'auraient pas le temps de pénétrer bien loin dans l'intérieur du pays, ne devront pas manquer de faire, dans le Nyland occidental, une excursion qui leur fera voir de jolies contrées. Cette excursion peut aussi se combiner, par Ekenâs ou Hangô, avec un voyage de Helsingfors à Âbo (voir ci-dessous).

A. Le meilleur point de départ d'une tournée dans le Nyland occidental est Lojo backe, grand village, dans la paroisse de Lojo, ayant une bonne auberge, de nombreuses boutiques, des établissements industriels et un camp de soldats de la réserve. On s'y rend le plus commodément par le chemin de fer. Départ de Helsingfors à 9 h. m., changement de train à Hyvinge, où l'on prend la ligne de Hyvinge— HangO; arrivée à la station de Lojo à 1 h. 54; voyage fort monotone. De la station il y a encore, jusqu'à Lojo backe, trois kilomètres et demi d'une route qui traverse des forêts de pins. Avant de quitter Lojo backe, on ne manquera pas de visiter la vieille église avec son toit et ses peintures murales du moyen-âge, nouvellement restaurées (s'adresser au sacristain). Des collines qui dominent le village on a une belle vue.

Le lac de Lojo est le plus beau de la Finlande méridionale; la végétation de ses îles est particulièrement riche pour ces latitudes (aune, érable, tilleul, chêne, coudrier, etc.). On peut faire une très agréable promenade en bateau, de 26

kilom., autour de l'Ile Storôn. On trouvera à l'auberge du village des bateaux et des rameurs à des prix très modérés. Eemarquer au passage la baie de Maïla; aborder à la propriété de Karkkala, oïl l'on trouvera de * très beaux points de vue; de même aussi dans l'ilot escarpé de Kuutlukxiinen. On peut, de Lojo, gagner la petite station de Wirkby. sur la ligne de Hyvinge à Hangô, ou bien passer par la belle propriété de Svartâ (s'adresser au propriétaire pour la visiter), distante de 4 kilom. de la station du même nom.

[De Wirkby ou de Svartâ on peut retourner par le chemin de fer à Helsingfors, ou continuer sur Ekenàs et Hangô, d'oîi en bateau à vapeur,^ à travers le pittoresque archipel cOtier, à Helsingfors ou à Abo].

B. On peut modifier cet itinéraire, et de Helsingfors (ou de Wirkby, ou de Svartâ, pour ceux qui ont suivi la route précédente) gagner la station de Karis (la plus voisine de Svartâ). De là il n'y a que 2 'A kilom. aux forges de Billnâs, bien situées près d'une chute d'eau dans uue charmante vallée (bonne station de touristes). On peut faire de là deux intéressantes excursions :

a. Aux grandes forges de * Fïskars (9 Va kilom.), fondées en 1649. Le principal corps de logis est dominé par une haute colline, qu'on gravit à travers un parc et du sommet de laquelle on a une belle vue. De Fiskars on peut se rendre à Skuru (4 kilom. le long du lac de Borgby, puis en bateau à rame (ou en bateau à vapeur, plusieurs départe par semaine) à Ekenàs (Ekenâs à Helsingfors ou à Abo).

b. Aux célèbres * ruines du château de Raseborg, sur un rocher escarpé, à moitié caché dans un feuillage touffu qui a envahi jusqu'aux antiques salles et pris racine dans les crevasses des hautes murailles de grès, dominant une prairie marécageuse. Le château a dû avoir quatre étages du côté du sud. Sa fondation se perd dans la nuit des temps. Le premier seigneur de Raseborg dont la tradition nous ait conservé le nom, était le puissant Bo Jonsson Grip, qui possédait en fief toute la Finlande. Ce vieux monument des âges de la force brutale, où les seigneurs opprimaient le peuple, a traversé bien des vicissitudes. La mer montait autrefois jusqu'au pied de ses murailles, et de ce sûr repaire, les brignnds-gentilshonimes terrorisaient l'archipel et inquiétaient les villes de la côte. Entre le château et la petite chapelle était autrefois le bourg de Snappertuna, dont le nom voulait dire

„ville des pillards". Dans les temps plus rapprochés, nous trouvons Raseborg aux mains des comtes Levenhaupt, dont la tyrannie est légendaire parmi le peuple. Mais depuis 300 ans le vieux château est désert. De là on se rend à Ekenàs en poste par douze kilom, d'une bonne route traversant presque tout le temps une bruyère boisée. [D'Ekenâs en bateau à vapeur à Helsingfors ou à Hangô et Abo, ou bien en chemin de fer à Helsingfors].

II. De Helsingfors on peut se rendre à Âbo, soit directement, soit avec escale à Hango, par les grands vapeurs qui suivent la ligne extérieure, ou par de petits bateaux à vapeur desservant les villes de la côte.

A. En suivant la première route, on se fait une idée de l'archipel extérieur, d'un aspect sérieux, désolé; mais on traverse aussi quelques parties d'une grande beauté. Les paquebots partent généralement de Helsingfors (port du sud) la nuit. Au lever du soleil on est dans le détroit de * Barssund, étroit et sinueux chenal, offrant au voyageur la surprise d'un paysage changeant à chacun des nombreux et brusques détours. On arrive à Hangô dans la matinée. En approchant d'Âbo on retrouve une nature riante, les parages semés d'îles de Nagu et de Pargas; puis le bateau longe les bords verdoyants de l'île de Runsala et glisse ainsi dans la rivière d'Aura, sur les deux rives de laquelle s'étend la ville d'Abo. Ce voyage ne dure guère qu'environ 12 heures.

-B. Si le voyageur n'est pas pressé par le temps, il fera bien mieux de suivre la ligne côtière; il verra l'archipel dans toute sa variété d'aspect, tantôt riant, tantôt sévère, de vastes bras de mer alternant avec des passes étroites. Les bateaux à vapeur qui trafiquent cette ligne sont petits, mais propres, bien aménagés. Après avoir passé, comme les premiers (voir A), le chenal de Barôsund, ils s'engagent dans un détroit qui longe pendant 25 kilom. la grande île de Degerô. Passant ensuite près de Bvitsand, théâtre d'un engagement pendant la guerre de 1855, et un des ancrages favoris de l'Empereur et de l'Impératrice pendant leurs tournées d'été dans l'archipel finlandais („Kâllviken"), le bateau aborde à la petite ville d'Ekenàs.

Ekenàs, où les bateaux passent souvent la nuit, n'a guère que 1700 habitants; la situation est charmante, les îles des environs, verdoyantes et pittoresque. Fondé au 14:e siècle,

Ëkenâs reçut ses privilèges de ville en 1Ô46. La ville, qui n'a rien de moderne, se compose en grande partie de petites maisons de bois; elle a pourtant une certaine importance industrielle (gants, porter, conserves d'esprots). Bonne auberge; prix modérés. Un petit restaurant d'été, „Knipan", s'avance dans l'eau près du débarcadère. L'église a un tableau d'autel de grande valeur (attribué à Van Dyck?). Près de la ville: le grand pont du chemin de fer sur la baie de Pojo; le parc „Hagen". 1,800 habitants.

D'Ekenâs, oîi le voyageur peut descendre à terre, le bateau continue à suivre la baie de Pojo, dont les bords sont semés de riches campagnes, jusqu'à Skuru (voir I, B). Revenant ensuite à Ekenâs, il passe devant Hvitsand et gagne Hangô après un trajet plein d'agrément.

Hangë est de fondation récente, mais en pleine voie de prospérité; il est situé sur la pointe la plus méridionale de la côte finlandaise; c'est le principal, souvent le seul port d'hiver, et la station de bains la plus fréquentée (établissement hydrothérapique, v. an. page 14—15); 1,400 habitants. Le chemin de fer qui y aboutit s'embranche sur la ligne principale à Hyvinge. L'entrée du port est signalée par un phare à feu tournant. Hôtels. — Restaurant au Casino. — A voir: la „Drottningsberget" près du quai ; le „bol de Nordenskiôld" conservé en souvenir de la fête de bienvenue offerte au célèbre explorateur à son retour au pays natal, après sa grande expédition. — Beau parc. — Sur des rochers dans la rade, on voit des ruines de fortifications suédoises élevées SOUS Gustave III. Devant Hangô s'est livrée, en 1714, une bataille navale à laquelle Pierre le Grand prit part. — Dans les îlots TuUkîippor on trouve en grand nombre des signes et des figures gravés dans le roc (pétraglyphes).

[De Hangô par le chemin de fer aux stations d'Ekenâs ou à Lojo (voir les itinéraires I A et B)].

De Hangô, le bateau passe entre d'inombrables îlots, 88 détournant de temps en temps de son chemin pour aborder à quelque grande terre ou à quelque usine importante. Dans un de ces détours, il se dirige sur le bourg de ^alo, en passant devant les terres seigneuriales de Vuorentaka, de Viurila et à'Âminne, qui appartiennent à la famille des comtes Armfelt. Aminne possède de précieux tableaux d'Angelica Kaufmann et de Breda, ainsi que la bibliothèque du baron G. M. Arm-

felt, le favori de Gustave III. Le bateau ralentit en s'engageant dans l'étroite rivière, cherchant prudemment sa route entre les rives plates (sur une colline à droite V église dUskela), et aborde à Salo, bourg peu intéressant (auberge), où il passe la deuxième nuit. De Salo, le bateau reprend sa route à travers l'archipel. A Sando (combat naval en 1809), la ligne se partage en deux branches, que suivent différents bateaux. Toutes deux sont d'une grande beauté. La première traverse le hras de mer de Pemar, longe le bord sud de l'île de Kvusw, couverte de villas et de fermes, et double le promontoire de Lemo (combat en 1808). La seconde, encore plus belle peut-être, se réunit à la première dans le bras de mer de Lemo, après avoir traversé les eaux de la paroisse de Pargas et le golfe de Wapparen. La route continue en vue de gracieux paysages (Katrinedat entre autres), jusqu'à ce que le bateau, laissant à droite le vieux château d'Abo, pénètre dans la rivière d'Aura.

C. Âbo (en finnois Turhi), sur l'Aura, que traversent deux ponts. Hôtel: hôtel * Phœnix, situation centrale, place Alexanderstorget, sur la rive gauche. Restaurants : * Phœnix et Sarnpalinna, tout près du quai de débarquement. Cafés -restaurants : Observatornbaeken, sur la colline Vârdbârget; Pinellan, square Porthan; Kupjpis, dans le parc du même nom. Musique plusieurs fois par semaine dans ces cafés. Fiacres: la course 50 penni, l'heure 1 m. 50 penni; la nuit, les prix sont doublés.

Abo, la plus ancienne ville de la Finlande, fut fondée sous le règne d'Erik IX (v. p. 70) un peu en amont de son emplacement actuel, où elle fut transférée vers l'an 1300. C'est alors que furent bâtis le château et la cathédrale, et qu'Abo devint le siège de l'évêque de Finlande, qui jusqu'alors avait résidé à S:te Marie. On y a retrouvé récemment des catacombes datant de l'époque catholique. Du reste, ce que nous avons dit d'Abo dans l'aperçu historique (chap. IV) fera assez comprendre son importance. Resté capitale jusquà l'union avec la Russie, les grandes administrations, et, plus tard, après l'incendie de 1827, l'Université, furent transférées à Helsingfors. Actuellement Âbo est le siège de l'archevêque, d'une des trois cours d'appel et du gouverneur de la province.

C'est de plus une ville commerçante et maritime, comme en témoignent les nombreux navires ancrés dans sa rade.

De l'hôtel Phœnix, on pourra se rendre, en passant le pont d'amont, à la * cathédrale de S:t Henri, fondée en 1300. D'un style gothique assez rude à l'extérieur, l'intérieur mérite certainement une visite. Le chœur est orné de fresques d'Ekman (v. p. 116), représentant la conversion des Finnois au christianisme, etc. A l'autre extrémité de la nef, un orgue de 5,000 tuyaux, le plus grand de tout le Nord, dû à la générosité patriotique d'un artisan, qui donna 64,000 francs pour sa construction. Les chapelles funéraires des bas-côtés recouvrent les restes de plusieurs personnages marquants dans l'histoire de Finlande. Dans le haut à gauche, epitaphe de îa reine Catherine Mânsdotter, que le roi Erik XIV avait choisie pour épouse dans les derniers rangs du peuple, et qui mourut en Finlande, à Kangasala (v. p. 166). Un * vitrail peint, de V. Svertschkoff, né à Abo, représente la reine descendant du trône appuyée sur un page (la Finlande) et prenant congé d'un autre (la Suède). Dans la chapelle Ton, à droite, deux statues de marbre blanc, debout sur un sarcophage porté par des colonnes de marbre noir; ce sont: le puissant Âke ToU, petit-fils d'Erik XIV, et son épouse Sigrid Bjelke. Dans une autre chapelle, monument de Torsten Stàlhandske, un des principaux capitaines de Gustave-Adolphe dans ses guerres d'Allemagne. Dans la chapelle du Corps du Christ, sons laquelle reposa l'évêque Magnua Tavast (v. p. 71), deux vitraux de Svertschkoff représentant «Gustave Adolphe au lit de mort du maréchal Horn (général finlandais)" et un „Christ à la crèche". Sous la même chapelle repose le capitaine Cookburn, qui a combattu sous Charles IX et Gustave-Adolphe et dont l'effigie en pierre est couchée sur le tombeau. (Pour les clefs de l'église, s'adresser au gardien, Gertrudgatan 13).

En face de l'église est le palais de la Cour d'appel, bâti pour l'Université par Gustave IV; voir *la salle d«s solennités de l'ancienne université (s'adresser au concierge du lycée, de l'autre côté du square Porthan). Cette salle, d'une excellente acoustique, est ornée de colonnes de granit et de six hauts-reliefs du sculpteur suédois Kaïnberg; le premier représente Wâinâmôinen, le prince de la poésie dans la mythologie finnoise; le second, l'évêque Henri, qui le premier a baptisé les Finnois ; le troisième, le célèbre gouverneur général de Finlande, Per Brahe, discutant avec l'évêque Rothovius la

fondation de l'université ; les autres, divers épisodes de l'histoire de l'Université. — Sur la place devant la Cour d'appel, la statue de Per Brahe (v. p. 75), par Kuneberg; non loin de là, dans un des squares, la statue de Porthan (v. p. 108), par Sjôstrand. — De ce square, où il y a un petit café, en remontant la rue Tavastgatan et en continuant dans la même direction, on aboutit à une place ouverte où commence le parc de Kuppis (restaurant). Au fond du parc est la fontaine de S:t Henri, source d'eau ferrugineuse, où, selon la tradition, les premiers Finnois auraient été baptisés. — Au retour, en prenant une ruelle à gauche, on arrive au pied d'un haut escalier qui conduit au sommet de la colline * Vârdbârget (restaurant), avec un parc bien planté, d'où on a une vue étendue sur la ville, ses larges rues, ses jardins et ses environs. Au nord, dans la campagne, on aperçoit, de chaque côté de la rivière, une église; l'une, Véglise S:te Marie, la plus vieille peut-être du pays et d'une architecture singulière, remonte probablement à l'an 1161 ; l'autre, S:te Catherine, est un peu moins ancienne. Au sud, sur l'autre rive, on voit la grande maison de correction de Kakola; au loin, le château d'Abo, d'une architecture très simple, qui a joué un grand rôle dans l'histoire de Finlande. C'est là, entre autres, que le roi Erik XIV est resté prisonnier pendant dix-huit mois. Actuellement, les salles du château servent de prison et de magasins. Cependant un musée historique de la ville d'Abo, installé dans les appartements autrefois occupés par le duc Jean, pourra intéresser le touriste (on s'y rend en fiacre).

Voici quelques excursions à faire dans les environs d'Abc.

a. A * Tîle de Runsala, ravissant échantillon de la nature finlandais. Belles forêts de chênes, nombreuses et jolies villas. Restaurant. Bateaux à vapeur toutes les heures. On peut s'y rendre aussi en fiacre par le pont qui relie l'île à la ville (2 marcs aller et retour, le double la nuit).

b. Aux ruines du palais e'piscopal catholique de Kuustu, démoli en 1528 sur l'ordre de Gustave I. Trajet de quelques lieures, aller et retour, en bateau à vapeur. Du palais, auquel se rattachent de grands souvenirs historiques, il ne reste plus guère que les fondations. Beaux environs.

c. A la petite ville de Nûdendal, station de bains fréquentée. En bateau à vapeur, départ tous les jours; aller et retour le même jour. Hôtel et restaurant. Elle entourait au-

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trefois un célèbre couvent de bénédictins, dont on voit encore de nombreuses reliques dans l'église restaurée. Belle situation.

d A Lofsdal Bateau à vapeur tous les jours à 6 h. du soir; retour le lendemain dans la matinée; lits à bord. Dans ce trajet on passe par les plus belles parties de l'archipel de Pargas, renommé pour sa beauté.

e. A Salo (pour ceux qui n'auraient pas fait cette route en venant de Helsingfors), soit par Pargas, soit par Kuustô. Bateaux à vapeur presque tous les jours (voir p. 173).

De Helsingfors à Viborg, par Lovisa et Kotka.

De Helsingfors le voyageur se rendra à Viborg, soit directement, par le chemin de fer, soit par les nombreux bateaux à vapeur, qui presque tous font escale à Lovisa, Kotka et Fredriksharan ; c'est, par le beau temps, un trajet d'environ 16 heures. Viborg est le point de départ le plus convenable pour un voyage à travers le pays jusqu'à Uléâborg.

Lovisa. Hôtel: Societetshuset.

Cette petite ville (1,900 habitants) a été nommée d'après la reine de Suède Lovisa Ulrika. Belle église, bâtie en 1865 sur les dessins de Chiewitz. Joli parc; établissement hydroihérapique estimé.

En approchant de Kotka on aperçoit au sud, bien loin en mer, les contours de l'ile de Ho<jland, vaste rocher de porphyre; bataille navale en 1788.

Kotka. Plusieurs hôtels.

Cette ville, toute jeune encore, fondée sur un promontoire stérile, est devenue en peu de temps un des principaux ports d'exportation de la Finlande, Les produits des forêts de l'intérieur y sont amenés par le vaste système de lacs du Pàijânne (v. chap. I, p. 22). Importantes scieries. Le golfe voisin sert souvent d'ancrage à des flottes russes; il communique avec la ville par le détroit de Svensksund, où furet livrées deux grandes batailles navales en 1789 et 1790 (v. pour la dernière p. 79).

[Un chemin de fer en construction mènera à Kouvola, tête de la nouvelle ligne de Kuopio].

Le prochain port auquel on touche est Fredrikshamn.

Fredrikshamn (en finnois Hamina). Hôtel: Hôtel Meyer.

Cette petite ville (2,500 habitants), fondée en 1653 sous le nom de Vehkalaks, est construite sur un plan singulier. Au centre est une place, d'oii les rues se dirigent dans toutes les directions comme les rayons d'une roue. La ville était entourée de fortifications construites selon les principes de Vauban; elles sont au-jourd'hui abandonnées et en partie détruites. Fredrikshamn fut ravagé par un incendie en 1887. Hôtel de ville, sur la place centrale. Un des principaux édifices est VEcole des cadets, la seule école militaire de la Finlande; musée et collections intéressantes.

En quittant Fredrikshamn, le bateau se dirige à l'est, puis au nord-est pour entrer dans la vaste baie de Viborg. A treize kilomètres de la ville, il s'engage dans le Trângsund, détroit entre deux grandes îles. C'est là que les Eusses et les Suédois se livrèrent, en 1790, une grande bataille navale, et que la flotte suédoise, bloquée dans le détroit, ne put s'échapper qu'à l'aide d'une manœuvre très hardie (v. p. 79). De forts ouvrages protègent aujourd'hui Trângsund et Viborg. Les grands dépôts de bois qu'on y voit proviennent du Savolax et de la Carélie et sont transportés par la voie du canal du Saima; ils sont destinés à l'exportation.

Viborg et ses environs jusqu'à Villmanstrand.

Viborg (en finnois Viiptiri). Hôtels: * Hôtel Andréa (près du port; on y trouve des billets pour le voyage d'Imatra), * Societetshuset, * Hôtel du Belvédère, H. d'Imatra, H. de l'Europe. Table d'Hôte et restaurant à la carte aux hôtels Andréa et Societetshuset. Fiacres: 25 ou 50 penni selon la distance; prix double la nuit.

Viborg, bien situé sur une presqu'île au fond du golfe du même nom, doit son origine à Tyrgil Knutsson, qui, en

1293, fonda sur un ilôt le château de Viborg. Ses privilèges de ville datent de 1403, Pour son rôle dans l'histoire de Finlande, nous renvoyons au chapitre IV. Depuis 1710 sous la domination russe, il fut rétrocédé à la Finlande par l'empereur Alexandre I, ainsi que tout le territoire aliéné alors (v. p. 82). Il est actuellement siège d'une cour d'appel et chef-lieu de gouvernement. Son importance a toujours été grande comme ville de commerce (principaux articles d'exportation : bois et beurre). Pour la population, Viborg est la quatrième ville de Finlande; il compte actuellement environ 17,50't âmes.

Dès l'entrée du port on remarque sur la rive droite les restes des anciennes fortifications suédoises, aujourd'hui abandonnées, et sur un îlot, près du pont qui relie la vieille ville fortifiée aux quartiers plus modernes, le château Su Anne, riche en souvenirs lùstoriques. La ville renferme un grand nombre de vieilles maisons c-t plusieurs églises; rien de remarquable comme architecture. Uéglise finnoise était, à l'époque catholique, un couvent de dominicains, et son clocher, ainsi que la tour ronde de la place du marché, faisait partie des fortifications. Belles esplanades, sur lesquelles on remarque, entre autres, une monumentale École primaire. Les nouvelles fortifications s'étendent le long de la limite est de la ville; on ne peut pas les visiter sans une autorisation spéciale.

Il y a à faire, à l'ouest de la ville, une promenade intéressante, qu'on peut étendre jusqu'au célèbre parc de Monrepos. On s'arrêtera d'abord au * Château, situé, comme nous l'avons déjà dit, sur un ilôt près du pont. Bien que souvent dévasté par la guerre et l'incendie, abandonné du reste sans soins aux injures du temps, ses ruines sont encore debout, fier et vénérable témoin de la domination suédoise. Si l'on se risque jusqu'au sommet de la tour, on est payé des difficultés de l'ascension par une très belle vue. A Kron S:t Annîe, on visitera le jardin public avec son restaurant, surmonté d'un petit pavillon d'où on a une jolie vue, bien que peu étendue, sur la ville et le port. A l'ouest, il y a des restes de fortifications élevées au 18:e siècle et détruites depuis. Encore deux kilomètres et on atteint le * * Parc de Monrepos (en fiacre, 1 marc), ouvert au public tous les jours; entrée 40 penni, au profit des pauvres de la ville. Ce parc, propriété du baron Nicolaj, représente en miniature la nature finlandaise sous tous ces aspects; c'est le plus grand et le plus

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