VIBORG ET SES ENVIRONS ETC
beau de la Finlande. A l'extrémité nord-ouest, sur un emplacement entouré de rochers de granit, une statue représentant WainamSinen jouant du kantele (v. p, 57), par Takanen *).
A 1 kilom. au nord de la ville, la colline de Papula mérite de faire le but d'une promenade. D'une terrasse qu'on y a construite, on a une belle vue sur la ville, le château, les fortifications et le port.
En quittant Viborg, le touriste qui n'aurait pas l'intention d'étendre son voyage dans l'intérieur du pays, fera bien pourtant de se rendre à Villmanstrand par
* le Canal du Saima.
Une promenade en bateau par ce canal, long de 59,3 km., jusqu'à Lauritsala à son extrémité nord, et de là à la ville de Villmanstrand, voilà certaimment un des plus jolis voyages à faire, et les canaux les plus renommés de l'Europe n'offrent rien de plus beau. Si le trajet est long, douze heures environ, à cause des nombreuses écluses (28), il présente une suite non interrompue de paysages charmants et de vues si variées que, par le beau temps surtout, il ne saurait paraître fatigant.
Le voyage peut se faire à peu près chaque jour par les bateaux à vapeur de Viborg à Kuopio, ainsi que par ceux de Pétersbourg à Joensuu, pour un prix très modique.
On part du quai vis à vis du vieux château de Viborg, on traverse le pont du chemin de fer et l'on arrive à l'extrémité nord du golfe. Les rivages et les îles sont parsemées de charmantes villas. C'est à Lavola, où nous rencontrons la première écluse, que commence le canal avec ses rives couvertes de villas élégantes. Ça et là ses eaux se mêlent avec celles d'un lac, tantôt grand, tantôt petit. Au bout du premier de ces lacs on passe trois écluses, dont la traversée dure une demi-heure. Les passagers des grands bateaux à vapeur ont le temps de visiter les environs, beaux et très populeux. Hôtel de Juustila. C'est là que nous voyons sur le bord du canal le premier des monuments élevés à différentes places en l'honneur des hommes de toutes classes qui ont concouru par leur zèle et leur activité à l'exécution de cette œuvre gigantesque.
*) En librairie: Dos Landtgut Monrepos.
On traverse bientôt un petit lac et l'on arrive à Taipale, le site le plus romantique et peut-être le plus beau de tout le trajet. Le canal est creusé dans le roc, puis aboutit à un grand lac, le Râuijârvi, parsemé de gracieux ilôts et dont les bords sont couverts d'arbres touffus. A droite, vers l'extrémité septentrionale, se trouve l'hôtel où descendent les voyageurs qui se rendent à Imatra.
C'est peut-être au lac de Râttijârvi que commence la partie la plus intéressante du canal. De Mustola à Lauritsala, la dernière écluse, il est creusé profondément dans le rocher. A gauche, sur une hauteur dominant la contrée, se trouve la propriété de Lauritsala et un peu plus loin, à l'embouchure même du canal et du grand débarcadère, l'hôtel du Saima (restaurant). On aborde à Villmanstrand au bout d'une demiheure à peine.
[Pour la direction nord voir ci-dessous itinéraire 6 — les touristes peuvent aussi se rendre de Villmanstrand à Imatra].
Les voyageurs qui se trouvent à Viborg ne doivent pas manquer de visiter
** Imatra les plus formidables rapides de l'Europe (voyez chap. 1 p. 6). On va y construire un chemin de fer. L'hôtel est très confortable — pêche de la truite dans les rapides — bains et douches au-dessus de la chute. — Voitures à la disposition des voyageurs — télégraphe et téléphone.
On se procure des billets pour tout le trajet à Viborg, à l'hôtel Andréa, entre autres — 1 1 marcs.
Les bateaux à vapeur se rendent deux fois par jour par le canal du Saima à l'écluse de Râttijârvi, ci-dessus mentionnée. Le touriste descend à JnustHa et monte sur un autre bateau à vapeur qui l'attend ; il évite ainsi le passage des trois écluses. On a une demi-heure pour dîner à l'hôtel de Râttijârvi, puis on se rend en diligence à l'hôtel d'Imatra.
Si le touriste peut passer deux ou trois jours à Imatra il n'aura aucune raison de s'en repentir; il faut visiter de plusieurs côtés ces cataractes dont les flots fougueux présentent un aspect d'un sauvagerie indicible. Il vaut mieux y aller au commencement de l'été ou vers la fin de l'automne alors
DE VILLMANSTRAND A KUOPIO. 181
que la masse d'eau est le plus considérable — mais vue à quelque époque de l'année que ce soit, les plus belles chutes de l'Europe ne peuvent lui être comparées. Une course de 4V2 km. vers le sud jusqu'aux fameux rapides du flevue de Vuoksen, le Kyrënkoski, le Myllykoski et le Vallinkoski, fera connaître au voyageur des rapides, sans doute moins formidables que l'Imatra, mais que beaucoup cependant lui préfèrent.
Le Vuoksen mérite d'être vu aussi en amont d'Imatra. On se rend à l'auberge de SUtola (3 kilom.); de là en voiture par une belle route (3 kilom.), ou à pied par un sentier ombreux à l'embouchure du fleuve, près de laquelle est une villa russe très ornée.
[Si, de Siitola, on ne veut pas retourner à Viborg, on pourra prendre : a une grande route assez agréable (40 kilom.), qui traverse le canal et la terre de Lauritsala et aboutit à Villmanstrand ; h une belle route longeant le Vuoksen et conduisant à Vuoksenniska, d'où un bateau part tous les jours pour Villmanstrand; seulement, on manque la dernière partie du canal, qui mérite bien d'être vue.]
De Villmanstrand à Kuopio.
Villmanstrand (en finnois Lappeenranta). Hôtels: * Societetshuset et Hôtel de Villmanstrand, tous deux au bord du lac. Fiacres à 50 penni. Chaloupes à vapeur et bateaux à rames à louer.
Jolie petite ville, fondée en 1649; 1,700 habitants. Depuis qu'elle est reliée au réseau de chemins de fer, elle progresse beaucoup. Établissement de bains, au bord du lac, dans un joli parc. A visiter: la vieille forteresse avec ses remparts gazonnés; la vUla impériale, autrefois une maison particulière à un étage, aménagée en 1885 pour l'usage de l'Empereur, lors d'une visite qu'il fit au camp qui se réunit chaque année sur la grande place près de la gare. Cette même plaine fut en 1741 le théâtre d'un combat sanglant.
[Si l'on ne vient pas de Viborg, on peut, de Villmanstrand, se rendre à Imatra (v. ci-dessus, itinéraires a et 6 en
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sens contraire). Les bateaux à vapeur reviennent le même jour ou le lendemain].
La voie la plus rapide pour se rendre à Kuopio, c'est le chemin de fer par Simola et Kouola. On peut aussi gagner Kuopio par -S".-* Michel, station de chemin de fer où l'on se rend de Villmanstrand en bateau à vapeur. Mais la troisième route est une des plus intéressantes qu'on puisse faire; c'est en bateau à vapeur, par Nyslott, sur cette succession de lacs qui, sans écluses, constitue, bien loin de la mer, une ligne navigable de 400 kilom.
Bien qu'on puisse se rendre d'une traite à Kuopio, on n'hésitera pas à s'arrêter à Nyslott pour en visiter le vieux château, le principal monument antique de la Finlande, et pour jouir de la beauté des environs, qui n'ont peut-être pas leurs pareils dans tout le Nord.
De Vilbnanstrand à Nyslott et au Punkaharja.
Par bateau à vapeur (environ 150 kilom.) tous les jours, soit par les bateaux qui, de Villmanstrand, vont à Kuopio en 21 ou 24 heures, ou par ceux qui ce rendent à Joensuu ou à Kesâlaks par le Punkaharju.
Le bateau se dirige d'abord à l'est et passe tout près de l'embouchure du canal de Saima, puis tournant au nord, il traverse le «grand Saima", ensuite des lacs plus petits, suivant les sinuosités des détroits entre d'innombrables îlots. Les rives sont peu habitées; c'est un coin de nature vierge. Des radeaux de bois flottés, des chalands chargés de planches et remorqués par de petits vapeurs, sont les seuls signes de vie et d'activité humaine. Le bateau traverse à l'est le l\hlajavesi et le Venâcinvesi, puis reprend au nord sa course sinueuse entre les îles et les promontoires, entre lesquels on entrevoit de temps en temps les tours grises du vénérable Olofsborg; on arrive ainsi à
Nyslott (en finnois Savmilimia). Hôtel: l'auberge de la poste. Chambres meublées. Bestaurant : Hungerborg (voir ci-après). Voitures et chaloupes à vapeur à louer.
Bien qu'elle soit le centre de la navigation dans le bassin du Saima, la ville n'a encore atteint qu'au chiffre de 1,500 habitants. Situation ravissante au bord du rapide détroit de Kyrôssalmi, qui réunit les eaux du Haukivesi à celles du
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Pihlajavesi. Pour bien jouir de la beauté des alentours, il faut se rendre par une belle matinée ou une belle soirée, au restaurant de Hungerborg, qui domine la ville, ou au sommet de l'une des tours d'Olofsborg.
On trouve toujours des bateaux pour traverser le détroit, peu large mais très rapide, qui sépare le château de la ville. Le concierge du château conduit le voyageur, pour un pourboire modique, à travers tous les détours de cette vieille forteresse.
* * Olofsborg est le plus intéressant peut-être des vieux châteaux de tous les pays du nord. Fondé en 1475 par Erik Axelson Tott, des constructions qu'on y ajouta à différentes époques en ont sensiblement changé l'aspect premier. Après avoir bien des fois résisté aux attaques des Eusses, il tomba pour un temps en leur pouvoir en 1714, puis encore en 1742. Deux de ses tours furent détruites plus tard. On fit de nouvelles fortifications et ce bâtiment perdit beaucoup de son intérêt historique à la suite des modifications et des nombreux dégâts. En 1847 le château fut abandonné par sa dernière garnison peu nombreuse; il fut restauré aux frais de l'Etat en 1870, pour être conservé comme souvenir historique.
Après être entré par la porte du château et avoir traversé quelques routes sombres, on arrive dans la petite cour triangulaire. Au nord-ouest de celle-ci se trouve le clocher et au nord-est la tour de réalise, qui méritent d'être visités à fond, car on y trouve beaucoup de restes bien conservés de leur ancienne organisation dans plusieurs des chambres des six étages et le voyageur peut jouir d'une vue étendue et toujours variée des meurtrières s'ouvrant dans toutes les directions sur un panorama d'une beauté indescriptible. Quant aux appartements qui entourent la petite cour, le mieux conservé est le presbytère à l'orient. Dans la petite cour un passage souterrain conduit du presbytère à la grande cour rectangulaire entourée aussi de tous les côtés par des bâtiments. Des quatre tours il ne reste plus que deux, dont l'une est le campanule cité plus haut. A l'angle sud-est de la grande cour s'élève maintenant le Bastion Dick, ouvrage de fortification moderne, à trois étages, élevé par les Eusses. Du belvédère que l'on vient de construire sur le bastion, on a une vue délicieuse sur les environs du château. On traverse plusieurs voûtes sombres, à l'est, qui conduisent de la grande cour à la cour extérieure, traversée par un canal, et au sud au Bastion
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Lillport, tous deux construits par la Russie et dont le dernier communique, par un mur de face moderne, avec le Bastion Wasaerport, qu'on a à sa droite lorsqu'on entre par la porte du château.
En arrivant à Nyslott il ne faut pas manquer de voir
** le PunkaharJK, l'un des sites les plus célèbres de la Finlande et qui n'est qu'à 30 km. de la ville. Cette colline, longue de 7 km., jetée comme un pont au-dessus du Puruvesi, aux eaux d'une limpidité extraordinaire (voir 1, p 8), présente une des vues les plus intéressantes de toute l'Europe. Les bateaux à vapeur s'y rendent six fois par semaine et on peut louer des chaloupes à vapeur pour des excursions particulières. Il faut consacrer au moins une journée à ce voyage; comme tous les lacs, ce paysage a besoin, pour être apprécié dans toute sa valeur, d'une tranquillité complète. On y trouve un hôtel confortable. Cette belle colline, au sol sec et sablonneux, offre de ravissantes promenades à pied et à cheval dans ses forêts bien soignées pleines du parfum vivifiant des pins, les vues les plus variées sur l'étendue limpide, une pêche abondante, le bain, en un mot tous les plaisirs champêtres.
Du Punkaharju. les personnes qui connaissent la langue pourront continuer le trajet en bateau à vapeur jusqu'à Kesnlaks et de là par terre (40 km.) jusqu'à Sordavala, ville à l'extrémité nord du Ladoga, où se trouve le groupe si pittoresque des îlots de Valamo (voir 1, p. 31). [Du Ladoga à S:t Pétersbourg par le bateau à vapeur].
De Nyslott à Kuopio.
Il y a six fois par semaine des communications régulières par bateau à vapeur entre Nyslott et Kuopio.
La route (c. 150 km.) passe sous les murs de l'Olofsborg, le long d'un courant bouillonnant qui se dirige pendant 50 à 60 km. vers le N. E. en serpentant autour des nombreux îlots, presque tous déserts, du lac de Haukivesi jusqu'au canal de Taipale.
Dans le voisinage (à 1 '/a km. en bateau), se trouve Varkaus, une des places les plus importantes du pays à cause de son industrie (scieries, fonderies de fer, ateliers de mécanique, toute la flottille du Saima y a été construite entre autres). On permet de pêcher la truite dans les rapides de
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Àtumàkoski. Des rives touffues bordent les rapides et les golfes et l'industrie si active n'a pas réussi à jeter un voile sur les beautés de la nature.
On rencontre de Taipale au pont de Leppâvirta les tableaux les plus variés et les plus animés. La route, indiquée par des ducs d'albes, des amarques, des balises nombreuses, serpente d'abord au milieu d'une quantité innombrable de petits îlots bas et verdoyants, puis traverse les rapides de Kopolanvirta, riches en saumons, pour aboutir au Unnukkavesi. lac plus grand mais couvert d'îles aussi. 30 km. plus loin on arrive au courant de Leppâvirta, en passant entre des rives riantes et populeuses, et, après avoir traversé un pont de bateaux très long, on aborde au grand village du même nom. On se remet en route après un court arrêt et l'on parcourt pendant 10 km. environ l'une des plus jolies routes fluviales sur ces eaux courantes aux bords étroits, puis on arrive 'au canal de Konnus, dont les environs, couverts d'une végétation vigoureuse, surpassent en charme tout ce que l'on a rencontré jusque là.
[De même qu'à Taipale, le sportsman peut descendre à Konnus pour y pêcher le saumon et la truite, qui y abondent; il en obtiendra facilement la permission du gardien du canal].
A 50 km. de Leppâvirta on commence à apercevoir le clocher blanc de l'église de Kuopio et le sommet verdoyant de la montagne de Puijo, célèbre pour sa belle vue.
De Kuopio â TJleàborg.
Kuopio. Hôtels : Societetshuset, H. Ikouen, auberge de la Poste. On trouve facilement des chambres meublées. — Voitures de remise en grand nombre. La succursale de la société des touristes y procure des interprètes dans toutes les langues.
Cette ville, fondée en 177G, a une situation charmante sur un cap du Kallavesi. Elle a une population de 9,000 habitants et son étendue est déjà considérable. Les rues sont droites et bien bâties. La grande cathédrale en pierre, construite de 1803—1815, peut contenir 4,000 personnes environ. La statue de J. W. Snellman (v. p. 113) par Takanen, érigée en 1886,
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se trouve devant l'église sur une place couverte dans tous les sens de magnifiques bouleaux. On a du clocher une vue magnifique sur la ville et ses environs, ainsi que de la tour de la maison de ville, située place du marché (entrée par derrière). Un vaste parc s'étend au sud-est le long du cap de Vainolanniemi; c'est un des plus beaux de la Finlande (deux restaurants, maison de bains bien organisée). C'est au nord-est de la ville que se trouve le champ de bataille de Toivola, célèbre depuis la guerre de 1808.
Parmi les environs de Kuopio * * Pidjohacktn (230 m. audessus de la mer) est connu au loin par le panorama grandiose qu'on y voit de son sommet dans toutes les directions et à perte de vue. Outre le Kallavesi, avec ses îles innombrables, on y aperçoit encore une vingtaine de lacs et d'étangs. Plus tard, vers la fin de l'été, la vue est cependant obscurcie par le brouillard. On y monte en voiture de louage (2 mk.).
Une excursion plus longue, pendant laquelle on peut aussi aller à Puijo, c'est celle de Fagemas (il s'y trouve un hospice des aliénés). On y va par la nouvelle route au presbytère de Julkula, en passant au pied du Puijo, d'où un sentier conduit au sommet de la montagne. Après avoir visité le Puijo, on continue jusqu'à la montagne de TaivcMnpankko où on monte par un sentier et d'où l'on a une vue étendue et attrayante sur le lac, au nord. C'est à un demi-kilomètre à l'ouest que se trouve Fagernâs. Tout le long du chemin on a devant soi un tableau enchanteur, formé par la ville de Kuopio et les étendues d'eau du Kallavesi. Pour retourner à la ville (4 km.), on passe par plusieurs jolies places, ayant sous les yeux le golfe de îravilahti et plus loin les pentes boisées de Neulamâki.
Nous ne mentionnerons plus parmi les endroits dignes d'êtres vus que: a. la montagne de Neulamâki, dont nous venons de parler; on y jouit d'une vue enchanteresse sur le golfe de Savilahti et sur ses bords bien cultivés ; la vue s'étend plus loin encore des deux côtés, surtout à gauche; b, la crête de la montagne de Laivansaari, d'où on a vers l'occident, immédiatement à ses pieds, la partie nord-est du Kallavesi avec ses milliers d'îles, de caps et de détroits; <•. la belle propriété de Haminanlaks (16 km.) qui appartient au peintre F. V. Wright (voyez p. 116); la route par eau quand il fait calme, est Tune des plus jolies du pays.
DE KUOPIO A ULEÂBORG. 187
Il y a des bateaux à vapeur qui vont dans toutes les directions. Le touriste n'a qu'à choisir; il a l'occasion de faire chaque jour une excursion dont il peut revenir le lendemain. Nous citerons:
a. Vers le sud-est: Heinavesi (point extrême Karvio), route charmante en bateau à vapeur. On peut pêcher le saumon et la truite dans les rapides de Palokki et de Karvio ; demander la permission au gardien de la scierie, qui se chargera aussi de procurer un lit.
b. au nord-est: A Tmisniemi et Nilsiâ (point extrême, Muuruvesï). De Muuruvesi à la fonderie de fer de StrSmsdal, il n'y a que quelques km. en voiture; on peut revenir en bateau en descendant les rapides, riches en beautés naturelles; nous recommandons ce trajet à ceux qui n'auront pas l'occasion de passer les rapides du nord, qui sont plus étendus.
A 15 km. environ de Strômsdal s'élève la fameuse montagne de * Pisavuori (270 m. au-dessus de la mer) avec une vue grandiose, des inscriptions historiques taillées dans la pierre, de beau cristal de roche
c. Au nord-ouest: à ** Tuovilanlahti dans le Pielavesi. La route passe par les belles contrées, très habitées, du canal à.' Ahkiolahti qui va du Kàllavesi à VOnkivesi; le bateau s'engage ensuite dans un golfe très étroit, bordé de rochers escarpés, au-dessus desquels l'on voit des champs de blé s'élever en pentes arrondies. Un hôtel très attrayant se trouve à l'extrémité du golfe; vue remarquable de la véranda. Ce golfe est celui de Tuovïlanlahti qui par son caractère particulier, rappelant l'Europe centrale, a gagné une grande célébrité. Sur la rive orientale, dans la paroi de rocher, se trouve la grotte de Pirunpesâ (le nid du diable), à laquelle se rattachent plusieurs légendes superstitieuses. La chute de Korkeakoski, 46 m. de haut, se trouve à trois km. de là, dans une contrée montagneuse couverte de forêts: elle vaut la peine d'être vue au printemps, mais elle est presque sans eau en été.
Les touristes qui ont l'intention de se rendre à Uleâborg peuvent le faire en prenant un cheval de poste à Tuovilanlahti (10 km.) ou un bateau à rames (5 km. environ) pour le canal d'Ahkionlahti dont nous avons parlé plus haut, qui est presque à mi-chemin de
Kiiopio à lisalmi
et d*où il part tous les jours un bateau à vapeur pour cette dernière bourgade.
On entre dans le lac d'Orivcsi, puis on monte à celui de Nerkkojiirvi par les écluses du long canal de Nerkko et de ce dernier lac on se rend par le beau détroit de Peltosahm au lac de Porovesi, au bord duquel se trouve le bourg peu intéressant à'Iisalmi. Si l'on y passe une journée, il y aurait une charmante excursion à faire à Nîvanmaki, dans la paroisse d'Iisalmi, où une petite chaloupe à vapeur se rend immédiatement après l'arrivée du bateau de Kuopio.
C'est par terre qu'il faut continuer le voyfige de
lisahni à Kajana.
La route, longue de 95 km. environ, est montueuse et mal entretenue. Le moyen le plus commode de faire ce trajet c'est de louer une voiture et des chevaux à lisalmi et de se rendre directement à Kajana (10 à 25 marcs). On y met 12 à 15 heures et il faut prendre des vivres avec soi. A 5 km. d'Iisalmi on passe devant Viria bro oii un monument rappelle l'un des exploits des Finlandais pendant la guerre de 1808. D'ailleurs la route de Kajana monte constamment en ligne droite en traversant des solitudes de plusieurs milles quelquefois. La population s'y livre au soin des troupeaux et à la goudronnerie. De l'auberge de la Poste de Mnrtomfiki située sur le point le plus élevé du Maanselkâ (225 m. au dessus de la mer), on a une vue étendue sur ces solitudes désertes et sur le lac d'Uleâ même. La nature devient de plus en plus aride, les étangs se multiplient, des étendues de marais couverts à.'andromède rose et d'une abondance de ronces et de buissons de toute espèce: la myrtille, la canneberge, la ronce des marais, l'airelle fangeuse, le bouleau nain, le myrte bâtard et la plumule. Les arbres aux troncs blancs se dessinent comme des ombres mystérieuses dans ces marais ondulés, de grands troncs couverts de suie étendent leurs branches tordues, la fumée des goudronneries monte en nuages épais et glisse le long des sombres bruyères parsemées de pins, répandant dans les airs un parfum tout à fait finlandais. Les maisons y sont sonvent à 20 km. de distance les unes des autres. Cependant nous approchons peu à peu de la ville de
DE KUOPIO A ULEÂBORG. 189
Kajana: auberge propre avec un bon restaurant.
Cette petite ville (1,100 habitants) laisse une impression ineffaçable à tous ceux qui y passent. Sans prétentions, avec ses modestes maisons de bois, elle semble former un dernier lien entre la civilisation et le désert. Mais V * Àmmâkoski, rapides fougueux, le Koivukoski aux eaux mugissantes, son cadre de forêts épaisses et de collines désertes: en voilà les beautés. La voix humaine y est étouffée par cette musique éternellement retentissante, l'activité de l'homme est réduite à néant devant le travail gigantesque et incessant de la nature. Le désert n'a reculé que d'un seul pas.
Un beau pont traverse une île de l'Àmmâkoski; on y voit les ruines du château de Kajana bâti de 1604—1619 pour résister au pillage des Karéliens russes. Les Russes le firent sauter eu 1716. Il n'en reste plus que quelques murs peu élevés. C'est là que Messenius, l'historien Suédois, écrivit, pendant sa détention de dix-neuf ans (terminée en 1635), le premier ouvrage sur l'histoire de Finlande.
Celui qui désire voir le désert finlandais dans toute son originalité ne doit pas oublier de se rendre à la montagne de * PôLlyvaara. On s'y rend par un sentier (avec un guide) qui part de la route à 1 km. environ de la ville, ou par une petite chaloupe à vapeur qui fait le trajet de Kajana au village de Sotkamo. Le voyage, aller et retour, dure une journée ou deux. On passe d'abord par la rivière de Kajana, entourée de collines boisées, puis par quelques petits lacs qui communiquent au moyen des rapides de Tenetti avec les eaux qui baignent. Des collines tantôt arrondies, tantôt étendues, nues ou cultivées jusqu'au sommet, se succèdent à l'horizon. Les cîmes du Vuokatti et du Pôllyvaara dominent ce panorama. On commence l'ascension de la montagne à 4 km. environ de l'église de Sotkamo, près de la propriété de Baapaîa, où l'on se fait conduire en voiture. Les guides sont indispensables pour cette ascension. Bientôt la masse blanchâtre des rochers de Vuokatti brille à travers le feuillage touffu ; on est au pied du Pôllyvaara, sur le sommet duquel s'élève une tour d'oii l'on a une vue grandiose, mélancolique sur ces étendues vastes et désertes. On se procure les clés du pavillon à l'auberge de la Poste ou chez monsieur Renfors à Kajana.
La beauté mélancolique qui caractérise la partie septentrionale de la province de Savolax semble concentrée sur ces crôtes innombrables, ces milliers de lacs, ces lies rêveuses et
verdoyantes et ces forêts silencieuses. Les champs et les prairies s'enlacent comme des rubans au bas des collines; les villages, semblables à des points rouges et noirs sont semés ça et là sur les pentes, et le clocher de l'église de Sotkamo dresse sa croix au milieu des flots azurés. Sur les hauteurs s'élèvent d'épaisses colonnes de fumée d'un gris-jaunâtre, provenant des vallées où l'on fait le goudron.
De Kajana à Uleâborg.
Pour aller de Kajana à Uleâborg, on traverse ordinairement le grand lac d'Uleâ par un petit bateau à vapeur, qui part trois fois par semaine. Le trajet dure de 7 à 9 heures. Le bateau n'ayant pas de restaurant, il faut s'approvisionner pour le voyage. On arrive enfin à Vaala, petite bourgade, où il y a une auberge. On peut y aller même par terre en prenant la route au nord du lac (env. 85 km.), mais cette voie n'est pas à recommander.
De Vaala on continue le voyage en descendant la rivière d'Uleâ.
* * Le trajet par cette rivière ofifrira aux touristes des jouissances qu'il ne trouveront nulle part ailleurs. On prend place sur un canot destiné au transport des tonneaux de goudron (voir p. 15) ou on loue un bateau vide, pouvant contenir de 15 à 20 personnes et dont la location coûte 30 marcs. Ce voyage étrange et agréable se fait en une journée. On parcourt à certains endroits et sans la force de la vapeur 20 à 30 km. par heure au milieu des vagues écumantes des rapides. (Nous renvoyons à la description détaillée donnée page 145). Il est impossible de remporter un souvenir plus intéressant d'un voyage en Finlande. Les plus grands rapides à passer sont: Niskakoski tout près de Vaala (fonderie de Myllyranta), Ahmakoski et I^hâkoski. Ce dernier, qui s'étend avec quelques interruptions sur une longueur de 30 km., se termine k Afuhos, village riche en beautés naturelles.
On peut terminer le trajet en bateau au port de Valko^a, près de l'église de Muhos, où l'on trouve chez les paysans des chambres très propres et des vivres. La pèche dans le grand piège à saumons au-dessous de Valkola mérite d'être vue.
A Muhos on peut quitter le bateau à rames et prendre place sur une petite chaloupe à vapeur venant de Valkola (2 mk.). On passe avec une rapidité vertigineuse devant plu-
EE KUOPIO A ULEÂBORG. 191
sieurs jolies villas et plusieurs propriétés pour arriver au débarcadère de Koskenniska, près de l'endroit où le grand pont du chemin de fer traverse la rivière. De là il n'y a plus que 2 à 3 km. jusqu'à Uleâborg. On demande un fiacre par téléphone (75 p.) et l'on arrive à la ville en passant devant les grandes fabriques des messieurs Âstrôm (voir p. 129). On pourrait aussi se rendre à la ville d'une manière rapide et commode par les rapides de Merikoski. Les voyageurs qui n'ont pas l'habitude de traverser les courants évitent cependant cette route; car ces rapides passent pour les plus agités de tous ceux de l'Uleâ.
Nous voilà au bout du trajet de Kuopio à Uleâborg. Ce voyage est extraordinairement bon marché : 40 à 80 francs, selon que le touriste demande plus ou moins de confort.
Toute la rivière d'Uleâ est très riche en saumons do toutes les espèces. Le droit de pêche de Vaala à Muhos s'obtient facilement chez mr Renfors à Kajana ou mr Akerblom à Vaala, quant à la pêche dans le Merikoski, il faut s'adresser au paysan Isteri, près d'Uleâborg. On paye 100 marcs d'amende par personne pour pêche illicite; le droit pour tout l'été coûte de 10 à 20 marcs. On trouve logis et nourriture à l'auberge de Vaala, sur la rive sud de la rivière, ainsi qu'à la ferme de Lamminaho, sur la rive nord, et immédiatement au-dessus de Pyhâkoski, à la ferme de Sorsa (le paysan Mattila parle anglais). De bons rameurs à 3 marcs par jour, logis 1 marc ou 1,50 par jour.
Uleâborg et voyage de cette ville à Torneâ et à Aavasaksa.
Uleâborg: Hôtels: * Soeietetshuset, Vcmberge de la Poste etc. Restaurant à l'île de Baati. Fiacres à 50 p. Téléphone. Le port de Toppila, à 4 km. au nord, est le point le plus septentrional où le chemin de fer ait été tracé jusqu'ici. Tous les jours des bateaux à vapeur pour le sud. Communications régulières avec toutes les villes du golfe de Bothnie et deux ou trois fois par mois avec Stockholm, Âbo, Helsingfors, S:t Pé-
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tersbourg et Liibeck, communications directes avec Copenhague et Hull.
Uleâborg est la ville principale de l'Osterbothnie septentrionale et la résidence du gouverneur. Un château, bâti en 1570, fut brûlé en 1793. C'est autour de celui-ci que la ville s'est élevée petit à petit (les privilèges datent de 1605). Elle a aujourd'hui 12,000 habitants; c'est un des principaux ports de commerce de la Finlande (exportation de planches, de goudron, amenés de tout le nord depuis les frontières de la Russie). Le commerce avec les contrées environnantes est considérable et Uleâborg est l'endroit le plus méridional où les Lapons se rendent au marché avec leurs rennes. Les rues larges et régulières, les jolies maisons de bois à un étage donnent à la ville un aspect très agréable. L'imposant 3Ierikoski, qui bouillonne aux portes de la cité, en fait le plus bel ornement et lui donne un cachet particulier. Les Ues de la Lilierte (Frihetsholmar), reliées entre elles par des ponts et baignées par l'écume des rapides, forment une promenade très singulière. Belle vue vers le sud sur l'embouchure de la rivière et ses trois ponts élevés, par lesquels passe la route de Torneâ. On voit encore près d'un de ces ponts les restes des anciennes fortifications de la ville autour du vieux château. La vue au nord n'est pas moins belle: les rapides sauvages, sur lesquels on a construit le nouveau pont du chemin de fer, dont l'arche est la plus grande de l'Europe septentrionale. Il y a un bon restaurant sur l'Ile de Raati, de l'autre côté de deux des grands ponts; on y a l'occasion d'assister à la pêche du saumon dans le piège vidé deux fois par jour. — Les Esplanades offrent de charmantes promenades; devant l'église il y en a une où l'on a placé la statue du poète Franzén, natif de cette ville (voir p. 108). Cette statue est du sculpteur Stenberg.
Une chaloupe à vapeur part tous les quarts d'heure pour le port de ToppUa (restaurant), où les plus grands dépots de goudron et de planches, les belles villas se disputent l'attention des spectateurs.
d' Uleâbo?'g à Torneâ..
Communications régulières, au moins trois fois par semaine, par bateau à vapeur; le trajet dure 10 heures environ (12 marcs et au-dessous). La route par terre, incommode, est longue de 1 60 km. Le voyage par mer n'est guère intéressant.