APERÇU GÉNÉRAL
derniers temps, par le travail des hommes. Chaque année, en plusieurs endroits, on débarrasse le lit des rapides et des cours d'eau, on creuse des canaux, on dessèche des marais et des tourbières. Parfois, au cours des travaux pour l'abaissement du niveau d'un lac, la force incalculable des eaux trompe les précautions des ouvriers et cause des catastrophes. C'est ce qui arriva, par exemple, quand on voulut régler le niveau du lac Hôytyàinen, au nord de Joensuu, lequel domine de 21 m. le Pyhàselkà. On avait commencé les travaux, en 1857, en creusant un fossé large de 3 m.; la pluie €t la fonte des neiges eurent bientôt transformé ce fossé en torrent. Tout-à-coup, le 3 août 1859, les écluses établies pour régler l'écoulement cédèrent, et une masse d'eau estimée à 11,000 mètres cubes par seconde, égale par conséquent aux volumes réunis du Danube et du Rhône, se précipita par l'ouverture, entrechoquant les rochers, déracinant les arbres, enlevant les maisons, détruisant tout sur son passage. Cette «flfroyable débâcle dura trois jours, pendant lesquels le Saima, qui communique avec le Pyhàselkà, fut si agité que les navires avaient peine à résister à la violence des vagues.
Entre les lacs, le pays, à l'exception de la région de l'ouest, est parsemé de rochers et de collines, en général peu élevées, mais contribuant à la beauté du paysage par la variété de leurs formes, tantôt onduleuses, tantôt abruptes. On voit, il est vrai, dans l'extrême nord, des monts de mille mètres élevant leur sommet dépouillé bien au-dessus de la région des forêts. Mais dans le reste du pays, les hauteurs ne dominent guère de plus de 100 m. les lacs environnants, atteignant ainsi, dans l'intérieur, 2 à 300 m. au-dessus du niveau de la mer. La vue étendue et variée dont on jouit souvent de leur sommet, dédommage abondamment du peu de peine qu'il faut pour les gravir.
Les plus caractéristiques de ces hauteurs sont des chaînes de collines en dos d'âne, composées de sable
et de gravier, s'allongeant en ligne presque droite pardessus monts et vallées, pendant des centaines de kilomètres, traversant souvent les lacs comme d'énormes remblais. De leur sommet, souvent à peine assez large pour donner place à un sentier, les pentes descendent en talus rapides à plusieurs dizaines de mètres. Ainsi le Syrjàharju, dans la paroisse de Màntyharju, dont une route bordée de garde-fous suit la crête et en occupe très exactement toute la largeur; à distance on le prendrait pour un immense viaduc, haut de 30 à 45 mètres. Les crêtes de Kangasala, en Tavastland, célèbres pour la beauté de leurs points de vue, ne sont guère moins étroites. Mais de toutes les collines de ce genre, la plus célèbre est le Punkaharju, dans le Savolax oriental. Longue de 7 kilomètres sur une largeur de 17 à 65 m. seulement, elle s'élève à une hauteur de 30 m. du sein des eaux bleues du Puruvesi, près de la ville de Nyslott. Chaque année des centaines de touristes s'y rendent comme en pèlerinage. De la crête, par-dessus les cimes des bouleaux et des pins qui couvrent les pentes, la vue embrasse un immense horizon de lacs parsemés d'îlots, des collines, des forêts, le paysage le plus varié et le plus gracieux.
L'ancienne division de la Finlande en neuf provinces est restée plus familière au peuple que la division plus récente en gouvernements. Ces provinces, dont les limites sont marquées sur la carte que nous donnons, sont, du nord au sud: la Laponie finlandaise, l'Ostrobotnie, le Satakunta, l'Aland, la Finlande propre, le Tavastland, le Nyland, le Savolax et la Carélie.