‹ La FinlandeChapitre 3 sur 6 · lA PlNLAMMe · texte numérisé non relu

lA PlNLAMMe

Le joyeux Lemmikainen monte a la cime du mât, re^àtàe vers r<Nrient, vers rocciâentt vers lès frontières de Pohjola, et dit : « Les peupliers sont pleins de faucoub, les bouleaux sont couverts d'aides. » •

Le vieux Wâinâmôinen dit : « Est-ce que tu veux mentir? Certainement ce ne sont point des faucons, certainement ce ne sont point des lifçles, ce sont des guerriers qui viennent de Polijola. Jlegarde encore, et d'un œil plus perçant. »

Le joyeux Lemmikainen regarde encore et dit ; « Un nuage épais s'élève des régions du. nord. »

Le vieux Wainamôinen dit : c £st-ce que tu veux mentir? Certainement ce n^est point un miage qui s'élève, c'est un navire qui s'avance. Regarde encore, et d'un œil |>lus perçant. »

- Lemmikainen regarde encore et dit : « O vieux Wàinàmôinen, oui, c'est une barque, une barque pleine de guerriers qui vient de Pobjoku »

• ' A ces mots, qui expriment la vérité, le vieux Wâinâmôinen dit : « Rame, ô Umarinnen, rame.

Joyeux Lemmikainen, ramez, vous tous qui êtes

.dans la barque ! »

Tous ramèrent, mais la barque de bois n'avança •point, la barque de Wâinô resta immobile.

Alors le vieux Wâinâmôinen vit que le jour fatal approchait, que le malheur allait fondre sur sa tète.

11 dit : « Je connais un remède à ce mal, un moyen d'éloigner ce fléau. »

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POBUB ÉPIQOS* 65

Et il ohercba un foyer, et il en prit une étincelle,

une légère étincelle, et il la jeta dans la mer, et il dit : « Que là où tombe l'étincelle, un écueU caché s*élève, un écueii où la barque de Pol^jola vienne se briser !» .

£t soudain un écueil caché s'élera dans la mer,' un écueil large, immense, et la barque de Pobjola vint s'y briser.

Loubi changea .de forme : des rames elle se fit des ailes, du gouvernail une queue, et elle se mit à voler comme un aigle. *

Elle vole dans les airs, an-desstts de la stirikce: limpide de la mer, portant cent guerriers sous ses ailes, mille sur sa queue, cent privés d'annures, mille ceints de glaives.

Tantôt elle vole, tantôt elle s'arrête ; elle s'élève jusqu'à la région des nuages. Enfin elle vient se po« ser sur la cime du mât du valeseau de Wâinftmôinen. Il en est tout ébranlé, il en est presque submergé..

Le vieux Wainâmôinen dit : « 0 hôtesse dePolH jola, viens-tu pour partager le sampo, au promontoire nébuleux, à l'île couverte de forêts? »

L'hôtesse de Pobjola dit : « Non , je ne viens point pour partager le sampo avec toi, misérable, dans ta compagnie, Wàinàmoinen. »

En même temps, elle s'efforce d'enlever le sampo de la barque.

L'ouvrier Umarinnen tire son glaive, et en frappe les griffes de l'aigle, mais il ne peut lui faire aucun mal, il n'effleure pas même sa peau.

Alors le joyeux Lemmikainen tira aussi son

glaive du fourreau. Mais du haut du mât l'hôlesse de Pohjoia lui dit : « Malheur à toi, ûls de Lempo! déjà tu as trompé ta mère, ta vieille mère, car tu lui avais juré de Jie point aller à la guerre avant dix étés, quand même le désir de Targent te possède* rait, quand même la soif de For te brûlerait. »

Le vieux Wainuinoineu laissa sou glaive dans son fourreau, mais il saisit son gouvernail, et il en frappa les ailes de Faigle, et il lui brisa les pieds, en sorte qu'aucun membre n'écliappa à ses coups, si ce n'est un petit doigt.

Les guerriers tombent dans la mer, cent des ailes de l'aigle, mille de sa queue, dix de chacune de ses plumes. L'hôtesse de Pohjola, elle-même, tomba du mât dans la barque, comme le coq de bois blessé tombe de Tarbre, comme l'écureuil tombe du pin.

Et elle saisit le sampo avec le doigt sans nom, et elle le jeta dans la mer. Il se brisa et roula au fcmdderabime.

Là ses débris se changèrent en trésors qui vin*: rent enrichir les domaines d'Ahti.

De là le travail de la terre, de là les firuitd de toute espèce, de là la prospérité éternelle, furent le partage du promontoire nébuleux, de Tile cou-* verte de forêts (9).

L'hôtesse de Pohjola n'emporta du sami)o que le couvercle et une anse. C'est pourquoi les gémissements retentirent dans Pohjola, le bonheur de la vie fut brisé aux frontières de Laponie.

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VINGT-QUATRIEME RUNA;

I^e vieux, le brave Wàinâmôinen trouva 8ur le rivage Ida détei» tea pkui Kger» du stmpot etU porta au promontoire uébuleux, da&a TUe couverte de forêts. . ...

Et il ditau jeone PeUenomeQ ^ «SMopao Pelto^

voineu, prends ces débris pour en semer la terre, j^tte danSiSQU sein aix espèces de iromeut, sept pèoes gazon» aSn que mes. cbampa fleurimfrt»

que mes domaines soient fécondés. »

Le jeune âampao PeUeryojjo^u prit aa .ec^pèo^ de froment» aept espèce» de gazon, et les enveloppa dans une petite peau de martre ; ensuite il partit pour.Bjteriuaner^

Alora il dit : c Je répandu la lemence sur ki' terre k travers les doigts du Créateur» la maiu.du ïgut-

6g LA FINLANDE.

Puissant. O vieille femme, qui habites dans les en*

trailles du champ, jeune homme caché dans ses profondeurs, mère de la terre, seigneur de la terre, faites que le gazon germe, que l'épi mûrisse, que le grain multiplie au centuple ; donnez le succès à mon labeur ; que la tige s*élève verdoyante sur la molle terre du champ, sur la terre semblable au foie. Le temps parait moins long quand il est fécondé par les divinités généreuses, par les ûlies de la nature (1).

«O Uldco, souverain des dieux, père très-haut, qui commandes aux nuages vagabonds du ciel, tiens conseil dans les airs, entre les rayons du soleil; envoie une douce pluie sur la terre aride, aûn que la tige s*élève, que la moisson mûrisse. »

Déjà Sampso Pellervoinen a répandu la semence Stlr la terre. 11 a couvert les collines de sapins, les ntilé«s> de botdeaux, les coteaux de pins, les lieux humides de pruniers, les marais de saules, les lieux -sacréis de s(»rbiers, les terres rocailleuses de gené- "^ers, les rives ûes fleures de chênes. Il prit en^ suite une charrue au soc d'airain, et il y attela un grand taureau, le taureau de Wàinô, aux jambes recourbées, aux flancs épais, aux larges membres, aux cornes puissantes. Et il lahoura les champs déjà semés, et il traça des sillons dans les t^res désertes.

11 laboura avec courage, il promena partout le Boc de sa charme. Il laboura les vallées et les bouleaux surgirent, il laboura les collines et les sapins

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s*élaiicèrent, il laboura les coteaux et les pins grandirent ; les pruniers s'élevèrent du sein des lieux humides» les saules flexibles du sein des xoarais, les sorbiers du sein des lieux sacrés, les genévriers du sein des terres rocailleuses. : ,

Mai^ le chêne refiisa de germer, rarfaredivia (2) ne voulut point prendre racine.

SampsoPellervoinen rendit la liberté au,tauçe^u, et se reposa trois jours et trois nuits* Ensuite il rendit auprès de Tarhre.

« Le chêne a-t-il germé, Tarbre divin a-t-il pris racine? » Le théne n'avait point encore germé» Tarbre divin n'avait point encore pris racine.

Sampso Pelleryoinen attendit encore trois jouri^ et trois nuits. Puis il sé rendit auprès de l'arbre.

« chêne a-t-il germé, Farbre divin a-t-il pris racine? t '

Et le chêne avait germé, et Tarbre divin avait pris racine : ses rameaux étaient touffus , sa cime s'élevait jusqu'au ciel ; il s'ét^odait dans l'espace et gênait la course des nuages ; il obscurcissait les rayons du soleil , effaçait réclat de la lune.

Le tieux Wâinftmôinen dit : « L'honomne s'ednule quand le soleil ne brille point, quand la lune refuse sa lumière. £st-il quelqu'un, parmi cette jeunesse^ qui puisse abattis le chêne, renverser le grand; ar-* bre (3)?»

Ou cherche partout celui qui accomplira cettç œuvre, on le cherche dans Suoûii, on le cherche dam Wçaajà, on le cherche dans Karjala ; mais ou

Di

1# LA FINLANIIS.

ne trouve pas un homme, pas un héros qui puisse abattre le diéae, renverser le grand arbre.

Un petit homme sursoit du sein de la mer. il porte sur la tête un chapeau d'airain, aux pieds des souliers d*airaîn, aux mains des gants d^airain, autour du corps une ceinture d'airain, à sa ceintui e une hache d'airain.

Le petit homme aiguise sa hache avec sept pierres de Wiro*

Et Ula prend entre ses mains.

Alors le petit homme, se change en géant ;.sQn pied frappe la terre, son front touche les nvm^ une

longue barbe flotte jusqu'à ses genoux, ses cheveux tombent ju^ue sur ses talons , les vêtements .qu le couvrent sont immenses [li).

Il se dirige vers Tarbre, trois pas le condqjfieat 4,8aracinj9«

Et il frappe le chêne avec le fer : il le frappe une foiSt ûewi fois, et la ilapipe s'éiancQ de l!arbre» eli Isa étincelles jaillissent de la baebeb

Au troisième coup il veut l'abattre, il veut le bri« Mr. U frappe la cime du côté de Porient, il frappe le tronc du côté de l'occident. Celui qui a pu arradMrmia branche du chêne a ooiiquis pour lui une féUdMwn te^ crinl <pA a wmvewé' ladme ûu chêne s'est acquis un signe toujours heureux ; celui qui a pu cueillir une feuille du chêne s'est préparé des jmrs d*élemei bonheur.

Ue» débria épars sur la surface de la mer, Phro^

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lainen fabri(jue des traits pour sou arc, des traits mortels. •

Et le vieux Wftinftmôinen achève d'abattre le chêne 9 et rend au soleil son éclat , à la lune sa lumière.

Ensuite il prend la semence, et il la jette, à travers le crible^ sur la terre du promontoire nébuleux, de rile couverte de forêts.

Et il dit : « Viens maintenant, ô labourage; viens maintenant, 6 travail de la semence, dans ces terres malhetueuses de Pohjola, dans ces grandes régions de Suomi (5); viens, ô lune, pour verser ta lumière; vigis, 6 soleil, pour répandre ta chaleur! »

L*hôtes8e de Poh}ola dit ; « Je connais encoré un moyen, je connais encore un obstacle à ton labourage, à tes semences.*— Jè porterai la lune der« rièrè une pierre couverte de mille couleurs, derrière un dur rocher; je porterai le soleil sur une montagne de fer, sur un roc d'acier, ponr y dépenser toute sa chaleur, et jamais il ne descendra de cette montagne, jamais il ne sortira de Tenceinte où }e l'aurai renfermé.

» Je susciterai un froid de nuit qui arrêtera les progrès de tes semences, qui détruira tous tes tra^ fttnXr

» Je ferai tomber une pluie de fer sur tes champs, je les couvrirai d'une grêle d'acier.

> J*6nverrai on ours de la pldne^ un diat sâu^ vagc de la forêt, pour décliirer tes chevaux, pour disperser tes trMipeaux.

Digi

» J'enverrai une maladie iiatale qui tuéra toutes

tes bètes , qui dévorera tous les hommes de ta maison. »

Mais le vieux W&infimôinen dit : • Le Lapon ne

peut nie nuire par ses enchantements, car j*ai entre les maiûs le bâton du ciel, et celui qui lue porte envie, celui qui crée le malheur ne le possède

point. »

Le *vieux Wâinamôinen dit encore : « O grand Jumala, doux créateur, conserve*moi, dé(èiids»moi

contre les pièges des hommes, contre les embûches des femmes* — Brise contre terre cent qui me portent envie; précipite dans Teaules mpnstres fatals ; veille a la porte de tes enfants, garde-les, aûn que le soleil ne luise point pour leur perte, que la lune ne leur soit point fuuesLc, que le vent ne souûle point sur eux avec trop de violence. Éloigne d'eux tous les fîroids de nuit, chasse loin d'eux les désastres de la tempête.

t Bâtis une haie de fei% construis un mur de pierre autour de mes biens, un mur qui s'élève de la terre au ciel, soutenu par des pieux d'acier, attaché avec des vers de terre, des serpents, des lézards, afin que l'ours ne puisse le dévorer. Que tout ce que les sorciers machinent contre moi retombe sureuxl

» Et toi, hôtesse de Pohjola, chasse les fléaux sur la pierre (6) , pousse tous les maux sur le rocher, rassemble tous les tourments sur la montagne,

mais ijarde-loi de toucher ù la lune, encore plus

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POÉSIE KPIQCE. 73

de toucher au soleil. Fais que les froids de nuit»

que la tempête retardent tes semences, délruisent la moisson que tu as cultivée. Fais tomber une pluie de fer, couvre d'une pluie d'acier les champs

de Pohjola.

» Envoie Tours de la plaine, le chat sauvage de la forêt sur les terres de Pohja, au milieu des troupeaux de Pohjola. »

Le vieux Wainâmôinen dit encore : « O douce Suomi, permets que la fécondité règne sur la terre, que la douceur habite dans l'air, afin que je puisse chanter sur le gazon, jouer dans les bosquets verts, danser sur les molles pelouses (7). »

VLNGT-aNQUIÈME RUNA. ' ' '

Louhiafar, la vieille femme, la vieille Poiîto (i) de Pulijola dressa son lit sur la route, sa couche but la terre fatale, et elle se tourna vers lé vent, vers la tempête, vers le soleil froid (2). ' * '

Soudain Forage souilla des régions du nord, et son soùffle souleva lës vêtements de peau de la femme, et il pénétra dans les os, dans les nérib, dans la chair molle, 4ans les veines flexibles, et la femme devint grosse.

Elle porta son Iruil dans sou sein, pendant neuf mois, suivant Tbabilude de toutes les femmes.

Au dixième mois, fat saisie d'atroces dèil^ leurs : les tourments de Kapo la brisent, le feu de

la Vierge la brûle BUe kÉiAMa mil Ut #t Ufa dans m autris tteu

76 LA FIVLAKDB.

« O ma servante, ma petite servante, dit-elle, fais vite chaulTer le bain, prépare la pirtti, et pour que les voisins n'en sachent rien , pour que le brait ne s'en répande point dans le village, frotte les portes avec de la bière, les gonds avec la kalja, de peur que les portes ne crient, que les gonds ne gémissent.»

La petite servante se hâta de faire chaulfer le bain et de préparer 4a pirtti; elle eut soin aussi de . frotter les portes avec de la bière et les gonds avec la kalja.

Alors rhôtesse de Pohjoia entra dans la chambre,

se cacha dans les ténèbres et se mit à prier.

t O Ukko, souverain des dieux, viens me viûter

en secret dans mon bain, viens sans bruit dans ma petite chambre; les portes ont été frottées avec de la bière, les gonds ont été arrosés de kalja, pour qu'ils ne crient point, pour qu'ils ne gémissent point.

«Viens, hàte-toi, dans ces tourments qui me déchirent, dans ces douleurs qui m'accablent. Ouvre avec ton doigt Tenceinte de chair, la cloison d*os,

afin que Tenlaut puisse sortir et que la femme soit délivrée.

» 0 Kave, vieille Luonnotar, Kave, fenûime douce et hieofiiiaante , la première des mères, Tainée de toutes les femmes, entre dans la mer jusqu*aux genoux, avance dans les flots Jusqu'à la ceinture, recueille la morve de la truite, Técum de la lotte.

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afin d'en frotter mon corps, d*en oindre mes flancs et de me délivrer de mes doulemrs.

«Kiviitar, reine des douleurs, accours à mon aide, viens calmer les tourments qui m*accablent. Sans toi je meurs, je succombe à cet horriUe travail (4). »

Louhiatar, la vieille femme, la vieille Portto de Pohjola, mit au monde dix fils , pendant le temps d*un seul bain, dans une seule nuit d'été.

Elle donna des noms à ses fils et les éleva avec soin, comme toute mère élève ceux qui sont sortis de son sein. Elle les appela du nom des maladies, des fléaux lei ribles : la pleurésie, la goutte, la colique, la phtbisie, la lèpre, la peste, les monsti es fa; tais des eaux, les dévastateurs de tous les lieux, les sorciers des marais.

Et elle les envoya au promontoire nébuleux, à

File couverte de forets.

Les fils de Wàin&lân forent désolés par les mala^

dies, le peuple de Suoto tomba en proie à des doulairs inconnues, à une contagion sans nom« JLes pavés des maisoDS exhalèrent une odeur putride,

les toits furent infects. .

Alors le vieux Wfiin&môinen, le devin étemel,

s'empresse de faire chauffer son bain. Il prend une aile, il prend des rameaux frottés de miel, et avec eux il chasse les tourments, il adoucit les douleurs, et il dit : « Cette maladie a-t-elle été enfantée par le Créateur? ce fléau a-t*il été créé par Dieu? ou

19 hk rnukum^i

bien a-t^il élé soudoyé par. l*argent et vimfHl loi

pour s'enrichir? . • • . .

•Ojoudadie, monte, yers les . ci^ux ; doi|leur, élève-toi jusqu'aux nuages; vapeur tiède, fuis dans l'air, alui que le vent te pousse, que la tempête te chasse aux régions lointaines de Pohjola, où ni )e soleil ni la lune ne donnent leur lumière, où le vent frais ne caresse point la chair.

» O douleurs, montez sur rhippogriffe de pienret et fuyez sur les montagnes couvertes de fer. Car il est trop rude d'être dévoré par la maladie, d'être consumé par les tourments.

» Rivutai% mère des douleurs, Loi qui les recueilles dans un petit vase aux mille. couleurs, dans une boite d'airain, toi dont les mains sont couvertes de douleurs, dont les pieds sont chaussés avec les douleurs, viens enlever les douleurs qui nous déchirent, afin que le malade soit délivré et qu'il puisse goûter le repos. Oui, recueille toutes nos douleurs dans ta petite bofte'd*airain, et va les fdire euire dans ta petite chaudière , sur la colline des douleurs^ à la cime de la montagne des tourments^

»I1 est sur on rodier une piem , et dan» cette pierre un vaste trou creusé par le fer; que toutes les dpuleurs soient précipitées dau$ ce troa, qu'elles soient enfermées dans le sein de la pden'e, . car la pierre ne se i)laint point, quand même ou la chargerait, de douleuxs infinies, de tourments .^em pombre (5).

f ;» O Ukko, dieu suprême, vieillajnd très^baut, viens

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P0É8I1 ÉBiava 19

à notre secours, viens rétablir la paix dans nos demeilrea <Que le souffle de ta bouche sacrée, que la ehalew de loD esprit se répande (sur noud, afintiu^il ne périsse aucun des enfants que Dieu a créés et entourés de tantde soins. »

. fit le vietax WAlnAmdineir mit la ehaiidftië ittr le feu, et il la remplit d'herbes salutaires, dont le suc de mi^ a'écoula Jusqu'à terre. " * ' '< '

La chaudière bouillonna pendant trois joui^' et trois nuits* Alors le vieux Wainàmôinen goûta son remède. • • ' •» ■ • *

' «le remède esl41 bifidllible ,* la médecine estéUesùre?;» •

Le remède n'était point .infaillible, bi ttédediie tt*était point sûre. • •■ • : * ^ . Wâiiiâm^en remit la chaudièi^ sur le feu, ét' i^outa de nooTeUed hérites, des berbes'deplasiéiitl» espèces. • • • ■ ■ ' * • "

La chaudièspe bonillomia pendant trois jours et trois nuits. Alcnrs 'WAftftiiMinèn goûta soU ihémède. '

t Le remède est^il infaillible , la médecine estelle'Sûre?»'-'' • î-'.ii:'-'. .

Le remède n'était point iniàillfble, la médecine n'était point sûre, ' ;

WâinimâiiMÉi remit la chaudière suMeféu, et il y ajouta de nouvelles herbes, des herbes de plusieurs espèces, venues des régions étrangères , et données au héros par neuf hommes sages, par huit habiles sorciers.

La chaudière bouillonna pendant trois jours et

tHHS auit9« Trois jeunes enfimls furent duorgés d'y

entretenir le feu et de soigner la cuisson des herbes. La forêt » la grande forêt de Tiie fut brûlée tout entière» les pierres du foyer furent mises en fusion.

Alors le vieux Wainàmôinen goûta son remède.

€la rem/^e estrii iutaiUible, la médecine estelle sûre?»

Le remède était infaillible, la médecine était sûre.

Et le vieux WXinfisiAinen appliqua le remède aux malades.

« Que le Seigneur me vi^me en aide lorsque j'aurai appliqué le remède, lorsque j'aurai prononcé les paroles salutaires (6).

» Que les parties que mes mains ne peuvent at-« teindre soient touchées par les mains du Gi^éateur, queses doigts suppléent à mes doigts, que ses paroles suppléent à mes paroles, . .;»0 Ukko» dieu suprémet vieillard très-haut I guéris celui qui souffire pendant la noft, vivifie4e piMidant le jour, chasse loin de lui la douleur, donne-lui une santé heureuse pendant que le temps marche, que la lune donne sa lumière I »

Ainsi le vieux Wainàmôinen, le. devin étemel cliassa la maladie créée par les encliftiKtenieiits de Louhiatar, et dissipa toutes les douleurs.

VfNGT STXTEME RUiNA.

• T!.(mbi,Th6tè9Be de Pohjola, Loiib!, la vi«ille

édeatée de Pohja, saisit la lune par ses eachante* ments, et la cacha dans un rocher aux parois de diverses couleurs ; elle saisitHussi le soleil et le porta dans le sein d'une montagne dure comme Tacier (1).

Et me nuit s^s fin s*ététidit sur le promontoire nébuleux, sur Tîle couverte de forêts.

' Déjà depuis cinq ànnées la nuit aurait duré, depuis- six années le soleil était resté caché, depuis huit années la lune n'avait point paru, depuis dix ans les étoiles n-avaient point brillé (â).

lie viéuxWâinàmôinen dit : t O Ilmarinnen, mon frèr^, allons aux régions de la lune et du soleil, montons jusqu^aux étoiles, et voyons le prodige qui i*etient leur lumière, Car maintenant ils ne luisent

plus sur nous» malheureux, sur nous, accablés de

maux. »

£t ils allèrent aux régions de la lune et du soleil,

et ils montèrent jusqu'aux étoiles, et ils franchirent les huit voûtes du ciel.

Ilmarinnen alluma du feu, Wâinfimôinen fit jaillir des étincelles de son glaive dans les régions sublimes, au-dessus des huit voûtes du cieL

Une vierge était assise sur un long nuage, elle prit le feu et le jeta au loin ; et le feu vola rapide à travers les huit voûtes de Tair, les six couvercles du ciel.

Le vieux, le brave Wâinamôinen, et son frère, Ilmarinnen, partirent pour aller à la recherche du

feu (3).

jl^ caontruisirent \m Imqjm sur ime poot^giie, une barque au gouv^att de pin, aux rames de,

sapin.

Et ils la lancèrent sur Twu, etilserr^rantlooct

temps çà et là sur le fleuve de Newa.

Une femme viat à leur rençoptre et teur dÂt : < Hommes, d*où ète^rous? » .

Le vieux Wâinamôinen répondit ; « Nous sommes

d^ espaces sublimer, des hiiutes régicm du cielt .

» Nous allons chercher le feu que nous avons perdu. Mais toi, mi^rable femme, d!où es^tu? » . c Je wi» rainée de toutes les femmes, la màre

des premiers humains; six fois j'ai été épouse (4).

t Vous 41162 à la recherche du feu que vous aves p^ïL U vous aera dilficiile de |e ittrouver. La Itu

a ctiilsé d'b^ibles malheurs, U est tombé da haut du dil stf 18 doux lit d'iokiour, Èùr la nouvelle tupa de Tuoni, la maison sans toit de Palvonen.

« £t la mère nourrissait son enfant nouveau-né; eUi rendormait da&ti son pauvre petit berceau; le feu brûla le genou de Tenfant , le sein de la mère , la maïudle de la f&ame. Uenfant descendit dans Mataala, car Si avait été éréé pour mourir. '

» Mais la mère plus instruite ne descendit point dans Hanala, elle maudit le feu, et le précipita pai^ ses enchantements dans les ûots écumftntÉ^ d'Âlnejànri*

»lMjà 18 Hc boullloime superbe, il lanee seâ

ondes jusqu^à la cime des bouleaux, 11 franchit toutes ses digues. Car le feu soufiGre dans soh âeb d*horriblès dotilèUTS. U jette lés pdssôns sur te sable.

> Al<krs les poiiÉotais pensènt, méditeut i « Goitiment pourrons-nous vivre aU milieu de ces douleûri qui tourmentent le feu, cpii agitent la flanmie brillante?»

• Une perche à la tête recourbée poursuit Tétincëllè, ItiAis éDe tte peut Tatteindre ; la lotte bleue arrive, la lotte dévore l'étincelle.

• Quelques insf^ts s'écoulent, et une atroce douleur déeliire les entrailles de la lcrttè; elle h'à

plus de repos, elle nage de promontoire en promontoire, d'Ile en lie : que celui qui entend mes plaintes me tue, car ces dduleurs dU feU sont Insupportables.

• Un saumon rouge accourt, il dévore la lotte bleue, et bientôt éprouve le même sort ; un bro^ chet dévore le saumon, et les mêmes déchirements ne tardent pas à la saisir : c Que celui qui entend mes plaintes, s*écrie-t-il, me tue, car ces douleurs du feu sont insupportables! »

Alors le vieux Wainàmôinen dit : « Ëst-il ici quelque semeur de Hn? Je veux faire un filet, un filet aux cent yeu\ (5), alin de prendre le poisson et de tuer le malheureux brochet. »

Et le vieux Wâinâmôinen met le feu à sa barque et la réduit en cendres : dans ces cendres il sème le lin qui, dans une seule nuit d*été, germe, fieurit et donne une riche moisson (6).

On prépare aussitôt le lin, les jeunes filles le. filent, les jeunes hommes le tissent en filet.

Et Ton part pour la pêche.

Le filet est lancé dans l'eau ; on le tire à force de bras, mais il a été mal lancé; il revient chargé de toutes sortes de poissons, celui-l seul pour le- . quel il avait été fait ne s'y trouve pas.

.Le vieux, le brave Wâinamainen ne perd, peipt coura^^e ; il lance de nouveau le filet, mais c'est en-., core en vain.

..Alors le héros ordonne que le filet soit agraiidi,

et qu'on le jette plus avant dans le fleuve. C'est, llmarinneu qui conduit lui-même la barque,. c^e^t^ Wâinâmôînen qui lance lui-même le filet.

« O Wellamo, s'écrie-t-il, reine de l'onde, femme au sein de roseau, viens changer de vétem^t.iivep ■

Digitiz

moi; tu as une tunique de roseau, une robe d'écume, je te donnerai une tunique de Un, une robe de lin, tiiems par les vierges de la lune, filées par les vierges du soleil (7).

» Weliamo, reine de Tonde, femme au sein de roseau, re^ts les ornements de la fortune, la tunique du don; montre-toi généreuse avec moi, excite le» nageoires de tes p<H8sons, pousse4es m foule de mon côté, chasse-les dans le filet qui roule au fond des ondes, sur le sal)le noir. »

Alors iQ puÎ3sant fils du soleil descend de la col* line et dit : « EsMI ici besoin de quelqu'un qui trouble J'e^u avec de longs Imtons? »

Le viettK Wainamoinen répmdit : « Oui, il est ici besoin de quelqu'un qui trouble Teau avec de longs bâtons. »

Ëtle puissant fils du soleil arrache un pin de la colline, et dit : « Faut-il troubler Teau de toutes mes foroes, ou seulement autant qu'il est néces- ' saire? »

LesageWainâmùinen lui répond : « Trouble Teau SQuleme&liaut^t qu'il est nécessaire.- ».

Le puissant -fils du soleil monte dans la barque. 11 trouble l'eau avec son long bâton de pin, et chasse l^&poiâSQOs en foule dans le filet.

, Ët le fflet est tiré de Teau : cette fois le brochet désiré a. été pris. Mais Wainamoinen n'ose point le toucher sw a^oir revêtu ses matais de lier.

• Alors le fils du soldl saisit le poisson et le mit dw& sou st^in « Que le couteau descende du ciel»

Digi

le couteau au manche d'or, à la iKxiiite d'argent, aiiu de leadçe le poisson en deux par lies I »

Et le couteau tomba du ciel, le couteau au man** che d*or, à la pointe d'argent ; il tomba auprès du brochet.

Aussitôt le puissant fils du soleil prit le couteau,

cl fendit le brochet en deux parties. Dans son ventre on trouva un saumon rouge : le fils du soleil ouvrit le saumon rouge ; dans le ventre du saumon rouge on trouva une lotte bleue, et dans le ventre de la lotte Ueue un petit globe Meu, et du globe bleu on vit tomber un globe rouge.

Le ûls du soleil ouvrit le globe rouge, et de son sein jaillit tout à coup l'étincelle qui était tombée du ciel, et que les héros cherchaient depuis si longtemps.

L'étinceUe s'échappa des mains du fils du soleil, et vola au loin, au delà d' Alnejàrvi, au ^là des mers fécondes en lottes et en saumoas, Jusqu^'à la* fevél de genévriers.

iÀ elle brûle les arbres, répand au loin sa Aamme immense, jette partout l'épouvante, eonsume la moitié de la terre de Pohjola, les vastes plaines de Savo, les champs de Kaijala (8).

L'ouvrier Ilmarfamen était assis dans la barcpie; Le iéu tombe sur elle, dévore ses mâts, s'empare du héros, et le déchire par d'atroces douleurs.

llmarinnen se précipite dans le lac, afea d'éteindre la flamme qui le consume, et il dit : «0 feu brillant que Jumala a créé, tetire-toi daas la

POÉSIS ÉPIQUE. 87

éteff caélid-KAdalisfiifid dammes» brftlesurteB pkmm

du foyer.

c O Pttdv don et» àtk doleU , enfioii du jouir

bienfaisant, emporté le feu dans les nues, cache-le au milieu d^uu cercle d'or, dans les profondeurs ffim Foicb^ d*dr&{û; portable, cemnie Feiifaat porté par sa mère, fais-le briller pendant le jour, MA4e T€spù9er pendant lar nuit, qu'il se lève chaque Alalin, qu*fl se éottche chaque soir !»

» Comment réteindrai-je, comment apaiaerai-je sà* flamme^ H edt un enflinl dans^ Pohjola, un héros dans le village de glace, un géant dans Pirtientala, un géant grand comme le pin du désert, c(Mnme le peuplier dtY m^is; ses maiiii^ sfoiit coavertes'dé brouillards, ses pieds sont chaussés de brouillards, 0a tête porté un chapeau dé brouiUardé, une ceinture de brouillards entoure son corps. Apporte, ô géant superbe, apporte-moi des brouillards de Poh- Ida, db la glace dti frbid village. Pohjôla e^t féconde en brouillards, féconde en glace; les fleuves, lés: lacs, la terre, Tair en sont remplis.

)»Des liferres chargés de bMtfllérds courent êem les plaines brumeuses , des ours hérissés de glaces seltniient sur les montagnes glacées, dles faucons chargés de brouillards volent, des mouettes glacées nagent dans le fleuve couvert de neige auprès de la cataracte du fleuve d*hiver.

» Viens, ô fils de Pohjola, passe les frontières de tes froides régions, apporte des brouillards, apporte de la glace dans ton traîneau du sommet de la mon-

tagne aride, des lianes de l'épais roeher. £t quand

lu seras sur nos teiTes, quand tu auras atteint la limite de ta course, jette de l'eau glacée, répands de la neige sur les lieux dévorés par la flamme.

» Comment éleindrai-je le feu, comment apaiserai-je la ilamme? 11 est une vierge dans Pohjola, une jeune fille dans le froid village : son chapeau est de brouillards, sa tunique est de glace, ses souliers sont de brouillards, ses bas sont de glace, les franges de sa robe sont gelées. Viens, ô jeune fille, des régions de Pohjola, du milieu de la Lapoaie, lève-toi de ton lit de glace, prends tes froids vêtements, et (luand lu seras arrivée auprès de moi, jette ta robe sur mes genoux, alin de fei*mer la bouche du feu, d'écraser la tête de Panu, enveloppe la Hamme dans ta tunique sans tache, e^ferme-la dans ton blanc vêtement.

D O Ukko, roi splendide des nuages , suscite à l'Orient une nuée, une autre à l'Occident, et joinsles ensemble. Envoie la glace, et les brouillards, les remèdes salutaires dans les lieux brûlés par le feu, dévastés par la flanmie. Enlève au feu sa force, à la flamme sa rage, à Panu sa puissance. »

Aijisi l'ouvrier llmaiiuneu éteignit le feu rouge et apaisa la flamme.

VliNGl-SEPUÈME HUiNA.

L*ennui s'empara des hommes, l'eimui vint désoler les oiseaux, de l'aii:, les poi9SOQ&4e» eaux, les bfttes des ioréts, parce que le. soleil et la lunci iie donnaient plus leur lumière.

Le brochet comaaît les v(nes d69 piiâea,;rid^te vol d^8. dbseaux; le vent la route des airs , mais rhomme, Thomme piisérable ne .swt oi. qmud .le juatin^ lève, ni quand la nuit approche , dans le promontoire nébuleux, dan^ nie couverte 4e ft>- .réts.

, Les jeunes gens tienne conseil, le» henânes

mûrs examinent dans, leur pensée comment ils pourront vivpe.privé^ en mfime temps de la lumière .du soleil et de celle de la lune. . •

Le yi^i^, le brave Wwwiwneuse i*end a l'ato*

Uerdllmariimenf etluidit:c<Ck>iirage, monfrèret

forge une lune nouvelle, forge un nouveau soleil, car le temps est trop long sans feu, Tennui accable , quand la lune et le soleil refusent leur lumière. »

Et l'ouvrier Ilmariunen se prépare à forger une nouvelle lune, un nouveau soleil. Il fait la lune d'or, le soleil d'argent.

A la vue des deux astres, Wainâmôinen. et Umarinnen font éclater leur joie. Ils les portent avec précaution jusqu'au haut du ciel, dans l'espace qui domine les nuages.

La sueur coule du firont du Créateur dans ce travail difficile.

Us fixent les deux astres au ndlieu du deL Mais Tor ne brille point comme la lune, l'argent ne resplendit point comme le soleil.

Atêvs- le viens dit : cSi Jettdfc ata

régions de Pobjola , chez les IHs du froid village , certainement je ferai que la lune brillera, que le SfMt rmiam sa himiève.

Et le vieux Wôinàmôinen se 'mit en route. Il marchai un jour, deux j^urs, trdb Jours. Alors les plaines dS'Pohjok commencèrent à apparaître, ses portes à crier, ses gonds fatals à gémir. • '

Arrivé sur les bords du fleuve, le vieux Wfiîiftmoinen dit : « Fils de Pohjola, amène ici ta barque à&n^qiie>je puisse passep sur rauU^rivel^D

lMijffl»^de> Fl^l» fépëtfâil v H' H^esl^ péUlt M de barque vide, rame avec tes doigts , gouverne ««•0 M^ttHitts, situ veu twMott ie-iëiive. )^

. Le vieux Wainamoineu se jeta ai^ milieu des ondes» rattuit afto Ma dûigta, ffmwnMUifc avec aaa maim^ et il saisit une plandiedasapin, el noMtlnnt a.VQC bruit il appela le vantqiiile pouasa rei^ TaiK

Le peuple de Pohjola, la nation méchante se mit àciier: «Avance sur on aeutpied^cUiflfiuvQSiirlt rivimi.li

Mais Wainamètiien avança sur les deux pkda» du ieave am* le rivage» .

Le peuple dia Pohjola , la nation méchante se mit à crier ; « Vins nsaiateuant dans Tencainte de Pohjola.» ' '

Wainamôinen entra dans Tenceinte de Pohjola.

Le pettpto éa Pol^oltt, la mtioB inédlM^

à crier : « Viens maintenant dans la tupa de Boh4 )ola.»

WAintoiôinen entra dans la tupa de Pobfola; '

Les hommes buvaient Thydromel» et tous étaient amiés de leur glaive, méditant k meft de Wtiaftmoinen, la mort de l'ami de l'onde (2).

lis liii dir^ :«<^Ue nottveUeaiuiofiot f hoi^^ Briaétahie ^qu'esl-oe fœ le voyageur viest noua nr eo»terîi) •

Le vieux, le brave Wainamôinen dit : tdùrto . soleB s'est-il retiré? où la lune a-t-elle fui?»

Le. peuplade Pol^ola, la usâkm mécliaate se mijt à criar i «Le soleil tfésl caché dans las gorges d^ Ia montagne d'acier, la lune a M dans le s^ d'un

l'oclier aux parois de diverses couleurs. Jamais ils ue sortiront du lieu où ils sont renfermés. »

Alors le vieux Wôinâmôinen dit : t Mesurons nos épées, éprouvons nos glaives, pour savoir si la lune sera délivrée du rocher, si le soleil sortira des gorges de la montagne. Que celui qui porte le plus long glaive frappe le premier.»

Et les glaives furent mesurés. Celui de Wâinamôinen se trouva plus long que les autres de l'épaisseur d'un épi d'orge : la lune brille sur la lame, le soleil resplendit sur la poignée, un cheval hennit sur Tacier, un chat miaule sur la garde, un petit chien dort sur le fourreau.

Les hommes sortirent dans la cour. Là, le vieux Wiiinàmoinen commença à frapper, et il dépouilla les fils de Pohja de leurs têtes, comme on dépouille les raves de leurs racines (3).

£t il alla pour délivrer le soleil et la lune, mais il ne pat pénétrer jusqu'aux lieux où ils étaient renfermés.

;Le vieux Wainàmdinen revint dans Tatelier dli*marinnen, et dit & son frère : « Écoute, fils de ma mère, forge-moi un levier à trois dents, douze socs aigus, un grand faisceau de cle&, afin.que je puisse délivrer la lune du rocher, le soleil de la moiH ^ tagne. »

L'ouvrier Ilmarinnen se mit aussitôt àforgèr ee

que lui avait demandé son frère ; il forgea un jour, il. forgea deux jours, il forgea trois jours* Alor& i:bdtesae de PoUjùla, la vieille édeUlée éd Vobia;

ft^étaol te^ée! :de grand mtetin , prit \H itles de>ra^

louette et vola jusqu'à l'atelier d'ilmariûuea; elle sii:po^i$airs^petitâ fenêtre*

IlmariDoen dit ; «Pourquoi, petit oiseau, t'es-tu posé de. si grikQd matin sur fenêtre?» /

L'oiseau répondit dans son langage : O i>atteaT de fer éterael, tu es ua ouvrir habile, uu forgerou im^ux^çn i i

L'ouvrier Ilmarinnen répondit ru C'est que pen« daut longtemps j'ai fixé mes yeux dans la boudie du jCréAtQur» d«n» la barbe du I>ieu grand alors que je foirgeai le ciel, qwe je fabriquai le couvercle, de l'air. » • .1

. L'oî|96iia dit. dans son tog^ge : « Que for^esrtu , ouvrier, que frappes-tu avec ton marteau?» • .r »

llmarianep^ dit; «;Je fo^^ ua oolài^ poiur.la méchante vieille de Pohjola. V» - . Et l'oiseau s'envola rapide, etriiôfces^e de Pohjoli( cjïercba dan& 801^ eq>rit le ^oy^enqi^'eUe eoi-* ploierait pour défendre son cou. •

£lle vit que le malheur jla,jqieyâgfût,,qu^ l^j/[>Vir^ d'angoisses approchaient; elle se leva de grand matin, prit la forme d'une colombe, et vola jusque auprès de l'atelier d'ilmarinnen.

Ilmarinnen dit : «Pourquoi, petite colombe, te trouves-tu si matin auprès de mon atelier?»)

La colombe répondit dans son langage : «Je viens pour t'annoncer que la lune est délivrée du rocher, que le soleil est délivré de la montagne. »

Ët l'ouvrier Ilmarinnen sortit sur la porte de son

9k hk WlMtASnOL

awUeti et il vil là lune et te soleil bHllerdaliB les

cieux.

Aussitôt il se rendit vers le vieui WftinâmôiMiii

« O vieux Wâinàmôinen , Runoia éternel , riens voir la lune et le soleil» ils ont repris leur ancienne place, ils brillent dans les deux. »

Le vieux , le brave Wâinàmôinen se hâta de sortir dans la cour, et il leva la tête, et il vit les deux astres qui brillaient.

«Salut, ô lune, s'écria-t-il, parce que tu montres ta face resplendissante; salut, jour d'or, parce que tu apparais; salut, soleil, paixe que tu renouvelles ton lever.

» O belle lune, tu es délivrée des entraves du rocher; beau soleil, tu t'es élevé de la montagne, tu es monté comme le coucou d*or, comme la colombe d'argent. Ainsi lève-toi chaque matth, app6rte le fécondité à nos terres, le bonheur à nos ûlets, la proie à nos chasseuts; marche avec gloire, tt^ttre

ta course brillante, décris un arc splendidç, et le soir couche-toi dans la joie, »

VINGT-HUIIIÈME iftUNl.

Leviem, le bmve WiUnimfiiMiditivU flutt»

drait maintenaut que Tours fût pris, que ranimai d*or fût tué» âaus la douce lletsalai diu k i^e ' Tapiûb» depeur qu'Oibo ne dévm me» èhernn^ n*égorge mes brebis, m disperse tx>utes mes vacheSé M Jadis i'étm ansBÎ bme que tout aiitce» j'allais sans crainte ^affironter l'ours^dans sa cayenoie. Maintenant les ten^pssont changés. Lavieillessem^aiirail* elle donc rendu tiniida? Peuirétre il en esteinsL Cependant je sens mon ardeur qui s'éveille, et qui me pqqsse vers le pays de Metsaia^ qui m'enborte à aller manger de son BiM.

» Oui, je vais dans la forêt. 0 Mielikki , hôtesse des boist Tellervot fille de Tapio, mels tes chiens à' la chaîne, mets un bandeau sur les yeux de Tours»

96 LA PINLAMDB.

frotte ses deuls avec du miel, remplis sa bouche de beurre pur, afin qu'il ne sente point les traces de rhomme , quand je m'avancerai vers la caverne du noble Otho.

» Glorieux Otho, pomme de la forêt, KftUer&i-

nen (1) des bois, quand tu entendras l'homme venir à toi, cache tés ongles dans tes pattes, tes dents dans tes gencives , afin qu'elles ne puissent le blessef • O Otho, remue-toi dans ta demeure, agite ton pied de miel, comme la gélinotte dans son lit, comme l'oie dans sa couche de roseau. »

Déjà le vieux Wainamôinen est arrivé à la ca* veme d*Otho. Il trouble le lit de soie, il renverse le lit d'or, et il dit :

« Maintenant , ô Dieu , sois béni , Créateur, sois loué, parée que tu wi'as doniiéië^beî Otho, parce que Tor de la forêt est devenu ma proie. Je vais à la .|idrti dTOtho , à la deuieeîre dû 'myope (2) , pdùr * contempler mon or, pour voir le pied court, le genou recourbé, le museau rond comme une boule. ' < mon.ùtii<^ttev mcfn^bèl Ottiô; màt béàù pied de miel, ne te fdche point en jouant. Ce n'est pas naiol qui^'^i renvei^^ e^est toi-même qui es tombé siir^fes ^liBuiilesl Lés rocrtêi^ d^autônlné sont si glis^* santés, ies nuits d'automne sont si sombres I ' ' . MOlmon unique; mon bel €>i^ , mo^n bêafi>iëâ de miel, tu dois encore mârlcîïeir, tu dois fouler la plaine sablonneuse. Viens , hôte illustre des bois ; iiieD8,j|^ife delà forêt ; sd*s aii-plos vite Ûe ces ré- ' gjons étroites, (jle ces chemins resseri^s ; va vers la

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