XV
Station de Vesuvi,iO heures du soir.
Le haut fonctkmnftire pour lequel ^ toutes les cti^mbres de là maison de poste de Sar* vika avaient été retenues d'est croisé avec nous à quelques yerstes avant d'arriver iei.
Par bonheur, son passage à la station actuelle n'^y a pas tout épuisé ; on m'annonce un souper dans les formes, et les filles de l'hôtesse s'empressent de mettre le couvert. Cette maison-ci ^t d'un confortable qui ne laisse rien à désirer. Les meubles y sont nombreux et propres , les croisées garnies de rideaux de couleur ; et ce qui est mieu]^ encore , un feu clair pétille dans la vaste cheminée de la chambre principale, qu'il éclaire vivement de ses vivifiants' reflets.
Rien de plus fastidieux que les perpétuelles
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barrières qu'il est d'usage, dans cette partie de la Finlande, d'établir en travers du chemin, partout où il y a délimitation entre propriétés limitrophes. Les petits propriétaires formant ici le grand nombre, il en résulte qu'à tout instant on àe trouve dans la nécessité de faire halte pour ouvrir quelqu'une de ces barrières: elles sont établies sur des gonds, et tournent à la manière des portes à un battant. Auprès de plusieurs d'entre elleâ nous trouvâmes des gardiens, qui y avaient été placés pour le pafssage dû chef de la province , et qiii n'avaient, pas encore quitté leur poste. En voyant approcher le tarantass, d'apparence monumentale pour des.'yeux habitués à ne voir que de simples cabriolets, ces bonnes gens nous prenaient pour des employés de la. suite du gouverneur, et ils se hâtaient d'puvrir en nous prodiguant les saluts les plus humbles,. ' ^■
Peu de temp^ après avoir quitté là dernière station, nous sommes arrivés près de la Torrisova, que nous avons côtoyée asseiz longtemps. Rien de plus extraordinaire que les bords de
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cette ritière , semblables à des murailles de granit à pic, de plus de deux cents pieds de hauteur, et dont le sommet est ombragé de quantité de pins et de bouleaux. La TorrisdVa coule en effet au fond d'une faille ou fissure profoi](de de la miasse granitique dont est formé le sol même de la contrée. L'excessive élévation du bord opposé à celui que nous suivions offrait un coup d'œil tout à fait grandiose.
Après avoir suivi la Torrisova pendant cinq vérstes , nous nous en sommes détournés quelque peu. Bientôt nous sommes arrivés près d'un autre mur de grai>it, également perpendiculaire mais de hauteur moindre. J'étais absorbé dans la contemplation de ces rochers cyclopéens , quand tout, à coup des chants vinrent frapper mon oreille, en même temps que le- bruit dé plusieurs chevaux au galop.
C'étaient de jeunes garçons qui couraient à cheval en chantant à tue-tête ^ . Ils ramenaient,
* Vayèz la noté S à la fin du chapitre.
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016 dit>on, les chevaux de poste qui avaient conduit le gouverneur. Je fis arpker la voiture, et leur, recoramajodai d'aller au plus vite prév€siir le maître^ dé poste de liotre pro* chaiuie arrivée, aiaâi que de notre intention de piassw la nuit sous son toit. Cette recomnwadation, appuyée d'une pièce de menue mon* naie^ Activa Teoitrain et la joie de ces enfants, qui r^artirent au triple galop, en chantant de plus belle à plein gosier.
Même stad(m/)5 août^ 9 heures du matin.
J'aVais eu l'espoir de me procurer ici des rensej^nements précis sur Tendroit où se trouve la cascade de Kuru, que je désire vi*aiter ; mais le maître de poste n'a rien pu me dire dé positif à cet égard. D me conseille de pousser jusqu'au prochain relais, où je pour-
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rai, dit^l, avok* des informutione» pactes ^ k Vcasc^d^ n'en poiâvant être bien eloigmée. Sans G€ proJÊt d'^KCu^'sic^) il nous eut. été fafiirle Àt gagner Taioerfors aujourd'hui inéoofie, car ;une di^nc^ de quatre^vingtrdix ^erstes séuleimiit nous jiépare de cette villa; c'e$t à :p€û près vîngt^^ix Uwas« qui par iiwe route auaâ bdie qiji(e celle-ci aéraient atsémeot franchies en «i«ttf heure» de marche.
Station de Mttstaïarvi, midi.
A pein^ av0ns*m)ui^ eu quitté la station de V^esuvi, que mous sommes arrivés à une dcsomte d'wie roidëurextpème, à laquelle succède îanoédiatenient ime montée rapide. Nous avions mis pied a terre au isias.de la^sôte, et hmn jACHis eti n {H'is sans aucun douée ; <!ar à rendrait 1» plus esi^aipé de la montée les clie*
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vaux se sont arrêtés court, et il y a eu aa même instant un mouvement de recul qui bientôt a menacé d'emporter l'équipage jusque dans le précipice. Par bonheur, le domestique fî&landais n'a pas perdu la tête : une grosse pierre, adroitement lancée sous Farriëre d'une des roues, en a arrêté la course rétrograde, et un vigoureux coup de fouet, enlevant les trois chevaux , a pour ainsi dire lancé le tarantass jusqu'au sommet de là montagne.
Cet incident, qui aurait pu devenir sérieux, n'a pu détourner longtemps ition attention du s^lendide panorama qui se déployait autour de nous. A droite et à gauche du chemin, qui suit la crête d'une montagne rocheuse taiHée en lame de couteau, le regard plonge à une grande profondeur sur une plaine ondulée, en partie couverte de bois et entrecoupée de lacs sans nombre. Si fréqùents^que soient en Finlande Jes points de vue de ce genre, on- les retrouve toujours avec un sentiment de surprise, tant ces inextricables labyrinthes de la-
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gunes, de rivières et de rânaux naturels offrent un coup d*œil singuKer.
J'ai enfin des nouvelles certaines de là cascade de Kuru. Le maître de poste m'assure qu'elle n'est qu'à dix-huit verstes d'ici,, dans la direction du sud. Le pays, excessi vernirait montueux et accidenté , ne permet d'entreprendre cette course qu'en carriole de poste ; encore aurons-nous plusieurs fois à changer de chevaux. En Finlande , les choses sont en tout si parfaitement réglées, que les routes de deuxième et même de troisième classe ont des relais comme lés routées principales. Du reâte, pour tout prévoir, nous avons soin de nous munir de quelques effets.de couchage, qui suivront dans une seconde carriole.
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(Note Q, pug. aoa.)
DE L'iCORTICATION DES I^IlfS DESTINÉS ▲ L^TRACTlOIf DE LA. BiSIlfC.
C'est Ter» ki fin de Thiver cpie Ton ppcycède eo Finkode à l'ëcortîcalîon des ^ns desttoé&à la &tm«> cation de la résine. L'opération s'exécute de bas en haut, à une hauteur de quatre pieds à partir du sol, en ayant soin de réserver du côté du norà une étroite haiide d'écorce : cette bande a pour objet de fournir ht quantité de séte indispensable à Farbre pour Pempédietf de périr tooc à fait. Ainsi préparé, le pin éjfiweé etft abaodoiiné à lui-mêne pendant trois ans. A la fin du quatrième hiver, ou bien aa printemps suivant, on prolonge récorticatiou vers le haut, dans une îongueur de deux pieds; en itiême temps on enlève la bande d'écorce qui avait été réservée dans le principe. Par ce moyen , pendant la durée de l'été suivant, tout ce que le hranchage contient encore de résine achève de s'écouler, petit à petit, dans le tronc. Dans cet état de choses j il ne reste plus qu'à procéder à l'abatagé de l'arbre , ce qui s'exécute toujours^en automne. T^e tronc ^ complètement imbibé de résilie, est débité en bûches minces et trèsrlongues. Ces bûches, réunies en giv-^nde quantité, sont empi-
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lées ensuite de manière à formev le bûdier de forme ctreulaîre oii la di^tillatîoa de la résine $ opère par le feu. — ËiL 1837, d'après, des doeumeitts ofiknelB, il a été exporté de Finlande pour i'étrawgerpràsde. cent soixante-deux mille tonneaux de résines et goudrons ; je cite ce chiffre parce, qu'il pron've à quel degré la fabrication de ces produits est imporftaiite pour la contrée.
(Note R, pag. 214.)
il£8 WfmÈrS SB LA FIITLAORDE KT DC L'EXPQftTl/TKMf DBS Bdia D'OBffT»E.
Ce n'est, que dans.U parbe sud du grand^duchii^, U loi^ da golfe dU f iaJande el daii% le3 Uea.qui le bor-^ 4enl,. qm Toa r«9Qont«<^ .de$. cbenea^ eocu^'a ny cTdissent^U qu'en petite quaotité. Le frêne est plus commun; maift il ne dépasse pas le 72'' de )a.ûtude, vers let nocdi. \^jrabl<m^j soirte de pommier sauvaga^ se FeociDruti» ^ el; là dam Jes forêts duTavatfland* L'érable, le tilleul, le coudrier, le merisier, l'épine, l'améfancbreref le^Aorrf, qui est une espèce de bourdaine, ne dépassent pas la Krrtîte assignée au frêne. Les plantatioi^s de mél^ établies en 1 1^ daiM la paroisse de NeukÂfab^ du goijiverqementid^ Viborg, sur l'invitation du ooHége de l'Amirauté, j ont réussi.
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Si de ces essences exceptionnelles nous passons aux espèces communes en Finlande, nous y rencontrons, en fait d'essences feuillues, le bouleau, le tremble. Faune, le sorbier et la tchérémoukha ou cerisier à grappes; et en fait d'arbres résineux, le pin, le sapin, le pichia (pinus pichta) et le genévrier.
Des coupes répétées, Tincendie qui en Finlande dévore parfois de vastes portions de forêts, et enfin la fabrication des résines, sont les causes qui ont concouru à diminuer Tétendue des forêts sur les littoraux des deux golfes : il en résulte que la plus grande partie des bois d'œuvre destinas à l'exportation arrive actuellement de Tintérieur du pays. Ce genre de commerce est le plus important de tous ; celui de la potasse, des résines et goudrons ne vient qu'en seconde ligne. C'e^t de la Finlande orientale que proviennent la majeure partie des planches de pin. d'épaisseur ordinaire, et c'est surtout par Yiborg qu'elles s'écoulent. Le mouvement commercial de ce port suit une marclie ascendante très-prononcée : les chiffres suivants en fournissent la preuve.
Planches de ' pin expédiées de Vibôrg pour Vétraager.
En 1830 ...... 32 352 douzaines.
A HUSTÀIARVI.
En 1837
. . . , . 7T 048 doûiaines . . . . . .'114 736 ■ »
D'autre part les nombreux moulins à scies éta]blis sur le rivage nord-est du Ladoga, expédient tous les ans beaucoup de planches de ce même calibre à Saint- Pétersbourg.
. Il est qne autre espèce de planches de pins, d'un calibre beaucoup plus fort que les.planchfes ordinai- Tes; celles-ci, qui exigent des troncs plus gros, sont tirées des provinces sud-ouest de la Finlande et presque, toutes exportées par Biornëborg \. Ce port, en a expédié :,
En 1Ô34 .
. ., ' 1,5 434 douzaines
Outré les différentes qualités de planches que la Finlande exporte , elle envoie à l'étranger beaucoup
* Cette ville, qui .ne compte que quatre mille cinq cents habitants, fait àvec'l^s ports de la Baltique, ()e la mer du Nofd et de la Méditerranée même un c'ommerce très-important. Elle est située sur le Kumo, près de l'endroit où cette^rivière, après s'être considérablement élargie , va déboucher dans le golfe de Bothnie. Biornëborg est un chef-lieu de district, dans le gouTerûémerit d'Abo. *