‹ La Finlande; notes recuillies en 1848, pendant une excursion de Saint-Pétersbourg à TorneoChapitre 35 sur 54 · II · texte numérisé non relu

II

ttl DE TAVASTHEUS

^«rtbi fôrteKiie comme ayan^ été élevée sur les ruines d'un an^e^ château fort, trè^curieux ; aussi conçufr-je immëdiatemjent la. pensée d'y fiousser une reoonnaissanoe.

Sitôt projeté 'aussitôt fait : notre cocher, tourna sur la droite et nous nous trouvâmes engagés dans la route qui mène à Kos^ithal. Cette route seule mérite lé détour que nous faisions, tant est singulier l'aspect du pays qu'elle traverse. A proprement parlcfr ce n'est, d'une extrémité à l'autre , qu'une seule masse de granit de couleur rose, tantôt plate, tantôt mamelonnée , où sortent' Ç9 et là des fissures de la pierre des bouquet^ d'arbrea d'une belle venue. Très^souvent la minde couche de sabl^ qui recouvre la roche a disparu, ek lé rocher, à surface liàse et bonibée ^ est re^té à découvert : alors la route à pour eha.ussée le gî^anit. Nous réncoiitrâiaes à plusieurs reprises des ■scarpemiiiits rocheuic assez élevés, tout à fait à pie, et seocnnposant d'assises horizon^ taies que le temps a minées et disloquées à leur partie supérieure ; aussi' les éboulements

ÂfiOGSPpRs. m

>^'^ .s^thiU p9fi mmj j^mm^ l§ p^mymt les

fraginénts airionçejés à h hftiçl

La forteras^ qccujpaW nnç ' île qu^uH étroit canaï sépare du vmge, il fallut travws^fer Wîi pont. Au jr»Qment,Qu nous y p^nétpâmes pli»?

sieurs officiers se promenaient ayec leurs ff^-f milles sur rejipJanade 4u foit , dont Taipect est eaib^li par lés inaisifs de verdure qui h décorent. Après plusieurs détour» à travers Im ruelles qui séparent Ips. bâtimarits , 1^ cocher s'arrêta è la porte duiie petite mstison : c'était /a poste aux chevaim, qui a été établie ici pour le service des nombreuses familles de militaires qui. habite»! liosenthal, Encensé*quence , je payai et çongiédiai le pocher qui nous avait menés* Tandis que l'on attelait dfi?^ ehevaux frais au tar^nt^ss , nous partîmes k piedi M« X) et ijioij sous la conduite 4' imjeH»e garçon, pour porter nos pfts du côté du golfe. Nous nous avançâmes ^Wîiiilieu d'un fourré de pins de trèsrhiaute taille, croissant dans ce sdl granitique à la faveur des nombreuses fissures qui sillonnent la roche, et, après un quart

356 DE TAVASTHEUS

d'heure de marche, j'arrivai au bord de l'eau, précisément au fond de la baie de Rosenthal.

C'e^t une ansts entourée de grands escarpements rocheux trèsrpittoresques , parmi lesquels poussent en quantité des pins; des sapins et des aunes.

La baie de Rosenthal était autrefois un des points de stationnement de la flotte de la Baltique. H y avait alors à fa cime d'un grand rocher qui. domine Tanse, un phare, qui a été supprimé : on en voit encore les restes, dont la couleur roiige -r la tour du phare était construite en briqués -— contraste agréablement avec la verdure qui l'entoure. Du reste, pas le moindre vestige de l'antique château fort dont je venais chercher les ;ruines si vanfées. Après être demeurés quelques instants à contempler la béante du paysage, nous avons repris le chemin du relai, d'oiinous repartons tout à l'heure pour regagner la grande route de Viborg^ au point où nous l'avons quittée.

A HOeSFORS., 357

• ;. ■ • xvii,- : ■ •

Station d'Hogsfors, 4 heures de raprès*midi.

Cette Station a reçu soïi nom d'une cataracte qui est ^n grande renommée dam le pays. Là cascade de Hogsfors est formée par la rivière Kymmenë , qui dans sa course vers le golfe rencontre ei> cet endroit un/ressàut considérable. La hauteur de la chute peut êtres dé cinquante à soixante pieds ; elle se partage en deux cascades principales que divise un rocher de fornie aiguë : au*tdessous se jouent une multitude de icascatelles capricieuses, dont lé brisement contre les pointers dé rocher produit une poussière d'eau qui s'élève comme un léger brouillard. L'aspect général dé la cascade doit être bien plus grandiose encore, quand la fonte des neiges a doublé la massse d^eau qui s'y précipite. Les maisons

éiJ8 DE TAVASf HÈÙS

du village de Hôgsfors s'étalent en longue rangée au-dessus dé la cascade , et c'est au pied de rescarpement , à deux pas du coûts inférieur de la rivière , que se trouve la maison de poste. >

J'ai gravi selon miih habitildë, et non sans risquer vingt fois de me rompre le cou, jusqu'au âpmmet d'un escarpement qui se dresse tout juste fen face de la cascade. De te point élevé j'ett pouvais embrasser l'ensemble et jouir en même tempà djà paysage agreste et Varié qui lui sett de cadre.: le tableau mériterait d'exetcei* le crayon d'un peintre *.

* Un Yoyagetir russe qui a parcouru les bords du golfe de Finlande pendant Thivèr, décrit à peu près en ceiJ termëà lé tatleàu t|ue présente dans cette sÉison là cascade' de Hdgsfdrâ : a Son aspect est véritablement Merveilleux ! On voit Tëau surgir de dessous là voûte glacée qui couvre la partie supérieure du. courant du Kymmenê^ pour' tomber et se . précipiter avçc furie à travers des rochers à picj elle S*y brisé et s'épirpîllè eit dies myriades de jets , rés- |]lléttdlssant àù soleil côtnrtie lé cristal. L'éàu i (leiàe

A HOGSFORS.

Mais on me prévient ique les chevaux sont attelés et que le tarantass m'Attend. Cette fois, nous allons certainement gagner Viborg d'une seule traite.

entrée ,dàns le lit inférieur ta bieûtôl après s'eflgoù!* frer sous iiné lldiiVellè Voûte glàeëë, poUi* S'y déi*ôbêi^ -aux regards. )). .

BBÙ DE TAVASTHEUS

(Note Y, page 324.) HKiSINGFORS.

La ville d'HelsingforSy capitale du grand-dùohé de Finlande, e^t située sur une presqu'île du golfe qui porte son nom. A sept vçrstes de remplacement que la ville occupe de. nos jours, aii nord-est, Gustave Yasa avait fondé U|i bourg en 1 550 , et lui avait donné le liotn de là province suédoise d'Helsingland, en le combinant avec le mot/ors (cascade), à cause de la chute d'eau qui s'y trouve : maintenant encore 0[n appelle gammal'-stadiy ancienne ville) ce boui^ qui n'est plus qu'un simple village. Ce qui décida à transporter la' yil(e naissante sur un autre emplacement, ce fut surtout le peu de profondeur de l'anse qui lui servait de port.

Hèlsingforis a éprouvé à plusieurs reprises différentes, calamités. Une famine désastreuse s'y fit sentir, pendant les. années de disette de 1^95 'à i697; puis vint, en 1761, un premier incendie, suivi d'un second plus terrible encore, en l'année 1809 : celui-ci détruisit une bonne partie de la ville. Elle ne tarda pas cependant à. renaître de ses cendres, et en 1819 le sénat de Finlande, qui auparavant avait siégé à Àbo, y fut transféré. En 182T ce fut lé tour

A tîOGSF^ORS. 361

de runiversité y qui Vint s'établir à Helsîngfors y désormais considérée comme capitale du grànd«duché. A partir de celte époque, la ville a pris un accroissement considérable qui Ta aiâenée par degrés à la situation florissante dont elle jouit %à cette heure. C'est maintenant une des plus jolies Villes qu'il soit ppssible de rencontrer.

. La ville fait un commerce considérable, à la faveur du port atissi vaste que sûr quelle possède.. £n fait, d'édifices remanjuables, on y distingue le sénat et le bâtiment de l'maiversité, qui l'uii et l'autre sont situés sur la principale place de la ville; près de l'université se trouvé un h^an jardin botanique , qui en forme une annexe;. Citons encore l'obserr vatoirè , du haut duquel la; vue embrasse la ville entière., et les pittoresques falaises qui en cet endroit bordent le golfe; de beaux quais avec .de sjplendides édifices; enfin l'église cathédrale, — ^ mo<^ nument tout à fait digne d'attention^ — dont la construction n'est pas^ encore complètement achevée : on y arrive par un esèalier doïit les proportions sont colossales , et qui est entièrement construit en granit soigneusement travaillé. ' '

La population d'Helsingfors est de quinze mille âmes. A une portée de fusil de la ville se trouve un étabiissemeiit d'eaux minérales factices et de bains de mer, parfaitement organisé ; il est attenant à un

Page 1