SUZANNE , REGINALD
(Ils sont toujours loin l'un de l'xutrc.)
REGINALD, à part. ■ Cagliostro est lin grand homme, ou je suis un grand sot!..
C’est qu'elle est cltariiiaïue... pour une femme d'un âge équivoque.
Suzanne , à fiait, lîst-cc qu’il va rester long-teins là-bas?
REGINALD. Une tante de soi s ante-huit ans, qui redevient petite fille .. Comptez donc sur les héritages !
SUZANNE. Ce n'était guère la peine de nous laisser seuls.
reginald. Allons, jcimefilie... tanteou diable, ilfautlui parler... Que lui dire ?.. Pour se mettre à sa portée, il faudra reculer la conversation d’un demi siècle.
Suzanne. Ah! il approche... c'est bien heureux.
REGINALD , ù part. Si ce n’est là qu'une femme rajeunie, Champrigaux fait joliment les choses. {Haut.) Soyez assez indulgente pour excuser mon embarras... tuais vous devez comprendre , ma chère tante...
SUZANNE. Ma tante ! ( Elle regarde autour d'elle.) Comment? c’est à moi que vous parlez; moi... votre tante , à mon Age?... Mais vous seriez plutôt mou oncle.
reginald, à part . Ab! mon Dieu! elle a perdu la mémoire... CliAinprigaux m'eu avait averti.
Suzanne. Est-ce qu'il est fou, mon
f rétendu? comme il me regarde!.. (Haut.)
st-ce que vous me trouvez Laide . monsieur ? : t a
reginald. Charmante , divine, au contraire.
Suzanne. Tant mieux t car moi, de mon côté, je vous trouve très-bien... Je vous le dis, parce que je le pense...
vous seriez laid , je vous le dirais tout de même, moi... j'ai été élevée comme fa...
reginald. Ah ! mademoiselle , si je...
Suzanne. Mademoiselle?... Ou vous a pourtant dit mon nomtout-à-l’lieure... Je m'appelle Suzanne.
reginald. Oui, Suzanne de Murville...
(à part) comme ma tante.
Suzanne. Est-ce que vous n’aiuez pas ce notn-Ià?
reginald , à part. Je crois que j’ai des vertiges.