DUEL DE FEMMES
Blanchelys s'était retrouvée dans son bureau, sans savoir comment elle y était revenue. Assise devant sa table, les bras appuyés sur celle-ci, et la léle couchée sur ses bras, elle demeura immobile longtemps, sans autre lumière que celle de la lune dont les rayons envahissaient la chambre.
Mais, du fond de sa prostration, elle finit par s'apercevoir confusément d'une présence étrangère ; elle eut conscience d'un regard fixé sur elle et qui l'épiait attentivement. Et, pour ne pas voir qui était là, Blanchelvs appuya plus fort son visage contre ses mains.
iMais, brusquement, comme contrainte par une autre volonté que la sienne, elle relevala tète, et presque aussitôt, murmura :
— Madame Poppy, vous m'avez fait peur...
— Vous auriez eu bien plus peur encore, ma chère, si vous vous étiez doutée que Mylori était là, tout près, depuis une heure... Oui, dans la bibliothèque, à paperasser je ne sais quoi, en attendant le train de trois heures qu'il voulait prendre.
(( Quand je lui ai apporté moi-même le plateau de sa collation, il m'a demandé la lampe dont il s'était servie sa dernière visite ; et commo il est plus entêté qu'un chat, c'est celle-là qu'il lui a fallu, etdès que vous la lui
avez eu donnée, il est parti come une bombe, en disant qu'il se décidait pour le train de dix heures.
« Mais, bon gré, mal gré, il sera de retour demain, après-demain au plus tard, pour la pose de la première pierre...
Puis, baissant la voix d'un air de mystérieuse confidence : « Eh! bien, vous l'avez vu? Un noir petit Français n'est-ce pas, avec des prunelles couleur de nuit et un volcan dans chaque œil ?
« Lord Alfred Darmingain, mon défunt maître, avait six pieds de haut, et guère moins de large ; et celui-là, avec ses mains de femme, se croit peut-être aussi fort que lord Alfred et ses trois beaux garçons réunis...
Elle reprit, maternellement grondeuse :
— Allons, oui, vous avez eu peur; vous êtes plus pâle que la lune. Mais vous ne me ferez pas croire que c'est moi quivousaieiîrayée ; vous avez eu peur de lord Darmingam, et aussi qu'il ne vous fît repentir de votre inconséquence, en vouscongédiantcomme il fallait s'y attendre...
— Lord Darmingam me congédie ?... interrompit Blancheivs d'une voix singulièrement altérée. Que vous a-t-ildit"?
— De vous ? Bon Dieu, pauvre petite chose que vous êtes, vous n'existez pas plus à ses yeux que la dentelle de mon bonnet. Pensez-vous que les lords Darmingam s'inquièlenl du personnel subalterne pour le complimenter ou le mettre à la porte ? C'est bon pour les petits bourgeois français qui, à ce qu'on raconte, savent par cœur le nom de tous leurs domestiques. Vous n'imaginez pas que lord Darmingam s'occupe de vous, j'espère ? Non, enfant, il a en têle ti)ut autre chose que votre personne, et je ne crois pas qu'il vous ait seulement vue tout à l'heure.
Ayant ainsi ramené Blanchelys à une jusie notion de son néant, la digne intendante reprit :
— Sa seigneurie abien voulu, toutefois, medemander d'où vous sortiez, ou quelque chose d'approchant. Heu-
reusemenl queje me savais en règle, ne vous ayant in- Iroduite au château que sur la recommandation do miss January. Miss January n'était pas femme à vous expédier ici sans bien vous connaître. Je réponds de miss January...
Et M""® Poppy songeait, avec un redoublement de satisfaction, à toutes les prudentes assurances dont avait dû s'entourer l'institutrice, à l'avalanche de certificats élogieux pourmiss Lilywhiteque miss January serait en état de fournir à la première réquisition.
— Dans la vie, jeune fille, rien de tel que de se mettre surabondamment en règle pour éviter les embarras. Je dois dire qu'à la vérité, mylord n'avait pas l'air content; j'ai eu beau faire pour couvrir votre intrusion si étourdie dans la biblioliièque. Ce n'est qu'une petite télégraphiste, mylord, lui disais-je, une toute petite télégraphiste de rien du tout, et qui n'entend quoi que ce soit aux usages du monde.
« El, pour le pacifier complètement, j'ai eu l'inspiration d'ajouter que nous n'aurions peut-être pas longtemps vos services, parce que chaque dérangemenlélectrique a toujours annoncé chez nous le mariage delà télégraphiste.
« Là-dessus, il est devenu plus noir encore, et sesdeux yeux n'ont plus fait qu'un seul volcan.
Et M"'*" Poppy secouait la lète, à l'évocalion de cette inconcevable furia française ; puis, prenant son parti ;
— Il n'y a pas à dire, c'est un vrai Français, il faut à la fin en convenir ; mais, il peut encore tout arranger, en se faisant naturaliser Anglais d'abord, puis en se mariant haut la main. .
— Mais il est déjà marié !... s'écria Blanchelys.
— Comment le savez-vous ? riposta M'"*' Poppy. Blanchelys se ressaisit assez bien pour répondre avec
une sorte de calme : « Ce matin, dans le jardin de la Loge-aux-Daines, on a dit devant moi que lord Darmingam était marié, et aussi qu'il était veuf ».
— Oui, il est lûus les deux, répondit M^'Poppy, puisque sa femme l'a quitté. C'était, paraît-il, un mariage dégradant, auquel il s'était entêté comme un fou, et qui compromettait le peuqu'ilavaitaiors d'avenir. Mais tout peut se réparer, vous dis-je, safemmeétant partie dans des circonstances qui rendent facile l'annulation du mariage.
« Quelques formalités à remplir pour cela, comme pour sa naturali<alion,et sans doute aussi pour son abjuration... Car enfin, on n'a jamais vu un lord Darmingam catholique ; et je crois que lady May fera, de la chose, une condition de son mariage...
— Vous ne voulez pas dire, fit Blanchelys, que monsieur... que lord Darmingam ait demandé la main de lady May?
— Non, parce que, dans les conditions où ils se trouvent, c'est à lady May de commencer, à lady May défaire comprendre au nouveau lord que...
— Qu'elle est prête au sacrifice, acheva Blanchelys ironiquement.
— Justement, fit M™^ Poppy, charmée d'avoir obtenu enfin une parole raisonnable. Lord Darmingam «^attend que cela. C'est que sa seigneurie, reconnaissons-le, est aussi peu faite pour son rôle de chieflain, que nous le serions, vous ou moi, si la Providence nous appelait à le remplir. La petite lady Mérédith y est déjà bien mieux préparée, dans l'innocence de ses dix-huit mois. Sans lui, elle serait lady Darmingam, et dès qu'elle saurait écrire, naturellement, elle signerait Darmingam tout court comme un vrai chieflai?i.
« La haute position du nouveau lord est bien difficile dans un pays où il n'a pas la moindre racine ; il n'y a que son prompt mariage avec une Cardoyne qui puisse l'établir réellement dans ses droits...
« Lady Georgina pleure Douglas, son mari, et ne le remplacera jamais ; lady May pleure Francis, son fiancé, mais rien ne lui coûtera pour accomplir son devoir. Ce mariage est chose faite, et vous devez vous en réjouir
avec nous, avec lous ceux qui bénéficient de la gloire et de la prospérité des Darmingam, conclut-elle avec une impressionnante emphase.
Mais elle changea subitement de ton pour s'écrier :
— Eh bien ! où allez-vous ? Que faites-vous ?
Et elle sélançaderrièreBlanchelysqui passait dans sa chambre.
— Ah! vous cherchez votre plaid ? Mais quoi, votre béret aussi? Vous voulez mettre votre béret, vous voulez sortir en pleine nuit?
— Oui, dit Blanchelys, je veux partir...
— Partir ? perdez-vous l'esprit ? Et votre télégraphe, qui le tiendra ? Qui vous remplacera ?
— Ppum'importe... fit Blanchelys, en sedirigeant vers la porte desorlie.
^jme poppy tourna la clef dans la serrure et mit celte clef dans sa poche.
— Et où iriez-vous, miss, à cette heure, s'il m'est permis de le demander ? Où irez-vous sans argent, puisque, à ma connaissance, vous n'avez pas encore touché un centime de vos appoinlemenls ?
« Voyons, reprit-elle, persuasive et presque dolente, lord Darmingam vous a fait un affront, à propos du vin de bienvenue, oui, un affront que jamais un autre Darmingam n'aurait infligea la dernière filandière de son estale... Mais ce n'est p^is pour si peu que vous allez nous laisser tous dans le tohu-bohude nos fêtes. Songez que c'est lord Darmingan en personne que vous mettriez dans l'pmbarras, et vous y regarderez à deux fois, je pense. En pareille occasion, une télégraphiste ne lâche pas pi us son manipulateur qu'un chef cuisinier fte déserte ses fourneaux.
c Que ferons-nous dos télégrammes qui vont pleuvoir et des journalistes qui vont fulminer ?
a Croyez-vous qu'on sorte de chez lord Darmingam comme d'un moulin à farine? Est-ce que j'en suis jamais sortie, nioi, depuis soixante ans ?
En regard du conflit (jui déchirait Blanchelys, les ar-
gumenls ainsi accumulés par M"'' Poppy étaient si médiocres ou absurdes que la jeune femme en demeurait comme abasourdie, sans trouver un mot à y répondre. Elle s'approcha d'une fenêtre qui dominait une vaste étendue du parc, tout noir sous la lune impuissante à pénétrer ses futaies. Pendant quelques secondes, elle écouta la mer invisible qui grondait dans le lointain comme une bète à l'attache. Puis, elle prononça d'un ton détaché dont M™® Poppy ne pouvait deviner l'indicible amertume :
— Vous avez raison, madame Poppy, où irais-je ? Et surtout, où serais-je mieux à ma place que chez lord Olivier Dariningam ?
... L'intendanles'étail retirée, et Blanchelys demeurait appuyée à sa fenêtre, le regard toujours perdu dans la nuit qui s'enténébraitsur le parc, à mesure que déclinait la lune.
Tout à l'heure, quand M'"'' Poppy lui avait si arrogamment demandé où elleiraiten quittant Darmingam- Castle, un élan irraisonné de son cœur l'avait reportée au cottage deJunius, la pauvre maisonnette fermée, qui avait été celle de sa mère.
Mais le cottage du vieux maître d'école appartenait à lord Darmingam ; c'était encore chez lui, chez lui toujours, chez Olivier qu'elle se réfugierait. Avant même que d'arriver en Angleterre, elle était chez lui sur le yacht, la Fire-Rose qui l'avait transportée de Douvres à Londres avec miss January et ses élèves.
Chez lui sur ce bateau, chez lui à Darmingam-Caslle. Durant tous ces jours où elle s'était targuée de son indépendance, enorgueillie de sa libération, elleavait mangé le pain d'Olivier, dormi sous son toit, et pour ainsi dire vécu de ses bienfaits.
Dans son esprit bouleversé, les pensées se heurtaient, se confondaient, tour à tour infimes ou poignantes. Ainsi se rappelait-elle, à la fois, cette première dépêche, remise à Olivier par Eloi, dans la bibliothèque du château d'Annevy, et qui devait lui apprendre la .mort de ses trois
jeunes cousins, puis tous les autres télégrammes qui étaient venus chercher Olivier à Vieilleville, dans la maison des Récollets, et qui émanaient de parents, d'amis, d'hommes d'atTaires, empressés à lui faire connaître la catastrophe qui transformait toute sa destinée.
Ceux qu'on avait appelés les parents indiens d'Olivier, elle s'en rendait enfin compte, c'était sa cousine Edith Erson, la mère des jeunes ladies Cardoyne, et l'oncle de celle-ci, lord Darmingam lui-même, qui avait eu, de tout temps, des intérêts dans l'Inde et y faisait de fréquents séjours.
Et, tandis qu'elle se demandait pourquoi elle n'était pas partie en apprenant la vérité, et ce qu'elle faisait encore ici, cette idée germait sourdement en ellequesa présence à Darmingam-Gastle, en pareilles conjonctures, consommerait peut-être sa vengeance.
Car la réapparition d'Olivier réveillait, en elle, un ressentiment aveugle. 11 avait beau être devenu un lord, un grand seigneur, il n'en restait pas moins, il n'en était que davantage, pour elle, l'hommequi lui avait fait manquer sa vie.
Et elle sentait tout à coup battre, dans sa poitrine, le cœur farouche de sa tante, la vindicative DéborahJunius. C'était de Déborah qu'elle tenait cessauvages élans d'une inextinguible rancune. Déborah, dont la vengeance, en la bannissant du seulfoyerqui fût vraiment sien, l'avait contrainte à grandir en enfant trouvée, en paria, loin du vieux Junius, son grand-père. Cette parenté de BlanchelysaveclesJunius, Olivier ne l'ignorait plus, puisqu'il avait tenté d'acheter le Âg^;)5aAg du maître d'école. Et au lieu de cette imagequ'il aurait voulu faire disparaître parce qu'elle était le portrait de Blanchelys, c'étaitBIanchelys elle-même qu'il trouvait devant lui.
Mais ce n'était pas seulement à lord Olivier Darmingam que Blanchelys barrait le chemin ; il y avait encore lad y May...
Elle se leva du siège sur lequel elle s'était écroulée, el
brusquement, se dressa de sa hauteur. La nuit était finie, l'aube même faisait place au grand jour, lejour frissonnant et doré d'un prime matin d'automne.
Blanchelys s'appuyait de nouveau à la fenêtre d'où le regard s'étendait jusqu'à l'entrée du parc. Et, dans ce parc, elle venait de voir gtielq ne chose, quelque chose qui l'arrachait à son inertie.
Sans hésiter, sans réfléchir, Blanchelys sortit de sa chambre, par une porte que M'"^ Poppy n'avait pas eu la prévoyance de condamner, descendit d'un trait l'escalier de son donjon, et de la même allure rapide et volontaire, s'enfonça dans le parc.
Elle ne s'arrêta qu'au sommet d'une éminence qui dominait les circuits de plusieurs allées. Elle ne s'était pas trompée, c'était bien lady May qu'elle avait vue de sa fenêtre. Lady May, dépassant les limites de la Loge-aux- Dames, avait franchi le pont ; elle profitait de la solitude matinale qui régnait sur le parc, pour y promener sa petite nièce Mérédith.
Sans doute, l'enfant avait encore pleuré comme l'autre jour, et pour la consoler, sa jeune tante avait dû la ramener sur ce terrain défendu. Et maintenant, «a petite seigneurie marchait la première, un peu bien chancelante sur ses jambes de baby, mais avec, dans toute sa minuscule personne, un air de grave volonté qui prenait Blanchelys par surprise.
Pour la préserver de la fraîcheur automnale, sa tante l'avait enveloppée d'une écharpe à elle, une large et souple écharpe de fourrure blanche, dont les pans, rejetés en arrière et traînant sur le sable, faisaient un manteau de cour à reufanline lady.
— Elle est déjà plus lady qu'il n'est lord... disait ^^jine Poppy. en parlant de iMérédith et d'Olivier.
Et, en effet, l'enfant semblait à l'unisson avec la majestueuse splendeur de ce cadre, qui aurait dû être le -sien. Les solennels ombrages de ces arbres, les eaux du lac, les cerfs et les daims des clairières, paraissaient mystérieusement d'accord avec elle ; ici, les êtres et les
choses élaienl fails pour elle comme elle était née pour eux.
Et lady May, n'était-elle pas aussi à sa vraie place ? En la voyant s'avancer si droite et fière près de l'enfant, celle que tout le monde considérait comme la future lady Darmingam, Blanclielys ressentait celte aversion qu'un instinct obscur avait toujours provoquée en elle, pour la plus belle des filles de sir William.
Elle s'était un peu rapprochée, son pied froissa une branche sèche, dont le craquement fit tressaillir lady May ; celle-ci reprit sa nièce par la main, et toutes deux commencèrent à revenir lentement sur leurs pas. Tout en les suivant, à l'abri des massifs qui bordaient une allée latérale, Blanchelys se plaisait à penser qu'elle connaissait tous les secrets mobiles de cette âme orgueilleuse ; elle savait qu'à cet instant même, lady May Cardoyne était en train de se dire, tandis qu'elle s'aventurait, à la dérobée, dans ce qu'elle prenait pour son futur royaume : « Je me dévouerai à ma famille, j'accepterai l'époux étranger qui nous rendra Darmingam-Castle. Je ferai bon marché de mes répugnances de patricienne, de mes regrets de fiancée ; j'accepterai le pauvre gentilhomme de petite noblesse qui fera de moi lady Darmingam... »
Pour la détromper, pour l'abattre, Blanchelys n'aurait eu qu'à se montrer, à dire un mot qui couperait cour là tant d'ambitions et d'espérance s. Elle n'aurait qu'à écarter ces branches et à se nommer de son vrai nom. .
xMais elle se taisait, confiante dans la prochaine défaite de celte rivale, joyeuse à l'avance de la déception (jui courberait cette tête altière.Lady May, elle aussi, apprendrait, comme Blanchelys, ce que c'est de tomber du haut de ses illusions.
En attendant, la jeune tante de Mérédith reculait, en croyant percevoir, par instant, le bruit assourdi d'un pas qui se serait réglé sur le sien. L'idée qu'elle pourrait être surprise en flagrant délit d'intrusion dans ce parc, devait être intolérable à la hautaine fille.
May leva encore une fois les yeux vers le château, audessus duquel se dressait, presque menaçant et sinistre^ le mât du lélégraplie ; puis, elle prit Mérédith dans ses bras, pour marcher plus vile.
A ce moment, Blanchelys arrivait au point où son allée tombait sur celle de lady May, et les deux femmes se rencontrèrent.
La grande lady, en robe de velours bleu sombre comme ses yeux, la petite employée vêtue de laine noire, se regardèrent, l'une secroyant la fiancée, l'autre se sachant la femme, l'une prèle à devenir ladyDarmingam, l'autre se souvenant avec une soudaine, une ardente lucidité, qu'elle s'appelait M™° Olivier d'Annevy.
F^ady May demeura une minute, attendant un salut qui ne vint pas ; et pour rentrer à la Loge, il lui fallait passer devant cette suballerne, cette misérable petite créature blonde qui avait, plus qu'elle, le droit d'être ici en ce moment, et le lui faisait bien sentir, rien qu'en laissant peser sur elle l'étrange regard de ses yeux couleur d'eau élincelanle, qui changeaient bien comme l'efui sous le ciel, en reflétant l'ombre, la lumière ou le demi-jour de sa pensée.
Mais lady May battait en retraite ; elle s'en allait, elle s'en allait par une allée tournante qui desservait les abords de la Loge-aux-Dames.
Et quand lady May eût passé le pont et laissé derrière elle le ruisreau aux iris qui séparait les deux doniaines, Blanchelys comprit pourquoi elle restait, elle-même, à Darmingam-Castle ; c'était pour en évincer May Cardovne qu'elle n'avait pas quitté le château en apprenant qu'Olivier en était le nouveau maître.