L’ÉGALITÉ FRANÇAISE
ous avons considéré la France dans ses origines,
il dans son histoire, dans ses fastes, dans sa richesse, dans sa beauté, dans sa gloire. C’est une personne vivante : son corps est svelte et bien proportionné, sa démarche est souple, son visage s’illumine d’un sourire où il y a de l’extase ; elle regarde droit, haut et loin. Comme les fées des contes de Perrault, elle a, malgré les ans, le privilège d’être toujours jeune. Par son optimisme souriant, parla vivacité limpide de sa pensée, par la lumière qui émane d'elle, elle rayonne sur l’humanité.
Cette joie de vivre, qui respire dans sa longue existence, il est naturel qu’elle la désire pour tous ses enfants. Le mot du roi Henri IV : « La poule au pot tous les dimanches, » traduit l’aspiration de ceux qui ont agi, voulu, rêvé pour elle. Sur un territoire si prospère, sous un climat si agréable, dans un nid si doux, il ne devrait pas se rencontrer une misère, une douleur qui ne soit soulagée et consolée. Tous ses enfants, la France voudrait les abriter sur son sein et les réconforter d’une tendre et chaude affection.
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Tel est le sens intime de son histoire : c’est une longue odyssée à la poursuite du « mieux », « pour le plus grand nombre ». Mais ce « mieux » n’est pas la récompense facile de la bonne volonté d’un jour : il y faut de persévérants efforts, une clairvoyance soutenue, un esprit de choix et de discernement qui ne se laisse ni séduire, ni piper aux apparences éphémères, au faux-semblant du bien.
Le premier des bienfaits pour l'homme, c’est la lumière. Le soleil n’est-il pas le grand créateur et le grand guérisseur ? Les lieux qu’il visite sont sains ; les cœurs qu’il éclaire se réjouissent . Aussi le peuple français, selon la grâce que la nature a faite à son ciel et selon l’impulsion que l'histoire a donnée à son âme, cherche, d’abord, la clarté. Le travail auquel il s’est livré pour construire sa langue et la dépouiller de toute obscurité est la révélation la plus caractéristique de son génie.
L’Anglais Ruskin rend hommage à cette qualité éminente de notre race et il en découvre toute la portée: « France, dit-il, c’est franchise... Tout ce que nous reconnaissons de beauté, de délicatesse et de proportion dans les manières, le langage et l’architecture des Français, vient d’une pure sincérité de leur nature... Jamais peuple ne fut si vraiment loyal. » Éloge qui oblige! Soyez francs, — francs avec les autres, francs avec vous-mêmes, — pour être de vrais Français.
La nation, pas plus dans son existence matérielle que dans son existence morale, ne tolère les coins sombres, les retraites obscures et cachées. Voyez nos petites villes de provinces, si cordiales, si ac-
L’ÉGALITÉ FRANÇAISE cueillantes sous le grand jour, avec la vie en plein air, au pas des portes, la fenêtre grande ouverte. Tout le monde sait tout de tout le monde : ce sont des maisons de verre.
De même la nation. Les Français ne cachent ni leurs défauts, ni leurs tares. Ils les étaleraient plutôt, avec une exagération, une ostentation que Louis XIV appelait déjà « une fanfaronnade de vice ». D’autres peuples savent se taire sur leurs faiblesses : nous crions les nôtres sur les toits. Mais nous avons le bénéfice de cette ingénuité : « Péché avoué est demi pardonné. » Si le Tartuffe est la grande comédie de Molière, c’est qu’elle raille et qu'elle fustige la disposition d’esprit et de cœur la plus vilaine et la plus odieuse aux yeux des Français, l’hypocrisie :
Voilà, je vous l'avoue, un abominable homme!
De même que le peuple français a fait sa langue pour la clarté, il a fait sa législation pour l’égalité. Qu’est donc l’histoire des lois françaises, si ce n’est une longue guerre aux recoins secrets, aux dédales compliqués des coutumes locales, aux détours ambigus de la vieille procédure, antres et asiles de la chicane? De même que les Français ont voulu avoir une seule et même mesure, un mètre (adopté, depuis, par tout le monde civilisé), de même qu’ils ont frappé une seule monnaie commune, bien loyale, sonnante et trébuchante, de même qu’il ont forgé leur langue expressive et communicative, parlée ou du moins écrite avec une correction identique d’un bout à l’autre du territoire, de même, ils ont désiré
LA FLEUR DES HISTOIRES FRANÇAISES une législation unique, régissant la famille, les successions, la propriété, l’ordre civil, l’ordrejudiciaire : cette loi est imposée à tous, ou mieux elle est acceptée par tous ceux qui naissent sur le territoire français ; personne n’y échappe ; personne ne peut lui opposer un droit, un rang ou un privilège quelconque. Cette égalité devant la loi, c’est la France.
Les enfants se divisent, à parts égales, le bien paternel ; les Français sont égaux au jour du vote et à l’heure de l’impôt ; le mariage français et surtout les mœurs françaises établissent une égalité de situation entre l’homme et la femme. Or, si on va au fond des choses, on s’aperçoit que, dans tous ces cas différents, égalité veut dire simplification et clarté.
Ce sens donné au mot égalité résulte d’un examen attentif de toute la vie nationale. La marche implacable de la race vers l’égalité échappe, ainsi, au caractère odieux qu’on lui prête, quand on prétend n’y voir qu’un sentiment de jalousie et d’envie des classes ou des personnes, les unes contre les autres. « C’est le nivellement par en bas, » va-t-on répétant ; <( la démocratie fait comme le Tarquin antique, qui coupait les tètes de pavots dépassant les autres. » Non! Les Français n’ont pas cette haine farouche pour la supériorité. On leur reprocherait, plutôt, un enthousiasme aveugle, un engouement trop prompt pour les réputations faites ou surfaites. Qui donc disait : « France ! guéris-toi des individus 1 »
Mais, dans ce pays de fine critique et d’ardente querelle, les voiles sont vite déchirés, les masques tôt arrachés. Pour que la supériorité s’impose, il faut qu’elle soit réelle non feinte, conquise non
L’ÉGALITÉ FRANÇAISE usurpée. Reconnue, elle n’a rien à craindre dans un pays qui, de toute antiquité, fut célèbre par son esprit de discipline et de hiérarchie.
L’égalité française vient d’un besoin de vérité, donc de clarté. Un homme vaut un homme, quand les mérites sont pareils. Qu’on n’essaye pas de nous tromper avec des titres, des apparences, des manteaux, des perruques ou des préjugés. « Les trognes ne nous en imposent pas, » comme dit Montaigne. Agissant dans la limite de son autorité, la législation française proclame cette aspiration de la race vers l’équité ; mais elle ne songe nullement à enfreindre les lois de la nature ni ne rêve de les modifier.
Ce principe de l’égalité est-il aussi ancré que vous le dites au cœur de la nation ? S’applique-t-il réellement, par exemple, aux rapports civils des deux sexes, dans la famille et dans la vie?... Oui, même dans la famille, au foyer, l’époux et l’épouse, le père et la mère ont l’un et l’autre leur part, leur rôle, leur devoir et leur droit. Mais c’est ici que l’égalité française ne se confond pas avec une impossible identité.
La famille française met la femme très haut : elle n’est pas seulement la nourrice et la protectrice des enfants ; elle est la confidente, la conseillère, l’auxiliaire du mari. S’il est un pays au monde où la femme soit ainsi considérée et respectée à l’égal de la matrone antique, c’est en France. D’autre part, n’est-ce pas la société française qui a placé la femme hors de pair, en l’entourant d’hommages, en la hissant sur le pinacle, dans la littérature, dans le monde, sur le théâtre, dans les relations sociales
qu’elle embellit de sa grâce, de son charme, de son
élégance et où elle obtient toujours le dernier mot ?
Ce rang, la femme française le doit à son initiative personnelle, à sa finesse, à sa prudence et, quoiqu’en dise une école littéraire où la déformation de la réalité passe pour du réalisme, à ses vertus. La femme française se porte, d’une vivacité et d’une énergie naturelles, vers le devoir. C’est elle qui veille au salut de la famille : dans le peuple, elle touche le salaire et le distribue selon les divers besoins qui la pressent, en se servant toujours la dernière. Dans la bourgeoisie, combien de fois n’a-t-elle pas suppléé ou remplacé, à la tête d’une entreprise, le chef de famille insuffisant ou qui succombe ? Aux crises nationales, c’est encore la femme qui indique à l’homme le chemin de l’honneur, en lui criant, les larmes aux yeux : « Va te battre ! » Quel autre pays a pour héroïne et pour figure symbolique de la patrie, une Jeanne d’Arc ?
il y a, entre les hommes, comme entre les deux sexes, des inégalités naturelles. Celles-là, ce ne sont ni les constitutions, ni les lois qui peuvent les modifier. Le bon sens français les accepte. Il fait, très sagement, le départ entre les distinctions qui dépendent de la société et celles qui échappent à ses règles. En admettant que certaines nuances subsistent, vestiges d’un long passé, le travail des mœurs s’applique, sans cesse, à les corriger. On craindrait plutôt, maintenant, l’excès contraire.
Le sentiment de l’équité sociale est si naturel à ce peuple qu'il se révolterait contre toute injustice traditionnelle qui prétendrait s’imposer en vertu de
L’ÉGALITÉ FRANÇAISE titres surannés. S’il est possible de faire en sorte que tous les Français, au moment où ils entrent dans la vie, aient les mêmes facilités, des chances pareilles, une préparation analogue, la vigilance publique y travaille sans cesse. Les sacrifices consentis par la nation pour mettre l’enseignement à la portée de tous et pour découvrir les valeurs humaines là où elles naissent, sont la meilleure preuve de cette volonté réfléchie et coordonnée.
Ceci dit, il convient que chaque citoyen, muni et armé, autant que faire se peut, à son entrée dans la vie, accepte ensuite son rang et sa place, comme le soldat dans une armée qui veut vaincre. Il n’y aurait pas de conception plus folle de l’institution sociale que celle qui consisterait à faire passer chacun des individus qui doivent former un peuple, sous le niveau d’une éducation identique et les soumettre à une préparation uniforme. C’est comme si on voulait habiller tous les hommes à la même mesure et les affubler tous d’un identique paletot.
Bouchers, maçons, chimistes, égyptologues, avocats et charcutiers suceraient donc le même lait et se nourriraient au même rudiment, aborderaient la vie du même pied, avec le même bagage? Quelle cacophonie ! On ne tiendrait nul compte des aptitudes : le cul-de-jatte devrait courir comme l’athlète et le bègue parler comme Cicéron. Que gagneraient, à cette désopilante gageure, ceux qui n’ont pas la tête aux X et qui préfèrent gâcher du plâtre ? Par quelle opération miraculeuse les forts de la halle seraientils des forts en thèmes ? A quelle épouvantable servitude physique et intellectuelle seraient astreints les
enfants et les adolescents obligés de ramer, bon gré
mal gré, sur cette galère de l’éducation intégrale ?
Les enfants ne sont pas tous les mêmes. Les hommes non plus. Les divergences s’accentuent avec l’âge. A quelle époque de la vie, par l’arbitrage de quels juges ferez-vous la ventilation et le choix ? Le court espace d’une existence humaine s’emploierat-il à passer des examens pour prendre des rangs et des numéros ? L’inégalité des conditions suit, nécessairement, la diversité des professions, conséquence elle-même de la variété des aptitudes. Comment parer à cette subordination fatale des choses, — sans compter la diversité des chances !
Il y a des gens qui, comme on dit, sont nés coiffés ; ils se croient volontiers plus habiles que les autres. C’est à savoir. Combien de fois les circonstances leur sont devenues favorables sans qu’ils se soient donné une si grande peine pour les faire naître ! La fortune passe, roulant sur sa roue et les sacre. Qu’ils n’en tirent pas vanité ! Elle fuit, et les rendra peut-être, demain, à la misère d’où son caprice les a tirés.
Par contre, que ceux qu’elle délaisse n’en conçoivent ni haine, ni dépit. Leur colère ne ferait de mal qu’à eux-mêmes. Si l’inégalité des chances, entée sur les inégalités naturelles, produit l’inégalité des conditions, la vie et la société qui les créent travaillent aussi à les corriger sans cesse. La richesse favorise un homme, une famille ; mais elle se fixe bien rarement pendant plusieurs générations. Le luxe même anémie ceux qui en jouissent et les épuise. Il n’y a, peut-être, pas dix grandes fortunes
L'ÉGALITÉ FRANÇAISE en France, remontant à un siècle en arrière; et si l’on y regardait de près, on s’apercevrait que, sous le même nom, c’est un autre sang qui hérite.
Et puis, il y a les compensations. La sagesse antique qui prêchait la modération et allait répétant : « La fortune ne fait pas le bonheur », est-elle si surannée ? Est-ce un conte à dormir debout que la jolie fable de La Fontaine :
Rendez-moi mes chansons et mon somme,
Et reprenez vos cent écus.
Les riches sont-ils sans maux cuisants, sans maladies, sans douleurs et sans deuils ?
Ce qui fait le bonheur, c’est le travail. Voilà le bienfait vraiment enviable, celui qui, dans une société bien organisée, devrait être assuré à tout être arrivé à sa pleine maturité et activité. Il faut que l’homme travaille ; il faut que tout travail ait sa juste récompense.
Les modalités de cette récompense dépendent, en partie de la loi, en partie des circonstances économiques nationales et internationales. Il appartient aux gouvernements de veiller, sans cesse, à ce que le travail soit sagement réparti, équitablement rémunéré, qu’il ne laisse aucune bonne volonté sans emploi, aucun emploi sans salaire, que le salaire nourrisse l’homme et sa famille, leur apporte à tous le bien-être du présent et la sécurité de l’avenir.
La solidarité qui, par le travail commun des aïeux, unit tous les labeurs présents, toutes les professions dans une même activité nationale, veut aussi qu’elles se portent secours les unes aux autres en
cas de crises, qu’elles laissent le moins de prise possible à l’éventualité des catastrophes naturelles ou des bouleversements économiques. Quand un membre souffre, le corps souffre. Provinces, régions, cultures, industries, tous se tiennent et se doivent l 'entraide. Mais que dire, si la lutte est engagée entre les membres des mêmes professions ; si la rancune et la violence les jettent les uns contre les autres, patrons et ouvriers qui devraient être les coopérateurs d’une même tâche ; si cette discorde livre la place désarmée aux concurrences étrangères?
L’organisation du travail est un des devoirs principaux de la société. L’association, la coopération, la participation sont les solutions probables du problème. Quoi qu’on en dise, ces solutions se dégageront non dans la lutte, mais dans la paix. On raisonne mal, les poings tendus.
C’est le travail qui sauve et honore les peuples, comme il élève les individus ; la vraie noblesse est là. Il n’y a pas de travail bas ; il n’y a pas de travail méprisable. Plus le travail est dur, plus le travailleur est penché sur le sol ou sur le métier, plus il doit attirer vers lui la vigilance constante de ceux qui ont le mandat de veiller à l’ordre social. La force de l’Etat doit s’employer à ce qu’aucune force particulière n’empiète, à ce qu’aucune force particulière ne soit sacrifiée.
Mais aussi, le travail suppose et impose la frugalité, l’économie, l’esprit de conduite, le respect de la famille, de la société, de la patrie. Puisque la patrie (c’est-à-dire la volonté accumulée de longues générations) livre à chaque nouveau-né, à chaque
L’ÉGALITÉ FRANÇAISE survenant, un pays assaini, tranquille, prospère où son activité pourra s’employer fructueusement, le premier devoir de ce survenant n’est-il pas de respecter l’œuvre des ancêtres et delà transmettre, améliorée encore, à ses descendants ? Détruire l’ordre si péniblement obtenu, le remplacer par le désordre des anciens âges, ce ne serait pas seulement tenter une chose impossible, ce serait en revenir à l’écrasement de tous et d’abord des faibles, par la brutalité du chaos.
La patrie doit sa protection au travailleur ; le travailleur doit son dévouement à la patrie. Donnant donnant : c’est un marché, à supposer que ce mot puisse s’appliquer à un échange si naturel et si noble.
La société doit plus encore ; elle doit secours et appui aux pauvres, aux enfants, aux vieillards, aux femmes, aux familles, aux individus que le malheur accable ou que la faiblesse physique rend impuissants dans la lutte pour la vie. La richesse des favorisés a cette contre-partie indispensable, et si leur propre sentiment ne les y pousse pas, si la prudence même ne persuade pas leur égoïsme, que la loi y mette la main I Dans un pays riche, personne ne doit souffrir de la faim, ni subir une misère implacable. Tel est le signe distinctif d’un peuple civilisé.
Certes l’Etat n’est pas un marchand de bonheur. Il ne peut assurer, à tous, une répartition constamment égale de tous les avantages de la fortune, mais, après avoir veillé à ce que le travail soit équitablement récompensé, il doit garantir, selon ses ressources, à chacune des familles qui le composent, un quotient de bien-être et de sécurité.
Liberté, égalité, fraternité, la devise révolutionnaire a été souvent raillée. On dit — non sans raison, hélas ! — qu’il est plus facile de l’inscrire sur les murs que de l’introduire dans les mœurs et dans les lois. Qui niera, pourtant, que cette formule ne soit aussi bonne que belle, puisqu’elle tempère la première des nécessités sociales, la justice, par le plus naturel des sentiments humains, l’amour du prochain ?
Liberté, égalité , fraternité, cela revient à dire que l’homme doit trouver, dans la société, la sécurité de l’existence, la dignité de sa vie, l’emploi de ses facultés, et le secours mutuel en cas de détresse ou d’infortune. Ramenée à ces notions simples, — hors du fracas politique, — la devise révolutionnaire exprime, une fois de plus, l’idéal que se sont dictées à elles-mêmes et que se sont transmises, en le purifiant, toutes les religions, toutes les philosophies, toutes les sagesses, c’est-à-dire, qui se transmet, d’âge en âge, l 'humanité.
N’envisageons que la France. Nous allons dire, en terminant ces études, quel est son lot parmi les autres peuples ; mais, pour ce qui touche sa vie intérieure, elle n’a qu’à suivre la voie de justice et d’équité sociale où s’est engagée, depuis des siècles, toute son histoire. C’est en restant fidèle à ses traditions qu’elle préparera le mieux son avenir. Ainsi se maintiendra, dans un progrès incessant, l’équilibre harmonieux d’une nation si heureusement douée et si avantageusement partagée. Ainsi s’établira une juste réciprocité des services et des devoirs entre la patrie et ses enfants.
L’ÉGALITÉ FRANÇAISE Appuyé sur ces raisons profondes, une fois bien connues et discernées, le patriotisme trouve sa base indestructible. 11 n’y a pas de progrès possible, d’amélioration individuelle et sociale réalisable hors de l’union et de la coordination des efforts.
Malheur à l’homme seul, væ soli ! Le citoyen libre dans une société libre, égal parmi les égaux, frère parmi des frères, aura atteint la plus parfaite réalisation de l’existence humaine, s’il est tout bonnement, et tout uniment, comme furent ses pères, un bon Français parmi de bons Français.