C'^peruK Papyrus L
Est- il besoin de démontrer ici que le Papyrus est une plante de l'ancienne Egypte? La chose est connue depuis longtemps par une quantité de documents classiques. Du reste, comme pour les plantes précédentes, on a trouvé dans les tombes des spécimens antiques du Papyrus. Un certain nombre de momies, entre autres celles de quelques rois de la XVIIP dynastie, tenaient dans leurs mains des tiges entières de Papyrus, surmontées de leur ombelle multiradiée.
Le Papyrus servait chez les Egyptiens à bien des usages. La partie inférieure de la tige, coupée près de la racine, était assez charnue pour fournir un aliment à la classe pauvre. On la mâchait crue, comme on fait aujourd'hui de la Canne à sucre, ou bien on la faisait bouillir. Le Papyrus donnait aussi un charbon très estimé. Les tiges, longues, lisses et flexibles, servaient k faire des paniers, des cages, et même, en les réunissant à l'aide de bitume, des bateaux légers qui voguaient sur les eaux calmes des canaux. La nacelle où fut déposé Moïse était en Papyrus, d'après le mot spécial employé dans le texte hébreu de la Bible.
Mais le principal emploi du Papyrus était la fabrication d'une espèce de papier. La partie externe de la tige triangulaire de cette plante est formée de plusieurs pellicules concentriques, très légères, comparables k des pelures d'Oignon. On détachait cespellicules en battant doucement la tige, et on les taillait en pièces d'environ 20 k 30 centimètres de long sur 5 k 6 de large. A l'aide de colle de pâte, on réunissait par le bord, dans le sens de la longueur, un certain nombre de ces pièces.
Lorqu'on avait obtenu ainsi plusieurs feuilles, on les collait à plat l'une sur l'autre, en plus ou moins grand nombre, selon la force que l'on voulait donner au papier. On avait soin, pour obtenir plus de solidité, de placer alternativement les feuilles
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en travers l'une de l'autre, en faisant se croiser les fibres des pellicules. Lorsqu'on avait atteint l'épaisseur voulue, on polissait le papier avec des polissoirs d'ivoire et il était prêt alors à recevoir l'écriture. On fabriquait du papyrus un peu par toute l'Egypte, mais l'un des principaux centres de fabrication était la ville de Sais. A l'époque gréco-romaine, le Papyrus fut l'objet d'une importante exportation. Hiéron de Syracuse fit transplanter le Papyrus en Sicile, où il réussit admirablement, à tel point qu'aujourd'hui on ne le rencontre plus nulle part en Egypte, par suite du manque de culture, tandis qu'il forme spontanément de grands bosquets impénétrables dans beaucoup de rivières des environs de Syracuse.
Le Papyrus, demandera-t-on, plante égyptienne par excellence, ne croissait- il donc pas naturellement en Egj^pte ? — Rien ne le prouve. Boissier le déclare spontané en Afrique tropique australe, en Abyssinie, en Nubie et en Syrie, — où probablement il fut importé d'Egypte. Les Egyptiens auraient donc tiré le Papyrus du Haut-Nil, ce qui serait un document intéressant pour l'histoire de leur origine, car, dès les temps les plus reculés, le Papyrus est employé dans les hiéroglyphes comme symbole du Delta. On pourrait pourtant admettre que le Papyrus, autrefois spontané en Egypte, s'est retiré vers le Sud par suite d'un refroidissement du climat égyptien.
Chose curieuse, on n'a pas encore trouvé en hiéroglyphes le nom du Papyrus. Cela tient à ce que, la plante étant très connue, on se contentait d'en donner la figure dans les inscriptions, sans l'accompagner de signes phonétiques pouvant permettre d'en déterminer la prononciation.
Pourtant, le signe du Papyrus, qui est très employé pour symboliser le Delta, avait par lui-même la valeur de la syllabe Ha, d'où l'on peut conclure que Ha fut le nom, ou l'un des noms, du Papyrus.
Le papier de Papyrus se nommait, en ancien égyptien, Dja,nà.. La partie delà tige qui servait à faire ce papier, ou, entortillée, à fabriquer des liens solides, se nommait ^^e/\
2*J. Cyperus loueuM L.
Le SoucliPt que l'on rencontre le plus fréquemment en Egypte est le C. lonyus. Or, les anciens Egyptiens désignaient, dès le début de leur histoire, certaines régions marécageuses du Delta sous le nom de Chatup des Arou. Ce mot répond exactement au copte Aro qui, dans les Scalx coptico-arabes, est rendu par Saad, nom arabe du C. longiis. Aroii est donc bien le nom antique de cette espèce, dont Théophraste nous apprend qu'elle croissait sur les rives du Nil.