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Athénée (XV, 21) est le seul auteur ancien qui nous parle du Lotus bleu. Il le nomme Xcoto; x;Avsoç, et le décrit en ces termes : « Les Lotus égyptiens sont de deux sortes et se distinguent par leur couleur. L'un est semblable à la rose et sert à faire les
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couronnes nommées Couronnes Antinoïennes ; l'autre, que Ton appelle iwtvo;, est de couleur bleue. » Le Lotus bleu se retrouve encore en Egypte et a été décrit soigneusement par Savigny (Descr. d'Egypte, III, 74), qui lui a donné son nom de N. cservUea; il n'y a donc pas de doute à avoir sur l'espèce à laquelle Athénée fait allusion.
Cette plante a été retrouvée dans les tombes par Schweinfurth et par FI. Pétrie. Certaines momies portent, passant sous les bandelettes extérieures, des pédoncules entiers de N. cxrulea surmontés de leurs fleurs. Les pétales détachés entraient dans les guirlandes. Schweinfurth a même remarqué une guirlande formée de branches de Céleri et de pétales de Lotus bleu appartenant à une variété naine, non retrouvée de nos jours. Unger cite plusieurs représentations du N. cserulea sur les monuments égyptiens. Des personnages, peints dans des tombeaux de l'Ancien Empire, portent au cou des Lotus bleus. Quelques-uns des Lotus multicolores, dus à la fantaisie des peintres pharaoniques, semblent, par leurs fleurs en forme de pyramide renversée, se rap procher du Lotus bleu; mais là s'arrête la ressemblance, la teinte n'a aucun rapport avec celle du N. cserulea.
Le nom de cette plante, en hiéroglyphes, est Sarpat, Le mot n'est pas fréquent ; j'en ai pourtant recueilli cinq ou six exemples. On n'en trouve pas trace en copte. En hébreu, il existe un nom de plante Sirpad qu'on pourrait, d'après sa forme, rapprocher de Sarpat; mais il n'a nullement le sens du mot égyptien et il y a peut-être là un cas analogue à celui dont nous avons parlé au sujet du Lotus blanc. D'ailleurs Sirpad ne revient qu'une seule fois dans la Bible (Isaîe, LV, 13) ; les Septante le traduisent par xôv'jicc, et la Vulgate par Urtica.