‹ La Flotte De CesarChapitre 10 sur 27 · MT · texte numérisé non relu

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masse pesante s'enfoncait beaucoup dans la mer. Cela est très-bien. Au reste, tout est bon dans Ce morceau (1), auquel il n’était pas sans intérêt peutêtre de rendre sa signification véritable; cartons . ceux qui ont traité de la marine antique, l’ont cité etl v qnt traduit avec une liberté qiii eu a singulièrement altéré le sens. Puppis pour navis est, dans ces vers, une chose de détail que je loue très-fort. Le préteur se tenait à la poupe , où était son siège et son. enseigne ; Lucain prit soin de le dire, imitant eir cela Virgile, toujours rigoureusement exact, sans cesser d’être élégamment poète.

Je crois très-sinccrcment avoir rendu à la lettre, en lé commentant, le passage mal interprété de la Pharsale , et avoir fait dire è tous les mots impor-

tants ce qu’ils doivent dire et rieu autre chose. Si -

je me suis trompé, il ne me coûtera pas de l'avouer; car, ici comme toujours, je suis de boune foi. Après

y.avoir mûrement réfléchi , après avoir regardé de très-près les. termes sur lesquels les Commentateurs ne se sont pas trouvés d’accord, je n’ai pu recoumûtredans le navire art « qriater ordo sw'gens ïemigisr » une galère à quatre ’ rangs de rnmcséleèés

eïj. étages , pas plus que je n’ai reconnu un vaisseau

{ffllors, peut-être, la présence (le trirçrncs, de quadrirémes et d’une liexète dont .César ne parle point dans tfjn récit. du combat /devant Marseille, eonimc nops layons vu ci-dessus,

long à six étages de rameurs, dans la « prætmûa puppis » aux « oerbcribus senis. »

Mais comment étaient ordonnées les ramgs de la quadrirème et de l’hexère? Je puis le dire, ou du • moins, avec toute la réserve que commande un sujet si longtemps controversé, je vais exposer mes idées sur cette organisation, qui a donné matière à tant, de discussions vaines, à tant d’ingénieux systèmes» sans applications possibles, à tant de volumes savants et par malheur inutiles. Ecartons d’abord toute idée de navires trop hauts sur l’eau, trop longs, trop larges, et pour cette raison si difficiles à manœuvrer qu’ils devenaient inutiles (1). Cherchons à faire des

(1) TiterLive raconte (liv..XXXII, chap. 16) quq les Romains, ayant fait un traité de paix avec Philippe, » convenerunt ut naves omnes tectas traderet, qutin et reyïam unam inhabims ' vvuowt. magjutüdims, quant sexdecim versus remorum agebant. >* Quelle idée peut-on se faire de -pc navire royal de Phi-' . lippe; d’une grandeur qui le rendait à peu prés incapablede servir? Seize rangs de rames le faisaient i mouvoir,- c’est tout, .ce.quleo dit l historien romain, qui, racontant un fait dont il était éloigné déjà de troissiécles environ, pourrait bien- avoir été abusé par une interprétation moderne du morgreç — earil n'y avait pas de mot latin pour désigner le navire dont les ra^ mes, avaient un arrangement à seize du mot grec exprimant l’idée de vaisseau à seize.Ge mot était: 'E)ixai5cxrjpr,î, signifiant proprement qui rame à seize » (‘Exxotoexa, seige; ’Epetruw,* je rame), comme IUvTïipnç : qui rame à cinq, et Movrjpnc: qui rame à un. TiteLive traduisait-il bien 1’ ‘ExxouSsxripîç. quand il disait : « Quant sexdecim versus remorum dgebatû ? >*.Quôutendail-il par a versus remorum ?, » Ce mot « versus », chacun l’a interprété à sa fartant Puny-.u vu une rangée de rames,

navire* utile*, de ceux dont parle Polybe, des quadrirèmes, des quinquérèmes, et puisque Lucain

l'autre l'ensemble des deux rangs d’un même étage, celui de' gauche et celui de droite, réservant pour le rang de chaque côté le mot • ordo », appliqué par quelques-uns aux rames de tout un étage. Le navire que Philippe fut obligé' de livrer aux Homains avait-il seize étages de rameurs l’un au-dessus de l’autre ? Comment le supposer? Mais quelle était cette combinaison par seize, des rames de ce vaisseau long que sa grandeur rendait presque inhabile au mouvement? Je l’ignore, et je vois que personne ne l’a pu dire jasqn'à présent. Y avait-il une triple combinaison de rangs superposés, de groupes de rames et de groupes de rameurs? C’est possible; mais quelle était cette eompinaison? Le navire était-il, par exemple, une trirème' comme je l’ai faite? Dans cette trirème, les rames étaient-elles groupées par deux, et la trirème était-elle devenue hexère? Les rames du premier rang double étaient-elles maniées chacune -par sept hommes, celles du second rang par six, et celles des tlialâmites par trois? Je n’oserais pas l’avancer; je ne vois cependant pas d’autfe arrangement qui puisse me paraître préférable. Comme je la suppose, la trirème à seize, ayant à chaque banc deux rames dé thranites, deux rames de zygites et deux rames de thalamiles (v. p; 207 ), sans être pfus haute que la grande trirème quej'ai proposée, devrait être plus longue, parce que, nécessairement, elle devait être plus large, ayant plus d’hommes à placer sur le pont aux manches des rames. On conçoit que la trirème à seize* ainsi entendue, ayant un grand tirant d’eau, et « traînant sa masse profondément dans la mer », comme dit Lucain de l’hexèrë de Brutus, devait être fort lourde et difficile à mouvoir.

Je dois dire; en terminant cette note, que si aucun texte ancien ne favorise l’explication que je viens de hasarder ici de l’organisation de la galèré à seize, ou ‘Exxatôex^pr,;, aucun., du moius, ne lui est contraire. Elle n'est pas, d’ailleurs, antipathique à la raison’, et, dans la pratique, elle ne serait pas -d’ûne exécution difficile : die a donc pour elle des avantages dout

20 * Marine- antique.

nous a amené à'nous occuper de nâVires a 'ordre

■ ", * * * m - • ' six, des hexéres moyennes,, vaisseaux maniables dt .

propres au service. ' • "* •

La quadri.rème dont l’auteur de. laPhnrjnlè décrit

ert cinq mots l’appareil de propulsion, n’était point .

un vaisseau à quatre rangs de’ rames- superposés lès uns aux autres, c’est-à-dire qu’elle n’âVàit point d’avirons .placés plus haut sur. le plat-bord que les rames thranites de ma grande trirème c’est ma conviction, et je la crois très-fondée. - Le « -qU^ter ordo surgens remigis » du poète,- n’implique pas en lui Tidéë d’iin «guartus ofdo sur gens ». au-dessusdu c (rtertius ordo» qui s’élevait lui-même au-dessus du u Secuhdus » et du «j orimus ordo »; comme je l’ai dit, il indique l'arrangement quadruple des ra- . meurs pîaeés dans la hauteur du bâtiment.

A ma façon d’interpréter lés- vers de - Lucaiii,' opposera-t-On què je parais ne point tenir compte du mot surgeuS, qui semble se rapporter à gunter? Je répondrai que j’en tiens un grand compte; et qu’il suffit pour moi que- le triplex ordo de .ht trirème ■ soit èurgens, pour' que le gikitcrordo le soit-lüimémè. Il est bien évident que la quadrirème^ trirèmè pourvue d’un quatrième ordre de ramfes est « sur-

me prissent manquer toutes celles qui ont été produites /par lc$ crédits, .étrangers à la marine. Je ne ta. présente cependant pas cpmnie excellente, je foffre comme acoeptablo senleihcnt. -• ' ’ ' • ‘ '

puisque la trirème l'est elle-mômu. l‘uur moi, lajrirème que j’ai imaginée, grande comme la galéâsse du seizième siècle, grandissant en longueur, en largeur et en creux,, sans s’élever à proportion, pouvait devenir quadrirème par l'adjonction d’un quatrième ordre de rames doublant le rang des thalamit.es; et voici comment. Le sabord de nage du thalamite, doublé, ou à. peu près, dans sa largeur; •pourrait recevoir un second aviron un peu plus long, que son parallèle, et manié par un rameur assis à côté- du premier thalamite, sur le b.uic de celui-ci. C p siège, dans cette combinaison des ramesà deux par .banc, au lieu d’être perpendiculaire au plan vertical passant par la quille, lui serait incliné d’une certaine quantité. J’ai dit que, dans la grande trirème, les sabords, de nage seraient éloignés les uns des autres de l m ,50; dans la quadrirème, l’intcfscaime pourrait être, de 2 m . Je pônse' que l’ouverture du sabord pour une ramç, étant de O m ,GO, ferait de * • l ,n ,20 pour le sabord de deux avirons . J’incline du côté de la poupe le banc des deux rameurs, de telle, sorte que si, de son extrémité éloignée de-l^i muraille du navire, — celle où devait s’asseoir le deuxième rameur, — on .abaiSshit une perpendiculaire sur la muraille , l’intervalle compris entre le pied de cette perpendiculaire et l’extrémité du banc des thalamites supposé prolongé jusqu’au bordage intérieur, serait de Û",8U. Le banc ainsi iiiclint>vers t’arriére de la

208 MARÎNE ANUQt'E.

quadrirème, porterait, nageant l’un à côté dé l'autre, a la distance- d'un mètre, lès deux thalamites, le premier, le plus voisin de la muraille, manœuvrant une rame de 4*”,i5 environ, l’autre maniant un aviron de 5 m , 85 ou à peu 'près. Éclaircissons tout ceci par une figure : * ’" .

•Là quadrirème aurait dans mon hypothèse, avec 2 m d’interscalme, 66 m de développement en longueur'. pour remplacement dé

* lî

aurait donc, de chaque côté : 58 rames de thalàmites, 30 rames de zygites, 29 rames de thrànitès, c’est-à-dire, en tout, ‘tribord et bâbord, 234 rames ; etj en mettant

, v lV . haut, deux hommes aux rames

Sl^moturé de 1 inclinaison 7 ».

, “un?*"^ùr 0 "d“i ’rameôr! des zygites et un homme aux ra-

placés enM.elèn N: HR P, - *, *

Co. du rang inférieur, un éq'Ul-

nje de *“«15 Ilbur le pre- .. » nnA ' *

.nier thàiaidîie. . page de 292 rameurs.

' Tous; les chiffres que je. viens de donner ne sont •qu approximatifs et mis là seulement pour formuler ma 'pensée. Une étude' plus longue les rendrait seule définitifs. L’arrangement que je viens d’indiquer en peu de mots, je ne l’invente pas aujourd’hui pour la circonstance. Les galères à 2, 3, 4 et 5 rames par banc, ont existé pendant, environ trois

siècles', du treizième au seizième. J’ai développé le système des galères à plusieurs rames par banc dans le Mémoire n° 4 démon Archéologie navale et dans mon Glossaire nautique , p. 33. Quelques savants, quelques marins crurent que cet ordre de choses, qui leur était resté inconnu et que je venais de leur révéler, contenait la solution du problème de l’organisation des rames dans les vaisseaux longs antiques ; je ne le pensai point, quant à moi ; je n’y vis alors qu’un des éléments probables de cette solution , l’autre, le plus essentiel, la superposition des rames en trois étages étant resté encore, à cette époque, à l’état de doute dans mon esprit.

-L'antiquité connut-elle l’ordre des rames à deux, trois ou quatre par banc ? Aucun texte, à ma connaissance, ne le fait supposer ; mais, comment croire qu’une chose si simple en elle^même ait échappé à 1’ esprit des Grecs et des Romains? D’ailleurs, une birème que Lazare Balf publia, d’après un marbre antique (p^.23, De re naval ^ A 549), a ses avirons groupés par deux ’ et se prête parfaitement à cette croyance, quantérieurement au moyen âge, le système ëi bien expliqué par Marino-Sanuto Torsello au pape Jean XXII, était mis en pratique à bord de certains navires. . • , •

2 H) . MAtUNE ANTIQUE- -

QLTNQÜÉRÈME& El ilEXÈRES.

Les quinquércmes pii pepières étaient, à ce -qu’il

semble, ainsi que les hexcres, parmi Jes grands

vaisseaux longs armés pour la guerre, do ceux qu’on

employait le plus. Polybc, que j’ai déjà eité à ce

propos, nomhre par centaines les quinquércmes qui

servaient dans les flottes carthaginoises et dans les

armées romaines; Tite-Live dit (liv. XXI, ch, xvii),

* • • • ' • " qu’on mit à l’eau deux cent vingt quinquércmes, —

qu’un peu plus loin il nomme naves longœ ■»..

Au lrv. XXVIII, ch. xxui de. son Histoire^ nous lisons : « Regia classis septcm et trigenta mgjoris « forma* naviutn fuit , in qui'bus très hcptei'çs et «, quatuor hexeres habebat; prœter has , decem tri- " « reines erant. » Au chap. xxxj du même livre : d Uostium classis undenonaginla navium fuit, et <k.maæimœ . formœ naves , très hçxeres habebat -et « duos hep ter es. » Aucun texte ne nous fait connaître la forme de la quinquérème, de 1- hexère et de

l’heptère y. aucun ne nous dit quel* était leur arme-i * * * • , ment .en .rames, et dans quel ordre étaient disposés

leurs avirons. Ma suppositiôn, en .ee qui touche ces bâtiments, est, quant à la quinquérème , qu’à chacune des rames du rang des zygites de la quadri- rème, ou ajoutait une rame de zygitc, comme pour.

faire la quadrirèmcj’ai avancé qu'eu pourrait donner. une.$œur jumelle à la ramo des thalamites. De laquinqucreme, plus grande’ que la quadrirème dans, ses trois dimensions* le creux, la iargeur et la longueur, si l’on. voulait faire une hexère* on porterait

grandir la pentère, et placer sur le banc des thranites, trçs-inclinée en arrière, une-sécunde rame îpaniée par trois hommes, ce qui ferait six thrauites sur le même banc pour manœuvrer les deux rames.

Une ramo ajoutée au-rang des thaldmites de l’ h exère pourraiten faire . une hepjtère une rame ajoutée à chacune des rames des zygites de l’heptère, pourrait eu fairè.une oc* tèrç....; mais ces additions de

rames, supposent des agrandissements considérables dans lé corps n’ de ;Ia trirème , et je ne saiü*pas s’il , est sage d’aller plus loin dans la création de ces monstres nanti v qiies. • ’ ; . * x *

k' e, büiic du iKaiaiuiie*ii»D» Je. doute que mon système, de

JMieplère; A' C' D r , rjunc du , : .. , j ‘ j • % ■ *

premier .IhaLunite assis en ici trilGtOC ÜCVGIlMltj (JUQdllUilllC^

À'r N'Q'O', rame du deu- . , s ' . , % * * - *

xiêiiie tlialauûie assis du qûinquçremc et nexçre^sans cesser

M' R' P\ ’wuexiû troisième , t é • , • *

thalamite assis en M';S'.1V (]’jÔ.tr6 Cil réalité tril'èllie, lllt COU-, ouverture du saDurd de na- * v

b*> uu u,Hlru,, ■ , venablcment appliqué à la. fabrication des naVifes qu’on nommait'. heptèrès, octè-'res„ nouères, décères, ejc. Sous ces noms.se- cache

2Î2 ' »Aft»NE ANTIQUE,

rertemement un mystère, — quelque chose' de fort simple peut-être (1) — qui a mis en défaùt la perspi-

(1) J’ai fait remarquer plus hautfp. 197), que le vaisseau de - ligne, nommé en France « vaisseau à trois ponts », a cinq planchers ou ponts, et quatre batteries armées decanons. Le nom ne répond donc pas à la chose qu'il désigne; il contient un sousentendu que ne soupçonnent certainement point les gens qui ne sont pas du métier. Il désigne un vaisseau qui a trois batteries couvertes, armées de bout en bout Je pièces d’artillerie. Que Jira-t-ôn dans cinq ou six cents ans du « trois-ponts », si Uon en est réduit à chercher dans les historiens et les poètes l’explication de son nom et les détails sur sa construction et son armementl La frégate était au seizième siècle un petit navire- non ponté emporté par deux douzaines de rames; qu’est-elle aujourd’hui? Un navire long de 54 mètres, ayantune triple mâture, plus grande que celle des vaisseaux de deuxième rang du dix-septième siècle, et soixante canons eh deux batteries, l’une couverte, l'autre à ciel ouvert. Qu’est-ce que la corvette? Une petite frégate. Au seizième siècle qu’était-ce? Une grande embarcation qu’on envoyait à la découverte, comme on envoie aujourd’hui un grand canot. Qu’était-ce au moyen âge? Un navire de charge fait pour le transport dés vivres, fet portant à la tète de son mât, à ce que l’on croit, une corbeille (corbis), signe de l'office que remplissait le navire. Corbis fit cor bit a qui fit corbète et corvette, comme aphracta (découverte) fit frégate. La frégate était, en effet , au seizième siècle, la navis afracta, d’où l'afracta et la fregata.

Qu’étaient, au commencement du dix-septième siècle, la septirème, la quinquérème, la quadrirème et la sextirème citées dans un « Estai des gallères que le Roy a ordonnées estre entretenues pour sort service (Arch. de la marine)? Que concluraient les-érudits, voire lès historiens de la marine, des passages que Voici de cet état. qui porte la date de 1639 : A-M. le cardinal-

duc de Richelieu, en qualité de lieutenant général, pour Sa Majesté, ès mers du Leqant, et lieutenant général des gallèfes, pour l’entretenement d’iine gallëre séptirame (sic), dicte la Réalle »

cacité de tous- les critiques, la sérieuse application

dé' tous les hommes de l’art qui ont pour eux la

fia galère 'du Roi) « qui n’estoit cy-denant que quinqvérame {aie) durant la présente année , à raison d'une gallére et demye des subtiles, et de 4,000 livres par mois, la somme de 48,000 livres, qui est 6,970 de plus, qu’il n’estoit employé pour l’entreteriement ordinaire.de ladicte gallére et pour la solde des gens de guerre ordonnez sur icelle. » — « A M. Charles Daumont, seigneur de Chappes, capitaine ordonné pour commander la gallère dicte la Régine, appartenant à la Rovne, mère du Roy/pohr l’entretepementde ladicte gallére aextirame ( sic), qui/n’estoit en deuant que qûatrlrame, à raison d’un tiers de paye de plus que les gallères communes.... la somme de 42,670 livres.... »~Les historiens et les érudits que je supposais ne seraient-ils pas fondés à penser qu'en 1639, il y avait encore dans la flotte militaire, du roi Louis XIII, sous le commandement du cardinal-duc de Richelieu, des galères à quatre , cinq, six et sept ordres ou rangs de rames, continuatrices des antiques quadrirèmes, quinquérèmes, hexères et pentères? Ne se croiraient-ils pas autorisés à dire que la Réâle septirème était grande une fois et demie comme l’était une galère subtile Ou commune de la même époque? 11 n’en est Tien pourtant. La galère ordinaire ou subtile dont j’ai donné ci-dessus, page 140, les dimensions, avait 4Q m ,92 de longueur; mais si la Réale était plus grande, si au lieü d avoir 25 bancs de rameurs de chaque bord , elle en avait 29 on 30, elle était loin d'avoir 68 m ,38 de longueur totale; cette longueur ne dépassait pas 45 ou 46">. C’était par l’équipage des rameurs et par la quantité de soldats embarqués que la Réale était « grande une fois et dentie » comme l’était La galère subtile ou simple: Le capitaine d’une galère subtilesextirème, — ellç était quadrirème avant 1639, — recevait 32,000 livres par ah pour l’entretien de son navire; le cardinal duc en recevait 48,000 pour la Réale; c’est à-dire 32,000, plus 16,000 , moitié des 32,000 allouées au capitaine d’une galère subtile. Les galères qui eurent assez longtemps trois rames par banc, eurent ensuite quatre rameurs maniant une seule rame ; puis ce nombre parut

science- et la pratique ; je m’humilie profondément quant à moi devant sa ténébreuse apparence. J’ai . cherché à pçrcer du regard le voile dont il est couvert depuis près de dqux- milje ans; mais mpn - œil s’est fatigué sans avoir pu pénétrer son épais tissu, trop lourd pour que ma faible main en ait pu soulever un coin.

■== Si ce que j’ai donné sur le? antiques navire? à

insuffisant pour les navigations ordinaires, dans les galères des grandes dimensions.: 3e quadrirèoies elles devinrent alors quinquécèmes en recevant cinq raideurs pour chaque rame. Les *- Pâtrones devinrent ensuite sextîrèmes, et les'Rcajes, ep mettant sept esclaves à lèurs rames, devinrent septirèmçs. Les Réâles eurent alors jusqu’à 420 rameurs. On' voit que les mots ^eptirèmes, sixtirèmes, quitiquérèmes et quadrirèmes ne désignaient plus, au dix-septième siècle, des navires analogues, par la disposition et le nombre de leurs rames, aux vaisseaux de l’antiquité qui avaient trois étages de ramcurs e( quatre, cinq, six ou sept ordres d’avirons maniés par un seul homme ou par plusieurs esclaves. Le mot Pénteris et le' mot du dix-septième siècle qu'm- . quérème, exprimaient la même idée : ramer -à cinq, mais ne daignaient certainement pas la même manière de ramer à cinq. Celle de 1G39 est fort connue, cinq hommes sur une rame ; mais l’autre, l’ancienne dont elle avait emprunté la dénomination, qui la connaît ? qui la comprend ?

Sous les noms : Jiexères, lieptères, octères, noncres, décèrcs, n’y a-t-il pas quelque chose d’aussi compliqué que soua les dénominations : corvette, frégate et trois-ponts? Probable-' meut ; mais quoi ? Je- l’ai beaucoqp cherché, salis l’avoir trouvé, et je m'accuserais de ce manque d’intelligence, si. de grands esprits, des hommes vraiment supérieurs par leur sagacité, des princes delà science n’avaient été contraints d’avouer , moins, heureux qu’Œdipe, qu’ils étaient vaincus par le Sphinx, et que l’énigme restait inexplicable pour eux. .. '

ïames trouvait grâce- devant les juges compétents; si riic's êffo rts agréaient au lecteur auguste^ qu’il me Serait glorieux de satisfaire, je m’estimerais heureux - d’avoir entrepris l’teuvro que j’ai menée à fin, non sans trembler pour une témérité* dont je me serais défendu, si le devoir ne m’avait imposé sa loi , si le désir d’être utile ne m’avait smitenu pendant la marché difficile et longue- que j’ai faite dans le fude

sentier ou je m étais engage. • *

Autant qu’ils lé pouvaient, les ' commandants d’escadres et* de flottes allégeaient leurs navires avarit dVn venir aux mains avec l’ennemi. S’ils étaient dans un port ou seulement assez près d’une . terre qui ne leuY fût pas hostile, ils déposaient leurs approvisionnémenls dè-drouche et tout ce qui pouvait alourdir leurs navires. S’ils étaient à la mer, ils ; transbordaient, des vaisseaux longs sur les navires de charge dont ils étaient toujours suivis, les chosesqui pouvaient les gêner et contribuer à rendre plus lente- leur marche, moins vives et moins faciles . leurs évolutions, Us trouvaient d’ailleurs à cela un autre avantage ; blessés par l’éperon de leursadversaires, leurs' bâtiments*’ coulait nt bas* moins facile-

21 g -Marine antique.

ment, et l’on avait plus de temps pour avçuyler les voies d’eau, comme ou dit aujourd’hui. (Polybe, Hist. y I, ch. lx ; Tite-Live, liv. XXII et XXXlV).

Les circonstances de lieu et de temps étaient. tenues pour beaucoup parles marins de l’antiquité. On ne se battait jamais ou presque jamais quand il yentait un peu fort, quand la mer agitéç pouvait contrarier l’action des rames, celles des thalamites surtout. On ne se battait près de la côte que lorsqu’on y était forcé ; la crainte des naufrages commandait cet éloignement de la terre. Quand l’ennemi serrait de si près que l’on se voyait contraint d’accepter le • combat à quelques pas d’un rivage, on s’appuyait tout à fait à la terre, mettant les poupes sur le sable de la rive et tournant les proues au large (Appièn, liv. y).- ... , •. ’ •’

Choisir son champ de bataille lorsqu’il le pouvait, était une habileté que ne négligeait point un général d’armée -navale. Qu’aurait pu Thémistocle aveo la flotte grecque, relativement petite, contre l’immenseflotte des Perses, s’il n’avait attiré dans le détroit dé Salamine les vaisseaux de.Xerxès, qui, tfop nombreux, furent en grande. partie écartés du combat par l’étroitesse du terrain sur lequel Athènes s’était placée! (Diodore de Sicile, liv. XI). L’emperéut Léon VI recommandait, à son -üls de ne se battre jamais très-près de ses propres rivages, de peur d’être abandonné par ses soldats, à qui la fuite eût été facile.

En général, les anciens, avant lé combat, amenaient et serraient les voiles, démâtaient leurs navires .{!:), laissant le pied-dts mâts (2) aii-dessus de l'orifice du trou {%){étarnbrai)o\\ s’implantaient ces arbres qn’on pouvait redresser et raffermir tout de suite, si de mauvaises chances forçaient à s’éloigner au iûoyen des voiles. < )n gardait ces voiles tant que ’ l’action ne s’engageait pas, afin de ménager les rameurs à qui un rôle très-important était fait / * pendant la lutte, et qu'il fallait fatiguer le moins possible dans les marches et contre-marches préli-» minaires. (Polybe, Iiv>Ul.) .

Les vaisseaux éperonnés cherchaient d’ordinaire à

(1) Quod uhi vidit, Romanus , rPln contr&hit, molotque in çlinal, etc. (Tite-Live, liv, XXXVI, cliap. xruv.) Quod ubi contÿexit (Vatinfiis),; ccleriter véld mbéuci demitltjue mien-

nas jubet, H milites armari. (Commentaires.) — , V. plus haut, . , p. Q4 et 164.

( 2 ) Le pied du mât noiémé par les Latins pc.( mali, re-

cevait des. Grecs le nom de rîxjpva. La partie du mât’ où l'antenne était attachée par le collier, que, nous appelons traçage, et que'lesGrees nommaient Itotovoc, cette partie était le Xî]vdh;, >.r,vô; • •• •

ou TpAjpjXoc. . • ‘ v

Le sommet du mât prenait le nom de x’o(pxfa lov > d’où nous avons fait ecfcetf; C’ëtait dans le xaq>xriff» v que passait ta corde qui supportait l’antenne, la montait et la descendait le long dtr Tpàxréfo;. Cette drisse était nommée rudens par quelques La- . tins et chatatorius par Yégêce.

(3) Le modhis des latins dont j’ai parlé p. 84, était percé,

d’arriéré ejt tout contre un bnu solide nommé en .grec gscféîpr; , parce qu’il était. placé presque au milieu du navire, mais un peu plus vers la proue qpe vête la poupe. - . ■ j . '

MARIEE ANTIQUE. I 9

s’attaquer par l’avau t, rostre à rostre, comme je l’ai dit plus haut (p. 84); à propos du combat de Vatinius contre Octavô (1). Quand ils ne pouvaient s’aborder ,

'(1) tucain (liv. III, v. 57-65) veut qu’au combat dé Marseille, Brutus, dont les Vaisseaux très-grands, d’une construction trèssolide où dominait le chêne, et moins agiles, par conséquent, que les navires Marseillais beaucoup plus petits, se soit lancé au. milieu des Phocéens , leur présentant le. flanc et renonçant' à l’avantage que lui assurait le choc de son hekère et de 3es quadrirèmeS contre des unirèmes qu’ils auraient aisément coulées. Attaqués .de l’un et de l’autre côté par les Grecs qui, les frappapt de leurs éperons, restaient, attachés à leurs ennemis et. subissaient les chances dangereuses du combat à l’abordage, Brutus lit lier ses vaisseaux à ceux de ses adversaires par des grappins retenus à des chaînes de fer'.

•Tune in signlféra resrdenti puppe jnagistro v Brutus ait : Paterisne acies errare profundq?...,

• ' Phocaieis médias rostns oppone carinas. » .

. . ïyruit, obliquas et præbuit hôstihus alnos.

Tune qupccumque Yatis tenlavif robora Bruti f - • Ictu vicia suo, percussæ capta coha'sit. .

Ast alias manicæque ligant, teretesque catcnæ,

Seque tetfent remis : tecto stclit œqudrc bellum. ’ •

M, Pli. Chasles a; traduit ainsi le commencement de ce passage : Alors., à son pilote assis sur la poupe magnifiquement sculptée, Brutus dit.... » Le capitaine était sur la poupe qui portail, avec renseigne nécessaire au± signaux , l’enseigne de préteur, c'est-à-dire u sur la poupe du vaisseau commandant » , d’où, â l'aide de signes convenus, il communiquait au\ autres navires les ordres du général. Les magnifiques sculptures ne sont poipt cachées sous les mots « signifera puppe » du poète, qui, est -prépis dans cos quelques vers, ne recherche -pas les vains ornements,, et désigne. par un adjectif heureusement . qualificatif la «-prkioriu puppis » du vers a34. (livre 111) que j’ai cité plus haut, page 201. — Voyez page 53, unie; ,

LA FLOTTE DE CÉSAR, de front, ils tendaient à se blesser le plus possible à l'avant, l’éperon allant chercher' les parties de la carène qui avoisinaient le rostre ennemi. Ainsi, on frappait sous l’épotide (àla flottaison, bien . en*

. tenduj,, ou sous le dernier aviron des thranites quand la série des rames était établie dentelle façon que-la dernière rangée de la proue était des thranites. C’est en ce sens; ce me semble, que doit être comprise cette phrase de Polyen, mal expliquée par Son-éditeur -et par J. Scheffer : « Le choc eut lieu près des premiers thranites ( 'h wpwta; ôp*vî- Tt?a< Y. » , . ' - ; .

Quand On désespérait de frapper de son éperon le navire ennemi, près du massif qui tenait le ros-' tre de celui-ci, on s’efforçait de passer assez près de lui pour briser ses rames. Voici comment on s’y prenaifc : on faisait nager l'équipage le plus vigoureuse* ment possible; oh se dirigeait obliquement vers l’ennemi, soit en venant du côté de sa proue, soit en venant du côté de sa poupe ; on rentrait vivement scs propres rames du côté où l’on voulait tenter cet abordage, ou bien, ces rames,- restées attachées à leurs scalmes, on les étendait le long du bord, et, d’un coup de gouvernail donné à tdmps, on prolongeait le flanc du vaisseau qu’on voulait aborder, brisant les avirons dont il se. servait pour fuir l’abordeur. Manœuvrer pour éviter cette destruction de? rames, qui rendait le navire incapable d’action,

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au moins jusqu’à ce qu’on eût mis dehors les rames de rechange , était une habileté à laquelle s’appliquaient tous les triérarques. (Voir, à ce sujet, Silius Italicus, liv. XIV; Tite-Live , liv. XXXVI, chap, xxxxiv; liv. XXXVÏI, chap. xxiv et xxx; Qüihte-Curce, liv. IV, chap. ,iv; Diodoré, liv. XIII etXLV. )

' Quant à ce qiie je viens de dire des rames qu’on étendait le long du bord sans les ôter des estropes qui les retenaient aux scalmes, rappelons qu’aujourd’hui, dans les embarcations : chaloupes, grands canots, etc., lorsqu’un obstacle se présente, lorsqu’on veut éviter d’autres rames qui pourraient offenser celles qu’on manie, lorsqu’on aborde un quai, un navire, eto., on laisse aller les avirons, retenais par leurs estropes aux tolets. Ils se rangent * alors contre le bord de l’embarcation, permettant, dans leur nouvelle position, l’approche du petit navire avec le quai, le vaisseau* le rocher ou l’autre embarcation , permettant aussi le passage du canot entre deux bâtiments ou dans un canal- étroit. Ovide, liv. XI des Métamorphoses , dit, vers 475 :

Obvertit lateri pendentes navita. remos.

Il est facile de se figurer comment, dans des navires un' peu grands où la rame, le sabord de nage n’étant- pas trop large , ne pouvait s'appliquer

contre le bordage extérieur du vaisseau aussi aisément qu’elle le fait dans une chaloupe, comment, dis-je, l’aviron pouvait être dit : « pcndens lateri ». On portait à l’avant, le plus possible, la rame dont la poignée était retenue à la muraille intérieure du bâtiment par un lien de corde; alors la rame ne touchait plus l’eau, elle n’était pas tout à fait tangente au flanc du navire; mais, dans sa situation, elle restait, comme suspendue, faisant avec la muraille un' angle assez aigu, pour que l’écartement de la pelle -ne fût pas grand. Les galères du moyen âge et des temps plus rapprochés dé nous , (l’ayant qu’un rang de rames, lesquelles ne' fonctionnaient point dans des sabords, mais étaient attachées par des estrôpes à des ésçaumes , plantés sur des apostis, rentraient très-aisément les avirons que les rameurs mettaient dans la position horizontale, puis , qu’ils tiraient de dehors en dedans, les rameurs de dextrc passant la poignée do leurs rames à ceux de senestre , qui, à leur tour, passaient la poignée des leurs aux rameurs de la droite; Cette manœuvre ne devait pas être impossible dans les trirèmes antiques, mais je ne connais aucun texte qui me fasse connaître qu’elle' y était pratiquée ; et, sur ce fait, comme sur tous les autres, je ne voudrais point avancer une chose que je ne pourrais prouver (1).

(l)Lcs thalamites, dont tes rames étaient courtes, pouvaient

J’agis en tout prudemment èt « réservéement*», comme disait Montaigne ( Essais , liv. II, chapitre XII ). •

Plusieurs ordres de bataille furent adoptés par les anciens. Quelquefois, les flottes allaient l’üne à. l’autre, sur un front horizontal, lés navires plus ou moins rapprochés et généralement assez près pour qu’aucun intervalle offrant un passage facile à unvaisseau ennemi ne restât ouvert entre deux navires voisins. Cotte tactique p’a guère changé depuis l’antiquité. ‘Quelquefois, la flotte était divisée en. deux, trois du quatre escadres, marchant à une petite distance l’une de l’autre, comme marchent à terre, en colonne, les compagnies d’un bataillon. Le combat s’engageait entre la première escadre et l’ennemi, et quand elle était affaiblie, la seconde se présentait toute fraîche, pendant que la première se retirait du champ de bataille. Ainsi agissaient les au- . très escadres , si le préteur n’avait pas jugé bon qu’elles se portassent à droite et à gauche de l’es-» cadre engagée pour attaquer l’ennemi en flanc et l’envelopper dans un demi-cercle d’éperons.

.L’ordre demi-circulaire ( ùrdo lunatus ) était le' plus souvent employé. Au centre se plaçait lè préteur, veillant à tout,, ayant auprès de lui des petits

sans difficulté les rentrer quand le mauvais temps leur rendait la nage trop difficile, et je pense qu’ils ne manquaient pas de le

navires porte-avis, pour communiquer celles de ses volontés qu'il ne pouvait ou ne voulait pas faire connaître par des signaux. Aux extrémités des cornes ou ailes recourbées étaient mis les vaisseaux longs les plus forts destinés à recevoir le premier choc , et dont la fermeté dans l’action était bien nécessaire. Entre ces navires et le vaisseau prétorien était le commun de la flotte, marchant droit à l’ennèmi, non pas chaque bâtiment suivant celui qui le précédait , le rostre dans le sillage de son matelot d'avant , comme nous disons ; mais allant , en ordre d’échiquier, 'sur une ligne, parallèle à celle que traçait avec sa quille le vaisseau qu’il avait à sa droite et un peu devant lui , s’ils étaient l’un et l’autre à l’aile droite, un peu devant lui et à sa gauche, s’ils faisaient partie de la corne gauche.

Parfois, l’ordre en croissant était renversé. Ce secônd ordre se formait lorsque, l’ennemi étant-ett très-grande force, on. avait besoin de se serrer beaucoup pour résister à son attaque. Les vaisseaux tournaient tous leurs éperons en dehors du demi-cercle et présentaient ainsi un front d’airain demi-eircu- , laire ( mcurvus orclo), les rames touchant presque le s rames. Eu arrière du deitii-dercle des. vaisseaux combattants, se tenaient les navires de charge, les petits bâtiments et quelques vaisseaux de secours ou de réserve destinés à remplacer, dans l’ordre de bataille, ceux qui étaient çontraiuts de se retirer de la

mêlée. Je dis la mêlée, car toute bataille navale finissait et a toujours fini par là. A un certain moment, la tactique était oubliée'; Ses règles, auxquelles on avait obéi d’abord et qu’on avait rcspectées tant qu’on l’avait pu-, étaient forcément négligées. Le conflit en venait à ce point que chaque capitaine, laissé maître de sa manœuvre, ne prenait plus conseil pour sa défense que de son génie et de ..sa Valeur. ' ,\

Dans Vordo limât us, chacune des cornes avait un commandant, ainsi qu’àujourd’hui, dans une escadre ou une flotte, il y a, sous l’amiral, un commanr

dant de l’avant-garde et un commandant de l’arrière-garde. Le corps de bataille et les deux cornes composaient la flotte., ( Diodore de Sicile, liv. XIII et XX ; Thucydide, liv. I er .) Xénophon, liv. I er , parlant d’une bataille livrée par les Athéniens, dit : «".Les Athéniens allèrent à l’ennemi dans l’ordre « que. voici : Aristocrate, avec quinze vaisseaux, tête nait la corne gauche.'; Diomédon le suivait avec « le même nombre de navires’. ( C’est-à-dire que •

« Diomédon était à la droite d’Aristocrate/1 Péri- « dès allait derrière Aristocrate et Erasînide der- . « rière Diomédon. Après eux, venaient, sous lacon- ' « duite d’flipée de Samos, dix navires sainiens, marte chant à une certaine distance Fun de l’autre. Près « de ceùx-ci étaient les vaisseaux des trois navar- « gués et quelques iiavires de réserve. A l’aile droite

« était Protomaquc, avec quinze paisseaux, suivis « de quinze navires de Thrasyle, derrière lesquels' « marchaient ceux d’Aristogène ; Lvsias venait « après Protomaque. »,Diodore de Sicile -dit que cet ordre de marche pour le combat était nommé phalange (liv. XIII). Dans la phalange, il y avait, comme on voit, deux ailes ou cornes très-fortes, et un corps de bataille plus faible, formé cette fois des Samiens, des trois vaisseaux navarques et de quelques navires de renfort. .

Deux ordres qu’on voit rarement employés par les anciens, sont l’ordre en forceps , dont la figure était celle d’un U, et l’ordre en coin {ciineas), dont le V renversé (^) donne une idée suffisante. Polvbe (liv. I er ) parle de l’ordre en forceps en décrivant la flotte carthaginoise ; Yégèce détaille l’ordre en coin, qui avait ordinairement la figure d’un triangle; à l’extrémité inférieure des deux côtés du coin, dont l’éperon du vaisseau prétorien était le sommet, se soudaient, pour ainsi dire, les navires les pius forts qui formaient une base en ligne horizontale.

J’ai fini. Cette étude me semble tout à la fois, trop longue et trop courte. Je n’ai pu la faire autrement. Le sujet était vaste, et il s’en faut de beaucoup que je l’aie épuisé. Il m’aurait fallu écrire un gros volume pour être complet. Je crains fort

-;d’avoir été moins . intéressant que je n’aurais dû l’être, parlant de choses d’un intérêt si grand. J’ai négligé à- dessein tous les agréments dont il . m’eut été possible d’enrichir cette dissertation; avant tout, j’ai cherché à être vrai. Si j’ai approché de là

vérité que je cherchais, on me pardonnera,* j’espère, * Ja sécheresse à laquelle je me suis condamné.

Le courage ne m’a pas manqué, si' la sagacité m’a fait défaut. J’aurais souhaité faire plus et mieux; peut-être mes efforts n’ont-ils pas été tout à fait impuissants. Si j’avais pu autant que j’ai voulu ; si la pénétration de mon esprit avait égalé l’ardeur de mon désir, il ne resterait plus rien à dire après moi sur une des questions les plus curieuses et les moirts éclaircies de l’histoire ancienne ; mais, je le sens, l’instrument a trahi l’ouvrier. Je ne me rends qu’un témoignage : c’est que j’ai fait tout ce qu’il était en moi de faire; je me flatte donc de trouver un peu d’indulgence. J’ai une conviction, — qu’on me pardonne de l’exprimer en finissant : — Mes solutions sont plus pratiques qu’aucune de 061168 qu’ont proposées les hommes qui, depuis trois siècles, ont écrit sur la marine’ antique. Je les sais imparfaites; il n’a pas tenu à moi qu’elles le fussent moinfe.

Du château de Vauban (Nièvre), G juillet 1860.

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