‹ La Flotte De CesarChapitre 13 sur 27 · D’HOMÈRE · texte numérisé non relu

D’HOMÈRE

En 1837, un .artiste sicilien, M. Raphaël Politi,' publia la Descrizione d'una Dcinos o vaso in terra cotta grcco-siculo çtgrigentino (1) ; il accompagna cette courte description de deux planches très- bien gravées par lui,, la première représentant le vase" trouvé à Agrigente, la seconde reproduisant la

(■) Girgenti, 1837 to pages in-4°..

peinture exécutée par l’artiste grec sur la superficie horizontale et sur le contour intérieur du col de cette urne.

Je n’ai point à m’occuper du sens que peut présenter l’action reproduite par le peintre sur la tranche du goulot; M. Politi croit y voiries préparatifs de jeux en l’honneur de Bacchus, jeux gymniques où vont figurer cinq chars attelés de quatre chevaux , des guerriers s’apprêtant à monter dans ceschars et d’autres combattants, à pied et déjà armés de- toutes pièces. Ce qui me touche particulièrement dans cette magnifique décoration du vase grec-agrigentin, c’est la figure d’un navire -à rames

' aux formes élégantes en même temps qu’à la cons-

truction solide, image cinq fois reproduite autour . de son orifice. Assurément cette figure est loin # d’être complète ; mais elle représente dans ses détails principaux une unirème antique, et pour ’ cette raison elle est très-intéressante. L’artiste ne pouvait guère faire davantage sans tomber dans lu confusion. Comme ceux qui ont gravé, peint ou scplpté des navires sur les médaillés, sur quelques bas-reliefs connus, et sur les murs des maisons de Pompéi, il s’en est tenu à uh élégant profil du corps du bâtiment, à l’indication des rames, de leur emplacement et des rameurs eux-mêmes, enfin au dessin général du gouvernail et des ornements dé la poupe (le x^vCuxo;,. col ôt tête d’oie, voyez ci-

LE ErSTON NAr.MAXON. 245

dessus, page 170), et de la proue (-éperon en forme

de tète de cochon, voyez la figure ci-dessus page 118). Au milieu de la galère, il adressé un niât court , beaucoup trop court; mais l’espace limité dans lequel se mouvait son pinceau ne lui permettait pas de donner à cette pièce la longueur nécessaire.

Poupe d’une patère où t’on^oit la paierie, U 4 1 J IV \ ( y«\

tabernacle et, derrière cette tente, la tbé- A 1 cl 1(3 ICQ tî 1 IGTOÇ (jllüt j

nisque. Voy. ci-dessus p. 170. , y

et parallèlement a la quille, le-pcintre a dessiné une lance, longue, assez grosse, et armée, à son extrémité antérieure, d’une pointe d’airain courte, solide, et analogue dans sa forme à celle, des lances ordinaires et des javelots.

Quelle est cette arme que, jusqu’en 1837, aucun des monuments figurés n’avait fait connaître aux antiquaires? Elle semble placée horizontalement sur le sommet de l’arbre qui la porte, sans qu’aucun lien l’y retienne. Est-elle libre dans un anneau où

elle doit courir au moment où on la lancera, et faufil

voir en elle une arme de jet? Outre qu’aucun texte n’autorise une semblable hypothèse, à quoi aurait servi, dans une action navale, une pique, si dangereuse qu’on la suppose, qui n’auraiUpu être lancée

qiLiinc fois' à l’ennemi ?La lance dont il est question ne saurait être assimilée à une flèche poussée par la corde d’un arc ; on ne comprendrait pas d’ailleurs l’appareil qui la mettrait en mouvement; la tête OU xotpyjr'cnov de 1 is-

tos, dont la partie

supérieure était tra- ~

versée par trois mor-

taises au moins , a 7 <

deux servant au cor-, g dage qui soutenait | l’antenne (la drisse), ?

cl la troisième ré- f seme à un usage dont je parlerai toiit à l’heure , n’avait '

aucune place pour . l’établissement d’un semblable appareil. .

Cette supposition ' réjetée ; peut - on penser que l’artiste

grec a donné capricieusement à ranteime la figure

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' LE EïTTON NAÏMAXON. 247

d’une lance? Non. Aucune trace de voile enverguée n*est visible dans sa peinture, et d’aillèurs, la galère allant au combat, l’antenne doit être amenée et rangée sur le pont entre les. deux séries des bancs de rameurs. 11 n’est pas possible d’admettre non plus que la lance soit hissée à la tête du mât , pour supporter lés longues toiles qui servaient de tente à l’équipage et l’abritaient du soleil et de la pluie. Voy. ci-dessus; p. 228.

M. Raphaël Politi, embarrassé de ce petit détail du monument qu’il gravait, . a imaginé que la lance pouVaitbien être quelque chose d’analogue M'aiguille aimantée ( a somiylianza de' nos tri aghi calamitati , dit-il). Il est inutile de s’appliquer à combattre une pareille opinion. Tout au plus la lance pourraitelle être une girouette; mais, en admettant qu’il ÿ eirt sur les navires d)aiüres girouettes que des tæniæ ou bandelettes d’étoffe, il faut avouer que le peintre aurait singulièrement exagéré la longueur de 'celle-ci. • -

La lance qui nous occupe n’est lii un dard lancé au moyen d’un mécanisme, ni un instrument potir aider à la direction du naVire, ni une perche pour établir une tente, ni l’antenne de la galère, c’est, et j’espère le démontrer, une espèce de bélier dont on se servait au moment de l’abordage. .

quhine foisà l'ennemi ?La lance dont il est question ne saurait être assimilée à une llèche poussée par la corde d’un arc ; on ne comprendrait pas d’ailleurs l’appareil qui la mettrait en mouvement; la tête OU xap/r'diov de 1 is-

tos , dont la partie supérieure était traversée par trois mor- £ taises au moins , 2 deux servant au cor- g dage qui soutenait | l’antenne (la drisse) , | et la troisième ré- f servie à un usage dont je parlerai toüt à l’heure , n’avait

aucune place pour • l'établissement d’un semblable appareil. .

Cette supposition rejetée ; peut - on penser que l’artiste grec a 'donné capricieusement à T antenne la figure -

t)igitiz§d*by Gtîogle

' • LE SriTON PTAÎMiXON. 247

d’une lance? Non. Aucune trace de voile enverguée n’est visible dans sa peinture, et d’ailleurs, la galère allant au combat, l’antenne doit être amenée et rangée sur le pont entre les. deux séries des bancs de rameurs. Il n’est pas possible d’admettre non plus que la lance soit hissée à la tête du mât, pour supporter lés longues toiles qui servaient de tente à l’équipage et l’abritaient du soleil et de la pluie. Voy. ci-dessus', p. 228 ,

M. Raphaël Politi, embarrassé de ce petit détail du monument qu’il gravait, a imaginé que la lance pouvait bien être quelque chose d’analogue àl’aiguille aimantée [a somtglianza de' nos tri ag/ii calamitati , dit-il). Il est inutile de s’appliquer à combattre une pareille opinion. Tout au plus la lance pourraitelle être une girouette; mais, en admettant qu’il y eût sur les navires d\autres girouettes que des tsenise ou bandelettes d’étoffe, il faut avouer que le peintre aurait singulièrement exagéré la longueur de celle-ci. •

La lance qui nous occupe n’est ni un dard lancé au moyen d’un mécanisme, ni un instrument pour aider à la direction du naVire, ni une perche pour établir une tente, ni l’antenne de la galère, c’est, et j’espère le démontrer, une espece de bélier dont on se servait au moment dè l’abordage.

Homère, dans le quinzième chant de Y Iliade, décrivant le combat des Grecs , réfugiés sur leurs navires, contre les Troyens qui les y assiègent, dit (vers 387) (1) que les Grecs se défendaient avec* de longs kystes, placés ou couchés sur leurs vaisseaux, lances dont une des extrémités était garnie d’airain ; il montre (vers 677) (2) Ajax parcourant à grands pas lés ponts des vaisseaux et maniant un de ces xÿstes en lisage dans les combats navals, lequel n’avait pas moins de 22 coudées de long (3).

‘ £1) Ol 8' ànà vriwv peXatvâcov êitidâv teç, j -

Maxpoïat ÇOffTûtai, xi pâ aqp’èitl vrjvnriv éxeero Naouaya, xoXXrjevca, xaxà <jt6[ax etpivpc yaXxû .

(2) Ncipia 6t. ^dièv (léfa vorû(j.ayov èv 7caXâp.r,div,

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