TROISIEME ETUDE
PRÉFACE
Ce n’est pas pour la première fois que cette étude est imprimée; mais la publicité qui lui fut donnée, il y a dix-sept ans, fut tellement restreinte qu’on pourrait dire qu’elle est restée inédite.
Imprimé au mois de mars de l’année 1843, dans les Annales maritimes et coloniales , le Virgilius nauticus eut d’abord pour lecteurs quelques officiers de la marine; des exemplaires tirés à part le firent connaître ensuite d’un cér-
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tain nombre de membres d’un corps pour.lequel il avait été surtout composé : je veux parler du corps enseignant. L’accueil que firent à cet essai plusieurs personnes appartenant à l’Uniniversité de Paris eut de quoi me satisfaire. Un éminent professeur de la Faculté des lettres, M. Patin, fit souvent à mon petit livre, dans ses doctes leçons à la Sorbonne, l’honneur de le citer et de le recommander à ses auditeurs.
C’était un grand succès pour lui ; il eut la fortune d’en obtenir un autre. M. Mondes, poëte brésilien qui n’est pas étranger aux choses de la navigation, pour sa version élégante et fidèle de Y Enéide (1), a bien voulu s’aider du -Virgilius naüticus et adopter les interprétations que j’ai proposées des termes nautiques employés par Virgile. Je ne puis être que très-flatté de ce gracieux témoignage, accordé à mes efforts par le savant portugais.
Mes amis me demandaient depuis longtemps une édition, — la première en réalité, — d’un opuscule qu’ils ont la bonté d’estimer un peu
(1) Eneida Brazileira por Manuel Oderico Mendes, da cidade de -S. I.uis de Maranhao. Paris, 1854.
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et pour lequel, je dois l’avouer, je me sens une assez grande tendresse de père; j’avais pensé souvent à produire ce travail qui peut rendre, je crois, quelques services aux lecteurs de V Enéide, particulièrement aux élèves des lycées et à leurs maîtres ; mais d’autres soins me pressaient.
De retour d’un voyage en Italie et dans le Levant, où j'étais allé recueillir de précieux renseignements pour la composition d’un ouvrage sur la laingue parlée par les marins de tous les pays, depuis les temps antiques jusqu’au temps présent, j’avais dû me donner assidûment à la rédaction de ce livre, tâche immense qui n’était pas la seule que m’imposât mon titre d’historiographe de la Marine.
Tout en préparant le vaste dictionnaire qui devait me coûter une dizaine d’années de pénibles labeurs, à propos d’un combat célèbre rendu devant Brest, le 10 août 1512, par Hervé de Postzmoguer — le Primauguet des historiens — glorieux capitaine de la nef Marie-la-Cordelière, contre le vaisseau anglais Regent, je publiai (1845) un Mémoire où je fis connaître, en l’an-
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notant, le poème français écrit par Pierre Choque, premier héraut de la reine Anne de Bretagne, sur le Combat et l’embrasement de la Cor - , .
delibre , d’après le poëme latin de Germain Brice, qu’en 1855 a publié mon ami M. Guiehon de Grandpont, commissaire général de la marine.
Revenu à mon dictionnaire, je ne le quittai - > plus qu’au jour où j’en eus terminé l’inr- , pression (1). > .
Après un travail difficile, obstiné, long, le repos m’était nécessaire : jele trouvai dans une maladie contractée pendant l’accomplissement du devoir si rude qui remplit ma vie, du commencement de 1840 au 15 mai 1850. Je ne songeai donc plus à mon Virgilim nauticus ; d’ailleurs
quelle apparence que je pusse lui trouver un édi-
teur? L’Empereur a bien voulu ordonner qu’il
parût à la suite du petit écrit dont la flotte de
César est le sujet; cette nouvelle faveur m’est très- v
précieuse, et j!en rends de très-humbles actions / .* • * ‘ „ * .
(1) Glossaire nautique, Répertoire polyglotte de termes de marine anciens et modernes ; Paris, Firmin Didot, 1 vol. in-4®
- de 1590 pages, en deux colonnes, ornées de nombreuses figures sur bois. L’Académie des inscriptions et belles-lettres honora, en 1850, cet ouvrage du second prix Gobert, qu’elle lui continua en 1851.
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de grâces à Sa Majesté. Je voudrais , — ai -je besoin de le dire? — que l’ouvrage fût digne des auspices augustes sous lesquels il entre dans le monde des lettres.
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