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L’adressé* la ruse, les stratagèmes, et, plus que - . tout cela, le courage personnel, étaient ce que les Romains avaient à opposer aux marins de Vannes, qui devaient les accabler de pierres tombant du haut de leurs remparts. D’aussi loin que Brutus eut aperçu les Vénètes, qui se rangeaient pour le combat, il fit préparer les faux qu'on avait embarquées à bord de chacun des navires. Au lieu de les emmancher à un bois court et facilement maniable/ on les lia à des perches, à des antennes de rechange, à tout ce qu’on eut de long, de fort et de capable d’étre utilement attaché aux mâts pour être porté au dehors, à ld hauteur du gréement des navires vénétiens. Ce qu’on se proposait dans l’emploi de la faux, ainsi disposée, c’était de trancher les appuis latéraux des mâts, faits de chanvre, et non de
(1) « Pelles, pro velis, alutæque tenuiter confectæ, sive propter lini inopiam, atqae ejtffcusus inscientiam, sivequod est magis verisimile, qnod tantas tempestates Oceani, tantosque mpetus venlorum sustinerî, ac tanta «nera navium régi velis, non satis commode arbitrabantub. » (César , Bell. Gall.)
(2) ’« .„. Tumido inflatur carbasns Austro.
* ' - • Virgile, 1. III, v. 357.
« *... Vecal jam càrh asus auras. »
' Virgile, 4..ÎV, y.' «U7.
chaînes de fer comme les câbles des ancres (1), et surtout de couper les drisses des voiles, parce que, celles-ci une fois abaissées, les bâtiments devaient . '
être condamnés à l’immobilité. ;
Les faux promptement disposées et solidement amarrées au mât de chacun des vaisseaux longs,
Brutus donne le signal de marcher en avant. César est sm* une colline dominant la mer, et Rome va combattre sous ses yeux! Rien de ce qui se fera de beau ne restera, ignoré ; on est en présence de celui dont un regard encourage, dont une parole récompense.- •' ' ^ . - •
Favorable aux Vénctes, le vent du nord-est est . * d’abord contraire aux Romains; mais la brise est molle, l’Oeéan est faiblement agité, et la rame a beau jeu. Brutue marche au centre de son escadre, dont la ligne, légèrement courbée -en croissant, s’étend à droite et â gauche, de telle sorte que les deux ailes débordent la ligne ennemie et l’enserrent comme dans un demi-cercle (2). Chacun des capitaines des vaisseaux longs a reçu les instructions de son général. Lés Vénetes lie peuvent pas marcher sur une ligne de front bien- serrée, ils risqueraient trop de s’aborder; on s’introduira dans les intervalles qui resteront ouverts, et chacun, forçant de
(1) • Anchoræ, pro funibu9;.ferreis catenis revinctæ. » (César,
Dell. Gall.y . ' ~
(2) V r , à la fin de cetle Étude, ce qui est relatif à la Tactique.
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MARJNG ANTIQUE-. • rames, passera près d’un enn,emi pour obtenir.de' la faux l’office qu’un attend d’elle. La manoeuvre, n’est pas sans difficulté. Lorsque le navire romain entrera dans le créneau laissé entre deux véuètes, les rames seront - supprimées du opté où la faux devra opérer la chute de la- voile ennemie ; celles du bord opposé continueront leur effort pendant- que des rameurs du. côté de la faux pousseront avec leurs avirons, dont ils se serviront .comme de simples perches, pour faciliter le mouvement en avant, et que les timoniers redresseront la' marche du bâ- ' . timent au moyen du gouvernail (1). Quand fa voile sera tombée, deux ou plusieurs vaisseaux longs vireront de bord et viendront, à la rame, investir le. navire inerte. Alors commencera l’escalade des • murailles de bois, et les bâtiments véuètes ne seront plus pour les soldats de Rome que des forteresses- à prendre d’assaut. ••
Tout se passe comme, le préteur et ses capitaines l’ont entendu, La brise, petite au commencement
(I) César ne décrit pas la manœuvre exécutée par les siens;, mais je crois lie pas m'écarter beaucoup de la vérité, en détail- . tant, comme je le fais ici, ceUe tactique des vaisseaux romains.
La nécessité de la rentrée des rames, de gauche ou dé droite, • suivant qu'on veut prolonger le navire Vénète à sa droite pu a sa gauche, est indiquée par la IPDgueur de ïa rame elle-mêrtie, qui, si petite qu’on la suppose, ou agissant sous l'angle le plus aigu qu’on puisse imaginer, écarte, le vaisseau long de son adversaire à tel, point que l'actio.n de Va faux sur la- dirsse de l'antenne à faire choir est tçut à fait impossible. < . ;
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de l’action, meurt et rend presque inutile le secours des faux. Cependant tant que le vent a duré la manœuvre convenue a eu son effet. Les antennes sont abattues- et les voiles deviennent un embarras dont on ne peut se dégager. L’assaut réussit partout. Dans ces abordages multipliés, la valeur romaine se signale par des actions que le courage des Gaulois rend plus belles. Les vaisseaux des Yénètes . sont capturés presque tous ; peu d’entre eux parviennent a se sauver, la nuit étant arrivée pour le9 cacher. Les vaisseaux à rames, remorquant leurs lourdes prises sur lesquelles l’aigle romaine a remplacé les enseignes armoricaines, se rapprochent triomphants du port où les attend César victorieux. Le eombat a duré, rude et bien rendu de part et d’autre, depuis la quatrième heure du jour jusqu’au soleil couché. Yannés-se reconnaît vaincue, et payé -d’un sang cruellement versé par le vainqueur l’oütrage fait au droit des gens.' - * ' /* ' -
Quittons Yenetia soumise, et assistons aux. préparatifs qde fait César pour son passage, du pays des Morii>s qui vient de sc donner à lui, à lu c<He d’Angleterre, qu’il a envoyé reconnaître par C. Vo-
MAWNE ANTIQUE. .
lusenus, monté sur un vaisseau long. César veut faire une expédition en règle. Ii faut qu’il transporte avec lui un corps de troupes assez considérable pour parer à tous les' événements. Il doit, embarquer des fantassins, de la cavalerie, des vivres, des machines de guerre, enfin tout ce qui appartient à une armée qu’attend une résistance probable. Il a les vaisseaux longs construits l’année précédente aux bords de la Loire, et ce' qui, des nations alliées, lui est resté de navires propres à faire campagne* Il lui faut encore de grands navires, des bâtiments plus petits, et des vaisseaux longs, armés pour le combat. Il requiert environ quatre-vingts bâtiments de charge que lui donne la peur inspirée aux Morins et à leurs voisins maritimes, et les réunit au port d’où il entend partir. Ces bâtiments ( navcs onerariœ , coactœ conlracttequc ) ont paru suffisants pour le transport de doux légions. En moyenne, chacun d’eux ne doit porter qu’une soixantaine d’hommes, si chaque légion est de cinq mille guerriers. Mais avec les soldats doivent être transportés les armes, les vivres, les outils de toutes sortes, les tentes, tout le matériel de campement, toutes les machines pour l’attaque et pour la défense. Ce que César a de vaisseaux longs est distribué par lui au questeur, aux lieutenants du général en chef et à ses préfets, chefs d’escadre et capitaines.
. LA f LUTTE I)EÇfcS.VR. «
Non loin du port où se prépare le gros de l’expédition ( à Boulogne , peut-être , si l’on admet que César luirnlême était à Wissant), dix-huit navires de charge sont retenus par le vent (d’ouest ou de nord-ouest) ; Us ne peuvent triompher de cet obstacle, qui empêche leur jonction avec le reste de la Hotte. Ils porteront la cavalerie.
L’embarquement des chevaux s’opère lentepient'.
César est en vue de la côte d’Angleterre avec la partie de la flotte qu’il a emmenée et qu’a poussée un bon vent d’est, et le convoi de la cavalerie n’est - pas encore signalé! Mal arrivera de ce retard aux dix-huit navires porte-chevaux. Quatre jours après celui du départ de la flotte, ils sortiront aidés par un # vent propice. et doux, approcheront du rivage breton, et alors le nord>ouest soufflant avec violence les accueillera, les dispersera, permettant à quelques-uns de revenir à leurs ports de départ; puis, variant comme il arrive souvent dans les tempêtes, chassera les autres jusqu’à un mouillage à l’ouest du lieu où s’est arrêté César, et les empêchera d’y ' : rester à l’ancre, leur perte y étant imminente. Contraints de reprendre le large, ils lutteront à la voile
contre le vent irrité et la mer soulevée, et, après avoir péniblement tenu une route oblique à la direction du vent pouf ne pas s’éloigner trop desparages morins, ils reverront enfin le continent gaulois, mais blessés,, meurtris et à bout de forces.
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