‹ La Flotte De CesarChapitre 7 sur 27 · XJ · texte numérisé non relu

XJ

• Allons maintenant des parages , de l’Égypte â ceux (TÉpidaure. Yatinius malade, mais plein de - coeur, nous y àtterid avec ùné escadre qu’il a formée à la hâte au port deBrindéS, appelé par Côrriifieins, qui veut arrêter les progrès d’Octâvius en Illyrie. * Yatinius n’avait qiie peu de havires.de guerre, ét oeux qu’il avait fait demander à Calénus én-Achaîe- s’ étaient fait longtemps attendre sans. ar- ' river à la fin. Impatient de résoudre.les difficultés, il n’a tenu compte ni de la saison, ni de l’état de sa santé r • ni dit. manque de ressources qui l’a réduit à des moyens extrêmes. Il m’avait au port,' avec lui, que des navires actuaires , en assez gi’ànd

noiubre à la vérité, mais bien petits pour. une rén- . contre avec des vaisseaux faits pour le -combat ; n’impofte, il les avait armés de l’éperon guerrier, les avait adjoints à ses vaisseaux longs, et avait fait voile avec cette réunion de bâtiments montés par .des rameurs vigoureux et de braves soldats (1). Octavius fuyait devant lui ; mais, ayant appris que les navires, de Vatinius étaient, en majeure partie, actuaires et petits, il attendit devant l’île de Tauris. Vatinius, qui n’avait pas de ses nouvelles certaines et ne s’était pas assez bien fait éclairer par ses ve T dettes ( speculàtoriœ naves) , arriva près de Tauris, sans se douter que l’ennemi était là.

Son escadre naviguait moins comme une Hotte militaire que comme un convoi de marchands, èn temps de paix. Ses navires n’étaient point ralliés près de leur- général ; ils- faisaient route-, séparés les uns des autres, quelques-uns par le vent, la plupart trop peu soucieux de l’ordre que Vatinius n’avait pu oublier de leur donner de ne point perdrp de vue l’enseigne prétorienne. Aussi furent- ils surpris par la flotte d’Octavius au moment où ils se croyaient tranqüilles possesseurs dè la mer. Un navire ennemi venait à eux, vent largue, les voiles à mi-mât {an-

(i) « Navilnis actuariis, quarum numerus eratsatis magnus, magnitudiue quainquaui non satisjusta ad prœliamlum, rosira imposuit. « (Comment.) Je dirai plus loin comment l’çpehm s'attachait an navire. \ ...

tennis ad medium malum demissis ) ; il ét^ait chargé de combattants en armes ; Vatinius fit aussitôt amener et serrer ses voiles, décrochér les antennes et

déplanter les mâts, gênants pour le combat (1). Ses navires, poussés alors par les seules rames, mar-r ehèrènt fièrement au-devant de ceux qui les venaient menacer. Yatinius, monté sur sa quinquérèmè, après qu’il eut fait arborer l’étendard; signal de -la bataille (2), alla droit à la qtiadrirème qui portait

(1) On démâtait les navires de guerre avant d’en venir aux mains. Le mât (ou les mâts quand on en Avait deux) était extrait du modius, espèce de puits ou on l’avait implanté. Souvent ou l’étendait, tout garni de ses rudenles ou haubans, le long de la coursie, sur lé pont; quelquefois il était seulement incliné en arrière, le pied à l’orifice du modius et tout prêt à y rentrer, la tête appuyée sur une fourche plantée à l’extrémité de la çoursië. Cette fourche, ce support, se nommait en grec UrroSôxïï. Les dictionnaires ' grecs donnent à tort ce nom à- la coursie elfemême « T<jtôv S’tffT&îôxi!) uÉXaaav , rcpoTovotcriv, ôçsvte;. ». Il ,1,

( 2 ) «Vexillo sublato, quo pugnandi dabat signum.» L’étendard du vaisseau commandant était.ordinairement fait d’une étoffe rouge. Pline le dit positivement (livre XIX, chap. I er ) . Diodore de Sicile, parlant de Conon, préteur de la flotte athénienne, dit: * Il éleva sur Son- navire l'étendatd rouge (çoivixts»). « Dans ses Tactiques l’empereur Lédnâuppose que « les- anciens avaient un insigne (ffrigelov, un signe) qu’ils appelaient pfiénicieh (çotvtxtèa, punique), et que c’était un étendard, attaché à une laâce trèslongue et'd’une couleur rouge ou pourpre. » Selon ce que nouç en apprend Léon VI, cel étendard suffisait aux signaux principaux que le général avait à faire à ses capitaines. Il était plaeé à la proue,' et là, débout, abaissé, indlpié -à droite; incliné à gauche, élevé très-haut, incliné à bavant, il transmettait

l’enseigne d’Octavius; ce navire, emporté par la vigueur de ses avirons, donna si fortement de son éperon contré le rostre de celui de Vatinius, qu e sa quadrirème perdit son arme d’attaque et n’aborda la quinquérème qu’avec le bois de sa proue (1). Partout, dans un espace étroit, le combat fut sanglant, héroïque. La faiblesse des actuaires disparut dans cette mêlée, leurs soldats étant montés à l’abordage des Octaviens. Par leur valeur, ils avaient rétabli l’équilibre qui semblait manquer au commencement de L’action entre des navires petits et de grands vaisseaux. La quadrirème d’Octave fut coulée à fond; plusieurs autres eurent le même sort; d’autres tombèrent au pouvoir de Vatinius. Octa^ yius s’étant jeté dans un esquif où cherchèrent aussi leur salut plusieurs soldats effrayés, l’embarcation fut submergée, et le général Pompéien, blessé, alla gagner à la nage son Myoparon, où il fut recueilli.

des ordres différents aux officiers, qui devaient ne pas le per* dre de vue. Quelquefois un bouclier remplaçait l'étendard.

« Quand le bouclier fut dresse au-dessus des navires, » dit Plutarque dans sa Vie de L-y sandre, « la trompette sonna sqr le vaisseau prétorien, et les vaisseaux s'ébranlèrent et- coururent, à l'ennemi. » . * . . s ‘ . • • »

( 1 ) « Itaquè primus (Vatinius) sua quinqueremi in quadriremi ipsius ôetavii impetum feoit. Celer rime fortissrmeque. contra ■illo' Tenrigante , naves adversæ -rostris concurrent adeo vebementer, nt navis Octaviana , rostro disçusso , ligne contineretur. «(Proprement, fut contiguë à la Quinquérème avec sou boia désarmé). *

La nuit étant.venue mettre fin àda batajllç.il put se sauver à la. Voile, suivi ,dè quelques-uns de ses vaisseaux, préservés par le gros temps d'un naufragesur le champ de la lutte, qtl du malheur, plus grand e,ncore peut-être, d’être laproie du vainqueur.

Yatinius ayant rallié ses, navires, les yâlides et les mutilés, et ayant reconnu que les profits de la jour-, née étaient une quinquérèmç, deux trirèmes, huit birèiïleS ( dicrotas ) et un grand nombre d’hommes dé rames, entra au port d’où était sorti Octàvitis pour le détruire. En trois jours il se répara, et partit le quatrième pour Issa (Lissa), espérant y .trouver le Lieutenant de Pompée. Il apprit làqu’Ûctavius, avec quelques petits navires, avait pris*le chemin de la Grèce , pour se jrendre eu Sicile et en Afrique. Yatinius, ayant p.iugé le détroit do la flotte ennemie,. ,et rendu.- l’Illyrie à Cornilicius , reprit la route de

Bi’indes, où il ramena victorieux ses vaisseaux". et

ses soldats,

: - §XIY.

Nous retrouvons César en Sicile. Il est arrivé à . tilybéè (Mafsala?) le 14 des calendes de janvier, l’an de Rome 7Ô<7, Il veut aller en Afrique et.prépare tout ce qu’il -faut pour lê passage d’une armée.. Le temps ést peu propre à la navigation; les vents

et la nier semblent irrités ‘César prétend que ‘de pareils obstacles ne l'arrêtent poirit; il Sera prêt du moins à profiter du preihier calme. Sa flotte est peu considérable, mais chaque jour l’accroît par l’arrivée de vaisseaux longs et’ ronds qui se rendent à ses ordres. Il embarque six légions sur les vaisseau* longs, îi mesure qu’ils arrivent, deux mille cavaliers sur les cinéraires et' envoie une partie de cette armée à l’ile Aponiana (une des Égades peut-être), voisine de Lflybée, Ldi -même appareille, le sixième jour des. calendes de janVièr, et se fait suivre des navires qu’il n’a pas expédiés à Aponiana. Le petit nayirê (navùjium) qui l’emporte avec un bon vent a

une marche assez rapide ; aussi , après le quatrième

jour, il arrive en- compagnie de quelques vaisseaux longs en vue de la côte d’Afrique (I). Quelques ouéraires ont fait bonne route, mais le veut a dispersé tout le reste. Chacun des transports a suivi la route qu’il a pu tenir, et abordé la terre que le hasard lui a présentée. Lorsque Cé9ar arriva devant Adrumète,

(I) Je suis le texte des Commentaires, dont voici les propre^

mots : « Ipse navem conscendit a. d. vi. kal.'jan., et reliquas « naves statim est consecUtus. Ita vento certo celer ique navi- « gio Vectus postdiem quartara, cum longis paucis navibus, ia « conspectum Africæ venit: » La distance entre Marsapaou Lilybce et la côte’ d’Afriqde, non loin de laGcyüette ou du cap Bon, est si çourtç queje suis disposéà trouver un peu étrange l’éloge du vaisseau de César, qui mit environ quatre jours , avec un vent favorable, pour franchir cet espace si étroit.

88 MARINE ANTIQCe:

après avoir doublé le promontoire de Mefcilre (1), il vit sùr le rivage un gros de cavalerie aux ordres de Ch. Pison, et environ trois mille Maures! 11 fi t pefites voiles et louvoya près de la terre pour attendre ses vaisseaux attardés. Enfin, il débarqua ce qu’il avait de troupes, Ç’est-à-dire r trois mille hommes de pied et cent cinquante cavaliersgaulois. Le retard des bâtiments qu’il attendait contrariait César, qui ne l’imputait point cependant à faute aux capitaines. Lieuxci avaient agi selon leur libre arbitre. Le général' en ehef, avant de lever l’ancfe, en Sicile , n’avâit point assigné aux navires, en cas de séparation, lin de ces rendez-vous que la eoutume était de donner à tous vaisseaux naviguant en flôttes, en escadres ou en divisions. Ni le préteur, ni aucun des officiers qui avaient la responsabilité de la route n’avait pu apprendre vers quelle partie de la" côte d’Afrique on devait so retrouver ni vers quelles eaux on allait' se diriger. ...

Hirtins, qui excuse en céla César, dotine un détail par lequel nous apprenons que les rendez- vous s’assignaient au moyen de tablettes cachetées, distribuées aux commandants de la. flotte : « neque tabulas signàtas dederat. » Aujourd'hui les chefs d’escadres ou de divisions navales, lès capitaines de navires qui naviguent isolément, emportent des a plis caché tés »

(1) Qui porte aujourd’hui le nom de cap Bon.

qu’ils ne doivent ouvrir qu'à de certains jours et par de certaines latitudes. On le voit , la tradition est constante, et ce n’est, pas. sur ce seul point qu’elle l’est, en marine. César ne savait pas, ,dit .Hirtius , s’il y avait un port qui put mettre sa flotte à couvert des tentatives de l’ennemi, chose difficile à croire. Si César ne connaissait pas la côte d’Afrique, n’y avait-il aucun capitaine,. aucun pilote dans la flotte romaine, qui' l’eût assez fréquentée pour lever ses doutes et ne pas exposer son armée à naviguer à l'aventure? Il faut admettre que, surpris par le temps, veillant à tous les- détails de. rembarquement et de l’armement des soldats, César avait attendu, le dernier momentpour envoyer au préteur les tabèllas siyiwtas , et.qu’il partit, oubliant tout à fait de les écrire. De là cette liberté de manœuvre laissée aux capitaines qui ne surent s’ils devaient aborder a l’ouest, ou au sud-est de Carthage.

Les navires dispersés s’étaient ralliés en partie à Utique, et quelques vaisseaux longs et navires de charge étaient venus rejoindre César à Ruspina , d’où, il fit porter de l'eau à sa. cavalerie qu’il avait rembarqué^ et aux gens: de sa flotte qu'il gardaitau mouillage pour le besoin. Une partie des bâtiments attendus et bien désirés , parut à la fin, .au moment où César venait de montçr sur un navire de guerre - pour aller àleur rencontre et les défendre- contre un

ennemi. qui pouvait tenir la mer et les attaquer près

de>l'atterrage..Le reste errait encore , cherchant à ■deviner où César ayait établi son camp. Attaqués

par dês e$qùifs armés , plusieurs de ceux-ci furent pri&oubrûlés. > ' r * ■

Aussitôt que César fut averti de ce qui se passait au large et hors de sa vue, il értyoÿa des: escadrilles sur. tous les points où l’on devait supposer que ScipiOn ayait établi ses croiseurs ; précaution longtemps inutile l les convois ne- pouvant, aborder sâinset saufs les. rivages voisins de iluspina,- la disette se fit sentir au camp de César. Heureusement’ cette situation dura pein SalUiste, envoyé -avec, une escadre pour prendre du blé à Cercine où de grands approvisionnements avaient été faits, disait-o'p, afait mouillé devant cette île dont les habitants i’avaieitt . hién reçu.. Il avait chargé dé frorrientrles onéraires, qu’en toute hâte il avait adressés à Buspîna. En môme temps qù’on y reçut Ce cohVoi, l v on Vit arriver d’autres navires de charge expédiés de lilÿbée

patrie proconsul Alliénus v Ges bâtiments portaient des hop unes ét des cheyaüx, renfort précie'ux assurément. La flotte, on quatre jours, était venue de * la pointe nord-ouest de la Sicile, en Afrique ;?César n’étai t pas venu plus vite, cpfnmeon- l’a vu . . \

■ Tout çè que. César avait espéré- dé-troupes Vêtait pas arrivé par ié dernier convoi qu’Alfiéirup avait* èavoyé; 'd'fitpartir sixoûërdres pounlilybéë, avët . ordre tte lni rameker ce qui y .était resté- de monde.

Alliénus obéit promptement ; les vaisseaux partirent, mais la traversée- ne fut pas heureuse pour tous. Ün navire ,(wat?ir y ^aits épithète) que montaient Quirftiis Cominius et un chevalier romain nommé L. Ticida, séparé dè l’eseadre pâr tui gros temps , .Tût porté à* Thapsus où Virgilius lê'fii attaquer par- des esquifs et de petits actuaires ( scaphis naviculisfjue actua *-■ rit s) qui le prirent-et le conduisirent à Sciproti . Un autre navire, trirème celûi-là.( , «//t'r« nâvis , trieris)\ poussé parla "tempête à Ægimur, fut capturé parles vaisseaux d’Octave et de YoîTis, et conduit aussi à Scipîbn, qui fit égopgerics vëtératis, équipage militarre de la triere. La' garde avait été faite sans vigilance, par les vaisseaux dongs chargés de protéger l’arrivée à Thapsus des. navires de guerre et de'

change; César en oàssaHes •capitaines, lés chassant

de l’armée et les fmppantd ighdminie par un étbt

m'\ ère. .

- A quelque temps de là; V&rtis, ayant. appris que la -7 e légion et; la 8* étaient 'arrivées de Sicile au çamp de César ^ fit mettre àTeau-^crfusi/) tous. ses havires-qu’ir avait tirésl ah sec ( yubduxcrat) stirle rivage cf-U tiquer (!•),’ et les arma- de rameurs -et de soldais . gélules' (2);. -Ainsi équipés, ces navires- sor--

.(1) V. ci-dcssuSj, note, p. 67 .

(-2) ( Remigiàus epibdïiiquê eomplet.)\]a tradoctçur dit : « de .rameun» èt de matelots {*étuks. » Lèsépibates n’étaient pas dés matelots, niais tics soldats embarqués (Voy. Gloss, nautique , au mol Lpibafti).. ” : ’

9» : MARJNE ÂNTÏQtîE.

tirent sous la\t*onduite de Yarus, qui les mena en croisière dans les eaux d’Adrumèté(l). Ils étaient au nombre de cinquante-cinq. Gégar, qui ne savait ni la. résolution de Yarus*, ni l’arrivée de ses vaisseaux au large d’Adrumète , dépêcha à. J Thapsus L. Cis- * pius avec vingt-sept bâtiments, chargés de veiller- ' svf. les convois qui pouvaient arriver à Adrumète, Q- Àqnila , avec -treize vaisseaux longs ayant une missiqn pareille. Cispins fut'Bientôt arrivé au lieude saltation ; il n’en fut'pas ainsi d’Aqûila, qu’un vent contraire retint dans-'une: baie où il jetait jeté hors éle la portée de9 ennemis. Lé reste de la flotte Césarienne était à Leptis, Les équipages L’avaient quitté, en. grande partie, pour aller fairè des provisions de vivres. Yarus en fut averti par un transfuge ; il partit tout de suite «d’Adrumète, et, le jour naissant, arriva>à Leptis , où il brûlales vaisseaux de charge qui étaient ancrés sûr la rade et s’empara sans combat de deüx quinquérèmes (penteres ) dont les défenseurs étaient à tert’e. ' v

César apprend 1 ce succès de Yarus, monteà che- . val, accourt à Leptis d’où l’avait éloigné l’inspection de travaux qu’il faisait exécuter a six milles de ce port; il réunit- les chefs de sa flotte , les remplit du désir de la vengeance, monte le premier sur un très-petit navire {navigiolnm-jturvulûm coitsçen-

(1) La moderut Sousa. , '

la flotte de césar. m

dit), prend en passant Acilla, que le grand nombre des navires de Varus avait intimidé , et se met à la poursuite de son ennemi. Yarus, qni le vo.it venir, frappé de crainte par cette active audace de César, vire de bord et court se réfugier dans Adrumète. César le poursuit l’espace de quatre milles en^ viron, atteint son arrière-garde à laquelle il prend une .quinquérème avee ses soldats embarqués extraordinairement ( cinn omnibus cpibatis) et cent trente soldats de sa garnison ordinaire ( çustodibus ). Une trirème, qui s’est défendue, est prise avec ses rameurs et ses épibates; le reste delà flotte de Varus parvient à doublerde cap (t) et rentre au port.

Le vent ayant changé, César ne peut doubler le . cap, et, sans louvoyer inutilement, sans fatiguer ses ramçurs, convaincu que Yarus sera à l’abri avant que lui ait pu contourner le promontoire, mouille sous le vent du cap, y passe la nuit, et, lp lendemain, fait successivement l-’est , le nord, l’ouest, dans le parage d’ Adrumète où il arrive à force de rames , brûle tout ce qui , de navires de transport , ayant l’enseigne de Yarus, est mouillé hors du port intérieur [extra Cathonem ) (2). Il attend ensuite Yarus, inutilement défié ,et retourne à son camp.

César s’embarque, peu de temps après, à Utique,

<j) De Monastir, je suppose. r • . '

(2) Vî>y. Gloss. .nauttqve^àa mot '•.Cothon. . . -

91 ' lifARlNÈ XNtïQÜE. ‘

emmène- sa llbtte eirSardaigne, et, le troisième jour, jette Pancre à Caralès (Cagliari), c'est-à-dire qu’en trois jours, ou un peu moins peut-être, il Tait cent cinquante-neuf milles- marins ! Et l’historien ne dit pas qu’il fut contrarie par de. grands' vents ! Les navcs onerariœ devaient être de bien pauvres marcheurs, et les vaisseaux longs, moing tardifs , devaient bien souifrir de la nécessité d’aller en convois avec eux! Après' un séjour assez court à Carales, Césâr appareille de nouveau , côtoie- la Sardaigne ; mais, les vents le retenant fréquemment dans les rades ouvertes au nord, au nord-est èt à l’est, il n’arrive au port d’Ostie que le vingt - huitième

jour. . /-

Ici finit la guerre d’Afrique;. ici finit aussi l’histoire des armées navales de- «Iules César. Arrêtonsnous. * * •

La première partie de mon travail est achevée. J’espérais être plus bref: Des navigations à suivre, des combats à raconter, des manœuvres A expliquer, de^.évolutions à faire comprendre, c’était une tâche, même en résumé, qui voulait.de l’espace et du temps! Ce què j’avais eu vue, dans cette analyse' interprétative des passages des Commentaires qui mettent en action la marine de Césâr', c’était, en racou-

tant les faits, moins de faire connaître les vaisseaux qui composèrent la flotte du conquérant, que de recueillir les noms des diverses-espèces de ces navires.

réservant pour une seconde partie ce que je puis dire sur la forme ét l'armement én rames de ceux que l’historien nomme : hâves longœ. Venons à cette seconde partie.

LES \ AVIHES.

La marine contemporaine de César, comme celle qui , depuis les temps les plus . reculés, avait hanté timidement les mers, comme celle qui lui succéda, plus hardie pendant le moyen âge, plus savante jusqu’à la fin du dix-huitième sièèle,- — je pourrai ajouteç, comme la mariné de nos jours; car ; à- le bien prendre, le navire entraîné par leë roues ou poussé pâr l’héRcg n’est, sous une forme nouvelle ét avec un-nouveau moteur, qu’une restitution de la'galèrè .ancienne, — la marine du septième siècle de Rome ■eut deux grandes familles de vaisseaux. Dans l’une se rangeaient tous les bâtiments faits pour porter, les lourdes charges, hauts, vastes,, lents, - o’ohéiSsant

<ju’à l’impulsion de la voile grande et large ; dans l’autre étaient comptés tous ceux qui, faits pour une marche plus rapide, pour des -évolutions faciles, et, par cette raison, destinés au combat qui veut de vives attaques et parfois de promptes retraites, étaient peu élevés sur l’eau , comparativement aux premiers , armés de rames, leur unique moyen d’action- à de certains moments, et munis de voiles, quelquefois seulement auxiliaires, quelquefois-leur seul propulseur. Les deux familles navales dont nous parlons se distinguaient par les dénominations de vaisseaux ronds et de vaisseaux longs.

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